On a toutes droit à une seconde chance...
Prix public   : 21,00 
16,95 €
Amours, délices et bénéfices
Amours, délices et bénéfices
Liz Byrski
Disponible
600 pages
Couverture souple
Réf : 331705
Résumé
Rien ne va plus ! Bonnie, veuve de fraîche date, ne s’habitue pas à la solitude ; Fran est une critique gastronomique de talent en train de perdre sa guerre contre les kilos et Sylvia ne supporte plus son pasteur de mari. À cinquante-six ans, il était temps que les trois amies d’enfance se retrouvent pour mettre leur énergie en commun... et donner à leur vie un nouvel éclat.
Pourquoi on l'a choisi
Concentré d'optimisme. Un roman tout en humour et légèreté il est prouvé qu'à cinquante ans, on a toujours la vie devant soi... grandes histoires d'amour et petits tracas compris !
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Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :4
Le 19 novembre 2009
27 adhérents sur 51 ont trouvé cet avis utile.
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J'ai adoré !
J'ai vraiment adoré ce livre ! Les personnages sont des plus attachants, c'est un ouvrage plein de fraîcheur, partagé entre l'amour, l'amitié et le bonheur de pouvoir avoir une seconde chance. Et si comme moi vous avez aimé, alors je vous conseille son premier roman. A lire sans hésitation !
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gallet caroline
Le 13 novembre 2009
19 adhérents sur 54 ont trouvé cet avis utile.
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Bof
C'est plat, mou, les personnages ne sont pas intéressants, pas de dynamique !
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Le 23 novembre 2009
16 adhérents sur 34 ont trouvé cet avis utile.
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J'ai adoré !
Si comme moi vous avez aimé, alors je vous conseille son premier roman. A lire sans hésitation : "La bande des quatre" !
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Le 27 janvier 2010
6 adhérents sur 6 ont trouvé cet avis utile.
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J'ai adoré !!!!!!!!!
Vraiment : l'humour, la tendresse, l'amitié, un vrai bonheur à lire !!!
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Journaliste et animatrice de radio, l'Australienne Liz Byrski organise des ateliers d'écriture. Après La Bande des quatre (Presses de la Cité, 2007), Amours, Délices et Bénéfices est son deuxième roman à être publié en France.
Extrait

1


Une fois, quand elle était bien plus jeune, Bonnie avait fait l'amour pour de l'argent. En réalité, ce n'était pas seulement une fois, mais elle préférait considérer tout l'épisode comme un acte unique. Il n'y avait rien eu de sordide, pas de racolage sur le trottoir, ou en voiture, pas de souteneur ni de billets froissés sur la table de nuit d'un hôtel de passe. C'était plus une stratégie d'investissement et cela lui avait semblé très raisonnable à l'époque. Elle était une comptable récemment diplômée, célibataire, élevée dans un milieu aisé, mais elle voulait son indépendance financière. Il était banquier, très riche, marié et beaucoup plus vieux qu'elle.
« Bonnie, tu devrais te constituer un portefeuille d'actions, lui avait-il dit plusieurs fois. Je t'y aiderais bien volontiers. »
Et il posait alors une main sur sa hanche.
Réaliste, Bonnie comprit qu'un investissement physique à court terme serait la clé d'une sécurité pécuniaire à long terme. Elle confia à sa colocataire : « Ce n'est pas comme s'il était répugnant. Et du moment qu'il va réaliser son rêve, je ne vois pas pourquoi je n'en ferais pas autant. Physiquement, il n'est pas franchement inintéressant, il serait même assez mignon. C'est une mise de fonds pour ma sécurité financière. »
Sa colocataire, qui achevait des études de lettres, avec une double spécialisation en philosophie et en éthique, leva les yeux au ciel et suggéra à Bonnie d'investir dans les préservatifs.
Le partenariat se révéla hautement satisfaisant. Le banquier sema sa graine, que Bonnie fit fructifier sous la forme d'un portefeuille d'actions. Arriva cependant le moment où la seule perspective de posséder quelques parts de plus dans une mine d'or de l'Ouest australien perdit tout intérêt. Bonnie mit un terme à la transaction et changea de courtier. Par la suite, elle n'y pensa pratiquement plus, si ce n'est pour comparer cette première expérience avec les trente et quelques années de monogamie qui l'avaient suivie. Elle n'avait eu que deux amants dans sa vie, et les deux avaient été banquiers ; l'ironie ne lui avait pas échappé. Un psy n'aurait pas manqué d'en tirer des conclusions pertinentes, mais Bonnie préférait ne pas s'interroger. À trop s'analyser, on risquait de ployer sous le poids des révélations.
Cette première expérience du capitalisme lui était revenue à l'esprit alors qu'elle appliquait du mascara devant sa coiffeuse, se demandant si elle n'était pas trop habillée pour un déjeuner avec des amies d'école. La dernière fois qu'elle avait vu celles-ci, c'était justement à l'époque où elle consolidait, une nuit par semaine, son portefeuille d'actions dans la garçonnière de son banquier. Non pas qu'elle en eût parlé à Fran ou à Sylvia : le temps des confidences s'était achevé trois ans plus tôt, à leur sortie du couvent. Les liens d'amitié noués dans les recoins sombres des vestiaires et derrière la cabane de hockey n'avaient pas résisté à l'éloignement et à la découverte du vaste monde.
Bonnie recula pour s'examiner sous tous les angles et décida qu'elle était beaucoup trop maquillée. En Australie, son visage lui paraissait différent, plus petit, avec des traits beaucoup trop prononcés, et des lèvres encore plus minces. Son rêve avait toujours été d'avoir une bouche pulpeuse, mais elle avait fait marche arrière devant les infiltrations de collagène, de peur de devoir afficher une moue boudeuse jusqu'à la fin de sa vie. Restait la solution du maquillage permanent, mais elle n'avait pas eu envie non plus de souffrir le martyre.
Elle s'observa à nouveau. Sa figure était peut-être seulement plus mince. Après la mort de Jeff, elle avait bien perdu cinq kilos. Elle commença à se démaquiller. Depuis son retour d'Europe, elle avait remarqué que les Australiennes de son âge avaient la main plus légère sur le fard. Bonnie ne voulait pas paraître trop apprêtée, démodée, et surtout plus âgée, devant ses amies. Elles auraient toutes cinquante-six ans cette année, mais il était de plus en plus difficile de donner un âge aux femmes. Actuellement, à cinquante-cinq ans, une femme pouvait tout aussi bien en paraître quarante que soixante-dix.
Elle regarda son visage à moitié démaquillé, regrettant d'avoir organisé ces retrouvailles, et encore plus d'avoir découvert ce site Web qui permettait d'entrer en contact avec d'anciens camarades d'école. Les trois femmes avaient quitté le couvent Sainte-Thérèse en 1964 et ne s'étaient pratiquement jamais revues. Elles se donnaient des nouvelles de loin en loin, et s'étaient seulement retrouvées deux ans plus tard pour le mariage de Sylvia. Fran et Bonnie n'avaient jamais compris la décision soudaine de Sylvia, habituellement si réservée, si calme, promise à un bel avenir de styliste, d'épouser un étudiant en théologie, ayant pour seule ambition de devenir pasteur. Il était très beau, certes, mais aussi terriblement fauché. La réception ne leur permit pas davantage de s'expliquer le choix de Sylvia, le futur pasteur s'étant révélé assommant, dénué d'humour et plutôt renfrogné. Un an plus tard, elles s'étaient à nouveau réunies pour faire leurs adieux à Fran, qui partait pour Londres avec son vieux sac à dos pour seul viatique. Bientôt trente-sept ans, jour pour jour, qu'elles avaient fêté son départ dans ce bar trop bruyant de St Kilda, où un mufle avait renversé sa bière sur le chemisier neuf de Bonnie.
Elle se plaça légèrement de profil devant le miroir pour arranger le col de son chemisier. Elle ressemblait toujours à l'épouse du cadre supérieur qu'elle avait été pendant plus de trente ans. Selon le terme consacré, elle était une « veuve récente » ; une quinquagénaire solitaire, déplacée, désorientée, de retour au pays... Bonnie se força à arrêter là sa litanie. Devant ses amies, elle devait avoir l'air « enjouée », comme se plaisait à le dire Jeff. Un mot désuet, mais qui sonnait bien dans la bouche de celui-ci.
Bonnie se leva et enleva son tailleur Chanel. Même à Zurich, elle le trouvait déjà un peu trop m'as-tu-vu, mais il lui avait coûté une petite fortune et s'en débarrasser serait presque un crime. Peut-être un petit dépôt-vente de luxe serait-il ravi de le lui reprendre. Il lui fallait une tenue plus décontractée, en lin peut-être, plus adaptée à la température inhabituellement élevée de ce mois d'avril. Son ensemble écru avec le haut sans manches conviendrait mieux. Il avait également le mérite de la faire paraître plus grande, plus élancée.
Physiquement, Bonnie n'était pas mal conservée, surtout depuis qu'elle avait perdu quelques kilos, malgré la forte ossature héritée de son père. Elle avait su gommer ses défauts en choisissant méticuleusement sa garde-robe. Elle enfila la jupe et la lissa sur ses hanches. Elle avait un trac fou. Depuis son retour en Australie, elle avait la sensation de vivre dans un pays exotique. Lors de ses précédents séjours, Jeff l'accompagnait, mais tout avait changé : Jeff était mort et elle avait définitivement dit adieu à la Suisse, vendant tous ses biens pour revenir à Melbourne. Elle avait préféré quitter les lieux où ils avaient vécu ensemble, mais sa confiance en elle semblait avoir disparu avec Jeff : Elle se sentait non seulement seule mais aussi étrangère — c'était vraiment très angoissant.
Elle vérifia une nouvelle fois sa tenue dans le miroir. De quoi auraient l'air les deux autres ? Apparemment, Fran était critique gastronomique. Comme par le passé, elle lui avait donné l'impression d'être en permanence sur la brèche, entre deux drames, et en même temps, toujours de bonne humeur. Et Sylvia, autrefois si élégante et soignée ? Fran et elle la surnommaient Miss Chic, puis, après son mariage avec Colin, Miss-tique. Bonnie se remaquilla légèrement les yeux et s'appliqua un rouge à lèvres orangé. Enfin satisfaite de son apparence, elle prit son sac et descendit l'escalier en courant.
— J'y vais, maman, dit-elle en passant la tête par la porte du salon. Tu n'as pas oublié que je déjeune aujourd'hui avec Sylvia et Fran.
Sa mère leva les yeux de son journal.
— Mais non, chérie. Tu me l'as déjà rappelé au moins trois fois.
— Il y a un reste de quiche dans le réfrigérateur. Il faut juste le réchauffer.
Irène posa le journal et ôta ses lunettes.
— Bonita chérie, je suis vraiment heureuse que tu vives ici, mais ton retour ne m'a pas pour autant rendue infirme. Alors, pour l'amour du ciel, cesse donc de t'inquiéter pour moi. Amuse-toi bien et embrasse les filles de ma part.
— Je n'y manquerai pas, répondit Bonnie avec un petit sourire crispé. Bon... Eh bien, j'y vais.
— C'est ça, chérie. Au fait, ton ensemble te va très bien, alors cesse de te tracasser ; ce sont tes amies, et non pas l'Inquisition espagnole !

Comme à son habitude, Fran était en retard. Elle aurait cependant préféré avoir tout son temps pour se préparer et paraître à son avantage, ce qui voulait dire essayer une demi-douzaine de tenues avant d'en trouver une qui l'amincirait. Une perte d'énergie inutile ; rien ne ferait disparaître ses kilos superflus, mais elle avait toujours l'espoir de retrouver, caché au fond de son armoire, l'ensemble qui la mettrait en valeur. Pendant tout le mois qui avait précédé la date du déjeuner, Fran avait redoublé d'efforts à la salle de sport pour perdre les dix kilos promis par le programme de Catherine Zeta Jones et Renée Zellweger. Elle avait couru plus de quarante minutes sur le détestable tapis, avant un quart d'heure non moins éprouvant de cross-trainer. Fran haïssait cette maudite machine qui finirait par avoir sa peau ; elle rêvait d'organiser une sorte d'exorcisme pour l'éliminer à jamais des salles de sport.
Transpirant et le visage encore cramoisi, Fran se gara devant chez elle. Une Coccinelle jaune lui signala la présence de Caro. C'était bien la dernière chose dont elle avait besoin ; il lui restait à peine deux heures pour se préparer à ces retrouvailles inattendues. Allongée sur le canapé, le portable collé à l'oreille, Caro répondit à son bonjour en bougeant vaguement le pied et la main. Fran enleva ses chaussures et se précipita sous la douche.
Ses quatre semaines d'efforts n'avaient servi à rien, pensa-t-elle en se regardant nue dans la glace de la salle de bains ; peut-être la cause était-elle à chercher du côté des énormes repas qu'elle engloutissait en rentrant du sport. On ne pouvait pas être critique gastronomique et ne pas grossir. Même Nigella était enrobée — voluptueuse, en fait, sculpturale, mais pas boulotte. À la rigueur, Fran aurait accepté d'être ronde à condition d'avoir la splendide chevelure de Nigella, et non les cheveux trop fins et d'une couleur mal définie que la nature lui avait accordés dans sa grande bonté. Tant pis, se dit-elle en se plaçant sous la douche, elles la retrouveraient comme elles l'avaient quittée : boulotte. Boulotte Whittaker, l'avaient justement surnommée les deux autres. Si l'une ou l'autre s'amusait encore à l'affubler de ce sobriquet, elle serait forcée de la tuer.
Quand Fran sortit de la salle de bains, Caro était affalée sur son lit.
— Mets donc ta tunique en soie rouille !
— Ça m'amincirait, tu penses ?
— Maman, tu n'es pas particulièrement mince, mais elle est très flatteuse et te va bien. Je dirais même qu'elle te rajeunit, surtout si tu la portes avec ton corsaire en lin noir et tes sandales. Voilà, parfait !
— Tu es sûre ?
— Certaine. Pourquoi te mets-tu dans des états pareils ? Ce sont seulement des copines, qui se moqueront bien de la façon dont tu es habillée. Plus personne ne s'intéresse à ce genre de détails.
Fran enfila les manches de sa tunique en soie.
— Tu ne peux pas comprendre, Caro. Toi et moi, on n'est pas de la même génération. Elles vont me juger sur ma tenue pour savoir ce qu'est ma vie, comment je m'en sors, et tout le reste.
— Tu veux dire que c'est ce que toi tu vas faire, répliqua finement Caro. Il n'y a personne de plus parano que toi pour ce qui est de l'apparence. Vraiment, maman, je t'assure.
Fran redressa les épaules et boutonna la tunique.
— Avec tes vingt-huit ans, ton ventre plat et ton piercing au nombril, tu n'imagines pas ce que c'est que d'avoir cinquante-cinq ans et vingt kilos de trop, et d'être courte sur pattes ! Alors, la ferme, Caro !
— Ne t'inquiète pas, le ventre plat ne sera bientôt plus qu'un souvenir, lança Caro en caressant béatement la partie en question de son anatomie.
— Ah bon ? s'exclama Fran, énervée de ne pas remettre la main sur ses boucles d'oreilles en or. Mais au fait, pourquoi es-tu là ? Désolée, je dois partir, pour ne pas arriver en retard.
Caro s'étendit voluptueusement parmi les vêtements éparpillés sur le lit.
— Je suis venue t'annoncer ma grossesse, répondit-elle d'un ton satisfait. Mike et moi allons avoir un bébé.