Accueil Livres Suspense-SF Fantastique, SF, Fantasy Les bannis et les proscrits, tome 5 : L'étoile de la Sor'cière
Les bannis et les proscrits, tome 5 : L'étoile de la Sor'cière
Les bannis et les proscrits, tome 5 : L'étoile de la Sor'cière
928 pages
(série en 5 tomes)
Couverture souple. 12,5 x 20 cm
Réf : 314732
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 25,00  (prix public)
Résumé
La menace du Seigneur Noir n’est pas encore éradiquée. Elena et ses amis sont les seuls à pouvoir conjurer son emprise sur le cœur de la Terre. Elena peut-elle encore contrarier l’avènement définitif du mal, alors qu’une porte, béante, ouvre la voie au démon ?
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
KALI
Le 06 octobre 2011
Un petit creux
Excellente saga : je suis fan... Les personnages sont attachants et la disparition d'un grand nombre de compagnons fait planer un voile de tristesse sur l'ensemble de ce roman. Je suis cependant un peu déçue de la conclusion : la bataille finale est relativement courte et la victoire semble avoir été obtenue avec facilité, au regard de toutes les difficultés rencontrées au cours des 5 tomes. J'aurai souhaité savoir ce qu'il advient des survivants... voilà pourquoi le "petit creux". Mais peut-être James Clemens a-t-il voulu tout simplement stimuler notre imagination et nous laisser libres de conclure l'histoire de chaque personnage (hormis celle de Joach) à notre façon !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Akira78
Le 03 octobre 2011
Magnifique
Une fin riche en émotion et dure à accepter pour certains personnages. Sincèrement la plus belle saga que j'ai lue à ce jour. Je recommande chaudement cette série.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Alexb40
Le 26 décembre 2011
Fantastique!!!
Comme toutes les bonnes sagas, celle-ci a une fin et je dois dire que malgré la tristesse que peut procurer la perte de certains personnages, la série ne pouvait pas se terminer autrement !!! Félicitations à l'auteur !!! J'ai lu les 5 bouquins à la suite, je ne pouvais pas décrocher !!!!!!! A RECOMMANDER !!!!! J'espère que France Loisirs a prévu de publier d'autres titres de James Clémens, je les achèterai les yeux fermés !!!!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Extrait

1


Assise sur le Trône d'Épines, Elena étudiait l'énigme plantée devant elle.
Avec sa petite taille et son visage parfaitement lisse, l'étranger vêtu d'un patchwork de soie et de lin ressemblait à un jeune garçon. Mais, de toute évidence, il n'en était plus un depuis longtemps. Il soutenait avec trop de calme le regard de toutes les personnes présentes dans le Grand Hall. Ses yeux brillaient d'amusement sarcastique, amertume et expérience mêlées. Et le pli de ses lèvres, sur lesquelles planait l'ombre d'un sourire, demeurait froid et dur.
Malgré l'innocence illusoire qui émanait de cet étrange personnage, Elena se sentait mal à l'aise en sa présence.
L'inconnu mit un genou en terre devant elle, ôtant son chapeau extravagant pour la saluer. Des dizaines de grelots d'étain, d'argent, d'or ou de cuivre cousus dans ses vêtements tintèrent avec vigueur.
Une haute silhouette s'avança pour rejoindre le petit homme : le prince Tyrus Royston, seigneur de Château Mryl, une forteresse située dans le Nord. Le prince devenu pirate avait renoncé à ses beaux atours habituels pour enfiler des bottes éculées et une cape noire délavée par le sel. Ses joues étaient rouges, ses cheveux couleur de sable en bataille. Il avait débarqué sur l'île au soleil levant, et réclamé une audience immédiate avec Elena et le conseil de guerre.
Lui aussi mit un genou en terre avant de désigner l'inconnu.
— Puis-je vous présenter Harlequin Quail ? Il vient de loin, et il apporte des nouvelles dont vous devriez prendre connaissance.
Elena leur fit signe à tous deux.
— Relevez-vous, seigneur Tyrus, maître Quail. Soyez les bienvenus.
Elle étudia le compagnon du prince tandis qu'il se redressait dans un nouveau tintement de grelots. De fait, il devait venir de très loin : il avait le teint livide, d'une pâleur presque bleutée, comme s'il suffoquait perpétuellement. Mais, le plus étonnant, c'étaient ses yeux dorés, brillants et pleins de ruse.
— Je suis navré de vous déranger si tôt en ce matin d'été, entonna Tyrus sur un ton protocolaire, tout en tirant sur sa cape comme s'il remarquait pour la première fois l'inconvenance de sa mise.
Er'ril, l'homme-lige et époux d'Elena qui se tenait près du trône, prit alors la parole.
— De quelle urgence êtes-vous venu nous entretenir, seigneur Tyrus ? Nous n'avons pas de temps à perdre avec les fous et les bouffons.
Elena n'eut pas besoin de lui jeter un coup d'œil pour savoir que l'homme des plaines arborait son expression habituellement sévère et désapprobatrice. Elle l'avait vue assez souvent ces deux dernières lunes, tandis que les mauvaises nouvelles affluaient à Val'loa : les lignes de ravitaillement de l'île avaient été coupées par des monstres et par d'étranges phénomènes météorologiques ; des épidémies et des incendies ravageaient maintes cités d'Alaséa ; des créatures difformes arpentaient les campagnes.
Mais ce n'étaient pas là les plus sinistres des augures.
Les élémentaux, ces personnes ô combien rares harmonisées avec l'énergie de la Terre, succombaient à quelque mal mystérieux. Les mer'ai perdaient leurs perceptions aquatiques et le lien avec leurs dragons ; les vaisseaux el'phiques ne pouvaient plus voler aussi haut et aussi loin ; et Nee'lahn venait de rapporter que la voix de son luth faiblissait avec l'esprit de l'arbre qui habitait son bois. Visiblement, les dommages infligés par les portails du Weir continuaient à s'étendre. La magie élémentale s'estompait, s'enfuyait comme du sang par une plaie béante.
En conséquence, la nécessité d'agir vite pesait sur les compagnons. S'ils voulaient attaquer le Gul'gotha, ils devaient le faire de toute urgence, avant que leurs pouvoirs s'amoindrissent davantage, avant que les dons de la Terre s'évanouissent tout à fait. Mais leurs forces étaient dispersées. En l'état actuel des choses, la campagne contre la forteresse du Seigneur Noir, le volcanique Noircastel, ne pourrait être lancée avant le printemps suivant. Selon Er'ril, il leur faudrait jusqu'au milieu de l'hiver pour repositionner leurs troupes, et assaillir l'île en cette saison où de violentes tempêtes ravageaient les mers septentrionales donnerait l'avantage aux défenseurs.
Donc, ce serait au printemps suivant dans le meilleur des cas.
Mais, même alors, Elena commençait à douter qu'ils soient prêts. Tant de facteurs demeuraient inconnus ! Tol'chuk n'était pas encore rentré. Parti depuis deux lunes avec Fardale et une poignée d'autres, il voulait interroger les anciens de sa tribu og're au sujet du lien existant entre la sanguine et l'éb'ène. La plupart des vaisseaux éclaireurs el'phiques n'étaient pas revenus de leur mission de reconnaissance à l'aplomb de Noircastel. Wennar, le commandant de l'armée n'aine, avait envoyé des corbeaux messagers pour prévenir que ses forces n'avaient pas fini de se rassembler du côté de Penryn. Il réclamait plus de temps pour rallier son peuple. Mais le temps était compté.
Et maintenant, d'autres nouvelles urgentes arrivaient depuis de lointaines contrées.
Le seigneur Tyrus se tourna vers son compagnon.
— Harlequin, raconte-leur ce que tu as découvert.
Le petit homme acquiesça.
— J'apporte de bonnes et de mauvaises nouvelles.
Une pièce apparut dans ses mains, comme jaillie de nulle part. D'un geste du poignet, il la projeta très haut dans les airs. La lumière des torches jeta des éclats en se reflétant sur l'or.
Elena suivit du regard la pièce qui s'élevait jusqu'aux poutres, puis retombait. Elle sursauta sur son trône en découvrant l'étrange personnage planté devant elle, son nez à quelques pouces du sien. En un battement de coeur, il avait franchi la distance qui les séparait sans faire le moindre bruit malgré les centaines de grelots cousus sur ses vêtements.
Même Er'ril fut pris par surprise. Avec un rugissement, il dégaina son épée qu'il brandit entre la reine et le bouffon.
— Quel tour est-ce là ?
En guise de réponse, le dénommé Harlequin rattrapa la pièce dans sa paume tendue, adressa un clin d'œil égrillard à Elena et redescendit les deux marches qui conduisaient au trône dans un joyeux tintement.
Le seigneur Tyrus eut un sourire froid.
— Ne vous laissez pas abuser par l'apparence fantasque d'Harlequin. Voilà déjà dix hivers qu'il est le meilleur espion au service de la Guilde des Pirates de Port Rawl. Nul n'est plus doué que lui pour observer, écouter et surprendre autrui.
Elena se redressa sur son siège.
— C'est ce qu'il semblerait.
Er'ril baissa son épée mais ne la rengaina pas.
— Assez d'esbroufe. S'il apporte des informations, qu'il nous les révèle.
— Il en sera ainsi que le réclame l'homme de fer. (Harlequin brandit sa pièce d'or dans la lumière des torches.) D'abord, les bonnes nouvelles. En détruisant ses statues, vous avez porté au Seigneur Noir un coup plus cruel que vous le soupçonniez. Il a perdu sa précieuse armée n'aine, si bien qu'il ne lui reste que des hommes et des monstres pour défendre son antre volcanique.
— Harlequin a passé la moitié du dernier hiver à reconnaître les environs de Noircastel, intervint Tyrus. Il nous rapporte des plans et des listes des forces du Seigneur Noir.
— Où se les est-il procurés ? grommela Er'ril.
— Au nez et à la barbe du lieutenant du Seigneur Noir, répliqua Harlequin en soutenant insolemment son regard. Votre frère, je crois ?
Elena jeta un coup d'œil à Er'ril et vit la colère flamboyer dans ses prunelles.
— Ce n'est pas mon frère, cracha l'homme des plaines, glacial.
Elena brisa le silence tendu qui suivit.
— Vous avez pénétré à Noircastel même ?
Le masque amusé d'Harlequin se craquela. Dessous, Elena entrevit quelque chose de sombre et douloureux.
— Oui, chuchota-t-il. J'ai arpenté ses lugubres couloirs et ses chambres ténébreuses – et je prie pour ne jamais avoir à y retourner.
Elena se pencha en avant.
— Vous avez également mentionné de mauvaises nouvelles, maître Quail.
— Très mauvaises, même.
Harlequin leva le bras et ouvrit les doigts qu'il avait refermés sur la pièce d'or. Sur sa paume ne reposait plus qu'un petit morceau de charbon.
— Si vous souhaitez vaincre le Cœur Noir, vous devez le faire avant le solstice d'été.
Elena fronça les sourcils.
— Dans une lune ?
— Impossible, ricana Er'ril.
Harlequin fixa Elena de ses étranges yeux dorés.
— Si vous n'arrêtez pas la Bête Noire d'ici à la prochaine pleine lune, vous périrez tous.

Méric courait le long de l'Aile des Tempêtes. Ses pieds volaient sur les planches familières, bondissaient par-dessus les balustrades et avalaient les ponts tandis que son regard demeurait rivé au ciel. À travers la brume matinale, il distinguait, très haut au-dessus de sa tête, une tache noire qui dégringolait sans grâce aucune. C'était l'un des vaisseaux éclaireurs el'phiques, revenant de sa mission dans l'île volcanique de Noircastel.
Quelque chose clochait.
En atteignant la proue de son navire, Méric leva les deux bras et projeta son pouvoir. Un faisceau d'énergie jaillit de ses mains tendues et fusa dans le ciel pour se déverser dans le puits vide qu'était la quille métallique de l'autre bâtiment. Mais Méric eut beau l'alimenter de son pouvoir, celui-ci poursuivit son plongeon vers les eaux qui entouraient Val'loa.
Tandis qu'il s'efforçait d'empêcher l'inévitable, Méric sentit le poids de l'autre vaisseau peser sur ses épaules. Il dut mettre un genou à terre alors que l'Aile des Tempêtes, vidée de sa propre énergie magique, commençait à perdre de l'altitude et à descendre vers les quais.
L'effort le faisait haleter ; pourtant, Méric refusait d'abandonner. Mère d'en haut, aide-moi !
À présent, il voyait avec deux paires d'yeux : une qui regardait vers le haut et la seconde vers le bas. Partagé entre les deux bâtiments, il sentait le pouls faiblissant du capitaine de l'autre navire aérien, Frelisha, une cousine au deuxième degré de sa mère. Elle était encore en vie, mais tout juste. Amener son vaisseau jusque-là avait dû consumer l'intégralité de ses forces.
— Bats-toi, cousine, chuchota Méric dans le vent.
Et il fut entendu. À travers son lien magique, les derniers mots de Frelisha lui parvinrent.
— Nous avons été trahis !
Puis le pouls ténu que Méric tenait entre ses mains palpita encore une fois avant de s'éteindre à jamais.
— Non ! gémit l'el'phe en tombant sur son autre genou.
L'instant d'après, une ombre monstrueuse fila à la verticale sur bâbord. Ce fut tout juste si Méric entendit l'explosion de bois et perçut la gerbe d'eau qui suivirent tels des échos lointains. La tête ballante, il s'affaissa sur le pont. Tandis que des alarmes retentissaient à travers le port et que des cris de panique montaient vers lui, un souffle s'échappa de ses lèvres.
— Trahis…