De fièvre et de sang
Prix Polar 2010 au Festival de Cognac
De fièvre et de sang
528 pages
Couverture souple
Avec une dédicace de l'auteur
Réf : 314556
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 18,00  (prix public)

Diffusion : Bord Cadre/CineCinema

Résumé
Le rouge et le blanc. Rouge comme le sang des victimes vidé méthodiquement par un serial killer. Blanc comme la peau d’Eva Swärta, profileuse albinos lancée sur la piste du monstre. Aidée par son sixième sens, la belle traquera la bête, jusqu’au bout de l’enfer. 
Pourquoi on l'a choisi
Déjà remarqué pour son remarquable Enfant des cimetières, Sire Cédric pousse l’horreur un cran plus loin. Ce nouveau bain d’angoisse et de sang s’éloigne du fantastique pour mieux jouer sur les ressorts du thriller, et sur nos nerfs. L’écriture y gagne en efficacité, le lecteur en frissons.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :11
Smith
Le 06 mai 2011
De fièvre et de sang de Sire Cédric
Extraordinaire comme d'habitude !!! Amateurs du genre, jetez-vous dessus, vous ne serez pas déçus !!!
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OREILLE
Le 09 mai 2011
Génial !!!
EXCELLENT !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je le recommande à tous ceux qui aiment les thrillers !!!!
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lili56
Le 11 mai 2011
Génial !
Lu en 3 jours ! J'ai vraiment adoré ! Le suspense est vraiment prenant, et on se laisse embarqué dans cette enquête incroyable... A lire absolument pour les amateurs du genre !
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etoiledumidi13
Le 30 mai 2011
De fièvre et de sang et L'enfant des cimetières
J'ai adorrrrrrrrrrrré ces livres, il sont pleins de suspense et d'horreur comme j'aime ! En plus, ça attaque dés le début du livre, bref je ne me suis pas ennuyée ! Je le conseille à ceux qui aiment les bons thrillers, d'ailleurs je trouve Sire Cédric super comme auteur !
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kikinouse
Le 04 septembre 2011
De fièvre et de sang
Très bon livre de suspense, première fois que je lis Sire Cédric : j'adore.
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BILOU13
Le 04 août 2011
Epoustouflant
Que dire de plus sinon que ce livre est génial...? Moi qui ne connaissais pas ce genre d'écriture où suspense et extraordinaire se mélangent à chaque page, j'ai adoré ! On est dès le début, emporté dans un tourbillon de meurtres et de sang. A lire absolument car frissons garantis..
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Chris36
Le 16 septembre 2011
Sans perdre haleine !!!
Un démarrage à toute vitesse, on rentre dans la peau de ce couple de flics et on ne les lâche pas jusqu'à la fin. Un suspense haletant ! Je ne connaissais pas cet auteur, et j'ai adoré. A lire d'urgence, vous n'en sortirez pas indemne...
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Milka
Le 06 octobre 2011
Encore !!!
Evidemment, je n'ai pas vu les heures passer en lisant, à peine 24h et le livre était bouclé. Sire Cedric nous entraine encore une fois dans une aventure époustousflante, avec une petite touche de surnaturel sans oublier des details bien sanglants, un thriller psychologique qui vous tient en haleine jusqu'à la fin. Est-ce que France Loisirs compte éditer son dernier roman "Le jeu de l'ombre" ? (comme ça, je patiente avant de l'acheter ailleurs.)
Réponse du modérateur : Bonne nouvelle, vous n'aurez pas à patienter longtemps car ce roman sera proposé au catalogue Hiver.
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Loola86
Le 06 juillet 2011
Efficace
Un thriller dynamique, qui démarre en puissance et vous tient en haleine jusqu'au bout. Le seul petit bémol est que par rapport à l'ensemble du livre, la fin est un peu décevante mais je conseille tout de même vivement cette lecture.
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Lilo
Le 09 septembre 2011
Génial !
Enquête policière avec un brin de fantastique : j'ai adoré ! Je le conseille vivement.
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Moizaussie
Le 23 décembre 2011
Un thriller efficace
C'est mon premier livre de cet auteur et je ne regrette pas cette découverte . Il s'agit d'un thriller efficace, qui mélange le fantastique aux tueurs en série. La lecture est rapide, le style agréable, on visualise chaque scène et on a du mal à poser le livre ! J'aurais aimé que la personnalité du personnage principal soit un peu plus développée et exploitée, mais l'ensemble reste très construit et agréable à lire. Je recommande !
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Lu dans la presse
« Cette fois, Sire Cédric entraîne les lecteurs dans une époustouflante enquête policière. (...) À lire d'urgence, en vérifiant bien que toutes les portes et fenêtres sont fermées. On ne sait jamais. »

Le Courrier Picard


« Impossible de lâcher ce livre avant de parvenir au dénouement. Un conseil : évitez de lire De Fièvre et de Sang dans le bus ; vous avez toutes les chances de manquer votre arrêt... [...] On ne sort pas de ce livre indemne. Un tel livre ne se rencontre que rarement : savourez-le, et bon courage pour les nuits blanches qui s'ensuivront. »

Chroniques de l'imaginaire
Extrait

1


La fille s'appelait Éloïse Lombard, elle avait seize ans, et à présent elle savait qu'elle allait mourir. Il était évident que ses ravisseurs comptaient la tuer.
Quand ils l'avaient traînée de force ici, sans qu'elle ne puisse rien faire pour se défendre, quand ils lui avaient arraché ses vêtements un par un, jusqu'à ce qu'elle soit entièrement nue, et qu'ils l'avaient attachée à des sangles, solidement serrées autour de ses poignets et de ses chevilles, sur un matelas poisseux, elle avait encore cru qu'ils ne voulaient que la violer – et cette pensée était déjà insupportable –, mais au fond d'elle, là où l'âme ne se ment pas, elle le savait. Ses tripes le savaient. Ce qu'ils allaient lui faire quand ils reviendraient serait bien pire qu'un viol.
Elle avait vu les flaques écarlates, dans la cour de la ferme. C'était du sang, et il y en avait partout à cet endroit.
Ils avaient fait cela à d'autres filles avant elle.
Et bientôt – très bientôt – ce serait son tour.

Immobilisée et impuissante, Éloïse recommença à sangloter.
Pour la centième fois peut-être, elle essaya de tirer sur les sangles qui l'entravaient. Cela faisait mal, oui, quand la texture rigide de ces liens mordait dans sa peau, un peu plus mal à chaque traction. Pourtant Éloïse continuait, s'acharnait, s'arc-boutant sur le matelas avec l'énergie du désespoir.
Elle grelottait sous le froid, aussi. La pièce n'était pas chauffée. De la chair de poule se dressait sur ses jambes nues, sur son sexe exposé. Sur sa poitrine opulente, dont elle était si fière, et qui lui faisait subitement honte. Roman Salaville l'avait pétrie à chaque endroit de son corps, tout en lui maintenant les bras, le temps que son frère, Claude Salaville, lui attache les poignets.
La vérité, c'est qu'elle aurait préféré être déjà morte plutôt que de sentir ces doigts calleux sur sa peau.
Il y avait une fenêtre, juste en face d'elle, mais les volets étaient clos, ne diffusant que de pâles rayons de lumière. Dans cette demi-pénombre, Éloïse distinguait un plafond soutenu par d'épaisses poutres, comme c'était le cas dans les maisons rustiques. L'unique meuble était une commode en bois, avec un grand miroir au verre brisé posé dessus. Quand elle tournait la tête, elle apercevait deux portes, une de chaque côté de la pièce. Toutes les deux étaient entrouvertes. La porte de droite devait mener au cœur de la maison. Ses ravisseurs l'avaient fait entrer par l'autre, celle qui était située à gauche, et qui s'ouvrait sur la cour de la ferme.
Un instant de rêve fou, elle crut que les sangles se relâchaient, et elle se vit libre. Elle s'imagina en train de fuir, traversant cette cour maculée de sang, franchissant la clôture de la propriété et parvenant jusqu'à la route. Elle n'aurait qu'à attendre que passe une voiture. Elle pourrait être sauvée, oui.
Malheureusement, ce rêve éveillé ne dura pas.
Éloïse Lombard n'était pas stupide. Elle savait que rien de cela ne pouvait se produire. La ferme des frères Salaville était située à flanc de montagne, dans les bois noirs, où personne ne s'aventurait. Ici, tout n'était que champs en pente, arbres immenses et rochers chaotiques. On ne rencontrait aucune autre propriété sur des kilomètres à la ronde. Sans oublier que personne ne rendait jamais visite à ces deux garçons, qui avaient toujours vécu isolés comme des ours.
Personne ne lui viendrait en aide.
Cette pensée fit surgir de nouveaux sanglots dans sa gorge.
Était-ce une sorte de punition ? Malgré elle, une culpabilité irrationnelle avait planté ses crocs dans son cœur. Mais qu'avait-elle pu faire de mal ? C'était les vacances, elle en avait tout simplement eu assez de rester seule à la maison, où elle s'ennuyait ferme, comme toute fille de seize ans. Quand elle avait appelé Lucie Jourdain, et que son amie lui avait proposé de venir chez elle regarder des films, elle avait entrevu une perspective de divertissement dans cette grise soirée d'octobre. Elle avait laissé un mot pour ses parents, sur la table de la cuisine, et moins de deux minutes plus tard elle enfourchait son vélo.
En dépit de la pluie, qui était tombée toute la matinée et une partie de l'après-midi, il ne faisait pas si froid pour la saison. Éloïse se concentrait sur les roues de son vélo qui glissaient parfois toutes seules sur le bitume encore humide.
Elle n'était qu'à un bloc de la maison de Lucie quand elle avait remarqué qu'un 4 x 4 la suivait.
Elle avait d'abord pensé qu'il s'agissait de quelqu'un qui s'était perdu. Il devait tourner en rond, roulant au ralenti à la recherche de la bonne intersection. Rien d'étonnant à cela, car toutes les résidences se ressemblaient comme des gouttes d'eau, dans le quartier.
Quand le 4 x 4 s'était approché, elle avait supposé qu'il voulait la doubler, et qu'il craignait peut-être de la renverser.
Ennuyée par ce ronronnement de moteur juste à côté d'elle, elle avait fini par poser le pied par terre, au panneau stop du bout de la rue, pour que ce maudit véhicule passe enfin.
Au lieu de cela, le 4 x 4 s'était arrêté à son tour, le moteur toujours ronflant, la portière arrière s'était ouverte et l'homme en était descendu. Il était obèse, engoncé dans une paire de jeans délavés et une épaisse chemise à carreaux qui avait du mal à contenir sa masse.
Elle le connaissait, c'était Roman Salaville. Il venait de temps à autre aider M. Ortega au rayon charcuterie de la grande surface. À ce qu'on racontait, il vivait dans la montagne avec son frère, et tout le monde s'accordait à dire qu'ils étaient un peu spéciaux, les deux Salaville. Leurs parents étaient partis s'installer en Espagne, une dizaine d'années auparavant, laissant leur maison à leurs deux fils, et depuis personne n'avait jamais eu la moindre nouvelle d'eux. Roman et Claude étaient âgés d'une vingtaine d'années à l'époque. Selon Lucie Jourdain, ils avaient de graves problèmes d'alcool, et avaient même séjourné en établissement psychiatrique. Ils étaient « suivis », comme on dit. C'était le père de Lucie qui lui avait expliqué ça. Le père de Lucie travaillait à l'hôpital Saint- Vincent, il savait de quoi il parlait.
Dès le début, Éloïse avait compris que quelque chose n'allait pas, à la manière dont Roman Salaville s'était approché d'elle, légèrement courbé en avant. À l'affût.
— Monsieur Salaville ? Je peux vous aider ?
Du coin de l'œil, elle avait jeté un regard à la rue. Le quartier était désert. Elle avait instinctivement posé son pied droit sur la pédale, prête à démarrer aussi vite que possible. Mais elle était subitement prise d'une angoisse de petit animal face à un prédateur. Tout allait trop lentement. Une partie de son cerveau remarqua que la chemise que portait Roman Salaville était déchirée. On voyait très nettement ses poils sous son bras et, au-dessus de sa ceinture, le bout de gras de son ventre qui émergeait et tressautait à chacun de ses pas.
Elle avait senti l'odeur, désagréable, sur lui. Cela rappelait le stand charcuterie de M. Ortega, en plus nauséabond. L'odeur de la viande avariée.
Mais le pire, c'était son regard. Ce qui luisait dans les petits yeux noirs de cet homme.
Comme s'il avait vu une glace et qu'il voulait l'engloutir d'une seule bouchée.
— Ne vous… Ne vous approchez pas comme ça…
Sans prévenir, le gros bonhomme s'était rué sur elle.
Éloïse avait voulu reculer. Elle avait poussé un cri. Les mains de l'homme s'étaient refermées sur elle, et il l'avait arrachée à son vélo, sans le moindre effort. Ainsi serrée dans ses bras puissants, elle était incapable de se débattre. L'homme l'avait empêchée de hurler en plaquant sa grosse main sur sa bouche, lui écrasant la lèvre inférieure contre ses dents. Le goût de son propre sang avait inondé sa langue.
Puis il l'avait traînée à l'arrière du 4 x 4, tandis que son frère démarrait sur les chapeaux de roues.
Ils avaient roulé longtemps, en suivant les petites routes à travers champs, sans croiser le moindre véhicule. Durant tout le voyage, le gros Roman Salaville l'avait maintenue pressée contre lui. À un moment, il avait posé ses lèvres sales sur son cou, sur ses cheveux. Elle avait senti la main de l'homme glisser sur sa poitrine pour la pétrir. Elle n'avait rien dit. Elle avait juste pleuré, des larmes douloureuses, des larmes au goût de sang.
Et maintenant ils allaient la tuer. C'était évident.
Éloïse Lombard entendit un bruit qui l'arracha à ses pensées.
Des pas, dans la pièce voisine.
Suivi d'un léger grincement.
Elle tourna la tête dans cette direction.
C'était la porte de droite, qui s'ouvrait tout doucement, et dont les gonds gémissaient.
Éloïse se raidit.
Pourtant, il ne s'agissait pas des frères Salaville.
C'était un animal.