La lignée, tome 2 : La chute
La lignée, tome 2 : La chute
Guillermo Del Toro
Chuck Hogan
460 pages
Couverture souple
Réf : 355938
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Au lieu de 21,80  (prix public)
Résumé
Menés par le Maître, les vampires ont envahi New York. Et le monde. Le virus se propage, le genre humain est menacé. Ephraïm, son fils Zack, Nora, Fet et le professeur Sertakian, traqués de toutes parts, résistent encore. Les Aînés, farouches ennemis du Maître, seront-ils des alliés sûrs ? Existe-t-il, comme certains le prétendent, une arme suprême contre les vampires assassins ?
Pourquoi on l'a choisi
Noir, désespéré, terrifiant ! Suspense oppressant, scènes d’horreur, ce deuxième tome de la trilogie La lignée ne décevra pas les amateurs d’histoires fortes et... éprouvantes !
Les internautes ayant commandé La lignée, tome 2 : La chute ont également choisi
658
John Verdon
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :7
dd35
Le 03 juillet 2011
Explication, mise en place de la scène finale
Ce second tome n'égale pas le 1er, mais comme dans toute trilogie le second acte est narratif et met en place la scène finale, le suspense monte encore d'un cran et il me tarde de lire la suite, quand est-ce que sort le tome 3 ?????
Réponse du modérateur : Je n'ai pas encore de date à vous communiquer pour le tome 3, mais dès que j'ai un renseignement, je vous l'indiquerai ici.
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Yaninou
Le 21 juillet 2011
2ème tome super
Le 2ème volet de cette trilogie tient ses promesses ! J'ai lu ce livre avec un très grand plaisir, il y a tout : du suspense, de l'angoisse, des explications, des frayeurs...! Vivement le 3ème !
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vivette
Le 13 septembre 2011
La chute
Quand le tome 3 va t-il sortir ?
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JeudiProchain
Le 13 septembre 2011
Méchant !
Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce tome. La tension se joue entre les membres d'une famille dont la mère est atteinte par le mal, dans la ville qui tombe en ruine, et au sein même de la communauté vampirique. Les personnages sont au bord du désespoir, mais tentent encore le tout pour le tout. C'est prenant et moi aussi, j'attends le troisième tome !
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ppauline
Le 27 octobre 2011
Toujours aussi surprenant
On ne s'attend pas à autant de rebondissements ! Même si le premier était au top , le second tome est génial ! Vivement le 3ème...
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VirgiNinie
Le 26 décembre 2011
Une suite moins longue...
... Mais plus intense, plus noire aussi. Relève-t-il de la folie d'espérer encore ? Seul le troisième tome nous le dira... Conseil d'ami : ne lisez pas le résumé, cela gâche la découverte des éléments au fil du livre.
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Angel21
Le 22 janvier 2012
Prenant
Dans la même verve que le 1er tome même si plus narratif. L'histoire est toujours aussi haletante. J'attends la suite et fin avec impatience.
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Âgé d'une quarantaine d'années, le réalisateur Guillermo Del Toro a signé des films aussi différents que L'Échine du diable, Blade II, Helleboy 1 & 2 et Le Labyrinthe de Pan, récompensé par trois Oscars.
Chuck Hogan a publié plusieurs thrillers salués par Stephen King, dont Face à face et Le Prince des braqueurs.
Lu dans la presse
« Après l'atterrissage d'un avion infecté d'un curieux virus, New York est envahi par les vampires, dont le but est l'éradication du genre humain. Seule une poignée de survivants tente de ralentir le processus de colonisation. Plongé dans le chaos de la ville, le lecteur est comme intégré à cette brillante milice résistante, et donc en proie aux créatures à demi-vivantes. Asphyxiant, ce second tome est plus sombre, plus animé aussi. »

Ouest-France
Extrait

JOURNAL D'EPHRAÏM
GOODWEATHER


Vendredi 26 novembre

Il n'a fallu que soixante jours au cataclysme pour submerger le monde, et nous avons eu notre part de responsabilité... par nos omissions, par notre arrogance.
Le temps que la crise soit portée devant le Congrès, qu'on l'analyse, qu'on propose des lois et, pour finir, qu'on leur oppose un veto, nous avions déjà perdu. La nuit leur appartenait.
Nous attendions le jour avec impatience alors qu'il n'était déjà plus nôtre...
Toutes ces journées comme les autres après la diffusion de notre « preuve vidéo incontestable »... sa véracité écrasée sous des milliers de réfutations narquoises et de parodies sur YouTube qui ont anéanti tout espoir.
Elle est devenue une bonne blague que l'on rabâche dans les talk-shows - quelle bande de rigolos ! ; puis le crépuscule s'est abattu sur nous et nous avons été confrontés à un immense abîme d'indifférence.
Face à une épidémie, la première réaction de l'opinion publique est toujours le déni.
Ensuite, on cherche des coupables.
On a agité les épouvantails habituels : les difficultés économiques, les troubles sociaux, les étrangers, les terroristes...
Au bout du compte, nous sommes les seuls responsables. Tous sans exception. Nous avons laissé la catastrophe se produire parce que nous ne l'avons jamais crue possible. Nous étions trop intelligents, trop bien équipés, trop forts.
À présent, l'obscurité est totale.
Il n'y a plus d'acquis, plus de certitudes... nous avons été à jamais séparés de nos racines. Les principes élémentaires de la biologie humaine ont été réécrits, non par une modification de notre code génétique mais par un virus et par le sang.
Les parasites et les démons sont partout. Notre destin n'est plus de connaître une lente décomposition organique mais une transmutation complexe et diabolique. Une infestation. Une éclosion.
Ils nous ont arraché nos voisins, nos amis, nos proches. Ils ont leurs visages, à présent, ceux de nos êtres chers.
On nous a chassés de nos foyers. Bannis de notre propre royaume, nous errons dans l'arrière-pays en quête d'un miracle. Nous, les survivants, couverts de sang, brisés, défaits.
Mais nous n'avons pas muté. Nous ne sommes pas comme eux.
Pas encore.
Ces écrits n'ont pas pour but de constituer des archives ou une chronique, mais une lamentation, la poésie des fossiles, l'empreinte ultime d'une civilisation agonisante.
Les dinosaures n'ont laissé quasiment aucune trace de leur passage sur Terre. Tout juste quelques ossements préservés dans l'ambre, le contenu d'un estomac, des déjections.
Tout ce que j'espère, c'est que nous léguerons autre chose.


CIEUX D'ARDOISE


KNICKERBOCKER - PRÊTEUR
SUR GAGES ET CURIOSITÉS,
118e RUE, SPANISH HARLEM


Jeudi 4 novembre

Les miroirs sont des oiseaux de mauvais augure, songea Abraham Setrakian, sous la lumière verdâtre du néon mural de sa salle de bains. Un vieillard qui se regarde dans sa glace antique, aux bords noircis par l'âge, la décrépitude se rapprochant sans cesse du centre. Jusqu'à son reflet. Jusqu'à lui.
Tu vas bientôt mourir.
Voilà ce que lui indiquait son miroir à tain d'argent. De nombreuses fois déjà il avait frôlé la mort, ou pire, mais là c'était différent. Son image lui montrait cette fatalité. Pourtant, Setrakian trouvait un certain réconfort dans les vérités qu'assénaient les glaces anciennes, toujours honnêtes et pures. C'était un objet magnifique de la fin du XIXe siècle, une pièce somptueuse dont le poids avait nécessité un câble pour la suspendre. Setrakian entreposait quelque quatre-vingts miroirs dans son antre, accrochés aux murs, posés par terre ou calés contre des étagères. Il les collectionnait. Comme ceux qui ont traversé le désert connaissent la valeur de l'eau, il lui était inconcevable de faire l'impasse sur l'acquisition d'un miroir en argent... en particulier les exemplaires de poche.
Surtout, il comptait sur leur qualité intrinsèque.
Contrairement à la croyance populaire, les vampires ont bel et bien un reflet. Dans les modèles modernes fabriqués à la chaîne, ils apparaissent tels qu'on les voit à l'œil nu, mais dans les anciens leur image est déformée. Une propriété physique de l'argent crée une interférence optique... une sorte d'avertissement. Comme dans Blanche-Neige, ils ne mentent jamais.
Setrakian étudiait ainsi ses traits, au-dessus du lavabo en porcelaine à côté duquel une étagère accueillait ses poudres et ses baumes, ses pommades pour l'arthrite, le liniment tiédi destiné à apaiser ses articulations noueuses.
Confronté à sa force déclinante, il prenait acte que son corps n'était que cela : un simple corps. Vieux et faiblissant, engagé sur la pente ultime, au point qu'il se demandait s'il supporterait le choc organique de la transformation. Toutes les victimes n'y survivent pas.
Il considéra ses rides profondes semblables à une empreinte digitale... la marque du temps fermement imprimée sur son visage. Du jour au lendemain, il avait pris vingt ans. Ses yeux semblaient petits et secs, jaunis comme l'ivoire. Il n'avait jamais été aussi blême, et ses cheveux blancs lui collaient au crâne comme de l'herbe plaquée par forage.
Pic-pic-pic...
Il entendait l'appel de la mort. La canne de Czardu. Son cœur.
Il contempla ses mains difformes, façonnées par sa seule volonté pour s'adapter au pommeau en argent de sa canne-épée, mais incapables de la moindre dextérité dans la plupart des gestes du quotidien.
L'affrontement avec son ennemi juré l'avait beaucoup diminué. Le Maître était encore plus puissant que dans son souvenir, plus qu'il ne l'avait envisagé. Setrakian devrait approfondir les hypothèses concernant sa survie à la lumière directe du soleil, laquelle l'avait affaibli et blessé sans le détruire. Les ultraviolets auraient dû le transpercer avec la force de dix mille lames d'argent, et pourtant la Créature y avait résisté et s'était enfuie.
Qu'est-ce que la vie, après tout, à part une série de petites victoires et de cuisantes défaites ? Mais aussi, que faire d'autre ? Abandonner ?
Setrakian ne baissait jamais les bras.
Pour l'heure, il ne parvenait qu'à se répandre en regrets. Si seulement il avait fait ceci plutôt que cela. S'il avait pu dynamiter l'immeuble dès qu'il avait su que le Maître s'y terrait. Si Eph l'avait laissé rendre son dernier souffle au lieu de le sauver à l'ultime instant...
Penser à ces occasions manquées affola de nouveau son cœur, qui s'emballait et trépignait comme un enfant impatient qui veut partir en courant et ne plus s'arrêter.
Pic-pic-pic...
Un sifflement s'éleva dans ses oreilles.
Setrakian le connaissait bien : c'était le prélude au malaise, à un réveil au service des urgences - s'il en restait un en état de fonctionner...
D'un doigt raide, il sortit un cachet de son flacon. La trinitrine prévenait l'angine de poitrine en dilatant les vaisseaux, accroissant ainsi le flux sanguin et rapport d'oxygène. Il fit fondre le comprimé sous sa langue.
Il ressentit aussitôt un picotement agréable. En quelques minutes, le murmure allait se calmer.
L'effet rapide du médicament le rassura. Ses regrets, son accablement et les reproches qu'il s'adressait ne constituaient qu'un hachis d'activité cérébrale.
Pour l'heure, son Manhattan d'adoption, qui s'écroulait sur lui-même, l'appelait à l'aide.
Quelques semaines s'étaient écoulées depuis l'atterrissage du vol 753, un Boeing 777, à l'aéroport JFK. Depuis l'arrivée du Maître par la voie des airs et le début de l'épidémie, que Setrakian avait prévue dès le premier flash d'informations avec une certitude inébranlable. L'appareil, à peine posé, sans le moindre heurt, sur le tarmac, s'était arrêté net, tous ses circuits coupés. Il était resté ainsi, sans vie, de longues heures. Protégés par leurs combinaisons spéciales, des membres des équipes du Center for Disease Control, le CDC, étaient montés à son bord pour y découvrir les cadavres de la quasi-totalité des passagers et des membres d'équipage, à l'exception de quatre « survivants » en piteux état, aussitôt placés en quarantaine pour des examens approfondis. Le Maître, également dénommé la Créature, avait pu traverser l'océan, terré dans son cercueil à l'intérieur de la soute du Boeing 777, grâce à la fortune et à l'influence d'Eldritch Palmer, richissime vieillard mégalomane qui ne voulait pas mourir et avait accepté, pour pouvoir vivre éternellement, de sacrifier la race humaine dans sa totalité. Au bout d'une journée d'incubation, le virus s'était activé, « réveillant » les corps des victimes, qui s'étaient échappées de la morgue et avaient commencé à répandre le fléau vampirique à travers la ville.
Setrakian connaissait l'ampleur de l'épidémie, mais le reste du monde se voilait la face. Depuis, un autre avion s'était éteint peu après son atterrissage à l'aéroport de Heathrow, à Londres, s'arrêtant net sur le tarmac alors qu'il se dirigeait vers le terminal de débarquement. Puis, à Orly, un Airbus d'Air France s'était posé, sans aucun signe de vie. Idem à l'aéroport international de Narita de Tokyo. Au Franz Joseph Strauss de Munich. Au Ben Gourion International de Tel-Aviv, réputé pour sa sécurité, les commandos antiterroristes avaient investi le gros-porteur plongé dans le noir pour n'y trouver que les cent vingt-six passagers morts ou inertes. Personne encore n'avait pu se résoudre à donner l'ordre de détruire les jets sur-le-champ, avec leurs macabres contenus. Tout se déroulait trop vite, la désinformation et l'incrédulité faisaient loi.
Et le phénomène s'était poursuivi. À Madrid. Pékin. Varsovie. Moscou. Brasilia. Auckland. Oslo. Sofia. Stockholm. Reykjavik. Jakarta. New Delhi. Certains pays, plus réactifs ou paranoïaques que d'autres, avaient eu le bon sens d'instaurer une quarantaine immédiate, de mettre en place un cordon militaire autour des avions... En vain, de toute façon, selon Setrakian, qui avait l'intuition que ces atterrissages constituaient plus des manœuvres de diversion que de réelles tentatives de contamination. Seul l'avenir dirait s'il voyait juste, même si l'avenir devenait plus incertain de jour en jour.
À présent, les strigoï d'origine - la première génération de vampires, les victimes de la Regis Air et leurs proches - commençaient leur deuxième phase de maturation. Ils s'accoutumaient à leur environnement et à leur nouvelle enveloppe charnelle, apprenaient à s'adapter, à survivre... à proliférer. Ils attaquaient à la tombée de la nuit ; les journaux télévisés signalaient des « émeutes » diurnes dans de vastes secteurs de la ville, ce qui était indéniable (des pillards et des vandales sévissaient dans la journée), mais nul ne soulignait que ces activités connaissaient un pic une fois le soleil couché.