Dans l'enfer de la secte des Enfants de Dieu
Prix public   : 16,00 
13,95 €
Jamais sans mes soeurs
Jamais sans mes soeurs
Celeste Jones
Kristina Jones
Juliana Buhring
Disponible
384 pages
Couverture souple
Réf : 331562
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Ensemble, les trois sœurs ont créé l'association « Rise International » qui vise à protéger les enfants de toute forme d'abus au sein de cultes isolés et/ou extrémistes.
Résumé
Céleste, Kristina et Juliana sont nées au sein de la secte des Enfants de Dieu. Soumises au culte de David Berg, gourou pédophile et maître absolu, elles subissent violences physiques, incestes et viols dès leur plus jeune âge. Parvenues à fuir mais marquées à vie, elles ont trouvé la force de raconter leur calvaire. 
Pourquoi on l'a choisi
Un témoignage rare, une plongée dans l'horreur, sans détour. Les trois sœurs ne nous épargnent rien de ce qu'elles ont vécu. À la limite du supportable parfois, cette exceptionnelle vision de l'intérieur apporte la plus implacable démonstration de la dangerosité des sectes.
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Silences
Nathalie Lebret
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Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :9
Le 29 septembre 2009
80 adhérents sur 145 ont trouvé cet avis utile.
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Un grand moment d'émotion... et de vérité !
Ce témoignage est vraiment très poignant. La façon dont on pénètre dans cette secte, la manière dont on devient témoin de son quotidien, et des agissements terribles de ses membres sont une véritable descente aux enfers. Pourtant, on ne peut qu'être touché par le destin de cette petite fille et de ses soeurs qui ont vécu un tel calvaire. Quel courage de nous raconter cette expérience ! A lire absolument pour savoir !
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Le 28 octobre 2009
61 adhérents sur 120 ont trouvé cet avis utile.
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On croit rêver !!
Je me pose encore la question : comment des choses pareilles peuvent-elles exister sans que personne ne soupçonne quoi que ce soit ?!!! C'est incroyable ! Et quel bel effort de courage à ces soeurs pour partager leur histoire et nous mettre en garde contre tout cela ! Car PERSONNE n'est à l'abri ! Merci.
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Le 13 octobre 2009
58 adhérents sur 115 ont trouvé cet avis utile.
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Bouleversant
Un témoignage effroyable et bouleversant qui laisse un sentiment d'incompréhension face à des personnes capables de laisser leurs enfants subir de tels sévices au nom d'une quelconque idéologie, et une admiration profonde pour les auteures qui ont visiblement réussi à se reconstruire malgré tout.
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Le 18 octobre 2009
55 adhérents sur 125 ont trouvé cet avis utile.
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Déçue
Je n'ai même pas su terminer le livre. Dommage.
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Le 23 octobre 2009
54 adhérents sur 113 ont trouvé cet avis utile.
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On ne peut pas rester insensible
Livre poignant, j'ai eu du mal à le lâcher !!! Qui pousse à se poser des questions... A recommander.
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Le 13 décembre 2009
18 adhérents sur 36 ont trouvé cet avis utile.
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Jamais sans mes soeurs
Un récit trés dur qui vous arrache le coeur. Comment la bêtise des adultes peut faire endurer à des enfants autant de mauvais traitements?
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Le 03 janvier 2010
12 adhérents sur 31 ont trouvé cet avis utile.
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Incroyable !!!!
On a du mal à imaginer que de telles horreurs soient possibles. Le témoignage de ces trois soeurs est poignant et ce lien d'amour qui les lient grâce auquel elles ont réussi à s'en sortir. Quel courage ! A lire !!!
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Le 05 janvier 2010
11 adhérents sur 26 ont trouvé cet avis utile.
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Le 20 janvier 2010
10 adhérents sur 18 ont trouvé cet avis utile.
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Déçue !!!
Je suis très déçue, je n'arrive pas à finir de lire ce livre , je pensais qu'il allait être bien mais malheureusement non !!!!
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Celeste Jones, 34 ans, a quitté les Enfants de Dieu en 2001. Elle est travailleuse familiale et étudie la psychologie.
Kristina Jones, 33 ans, s'est enfuie de la secte avec sa mère quand elle avait 12 ans. Elle travaille à la Safe Passage Foundation, une organisation qui vise à protéger l'enfance en faisant respecter la Charte des droits de l'enfant.
Juliana Buhring, 28 ans, a retrouvé la liberté en 2004 et est actuellement étudiante en philosophie et en psychologie.
Lu dans la presse
« Le récit effroyable d'une vie sous l'emprise d'un fanatisme démentiel. »

The Daily Mail


« Jamais sans mes sœurs lève le voile sur l'une des sectes les plus secrètes et dangereuses de ces trente dernières années. »

Western Daily Press
Extrait

I

La petite fille à son Papa


Je jouais seule dans le jardin devant une maison blanche près du village de pêcheurs de Rafina, en Grèce. Dans notre jardin, nous avions trois oliviers, ainsi qu'un abricotier, un figuier et un pêcher, tous chargés de fruits. J'étais assise sous un vieux pin, très haut, qui projetait de grandes flaques d'ombre. Le sol était décoloré par le soleil, totalement sec, et je m'amusais à faire des dessins sur la terre desséchée avec une pierre blanche. J'avais 5 ans.
Je n'avais pas beaucoup de souvenirs de ma mère, seulement une image fugace d'elle en train de jouer de la guitare et de chanter : « Jésus m'aime, je le sais, car la Bible me l'a dit », tandis que je jouais avec ma petite sœur Kristina sur des lits superposés dans une chambrette, dans un autre pays. Je restais néanmoins très attachée à Maman et je parlais d'elle tous les jours, même si je ne l'avais pas vue depuis deux ans. Ma sœur et elle me manquaient toujours, mais je me souvenais en revanche à peine de mon petit frère David. Je me raccrochais désespérément à l'espoir que Maman finirait par revenir. Tel un disque qui ne cesse jamais de tourner, je demandais sans relâche à mon père : « Pourquoi nous a-t-elle quittés ? »
Papa me prenait alors dans ses bras et m'expliquait : « Maman a décidé de vivre avec quelqu'un d'autre, et je ne pouvais pas te laisser partir. Tu es l'aînée, et nous avons toujours été proches toi et moi, n'est-ce pas ? »
J'acquiesçais. J'aimais mon père aussi fort que ma mère, mais je trouvais injuste d'avoir à faire un choix entre eux. Je lui demandais :
« Et Kristina et David ?
— Ils étaient trop jeunes. Ils avaient encore besoin de leur mère. »
Papa passait de longues heures à travailler dans un studio d'enregistrement de fortune installé dans le sous-sol de notre maison : il produisait et faisait le disc-jockey pour une émission de radio intitulée Music with Meaning. C'est une jeune Allemande, Serena, qui était ma nounou. Je ne l'aimais pas et lui rendais la vie aussi difficile que possible en refusant de coopérer, allant même jusqu'à faire comme si elle n'était pas là. Serena avait de longs cheveux bruns et raides, et des yeux marron que venaient grossir d'épaisses lunettes. Pauvre Serena ! Elle avait beau faire tout ce qu'elle pouvait pour me gagner à sa cause, j'étais bien déterminée à ne pas l'aimer. Je trouvais que son accent allemand était bizarre, et elle essayait sans relâche de me faire manger des germes de blé avec du yaourt non sucré et avaler des cuillerées d'huile de foie de morue, dont je détestais le goût et l'odeur.
Nous faisions partie des Enfants de Dieu, une organisation religieuse secrète qui avait des tentacules dans le monde entier. Son leader et prophète s'appelait David Berg. Nous le connaissions sous le nom de Moïse David ; mon père l'appelait Mo et, pour moi, il était notre « Grand-père ». Il décidait de tout — ce que nous disions, ce que nous faisions, ce que nous pensions, et même de quoi nous rêvions. Tout dans nos vies, jusqu'au détail le plus insignifiant — comme ce que nous mangions — était régi par Mo. Il avait décrété que notre régime alimentaire ne devait être constitué que de nourriture saine et ne pas comprendre de sucre blanc : Serena avait embrassé avec enthousiasme cette politique alimentaire : « Grâce à ça, tu auras de bons os et de bonnes dents », m'expliquait-elle, mais ça n'aidait pas à rendre ses plats meilleurs. Elle ne se montrait jamais cruelle, mais elle était stricte, et je la considérais comme une intruse gênante dans ma vie. Papa m'avait assuré qu'elle ne resterait que trois mois, et je comptais les jours avant son départ.
En ce jour ensoleillé, alors que je jouais sous le pin, j'aperçus Papa et Serena sortir de la maison. Ils se tenaient sous la véranda, tout près l'un de l'autre, et je ressentis instantanément une sorte d'électricité entre eux.
« Chérie, j'ai quelque chose de très excitant à te dire », cria Papa en ma direction.
Tout en me parlant, ce père, grand et beau, que j'adorais plus que quiconque au monde, se tourna pour prendre Serena dans ses bras.
Alors que je me dirigeais vers eux, je remarquai que des sourires radieux éclairaient leurs visages. Oh non, grognai-je. Cela ne présageait rien de bon.
« Nous avons décidé de vivre ensemble ma chérie, m'annonça Papa d'un ton bien trop enjoué à mon goût. Serena va devenir ta nouvelle maman.
— Pas elle, hurlai-je. Je la déteste. » Je ne pouvais même pas prononcer son nom. « Je veux ma mère. Pourquoi elle ne peut pas revenir vivre avec nous ? Ce n'est pas juste ! » sanglotai-je.
Je me retournai et courus vers le coin du jardin, où je restai plantée en leur tournant le dos.
Mon père me suivit et se pencha au-dessus de moi, l'air préoccupé. Il mit sa main sur mon épaule : « Chérie, tu sais bien que ta mère est partie pour de bon. Elle ne reviendra pas.
— Mais je veux vivre ici avec mon frère et ma sœur. Ce n'est pas juste, répliquai-je, en avançant ma lèvre inférieure en une moue exagérée.
— Mais tu as plein de frères et de sœurs avec lesquels tu peux jouer ici, me répondit mon père.
— Ce n'est pas pareil, ripostai-je.
— Chérie, on forme une grande famille ici. Maintenant, surveille cette lèvre inférieure... si tu ne fais pas attention, tu vas finir par te prendre les pieds dedans ! »
J'esquissai l'ombre d'un sourire, mais seulement pour que Papa se sente mieux.
Mo disait que nous n'étions pas censés avoir de familles individuelles. Nos frères et sœurs au sein des Enfants de Dieu étaient notre vraie famille. Nous nous appelions même la « Famille » entre nous. Je refusais néanmoins d'oublier ma mère, ainsi que Kristina et mon petit frère David, même si je craignais que leurs visages ne soient en train de s'effacer de ma mémoire.
La seule photographie que Papa avait de Maman la représentait debout derrière une double poussette, avec moi assise à l'intérieur d'un côté, et ma petite sœur de l'autre. Un jour, je regardais attentivement la photo. Maman avait de longs cheveux d'un blond roux qui descendaient jusqu'à la taille, des yeux bleus et un large sourire.
« Elle est belle, dis-je. Et ça, c'est ma sœur ? » Je distinguais mal son visage car la photo était de mauvaise qualité. Kristina n'était qu'un petit bébé, âgée d'à peu près un an ; elle avait deux petites nattes. Nous portions toutes les deux de jolies robes en coton et un chapeau. J'avais beau regarder attentivement la photo, je ne pouvais pas faire renaître le moindre souvenir d'elles ; je me mis à pleurer, ressentant un trou béant au fond de moi.
Papa me décrivit la façon dont Maman et lui avaient l'habitude de nous emmener avec eux quand ils allaient témoigner dans les rues.
« Je plaçais la poussette en travers du chemin des personnes qui arrivaient en face de nous et je leur tendais un tract : je témoignais, je leur parlais de Jésus et leur disais de quelle manière ils pouvaient être sauvés. Les Indiens aiment les enfants, et vous étiez si jolies, si mignonnes. Ils vous pinçaient les joues et vous parlaient. Ils pensaient qu'ils ne pouvaient pas se montrer grossiers envers nous avec vous deux assises là, qui les regardiez comme deux petits anges.
— Est-ce que tu as une photo de David ? lui demandai-je.
— Là, il avait tout juste trois mois, répliqua Papa en me tendant une petite photographie en noir et blanc.
— Il est si mignon, regarde ces joues ! » déclarai-je fièrement. Il était allongé sur le ventre, soulevant sa tête à l'aide de ses petits bras potelés et arborait un large sourire sur le visage.
J'avais peu de souvenirs de mon enfance : je les revoyais en une série de flashs, comme des fenêtres qui s'ouvraient dans mon imagination. La majorité des souvenirs que je glanais, c'était Papa qui me les racontait durant les rares moments que nous passions seuls. Je me pelotonnais sur ses genoux, et il me racontait des morceaux choisis qui reconstituaient peu à peu un tableau plus grand. Mais ce n'était toujours que la moitié du tableau ; il ne m'en disait jamais trop sur ma mère.
Peut-être était-ce un moyen de la garder en vie, ou de me raccrocher désespérément aux vestiges d'une vie de famille, mais je demandais souvent à Papa de me raconter l'histoire de sa première rencontre avec Maman, puis de leur mariage et de ma naissance. Il ne racontait pas grand-chose à ce sujet ; ce n'est que plus tard que j'entendis toute l'histoire.
« Ta mère était jeune et belle — elle n'avait que 17 ans quand nous nous sommes mariés. Moi, j'avais 22 ans. »
J'avais toujours plein de questions à lui poser : « Et ton père ? »
Papa me disait que son père était juriste et juge dans l'armée britannique. Il ne se souvenait pas de sa mère puisqu'elle était morte quand il avait 4 ans et que son père s'était vite remarié. Son demi-frère et lui avaient été envoyés au pensionnat à Cheltenham.
« J'étais rebelle à l'école. J'ai même été expulsé pour avoir organisé une manifestation lors de laquelle nous nous sommes enfermés dans le réfectoire principal.
— Pourquoi et contre quoi manifestiez-vous ?
— Les élèves chargés de la discipline à l'école avaient l'habitude de nous battre pour tout et n'importe quoi. Ils venaient la nuit avec leurs lampes électriques et les braquaient sur nos visages pour nous réveiller. Nous en avons eu assez de cette injustice et nous nous sommes élevés contre elle. »
Renvoyé, il s'était inscrit dans une école d'art dramatique à Londres et avait voyagé à travers l'Europe pendant ses vacances. « Je cherchais le sens de la vie », m'expliquait-il.
Je l'écoutais avec sérieux quand il me décrivait comment, dans sa quête de sens, il avait lu de nombreux livres sur la spiritualité et avait touché à l'occulte et à la méditation.
Je frissonnais. Mo n'avait de cesse de nous ressasser que les drogues et les planches de Ouija étaient dangereuses car elles pouvaient ouvrir les portes de notre esprit au Diable.
Quand il me parlait de ces années-là, Papa me disait toujours :
« J'ai fini par être profondément déprimé ; j'avais perdu mes illusions à propos de la vie.
— Ce n'est pas ce que tu voulais, aller à l'école d'art dramatique ?
— C'était vide. Sans le Seigneur, rien n'a de sens : tout n'est que coquilles vides sans lui, ma chérie. »
C'est durant cette période de dépression qu'il avait reçu l'appel d'un de ses copains qui revenait tout juste d'Istanbul. Cet ami avait prévu de se rendre en Inde à pied, mais avait été converti par les Enfants de Dieu alors qu'il était en route et était revenu en Angleterre pour répandre la bonne parole.