Petit traité de vie intérieure
Top lecteur
Petit traité de vie intérieure
Frédéric Lenoir
240 pages
Collection Philanthrop'
Couverture cartonnée. 11 x 18 cm
Réf : 358963
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 18,00  (prix public)
Résumé
Quand le pari difficile de vivre heureux devient un art, cela donne un témoignage philosophique d’une richesse rare. À travers ses expériences, un savoir plus pratique que théorique bien qu’éclairé par la pensée de grands philosophes... Frédéric Lenoir transmet un chemin de vie tourné vers la paix intérieure et l’amour. Un traité comme une conversation amicale. Une irrésistible invitation au bonheur.
Avis Top Lecteur
« Ce livre nous permet de nous sentir mieux, de rester zen dans bien des situations et de nous remettre en question en s’aidant de nous-même.[...] Moi qui n’ai pas l’habitude de lire ce genre de livre axé sur la philosophie, j’ai été d’emblée emballée par sa sincérité et son humilité. [...] Cet ouvrage est plein de sagesse, fluide, accessible à tous. »

Magali Di Vito
Les internautes ayant commandé Petit traité de vie intérieure ont également choisi
Le philosophe nu
Alexandre Jollien
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :1
xena55600
Le 15 décembre 2011
Tout simplement superbe
Je ne suis pas une lectrice proprement dit mais ce livre m'en a donné l'envie. J'ai compris beaucoup de choses sur moi grâce à ce livre. Je vous le recommande. Si vous avez des petits désordres dans la tête ou de la culpabilité, lisez-le vous ne serez pas déçue.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Frédéric Lenoir est né en 1962 à Madagascar. Philosophe et écrivain, docteur de l’École des hautes études des sciences sociales, il a publié de nombreux essais et dirigé plusieurs encyclopédies sur les questions spirituelles et religieuses, dont :
    Encyclopédie des religions en 2 volumes, avec Ysé Tardan-Masquelier
    Le Livre des sagesses
    Mal de terre, avec Hubert Reeves
    Les métamorphoses de Dieu
    La renconre du bouddhisme et de l'Occident
    Le Christ philosophe
    Socrate, Jésus, Bouddha
Il dirige la rédaction du Monde des Religions, produit et anime l’émission « Les racines du ciel » sur France Culture.

Après Le Secret, conte philosophique, il co-écrit, avec Violette Cabesos, La Promesse de l'ange, un thriller historique au succès international, qui obtiendra le Prix des Maisons de la Presse 2004. Il publie ensuite avec Marie-France Etchegoin, Code da Vinci, l'enquête, un décryptage du best-seller de Dan Brown, puis un livre d'entretiens avec l'Abbé Pierre, Mon Dieu, pourquoi ? et L'Oracle della luna.
Ses livres sont des best-sellers traduits dans une vingtaine de langues.
Autres titres de Frédéric Lenoir
La parole perdue
Frédéric Lenoir
Extrait

Prologue

Exister est un fait, vivre est un art.
Nous n'avons pas choisi de vivre, mais il nous faut apprendre à vivre comme on apprend à jouer du piano, à cuisiner, à sculpter le bois ou la pierre. C'est le rôle de l'éducation. Pourtant, celle-ci se préoccupe de moins en moins de transmettre un savoir-être, au profit d'un savoir-faire. Elle vise davantage à nous permettre de faire face aux défis extérieurs de l'existence qu'aux défis intérieurs : comment être en paix avec soi-même et avec les autres ? Comment réagir face à la souffrance ? Comment nous connaître nous-mêmes et résoudre nos propres contradictions ? Comment acquérir une vraie liberté intérieure ? Comment aimer ? Comment finalement accéder à un bonheur vrai et durable, qui relève sans doute davantage de la qualité de relation à soi-même et aux autres que de la réussite sociale et de l'acquisition de biens matériels ?
Pendant des millénaires, la religion a rempli ce rôle d'éducation de la vie intérieure. Force est de constater qu'elle le remplit de moins en moins. Non seulement parce qu'elle a, au moins en Europe, beaucoup moins d'influence sur les consciences, mais aussi parce qu'elle s'est rigidifiée. Elle offre le plus souvent du dogme et de la norme quand les individus sont en quête de sens. Elle édicte des credo et des règles qui ne parlent plus qu'à une minorité de fidèles et elle ne parvient pas à renouveler son regard, son langage, ses méthodes, pour toucher l'âme de nos contemporains qui continuent pourtant de s'interroger sur l'énigme de leur existence et sur la manière de mener une vie bonne. Pris en tenaille entre une idéologie consumériste déshumanisante et une religion dogmatique étouffante, nous nous tournons vers la philosophie et les grands courants de sagesse de l'humanité. Car les sages du monde entier – de Confucius à Spinoza en passant par Épicure, Plotin ou Montaigne – nous ont légué des clés permettant de nourrir et de développer notre vie intérieure : accepter la vie comme elle est, se connaître et apprendre à discerner, vivre dans l'« ici et maintenant », se maîtriser, faire le silence en soi, savoir choisir et pardonner. Ces clés de sagesse universelle n'ont rien perdu de leur pertinence. Elles nous aident toujours à vivre, car si notre monde a beaucoup changé, le cœur de l'être humain est toujours le même. Bien que vieux de deux mille cinq cents ans, le diagnostic du Bouddha sur ce qui rend l'homme heureux ou malheureux reste vrai. Le constat socratique sur l'ignorance source de tous les maux est d'une parfaite actualité. Les enseignements d'Aristote sur la vertu et l'amitié n'ont pas pris une ride. Les maximes d'Épictète, de Sénèque ou de Marc Aurèle sur le destin et le libre arbitre continuent de nous parler.
Dans mon cheminement personnel, mes lectures m'ont confronté dès l'adolescence à ces maîtres de sagesse de l'humanité. Ce sont eux qui m'ont donné le goût du beau, du vrai, du bien, pour reprendre les grands archétypes de Platon. Mes études de philosophie m'ont ensuite permis d'approfondir mes connaissances, mais j'ai aussi enrichi mon propre parcours intérieur de deux autres sources, de nature assez différentes : la spiritualité et la psychologie des profondeurs. J'ai découvert le bouddhisme à l'âge de seize ans et les enseignements du Bouddha m'ont tout de suite touché par leur justesse et leur caractère pragmatique. Je les ai approfondis lors d'un long séjour en Inde par des rencontres avec des lamas tibétains auprès desquels j'ai aussi appris les bases de la méditation. À l'âge de dix-neuf ans, la lecture des Évangiles a été également un choc profond. Ma découverte du Christ, non seulement comme enseignant du passé, mais aussi comme personne vivante à laquelle on peut se relier par la prière, a marqué ma vie et m'a fait accéder à une compréhension du christianisme fort différente des souvenirs du catéchisme de mon enfance. La découverte, ensuite, de la psychanalyse freudienne et jungienne ainsi que de diverses méthodes thérapeutiques issues du développement personnel (sophrologie, Gestalt, Rebirth…) m'a aidé à prendre davantage conscience de mes failles et à guérir de certaines blessures profondes qui parasitaient ma vie et me faisaient retomber dans des scénarios névrotiques récurrents.
Ce petit traité est donc le fruit d'une réflexion personnelle élaborée à partir des courants de sagesse philosophiques d'Orient et d'Occident, de la spiritualité chrétienne libérée de sa gangue normative et de la psychologie des profondeurs. Je n'ai pas d'autre ambition que d'offrir ce qui m'a aidé à vivre et à me construire. Afin de rendre la lecture de ce livre accessible au plus grand nombre, j'ai choisi de l'élaborer en deux temps. Il est né sous la forme d'un enseignement oral, puis j'ai retravaillé le texte qui conserve néanmoins la trace de cette oralité. Ce que je transmets ici relève davantage de l'expérience :
celle tout d'abord des sages dont je m'inspire et que je cite souvent, la mienne ensuite, que, malgré bien des réticences, il m'était difficile de ne pas exposer. Car, comment parler de vie intérieure en évitant de parler de soi ? Qu'il soit clair cependant que je ne me considère en rien comme un modèle : je conserve des parts d'ombre et je ne parviens pas toujours à mettre en pratique les enseignements que j'évoque ici. Ce qui est certain, c'est que je suis aujourd'hui beaucoup plus lucide, apaisé et, tout compte fait, plus heureux que je ne l'ai été dans le passé. Puisse ce petit livre aider d'autres âmes en peine et en quête de lumière à comprendre que l'amour est proche, que la liberté intérieure peut advenir, que la joie est là. Il suffit d'ouvrir les yeux de l'intelligence et du cœur pour les découvrir.


1
Dire « oui » à la vie

Nous sommes tous confrontés à un certain nombre de faits que nous n'avons pas choisis, que nous n'avons pas voulus et qui nous sont en quelque sorte imposés : c'est ce que j'appellerais le « donné » de la vie. C'est notre lieu de naissance, notre famille, l'époque à laquelle nous vivons ; c'est notre corps, notre personnalité et notre intelligence, nos capacités, nos qualités, mais, aussi nos limites et nos handicaps. Ce sont aussi les événements qui surviennent, qui nous touchent directement, mais sur lesquels nous n'avons pas de maîtrise et que nous ne pouvons pas contrôler. Ce sont les maladies, les aléas économiques, la vieillesse et la mort. C'est le « sort » de l'être humain.
On peut le refuser et vouloir que les choses soient autrement. On souhaiterait presque tous ne pas vieillir, ne jamais être malade, ne pas mourir. Certains rejettent leur culture, leur famille, leur lieu de naissance. D'autres n'aiment pas leur corps, leur tempérament, et souffrent de certaines limitations physiques ou psychiques. Ce refus est parfaitement compréhensible et légitime. Et pourtant la sérénité, la paix intérieure, la joie ne peuvent nous échoir sans un acquiescement à l'être et une acceptation profonde de la vie telle qu'elle nous est donnée, avec sa part d'inéluctable. Ce « oui » à la vie ne signifie pas pour autant qu'il ne faille pas chercher à évoluer, à modifier ce qui peut l'être, à contourner des obstacles évitables. On peut quitter un pays qui nous oppresse, s'éloigner d'une famille mortifère, développer des qualités, transformer certains handicaps physiques ou blessures psychologiques pour en faire des atouts. Mais ces changements ne peuvent intervenir que sur ce qui est modifiable, et ils ne nous seront profitables que si nous les opérons sans rejet violent du donné initial de notre vie. On peut ainsi intervenir sur son apparence physique, mais nul ne peut éviter à son corps de vieillir. On peut prendre de la distance avec ses parents et sa famille d'origine, mais il sera impossible de trouver la paix intérieure si cette distance repose sur un ressentiment permanent, sur une haine tenace, sur un refus de ce qui a été. La sagesse commence par l'acceptation de l'inévitable et se poursuit par la juste transformation de ce qui peut l'être.
Cette compréhension est au fondement même d'un grand courant philosophique de l'Antiquité gréco-romaine qui s'appelle le stoïcisme. Le nom de cette école de sagesse – stoa, le portique – provient banalement de la Stoa Poikile, un célèbre portique décoré de fresques qui servait de point de repère aux Athéniens et sous lequel Zénon, le père du stoïcisme, délivrait ses enseignements. De nombreux penseurs ont pratiqué la philosophie stoïcienne, du IVe siècle avant notre ère jusqu'au VIe siècle de notre ère, soit pendant près de mille ans. Les philosophes stoïciens appartenaient à toutes les couches de la société, de l'empereur Marc Aurèle à l'esclave Épictète. Ce dernier, qui a vécu au Ier siècle, a parfaitement résumé dans son Manuel la distinction entre « ce qui dépend de nous » (l'opinion, les désirs, l'aversion…) et qu'il nous appartient librement de transformer et « ce qui ne dépend pas de nous » (corps, condition de naissance, réputation…) que l'on doit accepter. Épictète faisait remarquer à juste titre que nous voudrions bien souvent changer ce qui ne dépend pas de nous et ne pas faire évoluer ce qui dépend pourtant de nous. Une telle attitude ne peut conduire qu'au malheur et au ressentiment.