Tu es si jolie ce soir
432 pages
Couverture souple. 12,5 x 20 cm
Réf : 355355
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Résumé
Deux enfants adorables, une jolie maison... une vie de rêve, non ? Non. Ce soir, Steve n’est pas rentré. Steve a disparu. Deborah a peur. Ces derniers jours, son mari était anxieux, irritable. Mais pourquoi ? Rongée par le doute, elle fouille son passé. Et les zones d’ombres qu’elle découvre la terrifient. Cet homme, son mari, que sait-elle de lui ? Le thriller psychologique bien oppressant, Carlene Thompson sait faire. On peut lui faire confiance... et fermer tous ses volets ! 
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :12
VAVA7171
Le 21 octobre 2009
A lire
Bon livre. Une histoire qui nous tient en haleine jusqu'à la fin et en plus à petit prix.
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sissa68
Le 20 octobre 2009
Prenant
J'ai adoré l'intrigue. Méfiez-vous, l'assassin n'est jamais celui qu'on pense !
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Paula
Le 24 novembre 2009
Captivant
Suspense et intrigue toujours permanents. Un livre qui nous maintient en haleine jusqu'à la fin. Je vais maintenant acheter un autre livre de Carlène Thompson.
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marinatrendy
Le 11 décembre 2009
J'ai adoré
Le livre est vraiment bien écrit, le suspense ne s'arrête jamais, ce livre se lit tout seul !! J'attends avec impatience le prochain livre de Carlen Thompson, j'adore son style.
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dolly
Le 27 décembre 2009
Très bonne intrigue
Un livre qui sait nous tenir en haleine. Très bon.
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yeyelle
Le 22 janvier 2010
Super intrigue
Ce livre nous tient en haleine jusqu'au bout. A lire absolument.
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alfonso jonathan
Le 13 janvier 2010
Super
Encore une fois, enchantée par ce livre. Belle collection.
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Le 31 janvier 2010
Excellent
Ce livre est vraiment captivant, du suspense jusqu'au bout, le dénouement est intrigant, j'ai adoré, à conseiller vivement, vous ne serez pas déçu !
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Le 25 mars 2010
J'ai adoré
Ce livre est bien écrit,facile à lire et tient en haleine jusqu'au bout...
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coco60
Le 07 avril 2010
Bon suspense
Ce livre ce lit d'un trait et vous captive jusqu'à la fin, trés, trés bon suspense. Excellent !
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violette
Le 01 août 2010
Bof
Franchement, j'ai pas vraiment aimé... Parfois, ça traîne en longueur... C'est lent... Franchement, j'ai lu des romans policiers meilleurs que ça... Franchement, je suis déçue.
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ninie59
Le 31 août 2010
Suspense garanti
J'ai adoré ce livre. Je ne connaissais pas Carlene Thompson mais je retiendrai son nom. Tout au long de la lecture on se pose des questions sur le dénouement de l'histoire. J'adore son style, suspense garanti et qui plus est à petit prix !
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Lu dans la presse
« Un thriller palpitant qui une fois commencé accaparera toutes vos pensées jusqu'au dénouement. »

Le Journal de l'Ariège
Extrait

PROLOGUE


Le bar était plein quand il entra chez Kelly à dix heures, ce qui semblait normal pour un samedi soir. La porte s'ouvrait toutes les trois minutes, jetant régulièrement une lumière oblique, quelques notes du juke-box et un nuage de fumée dans la nuit froide et calme. Ces endroits sont bien tous les mêmes - bruyants, trop éclairés, enfumés. Il alluma plusieurs cigarettes, avala quelques verres d'un whisky infect allongé de soda éventé, repoussa gentiment les avances de la serveuse - cinquante ans bien sonnés, la silhouette avachie et les yeux enfoncés - et réussit une heure et demie durant à n'échanger que de vagues propos avec un client ou deux. Alors il partit.
Dehors, le froid l'enveloppa. Il inspira profondément. L'air était pur, propre, vif. D'épais flocons tombaient encore. Ils recouvraient le trottoir, masquaient les devantures, voilaient la douce lumière des réverbères. Un jour qu'il avait huit ans, il avait trouvé une luge dans la rue qui attendait le passage des éboueurs. La peinture rouge était écaillée, le patin tordu, mais peu lui importait. Seuls comptaient le froid piquant, la neige au clair de lune dont le manteau étincelait sur la colline, derrière la maison, et la longue glissade qui s'offrait à lui...
D'un geste imperceptible du menton, il chassa ses souvenirs et, se concentrant à nouveau sur ce qui l'attendait, alluma une nouvelle cigarette. Un couple sortit de chez Kelly et se mit à rire quand la fille faillit perdre l'équilibre sur le sol glissant. Ils s'éloignèrent dans l'autre sens. Pendant un instant, la porte resta fermée. Depuis presque une demi-heure les clients s'en allaient, mus, aurait-on cru, par d'impérieux besoins. L'heure de la fermeture approchait. Cette fois, il ne devait plus rester grand monde.
Mais l'enseigne lumineuse, au néon bleu, continuait de briller. C'est elle qui l'avait attiré au bar - elle avait sous la neige quelque chose de mystique, un air fantomatique. Il était sensible aux lumières, aux éclairages, et celui-ci le ravissait. Il se demanda combien d'autres personnes partageaient ce goût-là. Peu, sans doute.
Il trouvait la plupart des gens seulement capables de sensations idiotes, prosaïques, sinon exaspérantes. A quoi bon, finalement, se comparer aux autres ? Après tout, lui était spécial, intelligent, sensible, doué de ces qualités souvent énumérées dans les petites annonces des journaux - dont les auteurs pourtant devaient cruellement manquer. Impossible cependant de ne pas constater sa supériorité à tout bout de champ. C'était la simple réalité.
Sa cigarette était à moitié consumée lorsqu'une femme sortit du bar. Il l'avait aperçue au comptoir. Ce devait être une habituée, puisque la serveuse l'avait appelée par son nom. Sally, c'était bien ça ? Cela n'avait de toute façon aucune importance. Un nom était toujours attaché à une personne, à une identité particulière, et il n'aimait pas s'en souvenir.
Hésitante, elle restait là devant la porte, à étudier la rue d'un regard myope. Il ne s'était pas vraiment caché, d'ailleurs pour quoi faire ? Malgré sa jeunesse et sa beauté, la jeune femme ne pouvait avoir sa vision. Il avait remarqué au bar la pureté de ses grands yeux, l'innocence de ses traits. Elle lui avait fait penser à Olivia Hussey dans une version filmée de Roméo et Juliette. Une rose sur un tas de boue. Cette sensation de pureté lui remettait en mémoire une vieille chanson, The Way You Look Tonight, qu'il se mit à fredonner dans la bise du soir. « Un jour que je serai triste, que le monde sera noir, mon cœur se réchauffera, en se rappelant ce soir, la beauté de ton visage. » Sa mère l'adorait.
Plus bas, sous le halo bleuté de l'enseigne au néon, il vit la jeune femme qui clignait des paupières. La neige lui tombait sur les yeux. Il sentit battre son cœur en la dévisageant, et entendit la voix qui, tout au fond de lui, chantait déjà vers elle. Ses nerfs furent brusquement parcourus d'une chaleur secrète, tandis qu'il attendait, implorant, priant. La fille partit dans l'autre sens, puis fit abruptement demi-tour.
C'était donc cela le pouvoir ! pensa-t-il, triomphant. Personne ne pouvait résister au pouvoir de sa volonté - sûrement pas, en tout cas, l'esprit inculte de cette jeune femelle.
Il jeta sa cigarette puis, lentement, se laissa glisser jusqu'à se retrouver assis dans la neige. Elle pressa le pas, mais s'arrêta lorsqu'elle l'entendit gémir dans la ruelle. « Mademoiselle, fit-il d'une voix faible, mademoiselle ! » Elle se raidit, prête à rebrousser chemin, mais son regard était déjà fixé sur lui. « Je viens de me faire attaquer », gémit-il en montrant le mouchoir taché de sang qu'il maintenait à hauteur de ses tempes. « Ils m'ont frappé. Je ne peux plus me relever. » Elle hésita. La neige tombait de plus belle sur ses longs cheveux noirs et brillants. Elle avait l'air d'un enfant effrayé, oscillant entre l'envie de lui porter secours et celle de rentrer ventre à terre à la maison. Elle fronça les sourcils : « On se connaît ?
— Je ne pense pas », dit-il par réflexe. Dans ces situations-là, il fallait par prudence rester un inconnu, mais il comprit très vite qu'il venait de faire erreur. La fille voulait l'aider et il aurait mieux valu prétendre la connaître, même vaguement, cela l'aurait décidée. Il était trop tard. S'il changeait d'avis, elle le soupçonnerait de mentir et s'enfuirait tout de suite. Ne pas en rajouter, juste continuer de l'apitoyer. Il parla plus distinctement, avec la voix de l'innocence injustement meurtrie. « S'il vous plaît, mademoiselle. Aidez-moi simplement à trouver un téléphone pour que je puisse appeler une ambulance. » Il tenta de se relever, et feignit de tomber. « Oh, mon Dieu ! »
Elle se rua à son secours. Les filles des grandes villes ne sont pas si crédules, pensa-t-il, amusé. Mais ici à Wheeling, West Virginia, les gens ont facilement confiance. Cela lui réussissait toujours. Il retira à nouveau le mouchoir de sa tempe et murmura : « Je n'aurais pas cru que je saignais autant. Oh, je m'en sortirai, mais ce que la tête me tourne ! » Il termina sa phrase d'un petit rire fébrile et remarqua les boucles d'oreilles, dorées, qui brillaient sous le faible éclairage.
Elle parut alors déterminée, sûre d'elle. Du moins c'est ce qu'elle pensait. « Mettez-moi un bras sur l'épaule, monsieur. Je vous accompagne au bar, plus bas, d'où vous pourrez téléphoner. »
Affichant une gratitude soigneusement étudiée, l'homme retira de la poche de son manteau une main gantée, solidement refermée sur un lien invisible. « Vous êtes un ange, mademoiselle. Un bon geste est toujours récompensé. »

*

Vingt minutes plus tard, ce qui restait de Sally Yates ouvrit les yeux. Elle n'eut pas le temps de reprendre conscience qu'une douleur abominable la submergeait. Quelque chose, autour de sa gorge, l'étouffait. Elle tâta du bout des ongles. Une corde. Presque engloutie dans la chair chaude et lisse.
Elle posa une main sur sa tête. Tout le côté gauche avait été - littéralement - fracassé. Son visage et ses cheveux étaient couverts de sang, jusqu'au manteau de laine synthétique blanche qu'elle trouvait si élégant. Sa main descendit sur l'arcade sourcilière. La paupière tuméfiée était fermée, la pommette brisée. Plus bas au milieu de la joue un os cassé avait percé la peau. Au nom du ciel, que lui avait-on fait ? Elle se souvint... Le marteau. Elle l'avait aperçu tandis que l'homme lui arrachait ses boucles d'oreilles l'une après l'autre.
La douleur était pratiquement insupportable. Hébétée, cherchant désespérément à trouver l'équilibre, Sally roula sur elle-même. Malgré son épuisement, les mots de sa mère lui revinrent en mémoire : « Tu n'as rien à faire dehors ce soir. Jack va t'écorcher vive, s'il apprend que tu es sortie.
— J'ai vingt-deux ans, avait-elle répondu. Il n'est jamais là quand je veux m'amuser. Et puis je vais au cinéma, c'est tout.
— Au cinéma ? Tu parles ! Tu vas encore traîner dans ce bar, là, chez Kelly. Tu ferais mieux de rester à la maison et de penser à ton bébé. »
Amy - à l'abri et au chaud, à la maison où il fallait cependant supporter les commentaires pénibles de l'aïeule. Mais si elle, Sally, devait maintenant mourir ? Amy serait alors élevée par son père, Jack, qui hurlait tout le temps et ne connaissait que les poings pour faire entendre sa voix.
L'image de sa fille, âgée de dix-huit mois, lui redonna un semblant de courage. Sally combattit de toutes ses forces un besoin irrésistible de se coucher dans la neige pour laisser une bonne fois l'obscurité l'envahir. Surmontant la douleur et l'horreur, elle leva lentement la tête. De son œil droit valide, elle aperçut une masse indistincte, posa une main hésitante sur le métal froid. Une benne, pensa-t-elle, une benne à ordures. Elle dut se forcer à réfléchir. Il l'avait entraînée derrière, avant de resserrer la corde d'un geste si violent que ses poumons avaient semblé se vider d'un seul trait. Et elle avait sombré dans un état semi-inconscient, avant qu'il ne la viole et ne la roue de coups.
Elle s'efforça d'avaler sa salive, mais quelque chose dans sa bouche l'étouffait comme du foin. Elle cracha une petite boule de... Quoi ? Des feuilles ? Des brindilles ? Dans le noir, impossible de savoir. Elle en avait encore plein les dents, sur son maxillaire brisé. Mais Sally n'avait plus assez d'énergie pour extirper le reste du bout de sa langue. La douleur, de toute façon, le lui interdisait.
Cherchant aveuglément un air qui semblait refuser d'entrer dans ses poumons, elle se hissa sur les genoux et se mit à ramper. La nausée lui retourna le ventre. Elle sentit alors une nouvelle blessure, au niveau de l'annulaire, curieusement déformé. Le doigt était brisé, son alliance, disparue. Non, se dit-elle, presque à bout de forces. Ce fumier m'a volé mon alliance !
Son manteau était couvert de neige, comme ses genoux nus sous le collant qui pendait en lambeaux. Pourtant le froid lui parut moins intense qu'au moment où, plus tôt, elle avait rouvert les yeux. La neige crissait sous son poids, tandis qu'elle se traînait vers la rue, la rue où il y aurait des gens, où des lumières brillaient, où l'on pourrait l'aider.
Elle tomba plusieurs fois sur le côté, mais continua à sinuer comme un serpent, la langue hors de la bouche à chercher un air rare. Les ongles que, le soir même, elle avait soigneusement limés et vernis, se cassaient les uns après les autres. Elle rampait, tentait une nouvelle fois de desserrer la corde que l'on ne voyait plus sous les plis de sa peau si jeune, si douce. Elle se rendit compte, malgré la nausée et le brouillard de son esprit, qu'elle avait perdu ses chaussures. Les plus belles, tout en cuir. Il faudrait les retrouver.
La rue. Elle parcourut les lieux de son unique œil valide. Personne alentour. Mais elle ne renonça pas. Chaque seconde devenait plus pénible. La rue se transforma en tourbillon. Sally sentit son bon œil se fermer. Mais elle poursuivit, encore et sans relâche. C'est au bout d'une éternité qu'elle entendit une voix : « Nom de Dieu ! » Elle comprit que des gens se rassemblaient. Un homme la retourna et étouffa un cri : « Doux Jésus, non ! »
Elle sentit une gêne terrible, absurde autant qu'irrésistible, un besoin irrationnel la poussant à masquer son visage mutilé. Mais ses mains, cette fois, ne voulaient plus bouger.
« C'est Sally !
— Sally ? Ce n'est pas elle ! répondit une femme à la voix chevrotante.
— Si, je reconnais ses cheveux. Sally, que s'est-il passé ? » C'était Hank, le barman.
Elle essaya de parler, mais ses mots restèrent muets. Sa gorge enflée semblait bouchée. Elle tenta vainement encore de desserrer la corde.
Puis son corps s'avachit. Elle avait survécu à la strangulation, au viol, aux coups. C'est maintenant le cerveau qui ne suivait plus. La sensation physique de son organisme paraissait s'évanouir. Lésions cérébrales. Sally était infirmière et savait comment cela arrivait. Elle voulut de toutes ses forces retrouver sa douleur. Au moins celle-ci indiquerait que le cerveau fonctionnait.
« Qui t'a fait ça ? » demanda Hank.
L'autre voix, féminine, semblait venir de nulle part : « Oh, mon Dieu, mon Dieu ! Regarde-moi son visage ! Une vraie bouillie ! » Puis un grognement : « Je crois que je m'évanouis. Je n'y vois plus rien.
— Arrête de gémir et va appeler les secours ! cria Hank.
— Je ne peux pas. Je vais vomir. Je tremble comme une feuille.
— Bon sang, Belle, arrête de faire l'idiote. Tu crois qu'elle n'a pas assez peur comme ça ?
— Peur ? Moi, je lui fais peur ? Tu es à côté de la plaque. Tu ne vois donc pas qu'elle est en train de mourir ? »
Mourir, pensa Sally, comme un dernier éclair, aussitôt éteint. Je suis en train de mourir sur le trottoir, dans le froid et la neige, tout ça à cause d'un type qui m'a appelée au secours.