Bloc 11
Piero Degli Antoni
256 pages
Couverture cartonnée
Réf : 355674
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Auschwitz, 1944. Dix prisonniers. Une nuit pour désigner celui qui devra mourir.
Résumé
1944, Auschwitz : le commandant du camp organise un jeu sadique et démoniaque avec dix déportés : il leur donne une nuit pour désigner lequel d’entre eux devra mourir le lendemain. Pourquoi ? Trois prisonniers se sont évadés, et ceux qui restent doivent payer. Quelle sera leur réponse face à cette cruauté poussée à l’extrême ?
Pourquoi on l'a choisi
Un huis clos terrifiant dans un roman où Histoire et suspense se mêlent. Écrit comme un thriller, ce livre qui se lit d’une traite nous bouleverse, nous fascine et nous surprend. Face à l’horreur, une incroyable leçon d’humanité.
Les internautes ayant commandé Bloc 11 ont également choisi
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :16
titelle51
Le 10 septembre 2011
Bloc 11
J'ai aimé ce livre. Dés qu'on débute la lecture, on veut aller jusqu'au bout pour connaître le dénouement. Je le recommande vivement. Ce livre retrace une période bien tragique de notre histoire...
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
stephane2B
Le 31 août 2011
Une très belle surprise
Je ne connaissais pas du tout cet auteur et quelle fut ma surprise en commençant ce roman. Une fois entamé, impossible de refermer le livre avant d'en connaitre le dénouement final. Quelle belle leçon d'humanité ! Je recommande à tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur cette terrible période de l'histoire.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Mic
Le 14 octobre 2011
Une très belle découverte !
Fasciné par l'abîme carcérale, et écrit avec tout le respect révérencieux que mérite la plus grande tragédie de l'homme, Piero Degli Antoni campe des personnages hors normes. Avec "Bloc 11", nous sommes les témoins d'une implacable plongée dans les franges les plus obscures de notre Histoire et la narration, tout en retenue, rend la tragédie d'autant plus poignante. On peut certes ne pas aimer ce genre de fiction, mais il est difficile de ne pas reconnaître la puissance avec laquelle elle existe. Bluffant !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Merlin47
Le 28 septembre 2011
Très bon livre.
Un pur régal, il se lit vite, parfois certes un peu facile (on s'attend à certaines choses) les personnages sont attachants, et on ne peut s'empêcher de penser à cette période et se dire que ça aurait pu tomber sur n'importe qui. Une petite larme versée à la fin. Je recommande ce livre à tout le monde !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
anas86fr
Le 20 septembre 2011
Epoustouflant
Je l'ai dévoré, captivant, je le conseille fortement !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
sonny
Le 07 octobre 2011
Décevant
A la lecture du résumé je m'attendais à un huis clos oppressant et tendu or les situations sont prévisibles et il y a très peu de rebondissements. La période et le contexte aurait pu être plus développés pour approfondir les sentiments des personnages. Les "secrets" des protagonistes sont relativement plats. Bref, très décevant en ce qui me concerne.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Dayou
Le 07 octobre 2011
Prenant et émouvant!!
J'ai adoré le lire, je l'ai dévoré d'un trait. A lire absolument!!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Dogon Alexandre
Le 15 octobre 2011
Très Bon
Un très bon livre qui nous offre une atmosphère lourde et une grande leçon d'humanité qui fait grandement réfléchir. Je le recommande.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Moureau Florent
Le 25 octobre 2011
Bloc 11
Quelle claque, ce livre est un bijou, magique, émouvant on passe par tous les états, un suspense poignant, attention âmes sensibles s'abstenir.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Incubare
Le 06 décembre 2011
Belle lecture
Une belle histoire dont on ne veut pas perdre une lettre. Impossible de refermer ce monde avant de connaître la fin. Lecture simple, mais quelle lecture ! Laissez-vous tenter, vous ne regretterez pas !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
latotu
Le 10 décembre 2011
Entrez dans le camp de l'horreur
Commencez ce livre et vous vous retrouverez vite au milieu des ces pauvres hères obligés de choisir, à moins que la rudesse de la vie à Auschwitz ne choisisse pour eux ! La partie a débuté, mais qui va gagner ? Une histoire bouleversante que vous ne refermerez pas sans vous demander : "Et si j'avais fait partie de ce groupe de prisonniers, qu'aurais-je fait ?"...
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
emilune
Le 14 février 2012
Très bon livre mais...
J'ai trouvé l'histoire très intéressante, cependant je trouve que l'auteur aurait pu aller encore plus loin dans la description des personnages et pousser un peu plus le suspens. Les rebondissements étaient assez plats et prévisibles. Je pense que ce livre aurait pu être super si l'auteur avait été plus loin... Dommage.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Rosie
Le 14 février 2012
Un bon huit clos
Je recommande ce livre. Dès le début, on est dedans et on a envie de savoir comment tout va bien pouvoir se finir. L'histoire se tient, chaque personnage est individualiste et en même temps, tous tiennent bon pour la même chose: la survie. A lire !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
crj59
Le 16 février 2012
Bloc 11
Très bon livre, on a réellement du mal à décrocher !!! On est tellement plongé dans ce récit, que certains passages nous serrent le coeur. INCONTOURNABLE.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
mm
Le 13 mars 2012
Jeu démoniaque...
L'horreur de la guerre, des camps de concentrations, les blessures qui restent... Très bon livre, qui retrace la réalité et les atrocités faites aux juifs. Un jeu démoniaque très bien ficelé par l'auteur, on ne s'ennuie pas, se lit d'une traite.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
MilieG
Le 10 mai 2012
Excellent !
Un bon huis clos, bien mené ! Belle plume !! J'ai adoré et depuis je l'ai fait lire à mon entourage qui l'a également dévoré !!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Né en 1960, Piero Degli Antoni vit à Milan avec sa femme et leurs trois enfants. Journaliste, il tient la rubrique « Spectacles » dans le Quotidiano Nazionale. Il a publié plusieurs romans en Italie. Bloc 11 est le premier publié en France.
Lu dans la presse
« Ce livre, dont le rythme est celui d'un thriller, se lit d'une seule traite. [...] Il est écrit avec tout le respect que mérite la plus grande tragédie de l'histoire humaine. »

Corriere della Sera


« Un livre magistral, bien loin des récits à sensation, à lire... à lire absolument. »

24 Ore


« Compte à rebours dans la nuit d'Auschwitz. [...] Histoire et suspense se mêlent dans un thriller plongé dans l'enfer du camp. »

Il Giorno
Extrait
— Réveille-toi… réveille-toi, mon chéri…
Le vieil homme qui dormait près d'elle ouvrit péniblement les yeux.
— Mmm… qu'est-ce qu'il y a, Libling ?
— C'est l'heure de se lever… C'est aujourd'hui, tu te souviens ? Viens, je vais préparer le petit déjeuner.
La femme déplaça les couvertures pour se lever. Lorsqu'elle eut posé la plante de ses pieds sur le carrelage, elle se souleva sur un coude. Elle était vieille et fatiguée, et la manœuvre pour parvenir à se lever le matin exigeait d'elle de plus en plus d'énergie.
Elle resta assise quelques secondes, le temps que sa tête cesse de tourner et que son cœur se remette à battre normalement. Dans son dos, son mari était allongé, inerte, les yeux grands ouverts. Il attendait que coule, quelque part dans son corps, l'énergie nécessaire pour s'extraire du lit.
Elle compta mentalement « un… deux… trois… ». À dix, elle serait debout. Inexplicablement, elle se sentit traversée par une sensation d'apaisement. Elle s'en étonna, puis comprit : prendre son temps pour se lever était un luxe qu'elle n'avait pu se permettre pendant toute une partie de sa vie.
« Dix… » Elle prit une grande inspiration et se mit debout. Elle eut un bref vertige, mais put finalement faire un premier pas. Trois ou quatre autres, et elle s'appuya sur le rebord de la fenêtre. Derrière la vitre, elle pouvait contempler la rue de Brooklyn immergée dans une aube blafarde. Certes, la vue n'était pas splendide – maisons basses à deux étages, un bureau de tabac à l'angle, une école, là-bas, au fond, rien à voir avec la ligne d'horizon de Manhattan –, pourtant elle aimait ce petit monde, où elle savait que rien ne pouvait la menacer.
Elle se tourna vers le lit. Son mari bataillait avec les draps.
— Attends, je vais t'aider.
Elle fit le tour du lit et se pencha au-dessus de lui. Elle démêla les draps entortillés autour de ses pieds. Elle souleva ses chevilles toutes maigres et l'aida à poser les pieds par terre. Il s'assit et ils se retrouvèrent face à face. Ils se regardèrent dans les yeux et, l'espace d'un instant, elle vit passer cette lueur d'insolence qui l'avait séduite, des années plus tôt.
À présent, l'homme était assis, le dos courbé par l'âge. Sa veste de pyjama écossaise pendait mollement sur ses épaules. Elle se pencha pour le prendre sous les aisselles et l'aider à se lever, mais il la repoussa d'un geste.
— A brokh ! Primo, je ne suis pas aussi décrépit, commença-t-il. Deuzio, le jour où je ne pourrai plus sortir de mon lit, appelle la police, dis que je suis un voyou qui voulait te violer et fais-moi abattre. Tertio, si tu continues à vouloir me porter, nous finirons tous les deux par terre.
La femme sourit en son for intérieur.
Fièrement cramponné à la tête de lit, son mari parvint à se hisser sur ses pieds.
— Je vais aux toilettes, annonça-t-il comme s'il s'agissait d'une déclaration de guerre.
Elle se dirigea vers la cuisine, une petite pièce qui pouvait à peine contenir une personne. Elle alluma le feu sous une casserole préparée la veille. Elle ouvrit une porte peinte en blanc – ils n'avaient pas changé la cuisine depuis les années cinquante – et prit de quoi mettre le couvert. Elle disposa le tout sur un plateau, qu'elle porta jusque dans la salle à manger, la plus belle pièce de l'appartement. Elle avait un plancher et un plafond orné de stucs. Le mur comptait trois fenêtres donnant sur le petit parc du quartier. Au centre était installée une table longue et étroite, digne d'un banquet de mariage, plus adaptée à un restaurant qu'à un appartement.
Traînant les pieds dans ses savates vertes, elle posa au centre de la table le plateau chargé de vaisselle, qu'elle se mit à disposer sur la nappe. C'étaient de vieilles gamelles en fer, oxydées par endroits et cabossées. De vieux reliquats. Elle les plaça l'une après l'autre selon un ordre précis. La première, la deuxième, la troisième… à la fin, elle en avait disposé dix. Elle contempla la table pour vérifier que la symétrie était minutieusement respectée, puis retourna à la cuisine. Elle regarda la casserole sur le feu. Une mixture noirâtre bouillait. La vieille femme la goûta à l'aide d'une cuillère et éteignit la flamme.
Elle ouvrit une petite armoire et en tira un gros sac en papier. Elle en sortit une miche de pain, qu'elle coupa laborieusement avec un couteau à dents : le pain était dur, peu appétissant. Elle le coupa en dix morceaux identiques, s'arrêtant pour contrôler l'épaisseur de chaque tranche. Elle mit le pain dans une corbeille et retourna dans la salle à manger. Elle accomplit de nouveau son périple autour de la table, disposant une part à côté de chaque gamelle. Elle saisit la casserole de café et l'apporta dans la salle, vacillant à cause de son poids. À l'aide d'une vieille louche toute tordue, elle versa une bonne dose dans chacune des gamelles. Lorsqu'elle eut fini, le mari sortit de la salle de bains, propre et rasé, enveloppé dans un peignoir blanc.
— Tu as déjà tout préparé, constata-t-il, déçu de ne pas l'avoir aidée.
— Va t'habiller.
Peu après, l'homme reparut. Il portait un costume brun de laine légère. Son pantalon trop long touchait le sol. Les poignets de sa chemise dépassaient largement des manches de sa veste. Son costume, pourtant de bonne facture, était à présent élimé.
Ils s'installèrent l'un à côté de l'autre. Il était assis en bout de table, elle, à sa gauche.
L'homme coupa un morceau de pain dur et noir et le trempa dans son ersatz de café pour le ramollir. Les dents qui lui restaient n'étaient plus aussi bonnes qu'autrefois, mais il ne pouvait pas se faire à l'idée d'un dentier. Au fond de lui, il avait encore l'impression d'être ce jeune homme miraculeusement rescapé de l'enfer. Il mordit précautionneusement son quignon et l'avala avec difficulté. La femme fit de même.
Le reste de la table était désert. Des huit autres bols soigneusement disposés s'élevait un filet de vapeur, tandis que les huit tranches de pain attendaient d'être dévorées. L'homme avala une autre bouchée et but quelques cuillerées de café tandis qu'elle se contentait de manger des miettes. Ils prirent leur petit déjeuner dans un silence absorbé et sacré qu'ils n'auraient jamais osé briser. Leurs yeux étaient pensifs, traversés par des images lointaines et terribles.
Il s'écoula une dizaine de minutes, mais personne d'autre ne vint s'asseoir et les huit places demeurèrent vides. Plus aucune vapeur ne s'élevait des tasses : le liquide noir refroidissait. La femme contempla les gamelles vides et les miettes éparpillées sur la nappe.
— Tu as fini, hartsenyu ? lui demanda-t-elle.
Le mari opina, puis se leva.
— Tu te prépares ? demanda-t-il.
La femme secoua la tête.
— Ce matin, je suis fatiguée. Vas-y, toi. Dis au rabbi que je n'étais pas bien.
Il hésita, surpris de cette décision.
— Tu es sûre ?
— Vas-y. Je vais ranger un peu, peut-être prendre un bain. Je t'attends pour le déjeuner ?
Il ne fut pas certain qu'un point d'interrogation terminât la phrase, mais il acquiesça tout de même. Il enfila son manteau et son chapeau à larges bords ostensiblement démodé, auquel il était fidèle depuis trente ans.
Sur le seuil, comme chaque jour au cours des cinquante dernières années, ils se donnèrent une caresse réciproque sur la joue. L'homme sortit sans dire un mot.


Par le hublot de l'avion incliné, l'homme au costume bleu aperçut au-dessous de lui l'aéroport Kennedy, dans les moindres détails. L'air était limpide et pur comme rarement à New York. Le moment de l'atterrissage approchait et plus il approchait, plus l'homme – la soixantaine, d'aspect encore jeune, grand, blond, dégarni, des yeux bleus petits et pénétrants – sentait croître son inquiétude. Il avait parcouru plus de huit mille kilomètres. Pourtant, il aurait préféré repartir sans toucher terre. Mais ce n'était pas possible. Il savait qu'il devait poursuivre et conclure ce qu'il avait commencé plus d'un an auparavant.
Il devait… Oui, c'était une résolution plus forte que sa volonté. Il devait. Il devait aller à New York et il devait sonner à cette porte. S'il se dérobait, il savait qu'il n'aurait plus le courage de revenir et ne se le pardonnerait jamais. Il devait résoudre ce problème, qui remontait à plus de cinquante ans. Sans quoi il ne trouverait pas la paix.
Sa vie, un an plus tôt, avait été bouleversée par l'arrivée d'un paquet en provenance d'Allemagne. Jamais il n'aurait imaginé qu'un courrier à l'apparence aussi insignifiante pût provoquer un effet aussi violent. Un petit paquet – une boîte, à peine plus grande qu'un carton à chaussures – avait réussi à faire basculer son existence.
Beaucoup diraient que ce n'était pas sa faute. Qu'il était innocent. Et pourtant, il se sentait responsable, comme quelqu'un qui assiste à un meurtre et n'agit pas pour l'empêcher. D'une manière ou d'une autre, il devait expier et pensait avoir trouvé le bon moyen de le faire. Ce n'était pas sa faute à lui… tout le monde le lui avait répété, en premier lieu sa femme. Il n'y était pour rien, il était innocent. Mais il sentait que c'était faux. Il était qui il était, grâce à son père et à sa mère, en bien et en mal. Il ne pouvait pas prétendre ne posséder qu'un bon côté et occulter le mauvais. Soit on accepte son héritage, actif et passif, soit on le refuse. Lui l'avait accepté, et cela comprenait ce fardeau qui pesait sur sa conscience depuis un an. Il était venu jusqu'ici, à New York, pour essayer de solder une dette vieille de cinquante ans. Il ignorait s'il y parviendrait, mais il l'espérait. L'avion se redressa et plongea vers la piste. Dans quelques minutes, il aurait atterri.