Stiletto blues à Hollywood
Stiletto blues à Hollywood
Lauren Weisberger
554 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 354486
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Au lieu de 21,00  (prix public)
Disponible
Résumé
Brooke est heureuse auprès de Julian, auteur-compositeur. Jusqu’au jour où le chanteur se retrouve au sommet des hit-parades. Tabloïds, groupies, horaires fous et éloignement : quand le diable ne s’habille pas en Prada, il tend quelque micro doré et fait du conte de fées moderne – la gloire – une partition infernale... On la suit entre rires et larmes.
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :7
Le 26 septembre 2011
Décevant !
Autant ses précédents romans étaient frais et divertissants, autant celui-ci est d'un ennui abyssal, on sent qu'elle épuise le style et du coup on assiste à des descriptions totalement inutiles... Je n'ai pas perdu mon temps à le terminer et pourtant j'ai lutté car ce n'est pas dans mes habitudes ! Ok, c'est pas de la grande littérature mais quand même, faudrait pas prendre les lecteurs pour des c... !
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elelis
Le 27 octobre 2011
Stiletto blues à HOLLYWOOD
Moi, j'ai adoré.
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PrincessLaw
Le 29 février 2012
Décevant !!!
Comme le commentaire précédent, je suis archi déçue quoi ! Une couverture pire qu'alléchante pour un roman ennuyant !!! J'ai tout de même voulu savoir la fin (digne d'un culcul...) mais j'ai survolé beaucoup de pages remplies de descriptions inutiles du genre "Je mis mon vieux peignoir attendit que la bouilloire siffle me connecta sur facebook et écouta mes 33msgs." Fin, bref, heureusement que je ne l'ai pas payé au prix PUBLIC grâce à France Loisirs car GGRRR...^^
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maxman
Le 21 avril 2012
Bon livre
Ce livre se lit très bien. J'ai lu ses précédents livres, et je trouve qu'elle est restée dans le même registre et j'adore !
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olkev
Le 21 mai 2012
très bon
Autant je n'avais pas trop accroché au précédent, autant celui la j'ai vraiment bien aimé. On est embarqué dans un univers musical très bien décrit et la situation est vite intenable !
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Elo52
Le 17 mai 2012
Moi j'ai aimé
L'auteur nous plonge dans un monde qu'on ne connait pas et pourtant on se met vite à la place de l'héroïne qui voit son petit monde sans dessus dessous après le succès fulgurant de son petit ami. C'est un livre qu'on prend plaisir à lire à la plage !
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lodiie
Le 23 mai 2012
Un air enchanteur
Contrairement à tous mes camarades, moi j'ai adoré ce livre. Il m'a vraiment fait rêver et à stimulé mon imagination. Je trouve cette histoire très romantique et très drôle à la fois. Il faut bien entendu aimer l'univers girly, glamour et eau de rose pour apprécier ce roman. Je le recommande à toutes les filles en mal d'histoire d'amour !
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Si elle est née en Pennsylvanie et non au cœur de la 5e Avenue, Lauren Weisberger s'est rattrapée depuis et, lorsqu'elle décrit restaurants hype, boîtes branchées et hôtels de luxe, elle sait de quoi elle parle !
Diplômée de l'université de Cornell, elle vit à New York depuis 1999. Elle fut l'assistante personnelle d'Anna Wintour, éditrice de Vogue, considérée comme la grande prêtresse de la mode.
Depuis le succès de ses trois livres, Le Diable s'habille en Prada – adapté au cinéma avec Meryl Streep et Anne Hathaway – , People or not people et Sexe, diamants et plus si affinités..., elle vit de sa plume... et mène une existence dorée, couronnée par un mariage de rêve sur une île des Caraïbes.
Il y a des vies qu'on n'invente pas...
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Extrait

Piano Man

Lorsque la rame s'immobilisa enfin dans un grincement strident à la station Franklin Street, Brooke ressentit une bouffée d'anxiété. Pour la dixième fois en quelques minutes, elle consulta sa montre et s'efforça de se souvenir que ce n'était pas la fin du monde, que même si son retard était inexcusable, Nola, sa meilleure amie, lui pardonnerait – devrait lui pardonner. Tout en jouant des coudes dans la fourmilière humaine de l'heure de pointe, Brooke retint instinctivement sa respiration et se laissa charrier par ce courant qui l'entraînait vers l'escalier. Comme en pilote automatique, elle prit place dans la file indienne de bons petits soldats qui se forma du côté droit de l'escalier et observa ses compagnons de voyage sortir un téléphone portable d'un sac, ou d'une poche, avant de contempler d'un air absent le minuscule écran au creux de leur main, tels des zombies.
— Merde ! lâcha la femme obèse devant elle.
Brooke ne tarda pas à comprendre la raison de ce juron. À l'instant où elle émergea de la bouche de métro, la pluie s'abattit sur elle sans préavis et avec violence. Ce qui, à peine vingt minutes plus tôt, avait été une soirée de mars, frisquette mais potable, venait de virer au cauchemar glacial et diluvien. Fouettés par le vent, des rideaux de pluie s'abattaient sur l'asphalte avec un tel acharnement qu'il ne servait à rien d'ouvrir un parapluie ou de s'abriter sous un journal.
— Et merde ! s'écria Brooke en s'associant au concert de jurons.
Brooke, qui était repassée chez elle pour se changer après sa journée du travail, n'avait rien d'autre qu'une minuscule (et, soit dit en passant, ravissante) pochette argentée pour se protéger. Bye-bye, brushing ! songea-t-elle en s'élançant sous le déluge pour parcourir les trois blocs qui la séparaient du restaurant. Tu vas me manquer, mascara ! J'ai eu plaisir à vous rencontrer, sublimes bottes en daim qui m'avez coûté la moitié de mon salaire hebdomadaire.
Arrivée à destination, elle ruisselait. Le Sotto, petit restaurant de quartier sans prétention où Nola et elle se retrouvaient deux à trois fois par mois, ne servait pas les meilleures pâtes de la ville – ni même probablement du quartier – et son cadre n'offrait rien de remarquable, mais il avait d'autres charmes, somme toute plus importants : des pichets de vin à prix raisonnable, un tiramisu mortel, et un maître d'hôtel italien archisexy qui, tout simplement parce qu'elles étaient des clientes de longue date, leur réservait toujours la table la plus tranquille de la salle, tout au fond.
— Salut, Luca ! lança Brooke au patron tout en essayant de se défaire de son caban en laine sans provoquer d'inondation. Elle est déjà là ?
Luca, qui était au téléphone, posa la main sur le combiné et braqua un crayon à papier par-dessus son épaule.
— La même table que d'habitude. En quel honneur, cette robe sexy, cara mia ? Tu ne veux pas te sécher, d'abord ?
Brooke lissa le plastron du plat des mains en espérant que le compliment était sincère et justifié, que cette robe en jersey noir à manches courtes était réellement sexy et qu'elle la portait bien. Elle avait fini par la considérer comme sa tenue de concert : associée, en fonction du temps, à des escarpins, des sandales à talons ou des bottes, elle l'enfilait presque à chaque fois qu'elle allait voir Julian se produire sur scène.
— Je suis déjà affreusement en retard. Elle est énervée ? Elle râle ? demanda-t-elle en disciplinant au mieux ses mèches pour tenter de les sauver d'une attaque de frisottis imminente.
— Elle a déjà descendu un demi-pichet et n'a pas lâché son portable. Tu ferais mieux d'y aller.
Après l'incontournable échange des trois bises – dans les premiers temps, Brooke avait voulu protester contre ce rituel, mais Luca avait insisté –, elle prit une grande inspiration et gagna leur table. Nola était installée sur la banquette, droite comme un I, la veste de son tailleur jetée sur le dossier. Son petit haut en cachemire bleu marine mettait en valeur ses bras musclés et faisait ressortir l'éclat de sa peau mate ; son dégradé aux épaules était stylé et sexy ; ses mèches blondes brillaient sous les lumières tamisées du restaurant ; son maquillage évoquait la fraîcheur de la rosée. Personne, en la voyant, n'aurait pu deviner qu'elle venait de passer douze heures à un pupitre de négociation, à hurler des ordres dans un micro-casque.
Les deux amies ne s'étaient rencontrées qu'au second trimestre de leur dernière année à Cornell, même si Brooke – comme tout le monde sur le campus – savait depuis longtemps qui était Nola. Elle la terrifiait et la fascinait tout à la fois. À la différence de leurs camarades, toutes abonnées à l'uniforme sweat à capuche et Ugg, Nola soignait sa silhouette de mannequin avec des bottes à talons hauts et des blazers et jamais, absolument jamais, elle n'attachait ses cheveux en queue de cheval. Avant d'entrer en fac, elle avait fréquenté les écoles les plus sélectes de New York, Londres, Hong-Kong ou Dubaï – les capitales dans lesquelles l'avait menée la carrière de son père, un banquier d'affaires –, et joui de la liberté que procure le statut d'enfant unique de parents extrêmement occupés.
Il était impossible de savoir comment elle avait atterri à Cornell plutôt qu'à Cambridge, à Georgetown ou à la Sorbonne, mais nul n'avait besoin de beaucoup d'imagination pour voir qu'elle n'était pas particulièrement impressionnée par le prestige de l'établissement. Pendant que ses camarades s'empressaient d'intégrer une corporation étudiante, se retrouvaient pour déjeuner à la Ivy Room, ou s'enivraient dans les bars en ville, Nola restait fidèle à elle-même. Des bribes de sa vie filtraient : sa liaison, de notoriété publique, avec le professeur d'archéologie ; le défilé d'hommes mystérieux et séduisants, qui disparaissaient aussi vite qu'ils étaient apparus… Mais pour l'essentiel, Nola assistait à ses cours, raflait invariablement de très bonnes notes aux examens et filait dare-dare à Manhattan dès le vendredi après-midi.
En dernière année, dans l'atelier optionnel d'écriture, les deux filles se retrouvèrent en binôme. Chacune devait lire et commenter la nouvelle de l'autre. Brooke était si intimidée que c'était à peine si elle osa lui parler. Nola, comme d'habitude, ne semblait ni particulièrement contente ni spécialement contrariée, mais lorsque, la semaine suivante, elle rendit à Brooke le premier jet de sa nouvelle – une fiction autour d'un personnage qui bataillait pour s'adapter à sa mission des Peace Corps au Congo –, elle l'avait annotée avec des suggestions et des commentaires aussi justes que pertinents. Et puis, sur la dernière page, à la suite d'une note de lecture détaillée, Nola avait écrit : « P.-S. : insérer éventuellement une scène de sexe au Congo ? » Brooke avait été prise d'un tel fou rire qu'elle avait dû quitter la salle un instant pour se calmer.
Après le cours, Nola l'avait invitée dans le salon de thé situé au sous-sol d'un des bâtiments administratifs, un lieu que ni Brooke ni aucune de ses camarades ne fréquentaient et, en l'espace de deux ou trois semaines, elle accompagnait Nola à New York pour le week-end. Même après toutes ces années, Nola n'avait rien perdu de son prestige à ses yeux, mais cela lui faisait du bien de savoir que son amie sanglotait en voyant des images de soldats de retour de la guerre, au journal télévisé, qu'elle nourrissait le rêve obsessionnel de vivre un jour derrière une palissade en bois blanc en banlieue et ce, même si elle en faisait ouvertement un sujet de dérision et qu'elle avait une peur pathologique des petits chiens hargneux. (Ce qui ne concernait nullement Walter, le chien de Brooke.)
— …Oui, oui, parfait. Non, le comptoir, c'est très bien, assura Nola à son interlocuteur tout en regardant Brooke et en levant les yeux au ciel. Non. Inutile de réserver, on trouvera toujours à se caser. D'accord, ça m'a l'air bien. À demain.
Elle rabattit le clapet de son téléphone et se resservit aussitôt du vin rouge, avant de se souvenir que Brooke était arrivée et de remplir également son verre.
— Tu m'en veux ? demande Brooke en posant son caban sur la chaise voisine et en glissant son parapluie ruisselant sous la table.
Elle but une longue gorgée de vin et savoura la caresse du breuvage sur sa langue.
— T'en vouloir ? Pourquoi ? Parce que je poireaute depuis une demi-heure ?
— Je sais, je sais, je suis vraiment désolée. Ça a été l'enfer au boulot. Deux des nutritionnistes à plein temps étaient malades aujourd'hui – ce que je trouve un peu bizarre, si tu veux mon avis – et nous avons dû assurer leurs rendez-vous en plus des nôtres. Évidemment si, de temps en temps, on se retrouvait dans mon quartier, ça me permettrait peut-être d'arriver à l'heure…
Nola leva la main pour l'interrompre.
— C'est bon, j'ai pigé. J'apprécie vraiment que tu fasses tout ce chemin pour me retrouver ici. Mais que veux-tu, aller dîner midtown, ça n'a rien de bien excitant.
— Avec qui parlais-tu ? Daniel ?
— Daniel ? répéta Nola, l'air confus. (Elle fixa un instant le plafond.) Daniel, Daniel… Ah ! Lui. Non, c'est une affaire classée. Je l'ai emmené à un truc de boulot la semaine dernière, et il était bizarre. Super bizarre. Non, là, je prenais rendez-vous pour demain avec un mec que j'ai rencontré sur Internet. C'est le second, cette semaine. À quel moment suis-je devenue à ce point pathétique ? soupira-t-elle.
— Arrête, tu n'es pas…
— Mais si. C'est pathétique, à presque 30 ans, de considérer son petit copain de la fac comme sa seule « vraie » histoire. Et ce qui est tout aussi pathétique, c'est que je suis inscrite sur un tas de sites de rencontres, sur lesquels je fais régulièrement mon marché. Mais le comble du pathétique – et qui confine à l'inexcusable – c'est de me ficher comme d'une guigne de le reconnaître devant n'importe qui disposé à m'écouter.