Un dimanche au bord de la piscine
Un dimanche au bord de la piscine
Madeleine Wickham
352 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 355740
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Disponible
Résumé
Un dimanche de mai, entre amis et voisins, au bord de la piscine des Delaney. Parmi les invités, Louise, ses deux filles, son futur ex-mari... et son amant. Survient un terrible accident...
Un roman dans la veine tragi-comique de Madeleine Wickham, alias Sophie Kinsella.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
hamtaro
Le 07 septembre 2011
Livre décevant
J'ai acheté ce livre car d'après le résumé je pensais qu'il y aurait plein de suspense !!! Au final, l'histoire est plate et traîne en longueur. Cette histoire parle d'amitié, d'amour et de problème de la vie quotidienne mais j'ai été déçue par cet achat alors que ces sujets pourraient être tellement plus intéressants.
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marraine
Le 27 septembre 2011
Très déçue
Je suis très déçue d'avoir acheté ce livre, l'histoire est longue et sans intérêt.
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Zimzou
Le 07 mars 2012
Rien à faire dans les romans drôles
Ce livre n'est absolument pas drôle.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Née à Londres en 1969, Madeleine Wickham (alias Sophie Kinsella) est diplômée de l'université d'Oxford. Avant de se consacrer à l'écriture, elle a été enseignante puis journaliste. Elle est l'auteur de six romans dont  :
    Un Week-end entre amis
    La Madone des enterrements
    Drôle de mariage
    Une Maison de rêve
Madeleine Wickham vit aujourd'hui à Londres avec son mari, chanteur d'opéra, et leurs deux jeunes fils.
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Extrait

1


On n'était qu'en mai et il n'était que dix heures du matin. Pourtant, le soleil chauffait déjà, le gazon était sec et tiède sous les pieds et la brise, sous la robe en coton de Katie, était douce et tendre comme une caresse. La fillette se trémoussa un instant. Par un temps pareil, elle aurait eu envie de faire des entrechats ou de se laisser rouler sur l'herbe pour finir en bas de la pelouse. Mais non, il fallait qu'elle reste immobile comme un roc avec un élastique entre les chevilles, si tendu qu'il lui laisserait des marques rouges. N'y tenant plus, elle se pencha pour le remonter un peu.
Sur le point de faire son saut, sa sœur, Amelia, lui lança un regard furieux.
— Katie ! cria-t-elle. Tu ne dois pas bouger !
Katie se retourna en se tordant le cou pour apercevoir la fine trace rose à l'amère de ses chevilles.
— Ça me fait mal ! C'est trop tendu ! Regarde ! J'ai déjà des marques sur la peau !
— Eh bien, rapproche-toi un peu de la chaise ! Mais écarte les jambes pour ne pas détendre l'élastique.
Katie poussa un soupir mélodramatique et se déplaça en traînant les pieds.
Elles jouaient au jeu de l'élastique avec une chaise parce qu'il fallait normalement trois joueurs et qu'elles n'étaient que deux. Maman jouait quelquefois avec elles, mais elle était trop occupée ce jour-là et les avait rabrouées quand elles lui avaient demandé. Elles avaient donc emporté une chaise dans le jardin et lui avaient passé l'élastique autour des pieds, comme à un être humain. Entre les pieds de la chaise et les chevilles de Katie, il formait deux fines lignes blanches à quelques centimètres du gazon. Cette seule vision emplissait Katie d'une joyeuse impatience. Elle adorait le jeu de l'élastique. À l'école, elles y jouaient à chaque récréation et, pendant la classe, Katie mettait souvent la main dans sa poche pour vérifier si son précieux élastique roulé en boule était toujours en sûreté.
— Je commence, annonça Amelia d'un ton important.
Se mordant les lèvres pour mieux se concentrer, elle effectua les figures imposées en retombant toujours exactement comme il le fallait. « Avant, arrière, milieu, chantonnait-elle. Gauche, droite, dehors. »
Elle n'avait pas même effleuré l'élastique.
— À mon tour ! dit Katie quand sa sœur eut fini.
— Non, ce n'est pas ton tour ! répliqua Amelia. Tu ne connais pas les règles ?
— Si ! riposta Katie, les sourcils levés avec indignation. Dans ma classe, nous jouons toutes à tour de rôle. Mme Tully dit que c'est la méthode la plus juste.
— C'est bon pour les petites, commenta Amelia avec dédain. Nous, on joue jusqu'à ce qu'on fasse une erreur.
— Tu n'en fais jamais ! protesta Katie en se grattant la jambe à l'endroit où l'élastique l'avait trop serrée.
— Mais si, j'en ferai, répondit sa sœur d'un ton condescendant. Comme cela, au moins, tu sauras que c'est ton tour. Je ne crois pas que la chaise ait envie de jouer.
Katie jeta un coup d'œil à la chaise, placidement campée sur le gazon, et pouffa de rire.
— On peut toujours lui demander...
Mais Amelia commençait déjà le saut suivant.
Leur mère les avait envoyées jouer dans le jardin en attendant que leur père vienne les chercher. Personne ne se souvenait au juste de l'heure à laquelle il avait prévu d'arriver. Amelia croyait qu'il avait dit dix heures, leur mère pensait dix heures et demie, et Katie était persuadée que c'était plutôt neuf heures moins le quart, comme pour aller à l'école. Elle était même restée en faction près de la porte jusqu'à ce qu'il soit évident, à neuf heures passées, qu'il viendrait plus tard.
Avec bon sens, Amelia avait suggéré à maman de téléphoner à papa pour lui demander de préciser l'heure mais, pour une raison ou une autre, celle-ci n'avait pas voulu. Elle ne voulait d'ailleurs jamais appeler papa : c'était toujours lui qui le faisait. Il avait téléphoné dans la semaine pour dire qu'il passerait prendre les filles le dimanche pour les emmener pêcher. Pêcher ! Jamais encore Katie n'était allée à la pêche. Ravies, les filles avaient remonté de la cave les épuisettes et les seaux - et tout l'attirail qu'elles y avaient trouvé. Amelia possédait même une canne à pêche, cadeau de son grand-père, et avait généreusement offert à Katie de la tenir en même temps qu'elle, si elle voulait. Maman avait lavé deux vieux pots à confiture pour le cas où elles attraperaient des petits poissons qu'elles voudraient rapporter à la maison et, pour cette grande occasion, elles avaient chacune choisi une tablette de chocolat à ajouter à leur pique-nique.
Mais elles avaient toutes oublié, y compris maman, que ce dimanche était le Dimanche de Baignade chez les Delaney. Pas question de manquer une fête pareille ! Le village entier y allait, même ceux qui n'aimaient pas nager. Amelia se demandait parfois ce que pouvait ressentir une personne qui n'aimait pas se baigner, mais cela dépassait son entendement. Tous les gens qu'elle connaissait aimaient nager, elle, bien sûr, Katie, maman, et même papa quand il avait très chaud.
Elles ne s'étaient souvenues du Dimanche de Baignade que la veille, en rencontrant devant l'épicerie Mme Delaney qui leur avait demandé si elles comptaient venir. Maman lui avait répondu que cette année, malheureusement, les filles ne pourraient pas participer à la fête. Katie en avait presque fondu en larmes en pleine rue. Amelia, plus âgée, s'était dominée, mais à peine remontée en voiture elle avait demandé d'un ton désespéré : « On ne pourrait pas aller à la baignade demain et remettre la pêche à un autre jour ? » Maman avait d'abord répondu que non, bien sûr que non, d'un ton sévère. De retour à la maison, elle avait de nouveau refusé, mais en reconnaissant que c'était vraiment dommage. Un peu plus tard, elle avait dit que papa accepterait peut-être de les emmener à la pêche un autre jour. Et le soir, en les couchant, elle leur avait dit que quand papa serait là elle lui poserait la question et qu'elle pensait qu'il serait sans doute d'accord.
— Je recommence ! annonça Amelia en sautant. Quelle chaleur ! Je suis en sueur.
— Moi aussi, je suis bouillante ! renchérit aussitôt Katie. J'ai hâte d'aller me baigner.
— Moi, je vais tout de suite plonger, déclara Amelia. Sans même tâter d'abord l'eau du bout du pied.
— Et moi donc ! Je me précipiterai dans la piscine.
— Pff ! Tu ne sais pas plonger, la rabroua méchamment Amelia.
— Si, je sais ! protesta Katie. J'ai appris en même temps que j'ai appris à nager. On s'assied sur le bord et...
— Ce n'est pas comme ça qu'on plonge !
— Si !
— Non !
— Si, je te dis ! C'est comme ça qu'on plonge ! riposta Katie avec rage. J'étais la meilleure de ma classe ! Mme Tully m'a même dit que j'étais une vraie petite otarie !
Un silence suivit. Amelia fronça le nez d'un air dégoûté.
— Pouah !
Katie eut l'air déconfite.
— Quoi ? Pourquoi tu dis : « Pouah » ?
— Parce qu'une otarie, c'est dégoûtant.
Amelia lança à sa petite sœur un regard de défi, que cette dernière soutint sans rien dire quelques secondes.
— Tu ne sais même pas ce que c'est qu'une otarie, hein ? reprit Amelia d'un air triomphant.
— Si, je sais.
— Alors, qu'est-ce que c'est ?
Mortifiée, Katie fouilla dans sa mémoire sans rien trouver d'autre que des images plus ou moins imaginaires. Mme Tully leur avait-elle vraiment dit ce qu'était une otarie ? Voyons, une otarie... à quoi cela peut bien ressembler ? Katie ne vit qu'une surface d'eau turquoise aux reflets argentés d'où un petit corps vaguement en forme de poisson jaillissait avant d'effectuer un plongeon parfait.
— C'est comme une fée des fleurs, dit-elle enfin, mais c'est une fée des eaux. Elle vit dans l'eau et elle est bleu et vert.
Amelia laissa échapper un gloussement méprisant.
— Pas du tout ! Tu n'y connais rien, Katie Kember !
— Qu'est-ce que c'est, alors ? renchérit sa sœur, en colère.
Amelia se pencha vers elle pour lui parler en la regardant droit dans les yeux.
— C'est un animal visqueux avec un corps couvert de poils. Il a des pattes palmées et gluantes. Comme toi ! Et tu croyais que c'était une fée des eaux !
Katie s'assit dans l'herbe. Amelia ne pouvait pas avoir tort, elle ne mentait presque jamais ni n'inventait d'histoires.
— Je n'ai pas les pieds palmés et je ne suis pas visqueuse, dit-elle d'une voix mal assurée. Et je n'ai pas de poils sur le corps, juste des cheveux normaux.
Elle repoussa d'une main sa frange de cheveux bruns en levant vers sa sœur ses yeux bleus et angoissés. Touchée, Amelia mit fin à ses taquineries.
— Non, je sais. Mais les otaries nagent très, très bien. C'est sans doute ce que voulait dire Mme Tully.
— Oui, c'est exactement ce qu'elle voulait dire ! approuva la petite avec un profond soulagement. Je suis la meilleure nageuse de ma classe, tu sais. Il y en a même qui doivent encore mettre une bouée pour aller dans l'eau.
— Il y a dans ma classe un garçon comme ça, pouffa Amelia. Et il a neuf ans !
— Neuf ans ! répéta Katie avec dédain.
Elle venait d'en avoir sept et savait nager sans bouée depuis l'été précédent.
On entendit tout à coup le bruit d'une voiture qui s'arrêtait devant la maison.
— C'est papa !
— Voilà papa ! s'exclamèrent-elles à l'unisson.
Elles contournèrent la maison en courant. Leur père était en train de descendre de voiture, toujours aussi grand, vêtu d'un short et d'une chemisette bleue à carreaux plutôt fripée. Il y avait dans son aspect un mélange de familiarité et d'étrangeté qui frappa Amelia au point qu'elle s'arrêta. Katie la bouscula en la dépassant.
— Papa ! s'écria-t-elle.
Leur père se retourna en souriant. Et, comme prévu, Katie fondit bruyamment en larmes.