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Le bal des poignards, tome 1 : La dague au lys rouge
Top lecteur
Le bal des poignards, tome 1 : La dague au lys rouge
Juliette Benzoni
496 pages
Couverture cartonnée
Avec une dédicace de l'auteur
Réf : 317042
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Au lieu de 21,00  (prix public)
Résumé
Orpheline élevée au couvent, Lorenza Davanzati est l'héritière d'une grande fortune et filleule de la reine de France, Marie de Médicis. Son destin bascule lorsque son charmant fiancé, Vittorio Strozzi, est assassiné la veille du mariage au moyen d'une dague accompagnée d'un billet : quiconque prétendra épouser la jeune fille mourra de la même façon...
Lorsque la reine de France est menacée d'être répudiée par Henri IV, elle demande à Lorenza de séduire Antoine, le fils d'un fidèle conseiller du roi, pour gagner ses faveurs. Hélas, il la repousse. Elle va donc épouser le père...
Les passions, les intrigues et les meurtres vont alors se déchaîner.
Pourquoi on l'a choisi
Une intrigue captivante au temps du “Vert galant”. Passions, coups de foudre, coups bas et amours contrariées par la raison d’État, voici un roman historique haletant, précis, et extrêmement vivant.
Avis Top Lecteur
« Comme d’habitude, Juliette Benzoni sait attraper le lecteur avec une histoire simple, bien écrite, avec juste ce qu’il faut de rebondissements et un sens du détail qu’elle manie à merveille. C’est agréable à lire, romantique à souhait, jamais mièvre, toujours passionnant. Vivement la suite… »

Danielle Chazaly
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :5
STEPH05
Le 08 juin 2011
Vivement le prochain
Un roman historique comme je les aime : haut en rébondissements et riche en informations.
Il y a 2 commentaires associés à cet avis
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Remarque de sandra jottreau du 15/06/11
Tout à fait d'accord.
Remarque de France-Mar ARANDEL du 26/04/12
D'accord avec toi, Steph, j'attends la suite qui sera aussi bien je pense.
Elsinka
Le 04 juillet 2011
Captivant
Un roman passionnant qui captivera aussi bien les mordus d'Histoire que les adeptes des romans d'amour et les accros des romans policiers. Le mélange est parfaitement réussi, d'autant qu'il est extrêmement vivant et bien écrit. Tout respire la subtilité, notamment la peinture des personnages : une véritable fresque ! D'ailleurs, êtes-vous plutôt Antoine ou Thomas ? Pour ma part, je vote Thomas, et donc le lion plutôt que le loup. Sur ce, je souhaite une bonne lecture à ceux ou celles qui tenteront l'aventure ; moi, j'attends de pouvoir enfin ouvrir le tome 2, d'autant plus que la fin du tome 1 laisse le lecteur en haleine...
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Remarque de France-Mar ARANDEL du 26/04/12
C'est sûr, on reste sur un sentiment d'inachevé et on a hâte de voir la suite.
Pascale
Le 09 août 2011
Romanesque
Une femme fort riche, trop belle, qui enflamme des haines, jalousies et désire. Lorenza qui connait le coup de foudre pour l'ombrageux et ténébreux Antoine,mais éprouve un amour en crescendo pour le courageux et loyal Thomas. Alors vite, le deuxième tome !! Car on ne s'en lasse pas.
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regine
Le 30 octobre 2011
Un pur régal
J'ai adoré comme tout ce que J. Benzoni écrit. Elle nous fait adorer l'histoire même si elle prend quelques libertés ! C'est justement ce qui fait l'intérêt de tous ses livres : passion, aventure, intrigues, un pur bonheur !!! La suite est tout aussi passionnante. Quand on commence on ne s'arrête plus ! A quand le prochain ? Je possède une grande partie de ses romans. Merci à cette auteure pour la qualité de son écriture.
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Derision
Le 31 octobre 2011
Coup de coeur
Ce roman m'a captivée. Cette lecture a fait naître en moi de nombreux sentiments tels que la pitié, la haine, l'impatience... Lorenza est vraiment un personnage attachant et il est agréable de la suivre. D'autres personnages sont également attachants mais, bien sûr, il y en a aussi quelques uns qui sont vraiment haïssables comme Marie de Médicis et Honoria. Je suis impatiente de lire le deuxième tome !
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Née à Paris en 1920, Juliette Benzoni, fervente lectrice d'Alexandre Dumas, nourrit dès l'enfance une passion pour l'Histoire. Plus tard, en tant que journaliste, elle collabore à L'Histoire pour tous, Le Journal du Dimanche, France-Soir et Confidences. Un passage remarqué à la télévision décide un éditeur à lui commander un roman historique. Ce sera Il Suffit d'un amour (1963) et le début d'une importante œuvre romanesque placée sous le signe de l'Histoire.
Juliette Benzoni va connaître un succès prodigieux avec les séries de Catherine (1963-1978), Marianne (1969-1974), Le Gerfaut des brumes (1976-1981) et La Florentine (1988-1990), adaptées à la télévision. Ses nombreux romans s'appuient toujours sur une documentation minutieuse. Citons entre autres :
    Le Boiteux de Varsovie
    Secret d'État
    Le Jeu de l'amour et de la mort
    Les Chevaliers
    Les Larmes de Marie-Antoinette
    Le Sang des Koenigsmark
    Le Collier sacré de Montezuma
    La Chambre du Roi
    L'Anneau d'Atlantide
Célèbre en France comme à l'étranger – elle a su conquérir cinquante millions de lecteurs dans plus de vingt pays –, fondatrice du Trophée Alexandre-Dumas, Juliette Benzoni a reçu en 1998 les insignes de Chevalier de l'ordre national du Mérite.
Lu dans la presse
« C'est du meilleur Benzoni, héritière – volontaire ou non – d'Alexandre Dumas. Roman de cape et d'épée, à la Cour de France, sous Henri IV et Marie de Médicis. »

Le Bulletin des Lettres
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Extrait

1
Les bagages de l'ambassadeur


Debout sur le château arrière de la galère, les bras croisés sur sa poitrine retenant les plis de son ample cape noire, Lorenza regardait approcher Marseille sans aucune joie mais cependant avec un certain soulagement. Le voyage depuis Livourne lui avait paru interminable. En effet, par crainte des pirates barbaresques qui infestaient la Méditerranée même après leur défaite à Lépante en 1571, les trois navires florentins avaient longé la côte au plus près afin de s'assurer constamment un refuge facile. C'est ainsi que l'on avait fait escale à Portofino, Gênes, Alassio, San Remo, Antibes et Toulon. Ce cabotage peu glorieux présentait au moins l'avantage de se procurer des vivres frais et de reposer la chiourme.
Cette dernière avait été mise à rude épreuve à cause d'une absence quasi totale de vent, une rareté en septembre. Impossible de hisser une voile et les quelques cent vingt rameurs, esclaves, condamnés ou prisonniers turcs enchaînés par trois aux quarante longues pales rouges érodées par le sel, avaient trimé sans relâche, leurs dos nus brûlés par le soleil et parfois déchirés par les coups de fouet des comites. En dépit des seaux d'eau de mer dont on les arrosait, leur odeur pouvait être insupportable même avec les boules de senteur dont usaient les passagers. Et encore, ceux de Florence, et ceux des chevaliers de Malte n'étaient-ils pas les plus mal traités parce qu'un galérien solide valait mieux – surtout dans les combats ! – qu'un être épuisé par la faim ou les mauvais traitements. Pourtant, leur vue n'en était pas moins pénible à Lorenza et elle ne sortait sur le haut pont qu'à proximité d'un port.
Ce soir, c'était la toute première fois qu'elle se trouvait seule sur le château arrière. Ser Filippo Giovanetti, ambassadeur en France du grand duc Ferdinand de Médicis, à qui elle était confiée, ne manquait jamais de l'accompagner et veillait avec le plus grand soin à ce que le manteau et la capuche l'enveloppent entièrement, et ne laissent libre que son visage :
— Vos grands yeux noirs sont déjà bien suffisants pour ajouter aux regrets, donc aux souffrances de cette misérable horde, expliquait-il. L'éclat de votre superbe chevelure d'or fauve pourrait les rendre fous !
Elle remerciait d'un petit sourire machinal cette curieuse preuve de charité chrétienne. S'il avait osé l'affubler d'une paire de besicles il n'y aurait sûrement pas manqué mais, en ce dernier jour, une violente migraine terrassait cet homme – charmant au demeurant ! – et le tenait cloué au lit en compagnie de son médecin qui lui posait des compresses froides sur les yeux. Cette occupation enchantait ce disciple de Galien : elle le changeait des heures passées au chevet de donna Honoria, tante détestée mais chaperon obligé de la jeune Lorenza, et dont le mal de mer s'était emparé dès qu'elle avait posé le pied sur la galère. Un malaise que les effluves ambiants n'arrangeaient pas. Le résultat était désastreux : acariâtre et malveillante à l'état normal, la grosse dame atteignait des sommets dans les criailleries, entrecoupant ses nausées de malédictions et d'injures. Aussi les escales avaient-elles été les bienvenues mais, en dehors de ces heures bénies, Valeriano Campo, le médecin, se risquait à faire ingurgiter à sa « patiente » du vin additionné d'un peu de poudre d'ellébore qui la calmait un moment pour la rendre plus malade ensuite. Elle pleurait alors comme une fontaine en jurant de faire jeter au bûcher cet assassin dès que l'on aurait touché terre !
Enfin on y était. Tandis que les trois galères traçaient leur chemin entre des îles roussies de soleil dont l'une portait la tour mélancolique d'une petite citadelle, Lorenza admettait que sa première découverte d'un pays où elle passerait peut-être le reste de ses jours aurait pu être pire encore. Posée comme une couronne sur le bleu intense de la mer, Marseille, avec ses maisons étroites et colorées dégringolant d'une montagne ornée en son sommet d'une chapelle et d'un fortin, jusqu'à son port dessiné naturellement par l'embouchure du fleuve Lacydon au bord duquel s'ancraient les puissantes murailles de ses remparts, ressemblait à l'une de ces vignettes dont les moines ornaient encore leurs précieux manuscrits. Le paysage de Provence alentour ne différait guère de ceux que la jeune voyageuse avait connus jusque-là.
C'était, après tout, de bon augure même si l'ambassadeur ne lui avait pas laissé ignorer que le chemin serait long entre cette ville écrasée de soleil et Paris, la capitale du roi Henri IV où se nouerait son destin, où elle allait devenir une autre et porter un nom dont elle préférait ne pas se souvenir parce qu'il désignait ce qu'elle serait désormais : un pion sur l'échiquier politique de Ferdinand de Toscane, son oncle de la main gauche.
Pour l'heure présente, elle s'appelait encore Lorenza Davanzati. Sa mère, Madalena, morte quand elle avait quatre ans, avait été une Médicis, fille bâtarde mais reconnue du premier Cosme à avoir coiffé la couronne grand-ducale de Toscane. Son père, Bernardo Davanzati, mort du chagrin d'avoir perdu sa belle épouse, faisait remonter son origine loin dans la suite des siècles et laissait une grande fortune que la banque Médicis gérait avec une loyauté exemplaire. Ce qui n'était pas si fréquent à l'époque...
À l'exception des deux fils légitimes de Cosme, François et Ferdinand, qui s'étaient succédé sur le trône de Florence, il ne restait à l'orpheline que deux parents, un oncle, Jean de Médicis, autre bâtard de Cosme... et sa tante, Honoria Davanzati. Aussi laide que désagréable, elle était demeurée vieille fille en dépit de la rente confortable inscrite dans le testament de son frère, assortie, naturellement, de l'autorisation de résider dans le palais familial et la villa de Fiesole pour elle et ses éventuels époux et descendants. Malgré ces avantages alléchants, aucun prétendant n'avait tenté l'aventure.
Sagement, Ferdinand et son épouse Christine de Lorraine, élevée à la cour de France par sa grand-mère Catherine de Médicis, avaient confié l'éducation de la petite Lorenza au couvent des Murate1 où Catherine elle-même avait longuement séjourné. Seul le nom était sinistre, l'enfant s'y était trouvée bien. Le vaste jardin des bords de l'Arno était magnifique et les religieuses, qui ne cessaient de se chamailler, essentiellement distrayantes outre qu'elles n'étaient pas sans culture, loin s'en fallait. Lorenza avait beaucoup appris chez elles et surtout elle y avait trouvé l'affection de Mère Maria-Annunziata, la supérieure, parce qu'elle ressemblait à la petite fille que celle-ci avait perdue avant d'entrer en religion. C'était une Strozzi – l'une des plus nobles maisons de Florence – et quand Lorenza atteignit ses seize ans, elle songea à lui faire épouser l'un de ses neveux, Vittorio, qui en avait deux de plus. Il lui semblait en effet qu'ils formeraient le plus beau des couples et qu'ils étaient faits pour s'entendre. En outre, les deux jeunes gens étaient égaux sur le plan de la fortune et l'on aurait au moins l'assurance que celle de Lorenza n'irait pas courir l'aventure en dehors de la ville du Lys rouge...
La Mère s'en était ouverte à la grande-duchesse Christine à laquelle la liait une solide amitié. Cette dernière en avait parlé à son époux et, trois mois environ avant que les galères ne quittent Livourne, Lorenza échangeait sa cellule aux Murate pour une chambre au palais Pitti2 et rencontrait Vittorio au cours d'une de ces fêtes nocturnes dont Florence avait le secret.
Une habile stratégie les avait menés à se trouver l'un en face de l'autre près du bassin d'une fontaine dont le jet d'eau fusait vers le ciel en gerbe scintillante avant de laisser retomber ses gouttes cristallines. Lorenza avait vu venir vers elle un garçon beau comme un ange blond. Des traits fins composaient le visage le plus aimable et le plus souriant qui soit, et il portait avec élégance, à défaut d'une paire d'ailes, un pourpoint richement brodé d'argent du même bleu que ses yeux. De son côté, le jeune homme n'avait pas caché son éblouissement devant celle qu'il crut un instant la divinité du jardin, si rayonnante de jeunesse dans une robe de satin blanc d'une simplicité voulue afin de mieux mettre en valeur la splendeur d'une somptueuse chevelure d'or traversée d'éclairs de feu, retombant en boucles soyeuses à la hauteur des reins, mais retenue autour du front par une couronne de lauriers d'or, d'émeraudes et de perles. Le contraste avec les longs yeux noirs légèrement étirés vers les tempes et qui le regardaient en souriant était frappant.
Trop ému pour parler, il avait mis genou en terre :
— Etes-vous réelle ou serais-je en train de rêver ?
— Nous ne rêvons ni l'un ni l'autre, dit-elle gaiement. Je vous prenais bien pour un ange !
Le grand-duc avait annoncé leurs fiançailles le soir même tandis que les pluies d'étoiles d'un feu d'artifice embrasaient le ciel... Le mariage – pourquoi attendre puisqu'il s'annonçait sous d'aussi heureux auspices ? – devait avoir lieu un mois après... Mais la veille, les soldats du Bargello3 découvraient, peu avant l'aube, le corps sans vie de Vittorio, un poignard planté dans le cœur...
La grande-duchesse Christine s'était chargée de prévenir Lorenza. Elle l'avait trouvée plongée avec Bibiena, qui avait été sa nourrice, dans la plus agréable des occupations : elle surveillait le rangement de son trousseau dans les coffres en bois de santal avant le transport au palais Davanzati où le jeune couple devait vivre. Après que le mariage eut été décidé, des équipes d'ouvriers s'étaient relayées afin de rafraîchir cette belle demeure inoccupée depuis tant d'années sauf par la tante Honoria, laquelle s'était hâtée de se transporter à Fiesole non sans emplir l'air de ses protestations indignées – et d'autant plus malvenues qu'on ne devait pas toucher à son appartement.
Couturières, brodeuses, lingères, chausseurs et bijoutiers s'activant au même rythme que les artisans du palais, la chambre de Lorenza ressemblait à une caverne des Mille et Une Nuits. La jeune fille elle-même, en train de respirer le bouquet de fleurs que son fiancé lui envoyait chaque jour, était l'image de la joie de vivre. Un rai de soleil faisait scintiller la grande émeraude carrée que Vittorio avait glissée à son doigt et le cœur de Christine se serra en pensant qu'elle s'apprêtait à éteindre d'un seul coup cette gaieté et faire pleurer les beaux yeux de la jeune fille...

1. Les emmurées.
2. Le palais porte toujours le nom de son constructeur mort en exil en 1445, bien que celui-ci n'ait réalisé que le rez-de-chaussée. Le grand-duc Cosme l'avait achevé en lui adjoignant les jardins Boboli. Une légende tenace disait d'ailleurs que Luca Pitti était enterré dans les fondations et que le palais portait malheur.
3. Le fonctionnaire chargé de la police.