Accueil Livres Suspense-SF Policier, intrigue Millénium, tome 3 : La reine dans le palais des courants d'air
Millénium, tome 3 : La reine dans le palais des courants d'air
Stieg Larsson
720 pages
Couverture souple
Réf : 315293
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 23,00  (prix public)
Disponible
Résumé
Lisbeth est entre la vie et la mort à l’hôpital... au même étage que son père. Il la hait, il veut sa mort et il est en meilleur état qu’elle... Mikael, lui, poursuit son enquête sur des secrets d’État qui pourraient faire condamner une grande partie de la Sapo, la police de la sûreté, et quelques crapules du gouvernement... 
Pourquoi on l'a choisi
Vous étiez en manque ? Personnages excitants, rebondissements jamais où on les attend, documentation béton, on vous comprend. Vous voilà enfin au terme de la plus formidable trilogie policière jamais écrite. Et soyez-en sûr, la boucle est bouclée avec une maîtrise hallucinante.
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :26
godot-favari cathy
Le 07 juin 2009
Brillant
Passer le cap des noms un peu compliqués, on succombe avec délectation dans ce suspense qui s'épaissit au fur et à mesure. Une petite merveille qui nous amène sans attendre au volume suivant...
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Le 24 août 2008
Formidable !
Passionnant, époustouflant d'ingéniosité et de rebondissements inattendus, de sourires et de tensions, de styles bien adaptés et d'images saisissantes mais dénuées de mauvais goût ou de voyeurisme. Quel écrivain !
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Le 03 novembre 2008
Quel dommage !
Hélas quand on arrive au 3<sup>e</sup> tome... c'est le dernier ! J'ai passé un été excellent pour diverses raisons mais aussi en partie car je savais que j'avais ces trois excellents livres qui m'attendaient... à tout moment : au petit déj', à l'ombre des oliviers l'après-midi... bref tout le temps. Des romans policiers intelligents dans un pays que l'on ne connaît pas tellement-la Suède. L'auteur s'était terriblement bien documenté, la traduction est bonne bref... encore une fois, quel dommage qu'il nous ait quittés si brutalement. Tout autre roman policier pour le moment me semble fade... Vite, achetez-les et au coin du feu ce seront de moments inoubliables que vous passerez ! Mes amis me les demandent les unes après les autres.
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Le 03 septembre 2008
Bonne conclusion de l'intrigue
Très bonne série avec un dénouement dans ce 3ème tome. Mais, le 2ème est incontestablement le meilleur dans l'intrigue. Dans ce dernier tome, bonne intrigue mais il est un peu dommage que la fiction des personnages (côté surhumain qui résiste à toutes les situations) dépasse le côté assez réaliste mais exceptionnel des personnages dans le tome précédent. Dans tous les cas, j'ai adoré et la fin me satisfait tout à fait.
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GELY Pascale
Le 06 mai 2009
Fabuleuse
Durant les 3 tomes, le suspense ne nous quitte plus. On ne se lasse pas de lire. Mon préféré est le 2<sup>e</sup> mais toute la trilogie est vraiment extraordinaire : on se met réellement à la place de Mickael et Lisbeth. Bravo à Stieg Larsson pour ce moment de plaisir.
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redan Christiane
Le 15 décembre 2008
Le dernier :(
Et oui, on a envie de prendre son temps pour le lire quand on sait que c'est le dernier, et pourtant cela est impossible tout aussi prenant que les 2 premiers. Il n'y a qu'une chose à dire... Dommage qu'il n'y ait pas de suite !
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GOFFART Coraline
Le 06 mai 2009
Extraordinaire
Ce dernier livre de la trilogie est tellement extraordinaire qu'on aimerait qu'il y ait une suite. Tout simplement génial, j'ai adoré du premier au dernier tome. Je conseille de lire ces livres.
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bouret ariane
Le 10 septembre 2008
Formidable
A chaque livre, je me suis posée une question. Le 1er : qui a tué Hariet ? Le 2ème : qui est Zala ? Le 3ème : Que va faire la Sapo ? Dans ce volume, le suspense est différent mais tout aussi passionant. On en apprend sur la section de la Sapo et ce qu'ils sont prêts à faire pour garder leur pouvoir. Révélations politiques, combats juridiques, enquêtes policières et médiatiques... Tous les personnages sont très occupés, ceux des premiers volumes et des nouveaux que l'on découvre avec plaisir... Voilà, l'histoire est terminée, mais je me pose quand même une 4ème question : qui est la soeur de Lisbeth ?
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levrino agnes
Le 14 novembre 2008
Agréable moment de lecture
J'avais entendu et lu de bonnes critiques sur ces livres, je les ai donc offerts à mon mari pour cet été. Il s'est laissé prendre au piège de cette histoire palpitante et a attendu avec impatience la parution du dernier tome. Bref il a beaucoup apprécié cette lecture.
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framboiseblc
Le 28 avril 2009
Inattendu, suprenant et passionnant
Fantastique et surprenant. On ne s'attend pas à cela mais on ne s'ennuie pas une seconde. Quel personnage que celui de Lisbeth Salander, cette écorchée vive surdouée très attachante ! On lit vite le Tome 1 pour passer au Tome 2 mais au troisième Tome on lit moins vite pour faire durer le plaisir car on sait, hélas, qu'il n'y a pas de tome 4. Bravo à Larsson Stieg qui a su sortir des sentiers battus et renouveler le genre en apportant une certaine fraîcheur dans cet univers de crimes et de complots.
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dupont janine
Le 15 septembre 2008
4ème tome ?
Il n y a plus qu'à souhaiter que ce quatrième tome tant contreversé existe vraiment quelque part...
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MATHIS JOSIANE
Le 21 décembre 2008
Orpheline
Voilà, j'ai bouclé le 3<sup>e</sup> volume avec autant de rapidité et de plaisir que les 2 premiers et je me retrouve orpheline des deux personnages à savoir Lisbeth et Mickael. Ils vont nous manquer à tous je crois, dommage qu'il n'y ait pas de suite possible.
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fougère marion
Le 09 février 2009
Le Maxi Best of de 2008- à lire absolument
EXCELLENTISSIME trilogie qui rend complètement "addicted" : Dès qu'on commence un des 3 tomes (attendre une cinquantaine de pages pour le 1<sup>e</sup>), on ne parvient plus à "lâcher l'affaire"; les personnages, Mickaël Blomkvist, Lisbeth Salander investissent notre quotidien, l'intrigue est haletante,imprévisible, il y a des histoires dans l'histoire... Bref, on se languit d'avoir du temps pour poursuivre la lecture... A quand, l'adaptation cinématographique ?
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GRANDMOUGIN Annick
Le 15 septembre 2008
Ma foi c'est bien vrai !
Millénium, Millénium, ils en font tout un plat, du coup j'ai acheté le tome I pour voir. Bof ! j'avais du mal à rentrer dans le livre, quand soudain, c'est venu d'un coup et j'avoue que je n'ai pas beaucoup dormi jusqu'à ce qu'il soit terminé, j'étais même contente d'aller me coucher pour retrouver mon livre. Réveillée dans la nuit pour une raison X ou Y, je résistais à la tentation de le reprendre. Voilà il est fini et j'ai déjà acheté le tome 2 et au prix fort en plus car il n'y en avait plus à la boutique de France Loisirs. Donc c'est bien vrai et si vous ne voulez pas être atteints vous aussi alors surtout ne le touchez pas !
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Le 13 janvier 2009
Et 1 et 2 et 3.....
Habituellement, je varie les types de roman que je lis,pour Millénium, j'ai lu les 3 volumes à la suite, j'en aurai bien lu un 4<sup>e</sup>, dommage !
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Le 03 novembre 2008
Epoustouflant
C'est du bonheur à l'état PUR ! Un suspense finement ciselé, des personnages attachants. Je n'ai qu'une seule peur : que cela s'arrête...
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Jade
Le 03 septembre 2008
Vous en vouliez encore ???
Là encore, Stieg Larsson est exceptionnel. Cela se dévore, se triture dans tous les sens. Millénium 1, on voulait une suite; Millénium 2 on en voulait encore plus; Millénium 3 est un point final... Vous serez tenu en haleine au bout d'un suspense insoutenable. Lisbeth se révèle, et Blomkvist est magique.
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JeudiProchain
Le 01 juillet 2009
Une fin à la hauteur
J'ai dévoré le tome 1, savouré le tome 2, dégusté miette par miette le tome 3. Oui, cette trilogie est incontournable. Ce troisième tome démontre encore une fois l'habileté de construction de Stieg Larsson. C'est toujours aussi documenté, précis, efficace. Bien difficile maintenant de quitter Super Blomkvist et Lisbeth Salander...
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duchetjp
Le 29 septembre 2009
Sans plus !
Les intrigues sont longues à venir... (dans les 3 tomes d'ailleurs), l'histoire est pas mal mais l'écriture est un peu limite... voire même "lourde"... l'auteur n'hésite pas à mettre 4 fois le même mot en 1 phrase... (peut-être dûe à la traduction)...
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Remarque de loulou69720 du 02/09/11
Vraiment pas d'accord...
doco
Le 02 septembre 2009
Excellent
Rien à dire : un chef d'oeuvre.
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Le 05 octobre 2009
Génial !!
J'ai beaucoup aimé le premier volet, j'ai adoré le second, on s'attache encore plus aux personnages et j'ai hâte d'attaquer le troisième que je commande à l'instant ! Après avoir vu le premier volet au cinéma j'ai hâte de voir le second, ça promet !
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Le 23 septembre 2009
Que du plaisir !
Je ne suis pas une habituée des trilogies... mais là je dois bien avouer que j'ai été complètement conquise. L'histoire, les personnages, les descriptions, la documentation... tout est superbement bien mené. Mon seul regret c'est que cela s'arrête (ou pas ?? mystère !), en tout cas je partage l'avis de plusieurs lecteurs : j'ai lu le 3ème tome à "petite vitesse" pour ne pas quitter trop vite Mickaël et Lisbeth ... Je recommande absolument toute la trilogie et vous souhaite une excellente lecture.
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solenn020
Le 07 novembre 2009
Magnifique !
Je l'ai lu en une nuit. Dès la dernière page lue, un manque s'est créé... J'ai mis 6 mois avant de pouvoir terminer un livre. L'empreinte de Larsson est difficile à oublier...
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Gaellou
Le 07 mai 2010
Pas mon préféré
Ce dernier et ultime tome est loin d'être mon préféré ! En effet, beaucoup trop de description sur le passé et sur le mode de fonctionnement de la Säpo. Comme d'habitude, beaucoup de personnages et on s'y perd un peu. Il y a beaucoup moins d'action que dans le tome 2. Je ne dirai pas que je n'ai pas aimé mais je n'ai pas forcément adoré non plus. C'est vraiment l'aspect descriptif, qui prend parfois plusieurs pages, qui m'a un peu sapé mon entrain. Par contre, dans cette intrigue Mikael fait encore preuve de ses supers talents d'enquêteur. Ce n'est pas journaliste qu'il aurait dû être mais policier. Bref ainsi s'achève cette trilogie. J'avoue que la fin m'a vraiment satisfaite même si elle n'est pas évidente au départ ! Chapeau bas à l'auteur qui a fait preuve d'un génie remarquable. Enquêtes bien ficelées, intéractions entre les divers personnages avec de bonnes liaisons ! Bref pour moi un chef d'oeuvre de la littérature suédoise et je peux aisément comprendre que Millenium ait fait un carton.
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labes31
Le 07 janvier 2011
A la renverse
Des sagas comme on aimerait en lire plus souvent !!
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Tartine
Le 30 novembre 2011
La fin, dommage...
Les aventures de nos héros se terminent malheureusement avec ce tome. Tout comme les 2 précédents, on ne quitte pas le livre avant d'avoir terminé même si on se dit qu'après c'est fini ! Le suspense est toujours au rendez-vous. Une trilogie à lire et à dévorer absolument. Quel talent !
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Stieg Larsson est né en 1954. Journaliste auquel on doit des essais sur l’économie et des reportages de guerre en Afrique, il était le rédacteur en chef d’Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme (www.searchlightmagazine.com et www.expo.se).
Il est décédé brutalement, en 2004, d’une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes volumineux de la trilogie Millénium.
Lu dans la presse
« Une fois qu'on y a goûté, fini le calme, bye bye les nuits complètes : Millénium est une drogue. (...) Parce que les situations sont tellement complexes, si bien expliquées, les personnages si excitants, les rebondissements jamais où on les attend, la documentation tellement béton, qu'on est vite en état de manque. »

Brigitte Hernandez, Le Point
Extrait

I

RENCONTRE DANS UN COULOIR

8 au 12 avril



On évalue à six cents le nombre des femmes soldats qui combattirent dans la guerre de Sécession. Elles s'étaient engagées déguisées en hommes. Hollywood a raté là tout un pan d'histoire culturelle – à moins que celui-ci ne dérange d'un point de vue idéologique ? Les livres d'histoire ont toujours eu du mal à parler des femmes qui ne respectent pas le cadre des sexes et nulle part cette limite n'est aussi marquée qu'en matière de guerre et de maniement des armes.

De l'Antiquité aux Temps modernes, l'histoire abonde cependant en récits mettant en scène des guerrières – les amazones. Les exemples les plus connus figurent dans les livres d'histoire où ces femmes ont le statut de "reines", c'est-à-dire de représentantes de la classe au pouvoir. La succession politique, fût-ce une vérité désagréable à entendre, place en effet régulièrement une femme sur le trône. Les guerres étant insensibles au genre et se déroulant même lorsqu'une femme dirige le pays, le résultat est que les livres d'histoire sont obligés de répertorier un certain nombre de reines guerrières, amenées par conséquent à se comporter comme n'importe quel Churchill, Staline ou Roosevelt. Sémiramis de Ninive, fondatrice de l'Empire assyrien, et Boadicée, qui mena une des révoltes les plus sanglantes contre les Romains, en sont deux exemples. Cette dernière a d'ailleurs sa statue au bord de la Tamise, en face de Big Ben. On ne manquera pas de la saluer si l'on passe par là.

En revanche, les livres d'histoire sont globalement assez discrets sur les guerrières sous forme de simples soldats qui s'entraînaient au maniement des armes, faisaient partie des régiments et participaient aux batailles contre les armées ennemies aux mêmes conditions que les hommes. Ces femmes ont pourtant toujours existé. Pratiquement aucune guerre ne s'est déroulée sans une participation féminine.




1

VENDREDI 8 AVRIL


PEU AVANT 1 H 30, le Dr Anders Jonasson fut réveillé par une infirmière, Hanna Nicander.
– Que se passe-t-il ? demanda-t-il à moitié dans les vapes.
– Hélicoptère entrant. Deux patients. Un homme âgé et une jeune femme. Elle est blessée par balle.
– On y a va, on y va, fit Anders Jonasson, fatigué.
Il se sentait mal réveillé alors même qu'il n'avait pas véritablement dormi, seulement sommeillé une demi-heure. Il était de garde aux urgences de l'hôpital Sahlgrenska à Göteborg. La soirée avait été particulièrement éreintante. Dès 18 heures, quand il avait pris la garde, l'hôpital avait reçu quatre personnes à la suite d'une collision frontale près de Lindome. Une d'elles était grièvement blessée et une autre avait été déclarée morte peu après son arrivée. Il avait aussi soigné une serveuse d'un restaurant d'Avenyn qui ait eu les jambes ébouillantées dans les cuisines, puis il avait sauvé la vie d'un garçon de quatre ans, admis à l'hôpital en arrêt respiratoire après avoir avalé une roue de voiture miniature. De plus, il avait eu le temps de rafistoler une adolescente qui était tombée dans un trou avec son vélo. Les Ponts et Chaussées avaient astucieusement choisi de placer ce trou près de la sortie d'une piste cyclable et quelqu'un avait évidemment aussi balancé les barrières de protection dans le trou. Elle avait eu droit à quatorze points de suture sur la figure et elle allait avoir besoin de deux incisives neuves. Jonasson avait également recousu un bout de pouce qu'un menuisier du dimanche plein d'enthousiasme s'était raboté par inadvertance.
Vers 23 heures, le nombre de patients aux urgences avait diminué. Il avait fait sa visite et contrôlé l'état des patients hospitalisés, puis il s'était retiré dans une pièce de repos pour essayer de se détendre un moment. Il était de garde jusqu'à 6 heures. Il dormait rarement quand il était de service, même s'il n'y avait pas d'admission, mais cette nuit, justement, il s'était assoupi presque immédiatement.
Hanna Nicander lui tendit un mug de thé. Elle n'avait pas encore de détails concernant les entrées.
Anders Jonasson jeta un coup d'œil par la fenêtre et vit de gros éclairs zébrer le ciel au-dessus de la mer. Ça allait être limite pour l'hélicoptère. Soudain une pluie violente se mit à tomber. La tempête s'était abattue sur Göteborg.
Il était toujours devant la fenêtre quand il entendit le bruit de moteur et vit l'hélicoptère ballotté par les rafales s'approcher de l'aire d'atterrissage. Il retint sa respiration quand il vit que le pilote semblait avoir du mal à maîtriser son approche. Puis l'appareil disparut de son champ de vision et il entendit la turbine passer au ralenti. Il but une gorgée et reposa le mug.

ANDERS JONASSON ACCUEILLIT les brancardiers à l'entrée des urgences. Sa collègue de garde, Katarina Holm, prit en charge le premier patient qui arriva sur une civière, un homme âgé avec une importante blessure au visage. Il échut au Dr Jonasson de s'occuper de l'autre patient, la femme avec des blessures par balle. Une rapide évaluation lui permit de constater qu'il s'agissait d'une adolescente, grièvement blessée et entièrement couverte de terre et de sang. Il souleva la couverture dont les Services de secours l'avaient entourée et nota que quelqu'un avait refermé les plaies à la hanche et à l'épaule avec du ruban adhésif argenté large, ce qu'il estima être une initiative particulièrement futée. Le ruban barrait l'entrée aux bactéries et la sortie au sang. Une balle l'avait atteinte sur l'extérieur de la hanche et avait traversé le tissu musculaire de part en part. Il souleva son épaule et localisa le trou d'entrée dans le dos. Il n'y avait pas de trou de sortie, ce qui signifiait que la balle était fichée quelque part dans l'épaule. Restait à espérer qu'elle n'avait pas perforé le poumon et, comme il ne voyait pas de sang dans la bouche de la fille, il tira la conclusion que ce ne devait pas être le cas.
– Radio, dit-il à l'infirmière qui l'assistait. Et cela suffisait comme indication.
Pour finir, il découpa le pansement que les secouristes avaient enroulé autour du crâne de la fille. Un frisson le parcourut quand il tâta le trou d'entrée du bout des doigts et qu'il comprit qu'elle avait pris une balle dans la tête. Là non plus il n'y avait pas de trou de sortie.
Anders Jonasson s'arrêta une seconde et contempla la fille. Il se sentit pessimiste, tout d'un coup. Il avait souvent comparé son travail à celui d'un gardien de but. Tous les jours arrivaient à son lieu de travail des gens dans des états divers et variés mais avec une seule intention – obtenir de l'aide. Parmi eux, cette dame de soixante-quatorze ans qui avait fait un arrêt cardiaque dans la galerie marchande de Nordstan et s'était effondrée, le garçon de quatorze ans qui avait eu le poumon gauche perforé par un tournevis et la fille de seize ans qui avait bouffé de l'ecstasy et dansé pendant dix-huit heures d'affilée pour s'écrouler ensuite, le visage tout bleu. Il y avait des victimes d'accidents du travail et de mauvais traitements. Il y avait de petits enfants qui avaient été attaqués par des chiens de combat sur la place Vasa et glus hommes habiles de leurs mains dont le projet se limitait à couper quelques planches avec leur scie sauteuse et qui s'étaient tranché le poignet jusqu'à l'os.
Anders Jonasson était le gardien de but entre les patients et les pompes funèbres. Son boulot consistait à être l'individu qui décidait des mesures appropriées. S'il prenait la mauvaise décision, le patient mourrait ou peut-être se réveillerait avec une invalidité permanente. Le plus souvent, il prenait la bonne décision, et ce parce que la majorité des blessés avait un problème spécifique et compréhensible. Un coup de couteau dans un poumon ou une contusion après on accident de voiture étaient des blessures intelligibles et claires. La survie du patient dépendant de la nature de la blessure et de l'habileté de Jonasson.
Il existait deux types de blessures qu'Anders Jonasson détestait entre toutes. D'une part certaines brûlures, qui dans presque tous les cas, indépendamment des moyens qu'il mettait en œuvre, mèneraient à une vie de souffrance. D'autre part, les blessures à la tête.
Cette fille qu'il avait devant lui pouvait vivre avec une balle dans la hanche et une balle dans l'épaule. Mais une balle quelque part dans son cerveau était un problème d'un tout autre gabarit. Soudain, il réalisa que l'infirmière disait quelque chose.
– Pardon ?
– C'est elle.
– Qu'est-ce que tu veux dire ?
– Lisbeth Salander. La fille qu'ils traquent depuis des semaines pour le triple meurtre à Stockholm.
Anders Jonasson regarda le visage de la patiente. Hanna avait bien vu. C'était la photo d'identité de cette fille que lui-même et quasiment tous les Suédois avaient vue placardée depuis Pâques sur les devantures des marchands de journaux. Et à présent, la meurtrière était blessée elle-même, ce qui constituait sans doute une forme de justice saisissante.
Mais cela ne le concernait pas. Son boulot était de sauver la vie de sa patiente, fût-elle triple meurtrière ou lauréate du prix Nobel. Ou les deux à là fois.


PUIS CE FUT LE RAMDAM SOUS CONTRÔLE qui caractérise un service d'urgences. Le personnel qui travaillait avec Jonasson était chevronné et savait ce qu'il devait faire. Les vêtements que portait encore Lisbeth Salander furent découpés. Une infirmière rapporta la tension artérielle - 100/70 - pendant qu'il posait le stéthoscope sur la poitrine de la patiente et écoutait les battements du cœur qui semblaient relativement réguliers, et la respiration qui ne l'était pas autant.
Le Dr Jonasson n'hésita pas à qualifier d'emblée l'état de Lisbeth Salander de critique. Les plaies de l'épaule et de la hanche pouvaient attendre pour l'instant, en appliquant quelques compresses ou même en laissant les bouts de ruban adhésif qu'une âme inspirée avait collés. Le primordial était la tête. Jonasson ordonna qu'on la passe au scanner dans lequel l'hôpital avait investi les sous du contribuable.
Anders Jonasson était un homme blond aux yeux bleus, originaire du Nord de la Suède, d'Umeå plus précisément. Cela faisait vingt ans qu'il travaillait aux hôpitaux Sahlgrenska et Östra, en alternant les fonctions de chercheur, pathologiste et urgentiste. Il était doté d'une particularité qui troublait ses collègues et qui rendait le personnel fier de travailler avec lui ; il avait pour principe qu'aucun patient ne devait mourir pendant ses gardes, et d'une façon miraculeuse il avait réussi à conserver son score de zéro. Quelques-uns de ses patients étaient décédés, certes, mais cela s'était passé au cours des soins ultérieurs ou pour de tout autres raisons que son intervention.
Par moments, Jonasson avait aussi une vision de la médecine peu orthodoxe. Selon lui, les médecins avaient tendance à tirer des conclusions qu'ils ne pouvaient absolument pas justifier et de ce fait à déclarer forfait franchement trop vite, ou alors à consacrer trop de temps à essayer de définir exactement le problème pour pouvoir prescrire le traitement approprié à leur patient. C'était effectivement la méthode que préconisait le manuel, le seul hic était que le patient risquait de mourir alors que le corps médical en était encore à ses réflexions. Au pire, le médecin arriverait à la conclusion que le cas était désespéré, et il interromprait le traitement.