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Le bal des poignards, tome 2 : Le couteau de Ravaillac
Le bal des poignards, tome 2 : Le couteau de Ravaillac
Juliette Benzoni
480 pages
Couverture cartonnée
Réf : 354563
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 21,00  (prix public)
Résumé
Lorenza, filleule de la reine de France, et Thomas de Courcy convolent en justes noces, au mépris des menaces qui planaient sur leur union. Leur bonheur est hélas de courte durée. La guerre va éclater et le roi Henri IV envoie Thomas à Bruxelles afin d’enlever sa maîtresse, la jeune Charlotte de Montmorency, épouse de Condé...
Pourquoi on l'a choisi
Les heures d’Henri IV sont comptées... Mais Juliette Benzoni, la reine du roman historique, nous promet encore de grands moments de lecture, avec ce deuxième opus aux multiples rebondissements.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
frederique
Le 06 juillet 2011
Magnifique
Ce deuxième tome ne se lit pas, il se DEVORE !!!!!! Enfin la suite et fin de l'histoire de Lorenza... Un régal pour tout fidèle lecteur de la Reine du roman historique. Son 76ème!!!!
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Elsinka
Le 20 septembre 2011
Si vous avez aimé le 1er, vous ne serez pas déçu !
J'avais dévoré le premier volet de ce diptyque... et j'ai dévoré le second ! Cette suite n'a vraiment pas déçu mes attentes. Juliette Benzoni nous perd dans un labyrinthe de questions et d'incertitudes pour mieux nous ravir. Elle peint ses personnages avec beaucoup d'art et de subtilité, notamment, et cela me frappe, les personnages historiques. Car c'est un exercice extrêmement difficile que de mettre en scène des personnages ayant réellement existé, et qui, pour beaucoup, sont extrêmement connus : Henri IV, Marie de Médicis, Richelieu,... J'ai par ailleurs beaucoup aimé voir représenter les Concini. Je m'explique. Il se trouve que cette année, j'ai lu "Les Histoires tragiques de nostre temps" de François de Rosset, un recueil datant du début du 17e siècle. Une de ces histoires évoquait ces deux personnages, que jusqu'alors, je ne connaissais pas, et cela avait attisé ma curiosité. Ma curiosité est donc toute contente, à présent. :) Juliette Benzoni, continuez de nous faire rêver !
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Remarque de CHARLOTTE REBILLAT du 26/10/11
Beaucoup aimé aussi, un peu dommage cependant que les personnages s'expriment de manière trop moderne.
Pascale
Le 14 octobre 2011
Excellent
Une parfaite interprétation du complot et de la manipulation de Ravaillac qui conduit au régicide d'Henri IV. Lorenza éprouvée par les ignominies que lui fait subir Marie de Médicis ainsi que l'engeance qui entoure celle-ci. Lorenza qui lutte avec l'énergie du désespoir pour retrouver Thomas l'amour de sa vie car elle refuse de croire à sa mort, comme certains veulent lui faire croire.
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Née à Paris en 1920, Juliette Benzoni, fervente lectrice d'Alexandre Dumas, nourrit dès l'enfance une passion pour l'Histoire. Plus tard, en tant que journaliste, elle collabore à L'Histoire pour tous, Le Journal du Dimanche, France-Soir et Confidences. Un passage remarqué à la télévision décide un éditeur à lui commander un roman historique. Ce sera Il Suffit d'un amour (1963) et le début d'une importante œuvre romanesque placée sous le signe de l'Histoire.
Juliette Benzoni va connaître un succès prodigieux avec les séries de Catherine (1963-1978), Marianne (1969-1974), Le Gerfaut des brumes (1976-1981) et La Florentine (1988-1990), adaptées à la télévision. Ses nombreux romans s'appuient toujours sur une documentation minutieuse. Citons entre autres :
    Le Boiteux de Varsovie
    Secret d'État
    Le Jeu de l'amour et de la mort
    Les Chevaliers
    Les Larmes de Marie-Antoinette
    Le Sang des Koenigsmark
    Le Collier sacré de Montezuma
    La Chambre du Roi
    L'Anneau d'Atlantide
Célèbre en France comme à l'étranger – elle a su conquérir cinquante millions de lecteurs dans plus de vingt pays –, fondatrice du Trophée Alexandre-Dumas, Juliette Benzoni a reçu en 1998 les insignes de Chevalier de l'ordre national du Mérite.
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Extrait
1

La deuxième nuit


— C'est insensé ! s'écria Mme de Royancourt en suivant dans l'escalier le majordome qui emportait le corps inerte de Lorenza sans plus d'émotion que s'il s'agissait d'un plateau chargé de verres. Mais qui peut avoir l'idée d'écrire pareilles horreurs ?
— Vous parlez toute seule à présent, Clarisse ?
Son frère, Hubert de Courcy, sortait de sa chambre à l'instant où elle passait devant la porte et n'avait pas vu la tête du cortège.
— ... Et qu'est-ce que ce papier avec lequel vous vous éventez ?
— Tenez ! Lisez !... Notre Lorenza composait un bouquet de fleurs dans le salon vert quand un valet occupé à balayer le perron a reçu dans les pieds cette infamie qu'un messager venait de lui lancer avant de faire volter son cheval et de repartir à fond de train. Il a porté le billet à sa destinataire qui l'a lu et s'est écroulée. Heureusement, elle n'était pas seule. On s'est précipité, on m'a appelée et maintenant Chauvin la transporte chez elle.
Tout en s'expliquant, elle avait continué son chemin. Son frère la suivit et ils se retrouvèrent au pied du lit sur lequel se penchait déjà dame Benoîte, la gouvernante des femmes du château, qui, en fait de remèdes, en savait presque autant que le médecin des Courcy. Mais, en dépit de son expérience, l'inquiétude la gagna. La jeune fille ne réagissait ni aux claques ni aux sels d'ammoniaque. Elle était toujours aussi pâle et respirait difficilement.
— Le choc a dû être rude, émit Benoîte, soucieuse. Je vais essayer un autre révulsif...
— Et ses mains sont glacées ! renchérit la comtesse, assise à présent de l'autre côté du lit et qui en tenait une dans les siennes. Il faut la déshabiller, la réchauffer, aller chercher une brique aux cuisines... et aussi activer ce feu ! Il est à l'agonie ! Voyez cela, Chauvin !
— Pendant que vous y serez, ajouta le baron, faites monter l'eau-de-vie de prune de M. le Connétable de Montmorency ! Elle est tellement raide que je la crois capable de réveiller un mort ! Chaque fois que j'essaie d'en boire je pleure à chaudes larmes !
— J'aimerais beaucoup la voir pleurer mais mettez-vous en quête de votre panacée vous-même ! Je viens de dire que nous allions la dévêtir !
— Vous avez raison ! Elle... elle n'est pas morte au moins ? chevrota-t-il, l'air soudain malheureux.
— Hubert ! Le souffle est court mais elle est en vie !
— Bon, bon ! je m'en vais !... Mais je reviens avec la prune infernale ! Je suis dans une inquiétude !...
Il n'était pas le seul. Tandis que les femmes de chambre changeaient Lorenza et l'installaient aussi confortablement que possible dans son lit, Clarisse relisait encore le désastreux message dans l'espoir un peu infantile d'y découvrir un détail nouveau mais les mots, dans leur brutalité, demeuraient énigmatiques : « Si tu l'épouses, il mourra comme les autres ! Tu seras à moi ou à personne ! » Qui avait écrit cette menace en usant d'un tutoiement tout à fait inconvenant à moins qu'il ne s'agisse d'un proche ?
Après avoir passé une tête prudente par la porte entrebâillée, le baron revenait muni d'une bouteille pansue et d'un verre à liqueur.
— Toujours inconsciente ?
— Benoîte est partie chercher je ne sais quoi !
— On peut essayer le vitriol du Connétable !... Ah, vous relisez cette ignominie ?
— Oui. C'est le ton intime qui me gêne...
— Le tutoiement ? C'est sans doute dans ce but qu'on l'a employé ! À moins que ce torchon n'émane d'un compatriote : tout le monde se tutoie à Florence comme jadis à Rome...
— Alors pourquoi n'est-ce pas rédigé en toscan ?
— Ma chère Clarisse ! Mettez-vous dans le crâne que ceci est destiné à faire le maximum de mal et que chaque mot en a été soigneusement pesé afin de nous persuader que l'auteur est un amant ! Et maintenant prenez ce verre, je vais la soulever.
Glissant son bras sous l'oreiller, il redressa Lorenza tandis que sa sœur approchait avec circonspection le gobelet des lèvres décolorées.
— Vous êtes sûr que ce tord-boyaux ne va pas la tuer ?
— Tâtez-en ! Vous verrez bien !
Elle fit comme il le suggérait :
— ... Sacrebleu ! lâcha-t-elle soudain cramoisie avec l'impression que ses cheveux se dressaient sur sa tête cependant que les larmes lui venaient aux yeux.
— Je vous avais prévenue ! Pour concocter ce jus de fournaise – qu'il n'offre qu'à de rares privilégiés ! –, ce vieux Montmorency doit faire mettre au tonneau des fruits verts ! Allons ! Un peu de courage !
Après un rapide signe de croix, Clarisse introduisit timidement quelques gouttes entre les lèvres de Lorenza et attendit. L'effet fut presque immédiat : la jeune fille toussa, cracha tandis qu'une bouffée de chaleur lui montait au visage et que ses paupières se relevaient sur un regard noyé...
— Là ! Qu'est-ce que je vous disais ? triompha le baron. Je vais conseiller à ce vieux ladre de Connétable d'en vendre à tous les médicastres et tous les apothicaires du royaume ! Il en tirera une fortune !
Il laissa retomber doucement la tête de Lorenza sur laquelle sa sœur se pencha avec sollicitude.
— Comment vous sentez-vous, mon enfant ?
— Je... je ne sais pas...
Soudain la mémoire lui revint en voyant la lettre entre les doigts de la comtesse. Elle les regarda tous les deux avec une sorte d'épouvante en rejetant les draps pour se lever.
— Il faut que je parte !
D'une seule main, le baron Hubert la maintint sur son lit avec un grand sourire.
— Et pour aller où, s'il vous plaît ?
Les beaux yeux noirs se firent suppliants.
— Là où on me laissera peut-être enfin vivre en paix ! À Florence que je n'aurais jamais dû quitter !
— Et pour y faire quoi ? demanda Clarisse. Est-ce que vous oubliez que vous vous mariez demain ?
— Non ! Pardonnez-moi mais vous devez comprendre que c'est impossible ! J'ai déjà causé suffisamment de catastrophes. Si elles doivent maintenant s'abattre sur vous tous, je ne pourrai pas le supporter.
Afin d'éviter qu'elle tente à nouveau de se lever, le baron s'assit de l'autre côté du lit.
— Avant d'en référer à Thomas dont je connais d'ailleurs la réponse, essayons d'y voir clair. Avez-vous une idée de celui qui a écrit ce vilain poulet ? Car il ne peut s'agir que d'un homme !
— Pourquoi pas une femme ? hasarda sa sœur. J'en connais plus d'une tout à fait capable de ce genre d'infamie...
— Oui. Moi aussi mais cela m'étonnerait... C'est trop brutal pour n'être pas masculin. Maintenant reste à savoir qui...
— Je ne connais personne à qui j'aurais donné le droit de me tutoyer à moins qu'il ne s'agisse d'un compatriote et, depuis que l'ambassadeur Giovanetti est parti, je ne connais aucun des Florentins qui ont suivi la reine Marie en France... Pourtant ce devrait en être un...
— Expliquez-vous !
— La dague si parfaitement reproduite qu'on ne peut douter qu'il l'ait sous les yeux... Je le sais parce que c'est moi qui l'ai apportée en France.
— Comment cela ?
— Le grand-duc Ferdinand me l'a donnée après la mort de mon fiancé Vittorio Strozzi. Je pensais que son ombre pourrait m'être protectrice. Elle a disparu au moment où Mme du Tillet est venue me chercher à l'ambassade – je devrais d'ailleurs dire m'enlever tant elle y a mis d'ardeur ! — pour me ramener au Louvre sur ordre de la Reine. J'ai revu l'arme au soir de mon mariage, entre les mains de M. de Sarrance : quelqu'un avait tenté de le tuer mais la pointe s'était brisée sur la cotte de mailles qu'il portait sans cesse depuis nos... fiançailles. Vous savez ce qui a suivi. Pourtant la dague a dû servir à l'occire après ma fuite : un certain Bertini – probablement l'assassin – la possédait et l'a ensuite fait réparer par un armurier de la rue du... Roi-de-Sicile, je crois. C'est le valet de Thomas qui a découvert cela. Mais lorsque M. le Prévôt a ordonné l'arrestation de ce Bertini, on l'a trouvé égorgé avec sa maîtresse... et la dague avait disparu. Je suppose...
— ... qu'elle a dû aboutir dans la panoplie de votre persécuteur dont l'intention doit être de l'utiliser pour se débarrasser de Thomas ! C'est logique !
— C'est pourquoi il faut, à tout prix, que je vous quitte ! Je vous aime trop pour faire peser sur vous une telle menace !
Clarisse allait protester mais son frère la prit de vitesse.
— Ma chère enfant, ce château, en dépit des grâces de la Renaissance qui ont adouci son rude aspect original, n'en est pas moins une véritable forteresse que l'on peut mettre sur le pied de guerre en fort peu de temps. En outre, tous ceux qui le servent et nous sont, j'en suis sûr, attachés ne rechigneraient pas s'il fallait se battre pour lui. Sans compter ceux des alentours qui ont souvent cherché refuge dans nos murs quand la nécessité se faisait sentir. Quant à Thomas... il ne devrait pas tarder à nous donner son sentiment.