Le complot Machiavel
Le complot Machiavel
Allan Folsom
680 pages
Couverture souple
Réf : 353111
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 23,00  (prix public)
Un rythme diabolique
Résumé
Washington. Marten, ex-flic, appelé au chevet d’une amie proche du Président, découvre qu’elle a été empoisonnée par les membres d’une société secrète. Leur but ? Dominer le monde grâce à un manuscrit inédit de Machiavel. Le Président qui refuse de coopérer avec la secte doit prendre la fuite. Marten est chargé de le protéger, le compte à rebours est lancé... 
Le mot de Douglas Preston
« Si vous avez été secoués par le Da Vinci Code, préparez-vous à embarquer pour de vraies montagnes russes. »

Douglas Preston
Pourquoi on l'a choisi
72 heures pour sauver le monde ! Une intrigue menée à cent à l'heure par un maître du thriller américain, l'auteur entre autres best-sellers de L'empire du mal et de L'exilé. C'est parti ? Accrochez-vous !
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
calie
Le 23 janvier 2010
Rythme, intrigue et suspense
L'éternel complot planétaire, n'est pas sans rappeler "24h chrono" ou "The Sentinel". Mais ce qui est sûr, c'est que nous sommes emportés dans un tourbillon dès les premières pages. On s'attache à ce président US, humain et généreux, abandonné et bientôt recherché par ses "amis" de toujours. Peut-on imaginer un complot si vaste ? Un voyage au coeur de l'Europe et de la politique qui nous transporte à vive allure. 3 jours et 3 jours seulement pour déjouer l'horrible dessein d'une secte de grande envergure !!!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
HCA
Le 05 décembre 2009
Aventure à vivre à 100 à l'heure
Ce n'est pas mon genre de lecture mais je dois dire que les scènes présentes dans ce livre se déroulent à une vitesse incroyable.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Soda
Le 22 février 2010
Haletant!
Entre déception et agréable déception ! Dans un premier temps déçue par le titre qui, pour moi, n'est que le prétexte "pour attirer le chalant". Rien à voir avec Machiavel qui est à peine effleuré dans le livre ! Dans un second temps, agréablement déçue car il y a un suspense, une intrigue, un dépaysement qui prend "aux tripes". On vit, on frémit, pour les personnages qui sont attachants. On veut vraiment connaître la fin, le dénouement !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Né en 1941 à Boston, Allan Folsom a quitté en 1963 la Nouvelle-Angleterre pour la Californie. Il a exercé à peu près tous les métiers du cinéma : caméraman, réalisateur, scénariste, producteur.
De retour à Boston, en 1970, il a travaillé dans l'immobilier, l'hôtellerie, la restauration, la publicité avant de revenir sur la côte Ouest et signer de nombreux scénarios pour les grandes chaînes de télévision. Son premier roman, L'Empire du mal (1996), a été un best-seller mondial. Jour de confession (1999) et L'Exilé (2005) l'ont confirmé comme un maître du thriller, dans la lignée de Robert Ludlum et Ken Follett.
Lu dans la presse
« Une intrigue qui progresse à cent à l'heure selon une logique paranoïaque qui emporte irrésistiblement le lecteur. »

Los Angeles Times
Extrait

Dimanche 2 avril

1

Washington, D.C., hôpital universitaire George Washington
Service de soins intensifs, 22 h 10


Le cœur de Nicolas Marten battait lentement, à la façon d'un tambour enfoui au fond de son être. Sa respiration résonnait dans sa tête avec la force d'une musique de film, mêlée au souffle rauque et pénible de Caroline, dont il tenait la main.
Assis à côté du lit, il posa le regard sur elle pour la dixième fois en moins de cinq minutes. Elle avait les yeux fermés et sa main ne bougeait pas dans la sienne, aussi légère qu'un gant de soie, à peine animée.
Depuis combien de temps se trouvait-il à Washington ? Deux jours ? Trois ?
Il ne savait même plus. Caroline l'avait appelé en lui demandant de venir à son chevet et il avait sauté dans le premier avion depuis l'Angleterre, où il vivait. Il avait su au son de sa voix que quelque chose de terrible s'était produit. L'inquiétude de Caroline était palpable, tout comme le sentiment d'impuissance qui l'étreignait. En quelques mots, elle lui avait expliqué que ses jours étaient comptés, à la suite d'une infection foudroyante contre laquelle la médecine ne pouvait rien.
En dépit du choc, il avait cru percevoir dans sa voix quelque chose qui ressemblait à de la colère. Dans un chuchotement, comme si elle craignait d'être entendue, elle lui avait affirmé être victime d'une machination, prétendant avoir été infectée délibérément par une bactérie mortelle. Elle n'avait pu achever ses explications. Quelqu'un était entré dans la pièce, à en juger par les bruits qu'il avait entendus derrière elle, et elle avait brusquement mis fin à la conversation en le suppliant de la rejoindre à Washington.
Il n'avait pas trop su quoi penser. Caroline était affolée, c'est vrai, mais elle sortait tout juste d'une période terrible, après avoir perdu son mari et son fils de douze ans dans un accident d'avion peu de temps auparavant.
Sans détail supplémentaire, comment savoir si ses soupçons étaient fondés, ou bien s'il s'agissait du contrecoup de la tragédie qu'elle venait de vivre ? Une chose était sûre, Caroline se trouvait dans un état désespéré et elle avait besoin de lui.
Au son de sa voix, il n'y avait pas une minute à perdre ; Marten s'était envolé moins de vingt-quatre heures plus tard de Manchester. Après une correspondance à Londres, il débarquait dans la capitale américaine où un taxi l'avait conduit directement à l'hôpital.
Caroline était consciente du risque qu'elle lui faisait prendre en l'appelant à son chevet. Il fallait donc qu'elle ait ses raisons et il n'avait pas hésité un instant à retourner dans un pays qu'il avait été contraint de quitter quelques années plus tôt, forcé à sauver sa peau et celle de sa sœur. Malgré le temps et les circonstances de la vie, Caroline avait toujours été son seul véritable amour. Elle avait choisi d'en épouser un autre, c'est vrai, mais il savait qu'au plus profond d'elle-même Caroline éprouvait pour lui des sentiments analogues.
Marten releva la tête en entendant la porte de la chambre s'ouvrir sous la poussée énergique d'une infirmière suivie de deux inconnus vêtus de noir. Le premier, un quadragénaire aux cheveux bruns frisés doté d'une carrure impressionnante, lui demanda poliment de sortir.
— Le Président sera là dans un instant, expliqua l'infirmière d'une voix autoritaire, s'improvisant commandant en chef des deux agents des services secrets qui l'accompagnaient.
La main de Caroline pressa celle de Marten. Il tourna la tête et vit qu'elle avait les yeux grands ouverts. Elle posa sur lui un regard limpide, comme le jour de leur première rencontre au lycée, à l'âge de seize ans.
— Je t'aime, murmura-t-elle.
— Moi aussi je t'aime, murmura-t-il en retour.
Le regard de Caroline le traversa un dernier instant, puis ses paupières se refermèrent et sa main relâcha son étreinte.
— Monsieur, je vous demanderai de sortir, s'il vous plaît, insista l'agent derrière lequel venait d'apparaître un personnage élancé aux cheveux gris, en costume bleu marine.
Marten reconnut aussitôt John Henry Harris, le président des États-Unis.
— Je vous en prie, dit-il d'une voix à peine audible. J'aurais voulu rester encore quelques instants avec elle. Elle vient de...
La gorge serrée, il fit un effort pour achever sa phrase.
— ... de mourir.
Les trois hommes le regardèrent.
— Bien sûr... répondit le président d'une voix grave. Puis il adressa un geste à ses anges gardiens, tourna les talons et sortit de la pièce.


2


Une demi-heure plus tard, tête baissée, sourd aux problèmes du monde, Nicolas Marten errait sans but dans les rues de Washington, d'autant plus désertes à cette heure tardive qu'on était dimanche.
Il aurait voulu ne plus penser à Caroline, faire taire le pincement atroce qui lui étreignait le cœur. Ne plus penser au mari et au fils qu'elle avait perdus trois semaines plus tôt, chasser de son esprit l'idée qu'on ait pu lui injecter volontairement la bactérie qui l'avait tuée.
On m'a inoculé quelque chose.
La voix de Caroline résonna dans sa tête comme si elle s'était trouvée à côté de lui, avec la même peur, la même fragilité, la même colère rentrée qu'il avait cru discerner lorsqu'elle l'avait appelé à Manchester.
On m'a inoculé quelque chose.
La même voix, à nouveau. Par-delà la mort, elle essayait de le convaincre qu'elle n'était pas tombée malade par hasard, qu'on l'avait vraiment assassinée.
Elle avait trouvé la force de lui expliquer ce qu'était le « quelque chose » en question la première des deux seules fois où elle avait repris connaissance. L'événement remontait au jour de l'enterrement de son mari, Mike Parsons, un membre du Congrès de quarante-deux ans qui entamait son deuxième mandat, et de leur fils Charlie. Persuadée d'être assez forte, elle avait invité de nombreux amis à venir chez elle ; le choc lié au drame, auquel s'ajoutaient la fatigue et la tension de cette journée éprouvante, avait fini par la faire craquer et elle s'était réfugiée dans sa chambre, en larmes, au bord de la crise de nerfs, refusant d'ouvrir sa porte à quiconque.
Le révérend Rufus Beck, l'aumônier du Congrès qui était aussi le pasteur de leur église, avait immédiatement fait prévenir le médecin personnel de Caroline, Lorraine Stephenson, et cette dernière avait réussi à convaincre Caroline de lui ouvrir. Quelques minutes plus tard, elle administrait à Caroline « un sédatif quelconque », selon les dires de la jeune femme qui s'était réveillée dans une clinique privée, le temps de prendre quelques jours de repos.
— Je ne m'en suis jamais remise, avait ajouté Caroline.

Marten s'enfonçait dans les rues sombres de la ville, revivant les heures passées au chevet de Caroline. À l'exception de l'autre moment de lucidité au cours duquel elle avait pu lui parler, Caroline avait consacré son temps à dormir. Des heures interminables rythmées par les allées et venues du personnel hospitalier et les brèves visites d'amis auxquels Marten se présentait avant de quitter discrètement la pièce.
Deux autres personnes étaient venues, les mêmes qui s'étaient occupées de Caroline le jour de l'enterrement : Lorraine Stephenson, la belle et grande femme médecin d'une cinquantaine d'années qui avait administré le « sédatif » à Caroline, était passée un matin très tôt. Elle avait échangé les politesses d'usage avec Marten, puis avait consulté le dossier de Caroline et l'avait auscultée avant de s'en aller.
L'aumônier du Congrès, Rufus Beck, avait rendu visite à Caroline le même jour. Le pasteur, un Afro-Américain rondouillard à la mine aimable et à la voix douce, était venu en compagnie d'une jolie jeune femme brune, un sac de photographe en bandoulière, qui était restée en retrait. Beck et Marten avaient brièvement parlé, puis le pasteur avait prié au chevet de Caroline avant de s'en aller avec sa compagne.

Une pluie fine s'était mise à tomber et Marten remonta le col de sa veste. La silhouette longiligne du Washington Monument se profilait dans le lointain et, pour la première fois depuis son arrivée, il eut conscience de l'endroit où il se trouvait. Washington n'était plus uniquement un nom abstrait, l'intérieur aseptisé d'une chambre d'hôpital dans une unité de soins intensifs, mais la capitale des États-Unis d'Amérique. Marten avait toujours vécu en Californie avant de s'exiler en Angleterre et il n'était jamais venu à Washington auparavant, curieusement. Le fait de se retrouver là ravivait chez lui le sentiment d'être américain. Il en était le premier étonné et il se demanda s'il retrouverait un jour sa patrie.
Marten marchait toujours lorsqu'il vit une voiture s'approcher à faible allure. Le manège du conducteur était d'autant plus étrange que les rues étaient désertes. Par un dimanche soir pluvieux comme celui-là, on aurait pu s'attendre à ce que les rares véhicules se hâtent vers leur destination. Il jeta un coup d'œil à travers le pare-brise au moment où la voiture arrivait à sa hauteur et vit derrière le volant un homme brun d'âge moyen, sans signe distinctif. La voiture le dépassa lentement et Marten la regarda s'éloigner. Encore quelqu'un qui avait trop bu, ou bien alors un type comme lui, déboussolé par la perte d'un proche, qui ne savait plus très bien où il allait, ni pourquoi.


3


Les pensées de Marten le ramenèrent à Caroline. Son mari était une personnalité prometteuse de la Chambre des représentants et un ami personnel du Président depuis l'adolescence. La disparition tragique de Parsons et de son fils avait causé une vive émotion dans le petit monde politique de la capitale, qui s'était évertué à entourer Caroline de son affection. Comment pouvait-elle imaginer qu'on ait pu lui inoculer volontairement une bactérie mortelle ?
Plus intrigué que jamais, Marten se repassa le film de ces deux derniers jours et repensa à la seconde fois où elle s'était réveillée. Elle lui avait pris la main et l'avait regardé les yeux dans les yeux.
— Nicolas, lui avait-elle dit d'une voix faible. Je...
Elle avait la bouche sèche et respirait péniblement. Le simple fait de parler lui demandait un effort.
— J'aurais... dû me... trouver dans l'avion avec... mon mari et mon... fils. J'ai changé d'avis... à la dernière... minute et je suis rentrée à... Washington un... jour... plus tôt.
Elle avait posé sur lui un regard d'une intensité douloureuse.
— Ils ont... assassiné mon... mari et... mon fils... et ils ont... décidé de me... tuer.
— De qui parles-tu ? De qui s'agit-il ? avait-il insisté dans l'espoir d'obtenir des précisions.
— La cam...
Elle n'avait pas trouvé la force d'achever sa phrase. Épuisée, elle était retombée dans un coma dont elle n'avait émergé que pour lui dire qu'elle l'aimait, à l'heure de sa mort.
Marten ne savait pas grand-chose en réalité, sinon qu'elle avait échappé une première fois à la mort en ne prenant pas l'avion avec les siens et qu'elle était convaincue de mourir empoisonnée par une bactérie inoculée volontairement. Restait à savoir qui étaient ceux qui voulaient sa mort et ce qu'elle avait voulu dire par « la cam... »
Caroline avait également parlé dans son sommeil. La plupart du temps, elle se contentait de prononcer des paroles banales en y associant le nom de son mari, de son fils, de sa sœur Katy. « Charlie, éteins la télé, s'il te plaît » ou bien « Tu as classe mardi ». D'autres phrases laissaient toutefois entrevoir son angoisse, surtout lorsqu'elle s'adressait à son mari. « De quoi s'agit-il, Mike ? » Ou encore : « Tu as peur. Ça se voit ! » « Je t'en prie, dis-moi de quoi il s'agit. » « Ce sont les autres, c'est bien ça ? » À un certain moment, elle avait même laissé échapper une exclamation curieuse : « Je n'aime pas ce type aux cheveux blancs. »
Marten avait tout de suite su de qui il s'agissait car elle avait fait allusion au même personnage lorsqu'elle l'avait appelé à Manchester.
— J'ai eu ma première poussée de fièvre le lendemain du jour où je me suis retrouvée en clinique. Comme ça ne s'arrangeait pas, ils m'ont fait passer des tests. On a fait venir un type aux cheveux blancs, un prétendu spécialiste dont la tête ne me revenait pas. Il avait une drôle de façon de me regarder, de me toucher avec ses doigts interminables et son horrible pouce sur lequel était tatouée une croix. Je lui ai demandé qui il était et ce qu'il faisait là, mais il ne m'a jamais répondu. Par la suite, on m'a dit que j'avais une infection due à un staphylocoque dans l'os de la jambe droite. Ils ont tenté de l'enrayer à l'aide d'antibiotiques, mais le traitement n'a pas fonctionné. Ils ne peuvent rien faire.

Marten avançait droit devant lui et c'est tout juste s'il avait remarqué qu'il pleuvait à verse, obnubilé par le souvenir de Caroline. Après leur rencontre au lycée, ils avaient intégré la même fac, convaincus de se marier, d'avoir des enfants et de passer le reste de leur vie ensemble. L'été suivant, elle avait fait la connaissance d'un jeune avocat du nom de Mike Parsons et leurs vies respectives s'en étaient trouvées bouleversées. La blessure ne s'était jamais refermée et Marten n'avait jamais cessé de l'aimer. Cela ne l'avait pas empêché de se prendre d'amitié pour Mike, qui avait été l'un des rares, avec Caroline, à connaître sa nouvelle identité et les raisons pour lesquelles il s'était réfugié dans le nord de l'Angleterre, où il vivait désormais sous un nom d'emprunt en exerçant le métier d'architecte paysagiste¹.
Il regrettait à présent de ne pas s'être rendu à l'enterrement de Mike et de Charlie car il aurait été là lorsque Caroline avait craqué. C'était elle qui n'avait pas voulu, afin de lui éviter un retour aux États-Unis qui aurait pu se révéler dangereux, ajoutant qu'elle était bien entourée, que sa sœur et son beau-frère comptaient faire le voyage depuis Hawaii, où ils habitaient. Au téléphone, elle lui avait paru aussi normale que l'autorisaient les circonstances, avec cette force intérieure qui la caractérisait depuis toujours. Et puis tout avait basculé.
Il avançait machinalement, sans penser à rien d'autre qu'à son amour pour elle, lorsqu'il prit conscience qu'il était trempé. En voulant se repérer afin de rejoindre son hôtel, il aperçut dans le lointain la silhouette familière de la Maison-Blanche.
À cet instant précis, la mort de Caroline lui apparut dans toute son horreur et il éclata en sanglots.


1. Pour connaître les aventures de Marten au sein du LAPD, lire L'Exilé (L'Archipel, 2005).