L'amour & son contraire
Julie Buxbaum
416 pages
Couverture cartonnée
Réf : 347017
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Au lieu de 20,00  (prix public)
On jette tout et on recommence !
Résumé
À vingt-neuf ans, Emily aurait tout pour être heureuse : un fiancé sur le point de la demander en mariage, un super job dans un cabinet d'avocats... Mais Emily se pose des questions et ne sait pas ce qu'elle veut... alors elle rompt, elle démissionne et se dit qu'il serait bon d'avoir une petite mise au point avec elle-même ! 
Pourquoi on l'a choisi
Une réussite ! Voilà une héroïne moderne, originale et courageuse, qui décide de reprendre le contrôle de sa vie en affrontant ses petits démons. Un livre chargé d'émotions qui explore la profondeur des sentiments et la complexité des relations. Humour, piquant et réalisme : on rit, on pleure, et surtout, aïe ! on se reconnaît... 
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :11
Le 30 mars 2009
Super
Ce livre est vraiment super bien, tout de suite on est plongé dans l'histoire, je regrette pas de l'avoir choisi.
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Cafiplume
Le 13 janvier 2009
Plus sérieux qu'il n'en a l'air !
La couverture laisserait croire à un roman léger... Mais dans cette histoire de femme racontée à la première personne, il est question d'une tranche de vie, de mort, de remise en cause douloureuse, d'amour et d'évolution personnelle. Indigeste ? Non, certainement pas, car autant de sujets graves sont traités avec humour et un grand sens de l'autodérision. J'ai souri, ri et pleuré aussi. Ce livre est poignant, juste vrai.
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Le 11 janvier 2009
Facile à lire
Un livre facile à lire, histoire de femme, avec les mêmes problèmes et tracas que toute femme peut avoir... à lire !!!
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Le 12 avril 2010
L'amour et son contraire
Franchement ce livre est trop bien. On commence à le lire et on a plus envie de s'arrêter. Trop bien le livre, je conseille de le lire.
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Le 05 juin 2010
Réussite
Très bon roman, avec lequel on a envie de connaître la fin. Sentiments et légèreté au rendez-vous ! Je le recommande.
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Le 29 juin 2011
Lecture très agréable
Une histoire "banale" dans laquelle chacune peut se retrouver, traitée avec réalisme mais aussi humour, abordant des sujets sérieux inhérents à la vie de n'importe quelle femme... Pas du tout déçue de cet achat !
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paprika22022
Le 11 juillet 2011
Captivant
On ne s'ennuie pas une seconde en lisant ce livre, bien écrit !
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missangel
Le 18 janvier 2012
Histoire agréable !
J'ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir, l'histoire n'est pas vraiment originale mais elle nous fait passer un bon moment de détente.
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titia85
Le 05 mars 2012
J'ai adoré...
Tout simplement, un livre sans prise de tête, qui se laisse lire facilement, avec au fond une vraie histoire, touchante, parfois drôle... Un livre bien moins "léger" qu'il n'en a l'air ! J'ai réussi à rire et même à pleurer... au final, un réel moment de bonheur. Je le recommande à toutes mes amies...
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Varlot Elodie
Le 31 mars 2012
Sympa
J'ai adoré ce livre, l'histoire est bien écrite et je ne pouvais pas m'arrêter de le lire tellement l'histoire était prenante, sympa je le conseille.
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djoul
Le 18 mars 2012
non merci
L'histoire me donnait envie, puis finalement j'ai été hyper déçue ! Une simple histoire de bonne femme qui ne sait pas quoi faire de sa vie ! Aucun suspense, sincèrement je l'ai lu car je voulais voir où l'auteur voulait en venir et voir si je serais finalement surprise ! Mais la surprise n'est jamais arrivée ! Dommage !
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Après des études de politique et de droit dans de prestigieuses universités, Julie Buxbaum commence une carrière dans un important cabinet d'avocats new-yorkais. Au bout de quelques années, cette Américaine de 31 ans décide, à l'instar de son héroïne, de tout plaquer et de se consacrer à l'écriture de son premier roman. Avec L'Amour & son contraire, on ne peut que la féliciter de son choix !
Extrait

Chapitre 1


La nuit dernière, j'ai rêvé que je découpais Andrew en une multitude de petits morceaux, comme un chef dans un restaurant japonais, et que je les mangeais, l'un après l'autre. Il avait goût de poulet. Après, je me sentais repue, mais un peu déçue. C'était de steak dont j'avais envie.
J'ai l'intention d'oublier ce rêve. Je ne vais plus penser à la texture granuleuse d'Andrew façon moo shu. L'envie dévorante de l'avaler d'un coup. Ce rêve va s'effacer totalement, ne laisser ni échos persistants, ni assommante impression de déjà-vu, et pourtant il n'est pas impossible qu'il soit à l'origine de tout, qu'il m'ait inexorablement conduite à cet instant.
Car je sais déjà que, contrairement au rêve, l'impasse à venir, elle, va rester. Je vis un souvenir que je ne peux éviter.
Aujourd'hui, je romps avec Andrew dans un restaurant avec crayons de couleur sur les tables et cosses de cacahouètes sur le sol. Une gamine éméchée, en plein enterrement de vie de jeune fille, vêtue presque uniquement d'un chapeau de cow-boy et de pompons, s'efforce de mettre en place une ligne de danse country. Je m'en aperçois maintenant, j'aurais dû attendre une meilleure toile de fond. Là, on dirait que, pour moi, notre relation se résume à deux bières et quelques manchons de poulet à la texane, certes substantiels, mais très épicés. Ce n'était pas l'effet voulu.
J'avais imaginé un désengagement franc et civilisé, peut-être même un tout petit peu romantique. Dans ma tête, la rupture virtuelle se déroulait comme une pantomime : aucune explication, juste des sourires attristés, un baiser d'au revoir sur la joue, un geste d'adieu lancé par-dessus l'épaule. La morsure de la nostalgie et l'euphorie du soulagement, un mélange inflammable peut-être, mais que nous saurions comprendre et apprécier l'un et l'autre.
Au lieu de cela, voilà qu'Andrew me regarde bizarrement, comme une étrangère qu'il viendrait de rencontrer et dont il n'arriverait pas à situer l'accent. Je refuse de croiser son regard. Je réprime une folle envie de me ruer dehors dans les remous de la Troisième Avenue, de me noyer dans le déluge humain qui se déverse des bars pour se répandre sur les trottoirs. Ce serait sûrement mieux que de sentir le désarroi d'Andrew suinter de sa peau comme une mauvaise odeur. Je bloque mes jambes autour de mon tabouret de bar et fixe le globule de sauce barbecue qui lui colle à la lèvre supérieure. Voilà qui apaise ma culpabilité. Comment prendre au sérieux un homme qui se balade avec le menu sur la figure ? Il faut dire, pour être juste, qu'Andrew ne se balade nulle part. Il est juché sur son tabouret, abasourdi.
Moi aussi je suis décorée de condiments. Le ketchup sur mon débardeur blanc donne l'impression que mon cœur a une fuite.
— Il n'a jamais été question d'une histoire du genre ils-vécurent-heureux-et-eurent-beaucoup-d'enfants. Tu le savais, conclus-je, bien que son silence et les derniers jours disent assez clairement que non, il ne le savait pas.
Je me demande s'il n'a pas envie de me frapper. Je le voudrais presque.
À présent, je trouve étrange de ne pas avoir senti ce moment arriver, de n'avoir commencé que la veille mon entraînement mental. D'habitude, je suis bonne pour les fins — c'est même un objet de fierté chez moi — et, à mon avis, quiconque prétend que la rupture lui est tombée dessus comme ça est un hypocrite. Rien ne vous tombe dessus comme ça, sauf, peut-être, les coups du sort. Ou le cancer. Et même à ces choses-là, on devrait se préparer.
Certes, j'aurais simplement pu laisser passer le week-end, suivre le plan originel avec une précision militaire et me réveiller demain avec Andrew dans mon lit, un bras jeté sur mon épaule. Plus tard, au bureau, j'aurais eu une anecdote rigolote du week-end à raconter à la machine à café, comme on dit, le week-end étant toujours plus rose en mode relecture. J'ai beau être convaincue que les histoires drôles font feu de tout bois, je m'aperçois maintenant qu'il n'y aura aucun potin à raconter demain. En tout cas, rien de rigolo. J'ai tout fait pour.
Les derniers instants de ce pont de la fête du Travail, je les passe assise face à Andrew, l'homme que je fréquente depuis deux ans, à essayer de lui faire comprendre pourquoi il faut qu'on arrête de se voir tout nus. J'ai envie de lui dire que nos âges seuls sont en cause : j'ai vingt-neuf ans, lui trente et un. Nous sommes victimes d'une hallucination culturelle collective, celle qui exige de s'apparier de façon aléatoire une fois franchi le quart de siècle et de passer les menottes à toute personne atterrissant à proximité dans le jeu de chaises musicales. Je ne m'explique pas autrement le fait qu'Andrew soit tellement sorti des clous hier, avec ses insinuations sur les bagues et le consentement, ses allusions à une demande en mariage imminente. Mais je n'en dis rien, bien sûr. Les mots ont l'air trop vagues, ils ont trop l'air d'un prétexte, peut-être, trop l'air de la vérité.
Nous n'avons jamais fait partie de ces couples hallucinés qui parient sur une fin heureuse ou choisissent les prénoms de leurs futurs embryons au premier rendez-vous. En réalité, notre premier rendez-vous à nous a eu lieu dans un restaurant très semblable à celui-ci et, au lieu de parler d'avenir, voire de nous, nous nous sommes lancés dans une compétition féroce pour savoir qui mangerait le plus d'ailes de poulet à la sauce piquante. Nous sommes sortis du restaurant avec les lèvres tellement enflées que, lorsque Andrew m'a donné un baiser de bonne nuit, je l'ai à peine senti. Quatre mois plus tard, il a reconnu avoir précipité le repas parce que le poulet sauce piquante lui donne la diarrhée. Il m'a fallu deux mois de plus pour reconnaître que je l'avais laissé gagner. Et il ne l'a pas très bien pris.
Et, chaque fois qu'il était question d'avenir, nous glissions dans nos propos des « si » fort pratiques, qui dégonflaient et allégeaient la suite.
Le bout de mes doigts traçait des cercles sur le ventre d'Andrew, et je disais :
— Si on avait des gosses, je voudrais qu'ils aient tes yeux et mes orteils.
— Si on avait des gosses, répondait-il, je voudrais qu'ils aient ton intestin. Comme ça, on pourrait les inscrire à des concours de gros mangeurs et se retirer au Mexique avec leurs gains.
Et il ramenait mes cheveux en une queue-de-cheval qu'il laissait ensuite glisser entre ses mains, comme si on ne pouvait qu'en emprunter les mèches.
Peut-être que la leçon à tirer de tout ça, c'est qu'il faut faire gaffe. (Il y a toujours une leçon, n'est-ce pas ? Il le faut, sinon à quoi bon ?) Donc peut-être que la leçon, cette fois, c'est d'être vigilante, de faire attention. Parce qu'à un moment donné, hier, sans que je le remarque, sans que je le perçoive, notre ligne de faille s'est déplacée.
L'idée, c'était de marcher jusqu'à Central Park avec nos amis Kate et Daniel, et de fêter ensemble ce temps libre à durée limitée, en le gaspillant sans modération. Au rideau humide enveloppant Manhattan s'était substituée une bise sifflante et, après un mois d'août étouffant¹, être à cheval sur deux saisons était un soulagement. Le reste des habitants ayant mieux à faire que rester là un week-end de pont, nous avions les trottoirs pour nous tout seuls. Andrew et moi avancions, reculions en zigzaguant : nous nous dormions des coups de coude, nous faisions des croche-pieds, jouions à chat en nous pinçant les côtes. C'était un plaisir sans mélange que j'éprouvais, pas un bonheur en pointillés. Aucun chuchotis d'angoisse, aucune chute libre dans l'estomac pour m'avertir de ce qui m'attendait.
Daniel et Kate marchaient devant nous. La bague de fiançailles de Kate, d'une présence démesurée eu égard à sa taille, attrapait le soleil de temps en temps et dessinait des ombres chinoises sur le trottoir. Nos meilleurs amis — on pouvait encore dire « nos » hier, on était encore un « nous » à ce moment-là —, étaient aussi plus que cela : ils symbolisaient la façon dont les choses peuvent tourner pour certaines personnes, et comment on peut s'engager le plus naturellement du monde. Daniel et Kate étaient les adultes qui menaient notre petite bande, mais ils le faisaient d'un pas alangui : il fallait savourer cet ultime petit bout d'été avant que les arbres ne perdent leurs feuilles pour faire place à la neige.
Après que j'ai touché Andrew dans un assaut ultime et sournois — une manœuvre qui veut qu'on ne se laisse jamais ni distraire ni tromper —, il a mis fin au jeu en nouant ses doigts aux miens. On a marché comme ça un moment, main dans la main, et puis je l'ai senti jouer avec mon annulaire nu, l'envelopper dans la paume de sa main, comme le ferait un enfant. Il avait beau ne rien dire, c'était comme s'il parlait tout haut. Il allait me demander de l'épouser.
Ses pensées, je le savais, portaient uniquement sur la marche à suivre : pour lui, il s'agissait de savoir « comment » s'y prendre, il n'y avait ni « si » ni « pourquoi ». Trouver un jour de congé et sauter dans un train pour le Connecticut afin d'obtenir le consentement de mon père, ou pour Riverdale et le demander à papi Jack. Évoquer le nom de mon restau préféré et celui du joaillier de sa famille. Aucune interrogation sur le fait de savoir s'il me connaissait assez pour ficeler ensemble nos avenirs, aucune inquiétude sur le fait qu'il ne puisse déchiffrer les pensées infinies qui, à tout moment, traversent mon cerveau inaccessible. En fin de compte, c'est ça Andrew : quelqu'un qui ne s'encombre guère de « si » et de « pourquoi ».


1. Aux États-Unis, la fête du Travail est le premier lundi de septembre (N.D.E.).