L'oasis secrète
L'oasis secrète
760 pages
Couverture souple
Réf : 315370
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Au lieu de 21,00  (prix public)
Résumé
Freya arrive au Caire, bien décidée à faire la lumière sur la mort de sa sœur. Chercheuse passionnée, qu’avait-t-elle découvert de si important pour qu’on l’élimine ? Sur la piste d’une oasis légendaire engloutie dans les sables, c’est à Freya maintenant d’échapper aux assassins.
Pourquoi on l'a choisi
La magie de l’Égypte opère irrésistiblement dans ce grand roman d’aventures archéologiques. Entre le Da Vinci Code et Benjamin Gates, l’auteur mêle, de rebondissements en surprises, mythes et réalités historiques pour nous emporter dans un dangereux labyrinthe de secrets dont personne ne devrait pouvoir sortir vivant...
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
HCA
Le 07 août 2011
Une superbe aventure
Quoi de plus fantastique que de partir à la découverte d'un trésor ? Imaginez-vous brassant des tonnes de papier afin de résoudre plusieurs énigmes, afin d'essayer d'établir un planning vous menant directement en un lieu perdu de toute civilisation. Se plonger dans de vieux livres dont l'auteur n'est plus depuis plusieurs siècles et dont les pages sont entièrement jaunies et le fait de les tourner risque d'endommager à tout jamais leurs contenus. Bref, vous vous voyez parcourant des forêts dépourvues de toute civilisation ceci afin d'essayer de trouver une preuve ou un objet venant démontrer à la civilisation d'aujourd'hui que des individus dotés de pouvoirs surréels et étant pourvus d'une technologie qui à notre époque serait associée à de la science-fiction ? Moi oui, mais les trésors peuvent être partout, forêts, océan, montagne, et désert comme dans ce roman. L'auteur nous oblige, avec énormément d'envie, à poursuivre l'aventure relatée dans ces pages. C'est tellement fascinant d'aller jusqu'au bout de nos passions et lorsqu'on fait face à une découverte, on est totalement paralysé. J'imagine tous ces archéologues, égyptologues et autres faisant face à leur découverte dont ils ont consacré une partie de leur vie. Oui, je crois qu'ils seraient empreints de respect, d'admiration face à un trésor. C'est ce que vous vivrez ici dans ces lignes. Vous aurez tellement envie de poursuivre l'aventure que les 700 pages ne vous feront pas peur et même à la fin vous vous direz «non, dommage, c'est fini». Vous ne serez pas déçu notamment par les poursuites en voiture effrénées, les fusillades, la découverte de cette oasis perdue, un morceau de roche doté de pouvoirs surnaturels. Cela ne vous rappelle-t-il pas une autre aventure ? Non. Moi si. Ce livre peut être similaire à un film dont le titre est connu de tout le monde et dont le personnage est à la fois un éminent professeur et un archéologue aventurier doté toujours de son chapeau et d'un lasso. La découverte de «l'arche perdue» possédant également des pouvoirs surpuissants. Dans l'oasis perdue, l'objet en question possède cette même force mais on a également affaire, il ne faut pas les oublier car ils font partie de cette aventure, à des personnages voulant s'accaparer du trésor ceci afin d'assouvir leur soif de puissance. D'ailleurs, dans ce livre et parmi les lignes, l'auteur fait un petit clin d'oeil au film des Aventuriers de l'arche perdue. Au final et une fois que vous avez terminé de parcourir toutes les pages, vous ne demandez qu'une seule chose, c'est qu'enfin un film soit réalisé, pourquoi pas par Spielberg, afin de revivre cette prenante aventure. Je vous laisse le plaisir de le lire et croyez-moi, même si je ne peux pas être un chercheur de trésor car le monde d'aujourd'hui abrite secrètement des objets voir des civilisations oubliées, et bien me concernant je revis cette passion par l'intermédiaire de la lecture. C'est tout aussi palpitant, merveilleux.
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lolo38
Le 27 novembre 2011
Quelle aventure ! Vite vite, un film
Je suis entièrement d'accord avec le commentaire de "HCA" sur ce livre : vite, que quelqu'un en tire un bon scénario et nous offre un film d'aventure avec tous les ingrédients du genre : secrets, antiquités, espions, CIA, bédouins, les palmiers, le sable, le mystère, et un final grandiose où nos héros, après avoir fui les méchants assassins, échappent, à l'ultime seconde, à la colère des Dieux qui effacent toute trace du passage des intrus sur les lieux sacrés des anciens pharaons. C'est un beau roman d'aventure où on ne s'ennuie jamais.
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Extrait
2153 AVANT J.-C.,
EN ÉGYPTE, DANS LE DÉSERT OCCIDENTAL

Ils avaient amené un boucher avec eux dans les lointaines étendues désolées du deshret1, et il se servit d'un couteau à saigner le bétail et non d'un couteau de cérémonie pour leur couper la gorge.
Le boucher allait de prêtre en prêtre et appuyait d'une main experte la lame de cet instrument barbare, un éclat de silex jaunâtre long d'une coudée, à la jointure fragile du cou et de la clavicule. Les yeux vitreux après avoir ingéré le breuvage à base de shepen et de shedeh afin d'atténuer la douleur, et la tête rasée toute luisante de gouttelettes d'eau lustrale, chacun adressait des prières à Rê-Atoum et aux dieux de la grande Ennéade, les implorant de l'emmener sans encombre par la salle des Deux Vérités dans les Champs bénis de Iarou. Sur quoi, le boucher lui inclinait la tête en arrière vers le ciel de l'aube et, d'un geste ferme et ample, lui tranchait le cou d'une oreille à l'autre.
« Puisse-t-il marcher par les beaux chemins, puisse-t-il franchir le firmament ! psalmodiaient les prêtres encore en vie. Puisse-t-il manger tous les jours au côté d'Osiris ! »
Le torse et les bras éclaboussés de sang, le boucher étendait chaque homme par terre avant de passer au prêtre suivant, et la rangée de corps s'allongeait sans cesse tandis que, le visage dénué d'expression, il accomplissait sa tâche avec une brutale efficacité.
Du sommet d'une dune voisine, Imti-Khentika, grand prêtre d'Iounou, premier prophète de Rê-Atoum, le plus grand des devins, contemplait ce massacre méthodique. Il éprouvait certes du chagrin en voyant mourir tant d'hommes qu'il en était arrivé à considérer comme des frères. Mais aussi de la satisfaction, car leur mission était accomplie et tous avaient su dès le départ qu'elle devait se terminer ainsi, afin que rien ne transpire de ce qu'ils avaient fait.
Derrière lui, à l'orient, il sentait la première chaleur du soleil, Rê-Atoum sous l'aspect de Khépri, qui apportait au monde lumière et vie. Il se tourna vers lui, rejeta en arrière son capuchon en peau de léopard, ouvrit les bras et lança :
— O Atoum, qui es venu à l'existence sur la colline primordiale, dans un éclair, comme l'oiseau Bénou dans le sanctuaire du Benben à Iounou !
Il leva la main, les doigts écartés comme s'il voulait saisir l'étroite frange magenta qui pointait au-dessus des sables à l'horizon. Puis, se tournant de nouveau, il regarda dans la direction opposée, vers l'occident et la muraille de falaises qui se dressait du nord au sud à une centaine de khet, comme un vaste rideau tiré au bord même du monde.
Quelque part au pied de ces falaises, dans le dense réseau d'ombres que la lumière de l'aube n'avait pas encore pénétré, s'ouvrait la Divine Porte : re-en wesir, la Bouche d'Osiris. De là où il était, elle était invisible. Et elle l'aurait été aussi pour quelqu'un qui se serait trouvé juste devant, car lui, Imti, avait prononcé les formules magiques destinées à la fermer et la cacher, et personne, hormis ceux qui savaient regarder, ne se serait rendu compte de sa présence. C'était ainsi que la demeure de leurs ancêtres, wehat er-djeru ta, l'Oasis du Bout du Monde, avait conservé ses secrets au fil des ans, son existence connue de quelques élus seulement. Ce n'était pas pour rien qu'elle était aussi appelée wehat seshtat, l'Oasis secrète. Leur chargement y serait en sécurité. Personne ne le trouverait. Il y resterait en paix jusqu'à ce que viennent des temps plus stables.
Imti scruta les falaises, hocha la tête en un geste d'approbation, puis son regard se dirigea vers la flèche de roche tordue qui émergeait des dunes à quelques khet de la muraille. Même à cette distance, elle était un trait frappant du paysage, qu'elle dominait de près de vingt meh-nswt, tourelle de pierre noire qui s'incurvait vers l'extérieur et le haut telle une immense lame de faucille fauchant le désert ou, plutôt, telle la patte antérieure de quelque gigantesque scarabée en train de se frayer un chemin à travers les sables.
Combien de voyageurs étaient passés à côté de cette sentinelle solitaire sans comprendre son importance ? se demanda Imti. Très peu, si tant est qu'il y en ait eu, se répondit-il, car c'étaient les terres vides, les terres mortes, le domaine de Seth, où nul être humain tenant à la vie n'aurait songé à s'aventurer. Seuls ceux qui connaissaient l'existence de ces lieux oubliés se hasardaient aussi loin dans ces immensités vides et brûlantes. Là seulement le fardeau dont ils avaient la charge ne risquerait rien, hors de portée de ceux qui auraient fait mauvais usage de ses terribles pouvoirs. Oui, pensa Imti, malgré leur épouvantable voyage, la décision de le transporter à l'ouest avait été vraiment la bonne.
Cette décision avait été prise, quatre mois plus tôt, par un conseil secret composé des personnages les plus puissants du pays : la reine Neith, le prince Merenré, le tjaty Userkef, le général Rehou et lui-même, Imti-Khentika, le plus grand des devins.
Le nisou lui-même, seigneur des Deux Pays, Néfer-ka-Rê Pépi, n'avait pas été informé de la décision du conseil. Pépi avait été naguère un puissant souverain, l'égal de Khâsékhem, Djoser et Khoufou. Maintenant, dans la quatre-vingt-treizième année de son règne, trois fois la durée de vie d'un homme normal, son pouvoir et son autorité avaient décliné. Dans tout le pays, les nomarques levaient des armées privées et guerroyaient entre eux. Au nord et au sud, les Neuf Arcs ravageaient les frontières. Sur trois des quatre dernières années, il n'y avait pas eu de crue, ce qui avait entraîné la perte des récoltes.
Kemet se désintégrait et on pouvait s'attendre à ce que les choses aillent de mal en pis. Peut-être Pépi était-il le fils de Rê, mais à présent, en ces temps de crise, d'autres devaient prendre les rênes et effectuer les choix importants du gouvernement à sa place. Et donc le conseil avait statué : pour sa propre protection et pour la sécurité de tous, l'ineren sedjet devait être retiré d'Iounou, où il était hébergé, et ramené à travers les champs de sable à l'abri de l'Oasis secrète, d'où il provenait à l'origine.
Et c'était à lui, Imti-Khentika, grand prêtre d'Iounou, qu'avait incombé la responsabilité de diriger l'expédition.
« Transporte-le à travers les méandres de la voie navigable, emmène-le à l'orient des cieux ! »
Les psalmodies montèrent à nouveau en contrebas au moment où une autre gorge était coupée, un autre corps allongé par terre. Il y en avait quinze maintenant, la moitié du nombre.
— O Rê, laisse-le venir à toi ! lança Imti, se joignant au chœur. Conduis-le sur les routes sacrées, fais-le vivre à jamais !
Il regarda le boucher aller vers le suivant tandis que l'air résonnait du sifflement humide des trachées sectionnées. Puis, lorsque le couteau trancha de nouveau, Imti regarda au loin à travers le désert, se remémorant le voyage cauchemardesque qu'ils venaient d'accomplir.
Ils avaient été quatre-vingts à partir, au commencement de Peret, la saison où la chaleur est la moins forte. Leur chargement enveloppé de plusieurs couches de lin protecteur et arrimé à un traîneau, ils s'étaient dirigés vers le sud, d'abord en bateau jusqu'à Zawty, puis par voie de terre jusqu'à l'oasis de Kenem. Là, ils s'étaient reposés une semaine avant d'entamer la dernière étape de leur mission, la plus difficile : cinquante itérou à travers les espaces désolés, torrides et dépourvus de pistes du deshret jusqu'aux hautes falaises et à l'Oasis secrète.
Cette dernière étape leur avait pris sept longues semaines, les pires qu'Imti eût jamais vécues, bien plus terribles que tout ce qu'il avait pu imaginer. Avant d'arriver à mi-chemin, leurs bœufs étaient tous morts et ils avaient dû tirer eux-mêmes le chargement, attelés par vingt comme du bétail, leurs épaules lacérées jusqu'au sang par la morsure des cordes, les pieds écorchés par les sables brûlants. Leur progression se ralentissait de jour en jour, entravée par les grandes dunes, les tempêtes de sable aveuglantes et surtout la chaleur, qui même en cette saison présumée fraîche les avait accablés de l'aube au crépuscule comme si l'air avait été en feu.
La soif, la maladie et l'épuisement avaient inexorablement réduit leur effectif et quand l'eau avait commencé à manquer, sans pour autant que leur destination soit en vue, il avait craint que leur mission ne fût vouée à l'échec. Ils avaient pourtant continué à marcher, péniblement, silencieux, indomptables, perdus dans leur monde intérieur de tourment, jusqu'à ce que, le quarantième jour après leur départ de Kenem, les dieux récompensent leur persévérance en faisant apparaître à l'horizon occidental ce pour quoi ils avaient si longtemps prié : la frange rouge et floue qui annonçait la ligne des hautes falaises et la fin de leurs pérégrinations.
Il leur avait fallu encore trois jours pour atteindre la Bouche d'Osiris et la franchir avant de s'engager dans la gorge envahie par les arbres de l'oasis. À ce moment-là, ils n'étaient plus que trente. Ils avaient confié leur fardeau au temple situé au cœur de l'oasis ; ils s'étaient baignés dans les sources sacrées, puis, le matin de bonne heure, une fois les paroles magiques récitées pour fermer et cacher le temple, les Deux Malédictions prononcées, ils étaient repartis dans le désert et le boucher avait commencé à les égorger.
Un fracas tira Imti de sa rêverie. Le boucher, qui était muet, tapait sur un rocher avec le manche de son couteau pour attirer son attention.
Vingt-huit corps étaient étendus dans le sable à côté de lui ; ils n'étaient plus que tous les deux à être encore en vie. C'était fini.
— Dua-i-nak netjer seni-i, merci, mon frère, dit Imti en posant la main sur l'épaule maculée de sang du boucher après être descendu de la dune.
Puis il ajouta :
— Tu veux boire le shepen ?
Le boucher secoua la tête en signe de dénégation, lui tendit le couteau en tapotant son cou avec deux doigts pour indiquer à Imti où il devait inciser, puis il se tourna et s'agenouilla devant lui. La lame était plus lourde qu'Imti ne l'avait imaginé, moins facile à manier, et il lui fallut toute sa force pour la lever jusqu'à la gorge du boucher et la passer à travers la chair. Il la trancha aussi profondément qu'il put, dans un jaillissement de sang écumant, qui retomba en arc de cercle dans le sable.


1. Les termes égyptiens en italique sont explicités dans le glossaire qui se trouve en fin d'ouvrage et qui contient également nombre de renseignements concernant l'Égypte de l'époque. (N.d.T.)