Journal de Stefan, tome 2
Journal de Stefan, tome 2
L.J. Smith
240 pages
Couverture souple. 13,5 x 21,5 cm
12 ans et plus
Réf : 335126
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Prix public*
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Disponible
Stefan & Damon, un nouveau départ pour les jeunes vampires
Résumé
Stefan et Damon doivent désormais faire face à leur nouvelle condition de vampire. Ils fuient leur ville natale prise d’assaut par des tueurs de vampires, et se dirigent vers La Nouvelle-Orléans. Tandis que Stefan se délecte de ses pouvoirs, Damon pleure la perte de la superbe Katherine.
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
jarja18
Le 15 août 2011
Génial
Le deuxième tome est super bien écrit et je ne me doutais pas que le frère de Stefan était si faible. Nous comprenons mieux leurs histoires et leur haine. Je me suis jamais ennuyée et je l'ai terminé au bout de 3 jours tellement que j'ai apprécié ce livre. J'attends le prochain tome au mois de septembre qui n'est pas loin et vivement la suite.
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sapo1807
Le 29 janvier 2012
Splendide
Je n'ai pas encore lu les "Journal d'un vampire" mais je connais bien la série que j'adore. "Journal de Stefan" offre de nombreuses infos sur le passé de Stefan, Damon et Katherine, c'était très intéressant de se plonger dans leurs souvenirs et d'en apprendre + sur ce qui s'est passé à l'époque. Le tome 2 était encore meilleur que le 1 puisque cette fois, ce sont des moments de leurs vies de vampires qui n'ont pas été abordés dans la série ! On comprend mieux certaines réactions des persos dans le futur... bien écrit !
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Diplômée de l’Université de Californie en Psychologie Expérimentale, L.J. Smith a d’abord enseigné dans des écoles élémentaires, puis dans des établissements scolaires en tant qu’éducatrice spécialisée, avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Ses livres s’adressent à des jeunes adultes et mêlent avec adresse de nombreux genres littéraires : horreur, science fiction/fantasy et romance.
Extrait

1.


C'était le mois d'octobre. Les arbres du cimetière avaient viré au brun défraîchi et un vent froid s'était levé sur la région, détrônant la chaleur étouffante de l'été en Virginie. Toutefois, je percevais à peine ce changement de température. En tant que vampire, je ne détectais que la température corporelle de ma prochaine victime alors que mon propre corps se réchauffait à la perspective du sang chaud et frais qui circulerait dans mes veines.
La victime en question se tenait à quelques mètres seulement : une fille aux cheveux châtains occupée à escalader la grille de la propriété des Hartnett qui bordait le cimetière.
— Clémentine Haverford, que faites-vous ailleurs que dans votre lit à une heure pareille ?
Mon approche taquine et détachée était en contradiction totale avec la soif qui me rongeait de l'intérieur. Clémentine n'était pas censée être ici, mais Matt Hartnett avait toujours eu un faible pour elle. Et, bien qu'elle soit fiancée à Randall Haverford, son cousin de Charleston, la réciprocité du sentiment semblait évidente. La fille jouait déjà à un jeu dangereux, mais elle ne pouvait se douter que celui-ci se révélerait fatal.
Clémentine plissa les yeux dans la pénombre. Je me rendis compte, à ses paupières lourdes et à ses dents tachées de vin, que la nuit avait été longue.
— Stéfan Salvatore ? s'exclama-t-elle avec un sursaut de surprise. Mais vous êtes mort !
Je fis un pas vers elle.
— Vraiment. Là, tout de suite ?
— Oui, je suis allée à votre enterrement.
Elle pencha la tête sur le côté, pas si inquiète que ça en apparence, finalement, car enivrée par un trop-plein de baisers et d'alcool.
— Suis-je en train de rêver ?
— Non, ce n'est pas un rêve, répondis-je d'une voix voilée.
Je l'attrapai par les épaules pour l'attirer vers moi. Elle s'abattit contre mon torse et l'écho des battements de son cœur résonna violemment contre mes tympans. Elle sentait le jasmin, comme l'été passé, le jour où ma main avait effleuré le corset de sa robe alors que, sous le pont Wickery, nous jouions à un des jeux de Damon dans lequel il fallait s'embrasser.
Je caressai sa joue du bout du doigt. Clémentine était la première fille pour laquelle j'avais eu un faible et je m'étais souvent demandé ce que je ressentirais à la tenir ainsi, dans mes bras. J'approchai mes lèvres de son oreille.
— Disons plutôt... un cauchemar.
Avant qu'elle ait le temps de réagir, j'enfonçai mes dents dans sa jugulaire et poussai un soupir de contentement au moment où le premier jet de sang recouvrit mes gencives. Contrairement à ce que son prénom aurait pu laisser présager, le sang de Clémentine était loin d'être sucré. Son goût, fumé et amer, faisait davantage penser à du café brûlé à cause d'un fourneau trop chaud. Néanmoins je bus avidement, jusqu'à ce que, sous l'effet de mes aspirations goulues, ses bruits plaintifs cessent et son pouls se fonde dans un murmure. Entre mes bras, son corps s'avachit et, dans mes veines et mon ventre, le feu s'éteignit.
Toute la semaine, j'avais chassé pendant mes périodes d'oisiveté, ayant découvert que mon corps requérait deux repas quotidiens. La plupart du temps, je me contentais d'écouter le flux du sang des habitants de Mystic Falls, fasciné par la facilité avec laquelle je pouvais le prélever au besoin. Lorsque j'étais passé à l'attaque, j'avais pris mille précautions, choisissant pour proies des pensionnaires, de passage en ville, ou des soldats basés à Leestown. Clémentine était la première de mes victimes à avoir figuré parmi mes amis - la première qui manquerait aux habitants de Mystic Falls.
Je sortis mes crocs de son cou et me léchai les lèvres, prenant le temps de savourer chaque goutte. Ensuite, je la traînai en dehors du cimetière jusqu'à la carrière où mon frère et moi nous étions installés après notre transformation.
Le soleil pointait tout juste à l'horizon et Damon, assis mollement au bord de l'eau, scrutait ses profondeurs comme si elles renfermaient le secret de l'Univers. C'est tout ce qu'il faisait, jour après jour, depuis que nous étions devenus des vampires, une semaine plus tôt. Il ne se remettait pas de la mort de Katherine, la femme vampire qui nous avait transformés. Bien qu'elle m'ait changé en créature toute-puissante, je célébrais sa mort, au contraire de mon frère. Elle s'était jouée de moi, me prenant pour un imbécile, et penser à elle me rappelait à quel point j'avais été vulnérable.
Alors que j'observais Damon, Clementine gémit entre mes bras. Si l'encolure en dentelle bleue de sa robe en tulle froncé n'avait pas été tachée de sang, on aurait pu croire qu'elle dormait, tout simplement.
— Chhh... lui murmurai-je en passant quelques mèches derrière son oreille.
Une voix, quelque part dans mon esprit, me disait que je devrais éprouver des remords de lui avoir ôté la vie, mais je ne ressentais absolument rien. Au lieu de cela., je rajustai sa position entre mes bras et, d'une étreinte plus ferme, la passai par-dessus mon épaule, tel un vulgaire sac d'avoine, avant de me diriger vers l'eau.
— Grand frère !
Sans cérémonie, je laissai tomber par terre, aux pieds de Damon, le corps presque sans vie de Clementine. Celui-ci refusa mon invitation en secouant la tête. Ses lèvres affichaient une teinte blanche qui rappelait celle de la craie. Les nœuds de ses vaisseaux sanguins ressortaient avec force sur son visage ; ils faisaient penser à des craquelures dans un bloc de marbre. Dans la lumière blafarde du matin, Damon ressemblait à l'une de ces statues brisées dont le cimetière regorgeait.
— Il faut que tu boives ! dis-je avec brutalité en le poussant à terre, surpris par ma force.
Ses narines frémirent mais, de la même façon que l'odeur du sang agissait sur moi, elle éveilla les sens du corps las de mon frère et, très vite, ses lèvres rencontrèrent la peau de ma victime. Il commença à boire, d'abord lentement puis à grandes lampées, à l'instar d'un cheval assoiffé.
— Pourquoi m'obliges-tu à continuer de boire ? se plaignit-il après s'être essuyé d'un revers de la main, une grimace déformant ses traits.
— Il faut que tu reprennes des forces.
De la pointe de ma botte couverte de terre séchée, je poussai Clementine. Elle grogna faiblement, toujours en vie, si incroyable que cela paraisse. Sa vie, toutefois, était entre mes mains. Ce constat me fit bouillir de l'intérieur, comme si mon corps tout entier s'était subitement enflammé. Tout ceci - la chasse, les conquêtes, le sentiment de satiété et l'envie de dormir qui succédaient toujours au fait de boire - parfumait l'éternité qui s'offrait à nous d'un air d'aventure infinie. Pourquoi Damon ne pouvait-il pas le mesurer ?
— Rien à voir avec la force ; c'est de faiblesse qu'on parle ici, siffla Damon alors qu'il se mettait debout. C'est l'Enfer sur terre ; ça ne pourrait pas être pire.
— Pas pire ? Tu préférerais être mort, comme Père ? (Je secouai la tête avec incrédulité.) Toi, tu as une seconde chance.
— Je n'ai rien demandé, rétorqua aussitôt Damon. Je n'ai pas voulu tout ça. Tout ce que je voulais, c'était Katherine. Et elle a disparu, alors autant me tuer maintenant, qu'on en finisse. (Il me tendit une branche de chêne.) Tiens. Vas-y !
Il écarta les bras au maximum, exposant son torse. Il suffisait d'un coup en plein cœur pour que son vœu soit exaucé.
Un flot de souvenirs surgit dans ma tête : Katherine, ses boucles brunes si douces sous mes doigts, ses crocs luisant au clair de lune, sa tête rejetée en arrière alors qu'elle s'apprêtait à mordre mon cou, son pendentif en lapis-lazuli lové chaque jour dans le creux de sa gorge. Je comprenais à présent pourquoi elle avait tué ma fiancée Rosalyn, pourquoi elle nous avait condamnés à notre sort, Damon et moi, pourquoi elle usait de sa beauté et de son visage innocent pour que les gens aient envie de la croire et de la protéger. C'était dans sa nature. Et dans la nôtre, maintenant. Mais, au lieu de l'accepter pour ce que c'était - un cadeau - ainsi que je l'envisageais, Damon semblait prendre cela pour une malédiction.
Je cassai la branche en deux sur mon genou et en jetai les morceaux dans la rivière.
— Non, répondis-je.
Je ne l'aurais admis pour rien au monde, mais la perspective de vivre seul pour l'éternité m'effrayait. Je voulais que Damon et moi apprenions ensemble à devenir des vampires à part entière.
— Non ? releva Damon, les yeux subitement grands ouverts. Tu as le cran de tuer la première fille pour laquelle tu as eu le béguin, mais pas ton frère ?
D'un coup, il me jeta à terre et s'approcha d'un air menaçant, les lèvres rétractées sur ses crocs, avant de cracher sur mon cou.
— Inutile de te tourner en ridicule, répliquai-je en me relevant. (Damon était fort, mais je l'étais plus encore grâce à mes repas réguliers.) Ne me dis pas que tu es assez stupide pour penser que Katherine t'aimait, grondai-je. Ce qu'elle aimait, c'était son pouvoir et la façon dont elle en abusait pour nous manipuler. Nous ? Elle ne nous a jamais aimés.
Les pupilles de mon frère s'embrasèrent. Il se jeta littéralement sur moi. Son épaule, dure comme de la pierre, me heurta, m'envoyant contre un arbre. Le tronc se brisa dans un grand bruit.
— Moi ! Moi, elle m'aimait.
— Alors pourquoi m'avoir changé en vampire moi aussi ? lui lançai-je au moment de me relever.
Mon argument eut l'effet escompté : les épaules de Damon s'affaissèrent et il recula en chancelant.
— Entendu. Je ferai ça moi-même, décida-t-il à mi-voix.
Il empoigna un autre bâton et en fit courir l'extrémité la plus pointue le long de sa poitrine. Je le lui arrachai des mains et lui tordis les bras dans le dos.
— Tu es mon frère. Ma chair, mon sang. Et, tant que je reste en vie, toi aussi. Allez, viens !
Je le poussai en direction des bois.
— Où allons-nous ? s'enquit-il en se laissant traîner sans résistance aucune.
— Au cimetière. Pour un enterrement.
Les yeux de Damon s'animèrent légèrement.
— Qui est-ce qu'on enterre ?
— Père. Tu n'as pas envie de dire au revoir à l'homme qui nous a assassinés ?