Pourquoi les Écossais portent-ils des kilts ? Pourquoi les autruches enfouissent-elles la tête dans le sable au moindre danger ? Si vous donnez votre langue au chat, c’est le talentueux Philippe Vandel qui vous répondra. On épluche son livre drôle et sérieux à la fois, en éprouvant une joie d’enfant... tiens, pourquoi ?
On adore ce livre à feuilleter ou à découvrir. Avec Philippe Vandel, on se cultive de façon conviviale. Pourquoi n’y avait-on pas pensé plus tôt ?
Extrait
Pourquoi...
... un avant-propos ?
Pourquoi les Chinois ont-ils les yeux bridés ? Pourquoi les moucherons ne sont-ils pas écrasés par les gouttes de pluie ? Pourquoi les hommes n'ont-ils pas de cellulite ? Pourquoi ne peut-on pas utiliser son portable en avion ? Pourquoi n'y a-t-il pas de nourriture pour chat à saveur de souris ? Pourquoi 666 est-il désigné comme le chiffre du diable ? Pourquoi avons-nous souvent l'impression d'avoir déjà exactement vécu telle ou telle scène ? Pourquoi les Suisses parlent-ils lentement ? Pourquoi les chevaux de concours ne sautent-ils pas par-dessus leur enclos ? Oui, tiens, pourquoi ?
On a tous buté un jour ou l'autre sur ces questions. On a pu chercher sur Internet, sans rien trouver de probant, sinon un florilège d'infos contradictoires - et pas drôles. À propos, pourquoi Google s'appelle-t-il Google ?
Voici la raison d'être de cet ouvrage : répondre sérieusement à des questions qui ne le sont pas, sans se prendre au sérieux. C'est donc un livre de questions, mais surtout de réponses, de celles qui nous font nous exclamer : « aouh ! » (j'exagère : parfois c'est « Caramba ! »).
Dans ces pages, chers amis, vous découvrirez des prodiges, de l'amour, de l'émotion, du suspense, des meurtres. Vous rencontrerez des génies et des benêts, des bombes sexuelles et des milliardaires, des inconnus sublimes et des stars ! Vous croiserez Grace Kelly, Léonard de Vinci, Pierre Desproges, Napoléon, Davy Crockett, Jean-Paul Sartre, Tom Cruise, Mastroianni, le roi des Belges, Maître Capello, et j'en oublie...
Jusqu'à preuve du contraire ? Cette formule m'avait fasciné quand le prof de physique nous avait appris que Newton avait raison. Mais pas pour toujours. Jusqu'à ce qu'Einstein remplace sa pomme tombée de l'arbre par un proton éjecté à la vitesse de la lumière. Il traça au tableau noir, dans un silence admiratif : « E = mc2 jusqu'à preuve du contraire. » Qui dit mieux ?
On peut lire les Pourquoi dans l'ordre que l'on veut. Rien n'interdit de commencer par la fin. On peut tout lire d'une traite, à la, plage, ou durant les longues soirées d'hiver. Justement : pourquoi le mois d'août est-il le plus chaud de l'année, alors que c'est en juin que l'ensoleillement est maximum ?
N'hésitez pas à consulter quelques Pourquoi avant d'aller demander une augmentation - c'est beaucoup plus séduisant que parler d'argent -, ou si vous devez briller ce soir dans un dîner un peu snob. Au fait : savez-vous pourquoi on parle avec cet accent grotesque entre Neuilly, Auteuil et Passy ? Oui, tiens, pourquoi ?...
Pourquoi...
... les clignotants clignotent-ils ?
« Ça marche... ça marche pas... ça marche... ça marche pas... » Vous connaissez l'histoire du Belge qui vérifie le fonctionnement de ses clignotants. Un coup oui, un coup non... Pourquoi ce fonctionnement spasmodique ?
J'entends d'ici la réponse : les clignotants clignotent pour que notre œil les remarque. Oui, forcément, banane. Mais comment se fait-il qu'on les repère mieux qu'une lumière fixe ? Car, par définition, ils sont éteints la moitié du temps, ils émettent donc deux fois moins de lumière, deux fois moins de photons ; et pourtant on les remarque deux fois plus.
La réponse est élémentaire : parce que nous mangeons de la viande...
Si ! Reprenons depuis le commencement, ou pas loin : il y a quelques millions d'années, entre 2 et 5 millions. Nous voici au Pliocène, les premiers hommes apparaissent sur Terre. L'homme du Pliocène découvre la viande, la vraie. D'abord par charognage (il récupère des carcasses mortes), puis il se met à chasser. Des proies vivantes. Qui bougent donc. Ce sont leurs déplacements que l'œil a appris à détecter. La loi de l'évolution a programmé notre vision pour qu'elle réagisse aux variations d'images. Imaginez un lézard sur des pierres. Immobile, il se confond avec le décor. Qu'il décampe, et on ne voit plus que lui ; comme dit l'expression, ça saute aux yeux ! À l'inverse, les insectes butineurs réagissent précisément à certaines formes et à certaines couleurs, celles exclusivement des fleurs dont ils se nourrissent.
Revenons à notre clignotant. Ce que notre vue perçoit en priorité, ce n'est pas la lumière qu'il émet. C'est que la lumière qui était là n'y est plus. Et soudainement, une nouvelle lumière apparaît ! Le clignotant agit comme une proie appétissante. Tic-tac-miam !
Conséquence pratique... au restaurant. Vous voulez faire signe au patron à l'autre bout de la salle ? Inutile de le fixer en attendant en vain de croiser son regard de myope. Dès qu'il aura la tête tournée dans votre direction, bougez le bras. Il vous verra. Vous pourrez alors commander votre plat.
Du jour.
Jusqu'à preuve du contraire...
Pourquoi...
... la langue française utilise-t-elle « second » et « deuxième » ?
Voici le second pourquoi de cet ouvrage. Et j'entends déjà hurler les ayatollahs des belles-lettres : « Le deuxième, ignorant benêt, pas le second : le deuxième ! » Car ça ne vous a pas échappé : il y a deux façons de dire deux.
Il est de mise, dans le milieu littéraire, de ne pas utiliser « second » quand on demande à l'auteur d'un premier ouvrage s'il compte récidiver. Ou alors de se reprendre immédiatement, avec un sourire entendu : « Enfin, un deuxième, bien sûr... » Car il est communément admis que « second » désigne le deuxième terme d'une série qui n'en compte que deux. Autrement dit, celui qui écrit un second ouvrage n'en pondra pas de troisième. Explication simple et rationnelle comme les aime le français.
Mais l'Académie française ne le voit pas du même œil. « L'unique différence d'emploi effective entre deuxième et second, précise-t-elle, est que second appartient aujourd'hui à la langue soignée, et que seul deuxième entre dans la formation des ordinaux complexes (vingt-deuxième, etc.). » Mais alors pourquoi ces deux mots pour désigner finalement la même chose, alors que les autres chiffres ne bénéficient pas du même traitement de faveur ? Observons-les.
« Deuxième » est le plus commun, celui dont l'histoire est la plus lisse. Dérivé de « deux », lui-même venant du latin, on retrouve sa racine - indo-européenne - dans de nombreux mots dont le préfixe est « di ». Comme dioxyde (qui a deux atomes d'oxygène), diphtongue (voyelle contenant deux sons), ou un diptyque (œuvre composée de deux panneaux).
Voyons maintenant « second », le rival, celui que tout le monde considère comme plus noble. D'abord il est plus ancien, puisqu'il est utilisé dès le XIIe siècle, tandis que « deuxième » n'apparaît que dans la première moitié du XVIIe siècle. Son emploi est par ailleurs beaucoup plus riche que celui de « deuxième », puisqu'il a le sens de « celui qui suit », selon son étymologie, mais aussi de « celui qui aide ». On le trouve dans les expressions comme « capitaine en second », ou encore « causes secondes ». Selon un emploi datant du XIIIe siècle, il signifie aussi « moitié ». Voilà sans doute l'origine de la légende du second sans troisième, colportée jusqu'à nous.
En tout cas, nous pouvons admettre une seconde explication, puis une troisième.
Jusqu'à preuve du contraire...