Médecin de campagne
Médecin de campagne
576 pages
Couverture cartonnée
Réf : 338855
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Au lieu de 21,00  (prix public)
Résumé
Son diplôme en poche à la Libération, Louis devient le nouveau docteur du village de Saint-Libertin, en Périgord. Plus qu’un métier c’est un véritable sacerdoce qu’il va exercer passionnément, accouchant par-ci, soignant par-là et observant avec humour la vie intime et mouvementée de ses patients. 
Pourquoi on l'a choisi
Quel bonheur de retrouver la verve de Louis Tamain ! Nous suivons sa plume alerte de ferme en ferme sur les routes cabossées. À travers son regard tendre et malicieux, il nous conte mille anecdotes savoureuses. Un temps révolu, si proche et qui pourtant paraît déjà si loin.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :7
albertini sylviane
Le 24 septembre 2009
Un vrai régal !
Comme dans les deux premiers tomes de cette saga, on se régale à lire les péripéties de Louis Tamain, devenu médecin, des aventures cocasses de la vie en pleine campagne d'après-guerre, où la modernité n'avait pas encore sa place. Etre médecin de campagne, c'est aussi être vétérinaire et conseiller conjugal, et ça, Louis Tamain ne l'avait peut-être pas prévu !!! A lire, comme les deux premiers tomes d'ailleurs !
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Le 29 août 2009
De succulentes tranches de vie
Autant être franc : quand j'ai pris ce livre, ce n'était pas pour moi. Aux antipodes de mes lectures habituelles, il n'était à mes yeux qu'un cadeau pour ma mère. Cependant, après qu'elle m'en ait parlé, ma curiosité a été attisée. Dans un style simple et efficace, on découvre la vie d'un médecin de campagne aux utilités multiples, qu'on appelle aussi bien pour les problèmes d'animaux que pour les problèmes de couples, qui nous raconte des anecdotes savoureuses et truculentes sur la vie de campagne en cette époque. Je vous laisse la surprise de celles-ci. Dans tous les cas, après lecture, la bonne humeur est présente.
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JeudiProchain
Le 09 novembre 2009
Rustique et humoristique !
Moi non plus, je n'aurais jamais choisi ce livre sans l'avis laissé par Tirodem car il sort largement de mes thèmes de prédilection. Mais je suis ravie d'avoir essayé car je me suis bien amusée. L'écriture est très agréable, précise et riche d'un vocabulaire comme on en voit plus très souvent. C'est un sacré pavé, mais il m'a tenu compagnie par petites tranches, tandis que je lisais d'autres livres. Je vous le recommande pour partager les péripéties d'un médecin d'autrefois, dans une campagne rude qui n'est plus que dépaysement pour nous autres, citadins.
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Le 11 novembre 2009
Un médecin qui a la tête sur les épaules
C'est à St Libertin que Louis, médecin, exerce. Un nom de village créé par l'auteur qui ne néglige ni la fantaisie, ni l'humour; Surtout lors de son périple de soigneur des humains et des animaux, dans cette campagne périgourdine. C'est toute une époque révolue dont il nous fait part sous sa plume incisive réaliste, pour un récit parfois douloureux mais vécu avec un courage à la hauteur de son humour. C'est une bouffée d'optimisme et de drôlerie; MERCI MONSIEUR LOUIS TAMAIN !!!
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Le 06 janvier 2010
Témoignage humoristique d'un médecin d'autrefois
Très bien écrit, ce livre nous montre les différentes facettes du médecin de campagne d'autrefois. Malgré la longueur qui peut décourager certains, il se lit très facilement et les anecdotes racontées sont souvent très drôles et parfois émouvantes.
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jomeric
Le 31 mai 2010
Génial !
Un plaisir de lecture, parfait.
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Gab
Le 12 mai 2010
Succulent
Un vrai bonheur la lecture de ce livre. Je n'ai pas lu les précédents mais le style, les situations, l'humour... tout est plaisant.
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Extrait

1


Un accident de chasse dépend souvent de conjonctures multiples où le hasard, la précipitation et le réflexe, sans que l'on puisse forcément parler de maladresse, jouent parfois bien tristement leur rôle.
L'accident survenu à la Marie des Farges n'avait pas fait exception à cette règle.

Cela s'était passé à la fin d'un hiver rude. La neige, qui habituellement ne séjournait que peu dans la région, avait couvert le sol en couches épaisses pendant plusieurs semaines. Elle avait du même coup semé le désarroi chez les gens, chez les animaux, et même sur la nature, entraînant à la longue l'oisiveté et l'ennui. Si cette malheureuse neige avait fondu plus tôt, si le printemps avait pu prendre plus vite son départ, probablement rien ne serait arrivé. Les gens auraient retrouvé leurs occupations, les animaux leurs habitudes, et les sangliers n'auraient pas eu à quitter leurs bauges pour chercher leur nourriture loin de leurs zones coutumières.
L'accident n'aurait pas eu lieu.
Mais voilà, le sort en avait décidé autrement.
« Les sangliers sont de passage. Des sangliers ont été tués en nombre important dans les forêts voisines, et ils sont si nombreux qu'ils dévastent tous les champs de topinambours sur leur chemin. On en trouve partout. »
La nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre. Elle avait fait tache d'huile, faisant dresser l'oreille à tous ceux qui, jeunes ou vieux, détenaient un fusil.
Il n'y a pas de temps mort pour les chasseurs, surtout lorsqu'ils n'ont rien à faire de sérieux à la maison, rien à faire dans les champs, rien à faire dans les bois, et que rien ne peut donc entraver leur passion. Rapidement on devait annoncer un, puis deux, puis plusieurs coups heureux aux alentours.
Le stock de chevrotines de l'unique armurier de la ville fut épuisé en cinq sec. Faute de mieux tous les fusils s'armèrent, coup droit et coup gauche, au plomb de quatre. Chacun rêvait d'un exploit qui lui vaudrait à la troisième page du quotidien régional, sinon une photo — victime associée —, au moins un article élogieux qu'il découperait et garderait.

Firmin, comme tous les autres, rêvait. Comme tous les autres, il avait depuis quelques jours battu tous les sous-bois, traversé les fourrés les plus épais et s'était sans ménagement déchiré aux ronces les plus redoutables... en vain !
Ce soir-là, comme tous les autres soirs, il rentrait une fois de plus bredouille. Il allait arriver à la maison. Il longeait un dernier petit espace vert sur la neige blanche ; un petit îlot de genêts fréquenté l'été par les poules et les dindons, à deux pas des habitations, si près même qu'il avait déjà eu l'idée de décharger son arme.
Que pouvait-on trouver là ? Et ce fut justement là que l'aventure se passa.
Les genêts bougèrent, bougèrent nettement, vivement, au plein de leur épaisseur, et Firmin crut même entendre un grognement en même temps qu'il distinguait la forme ramassée brune et imprécise d'un animal.
Le coup était parti en un réflexe précis comme toujours. Firmin était un bon chasseur. Heureusement il ne redoubla pas.
Misère, c'était la Marie ! la Marie qui était là, poussant des cris affreux, gisant au milieu des genêts et de son sang, sans même pouvoir remonter sa culotte, touchée dans ses œuvres vives, les fesses criblées de plomb. Elle avait cru pouvoir s'isoler en toute quiétude dans ce coin favorable et discret pour un besoin légitime et urgent, et voilà ce qui lui arrivait !
On avait dû l'hospitaliser pendant trois mois, trois mois durant lesquels urines et matières s'étaient intimement et désespérément mêlées dans un cloaque affreux. Ce ne fut qu'après une série de plusieurs interventions que les circuits normaux retrouvèrent enfin leurs destinées spécifiques.
L'affaire avait fait grand bruit. Firmin, traduit en justice, lui qui ne visait que la troisième page du journal, avait fait en gros titres la une de la première. Il s'en était tiré avec un sursis, un retrait de permis, et son assurance avait dû payer des sommes énormes au Fernand, l'homme de la Marie.
Firmin avait dû en plus supporter de la part de ses voisins, peu charitables et moqueurs, de nombreux et fréquents quolibets, tous d'un goût douteux, pas méchants peut-être mais qui n'avaient malgré tout rien arrangé.

« Mais mon pauvre Firmin ! Décidément, il faudra t'acheter des lunettes ! Confondre le cul d'un sanglier avec celui de ta voisine, avoue que c'est un comble ! Même si la Marie est particulièrement velue, il doit bien y avoir quelques différences ! »
Firmin avait failli en perdre la tête. Il avait rasé lui-même à la gibe¹ tout le champ de genêts. Mais cela n'avait pas suffi pour faire disparaître les ressentiments du Fernand. Ce dernier en était arrivé à lui en vouloir à mort, et cela d'autant plus que, si les circuits de la Marie étaient tant bien que mal rafistolés, tout le monde savait qu'elle n'en demeurait pas moins infirme et hors d'usage.
Firmin et Fernand vivaient porte à porte, ce qui n'arrangeait rien. Des années durant, tous les jours, la vue de la Marie ravivait les remords de Firmin. En quelques mois, ce dernier était devenu l'ombre de lui-même, et cela aurait fini par mal tourner si la Marie ne s'était enfin un jour décidée à mourir d'une mort naturelle n'ayant rien à voir avec les suites de son accident.
Alors le Fernand avait pardonné. Ayant repris femme sans attendre — l'urgence était compréhensible —, ayant retrouvé un chantier sinon neuf du moins valable, pouvant profiter en toute quiétude d'une bonne somme d'argent, il tendit de nouveau une main sans rancune au Firmin, l'ami d'enfance et le voisin de toujours.

« Alors Firmin, comment ça va ? Cela s'arrange-t-il depuis la mort de la voisine ?
— Oh, que non, Docteur ! Bien sûr avec le Fernand c'est une affaire terminée, nous avons fait la paix, mais sur le plan de la bagatelle ça va toujours aussi mal ! Je ne retrouve absolument pas mon équilibre... Avec ma femme, plus rien à faire !... J'ai perdu toutes mes possibilités. Chaque fois que l'idée me vient, et elle me vient souvent tonnerre ! c'est plus fort que moi, c'est le cul de la Marie que je revois. Je n'y peux rien. Que faire ? J'ai pourtant pris régulièrement tous vos remèdes. Tenez, j'ai même essayé de voir si un petit changement des fois arrangerait les choses. Eh bien non ! j'en ai été quitte pour la honte... Que voulez-vous, ce satané derrière de la Marie devient pour moi une obsession ; et j'en suis sûr, c'est elle qui ne m'a pas pardonné et qui me noue l'aiguillette !
« Ah ! c'est le Fernand qui a de la chance, lui ! Certes, il a été privé un certain temps, mais maintenant, il en profite, il se rattrape ! Tandis que moi ! N'est-ce pas tout de même malheureux, Docteur, tout ce gâchis pour un mauvais coup de fusil ! Quelle misère ! »


1. Gibe : nom local donné à une faucille montée sur un long manche.