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L'enfant des neiges, tome 3 : Les soupirs du vent
Marie-Bernadette Dupuy
848 pages
Couverture cartonnée
Avec une dédicace de l'auteur
Réf : 311619
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Disponible
Le rossignol de Val-Jalbert rechantera-t-il ?
Résumé
Val-Jalbert, éternel refuge. Où, mieux qu’entre ses vieilles pierres, Hermine se consolerait-elle de la perte de son dernier-né et du départ de Toshan pour l’armée ? Hélas, le danger couve sous la surface gelée du lac Saint-Jean. Au conflit qui s’étend en Europe fait bientôt écho une autre guerre, sourde et mystérieuse, qui met en péril Hermine et les siens. 
Pourquoi on l'a choisi
Que de surprises, que d’émotions ! Avec son inimitable talent de conteuse, Marie-Bernadette Dupuy nous a littéralement envoûtés ! La saga continue, plus romanesque que jamais.
Les internautes ayant commandé L'enfant des neiges, tome 3 : Les soupirs du vent ont également choisi
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :11
lilo1109
Le 17 mai 2011
Magnifique
Vraiment une superbe suite. On tombe encore plus sous le charme d'Hermine et de Toshan. Y aura t il un tome 4 ? En tout cas, je l'espère de tout coeur.
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becky76
Le 22 mai 2011
Magnifique
J'avais déjà dévoré le tome 1 et le tome 2 en deux jours... le tome 3 est tout aussi magnifique : une fois qu'on l'a commencé, on n'en sort plus avant de l'avoir terminé. Un nouveau rebondissement à chaque page... on suit les aventures d'Hermine avec passion. J'espère que la suite (tome 4 : Les marionnettes du destin) va très vite sortir, j'ai vu que le tome 4 était sorti au Canada ce mois-ci. On attend avec impatience sa sortie en France !
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VIVI67
Le 27 mai 2011
Superbe
Magnifique histoire, on s'évade vraiment en lisant les livres de Marie Bernadette Dupuy. Ce sont de belles histoires très bien écrites, on ne s'en lasse pas et ce livre en fait partie. On a plaisir à partager la vie de Hermine et Toshan, on est dépaysé car cela se passe au Quebec, bref que du plaisir. Je viens de lire dans les avis des internautes qu'il y avait un tome 4, vivement qu'il sorte en France. Bonne lecture
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lulu62
Le 18 juin 2011
Super !
Passionnant ! Vivement la suite !
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maellou
Le 21 juin 2011
Les soupirs du vent
Superbe, j'ai lu les trois premiers livres en une semaine, et d'après les internautes il y aura une suite. Vivement......!
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Danette
Le 27 juin 2011
Les soupirs du vent
Quelle joie de retrouver L'enfant des neiges !! C'est toujours un bonheur de s'évader avec Bernadette Dupuy. J'attends la suite avec impatience, merci !!!!!!
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PEPITOU
Le 23 juin 2011
Superbe !
La suite du Rossignol du Val Jabert est franchement une réussite. Ce livre est plein de rebondissements, il y a une formidable intrigue. De plus Marie Bernadette DUPUY nous fait découvrir des paysages magnifiques sur le Canada. Pour moi, le tome 3 et mon livre préféré de la saga. J'espére qu'il y aura une suite.
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Pascale
Le 29 juillet 2011
Une cascade de bonheur
Un livre qu'on dévore avec enchantement, c'est un hyme à la tolérance et à l'acceptation des différences, avec une once d'ésotérisme, quand les noirceurs de l'âme humaine mènent à des circonstances cauchemardesques.
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Remarque de marie jouffrais du 02/08/11
J'ai aimé lire les livres avec plaisir, un très bon auteur.
coconuts
Le 29 août 2011
Superbe
On se replonge avec plaisir dans la vie d'Hermine et de Toshan, et de leurs familles respective, des secrets inattendus sont devoilés. Un vrai régal. J'attends la suite avec impatience.
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coconuts
Le 02 septembre 2011
Comme les autres
C'est un très bon livre, une suite remarquable, les évènements s'enchainent à merveille, les intrigues sont présentes sous un fond de début de guerre, et des secrets sont encore devoilés. J'attends le 4eme livre avec impatience, je sais déjà que la guerre est très présente. Mais le meilleur reste à lire...
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mimie64
Le 14 septembre 2011
Superbe
J'ai beaucoup aimé cette suite de L'enfant des neiges ! Marie Bernadette Dupuy nous plonge dans une histoire merveilleuse. A mon avis cette histoire est excellente même si elle n'est pas aussi bien que "Le moulin du loup" qui est vraiment mon coup de coeur littéraire de cette auteur.
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Née à Angoulême en 1952, Marie-Bernadette Dupuis est un auteur qui aime la diversité. C'est au décès de sa mère qu'elle décide de se consacrer à l'écriture et publie Femmes impériales. Elle a déjà écrit plus d'une vingtaine d'ouvrages, abordant avec la même aisance les biographies historiques, le mystère du surnaturel et les intrigues policières, sans oublier les romans d'amour.
Elle est également responsable de Promenades, un magazine qui a pour but la découverte et la mise en valeur du patrimoine charentais. Un département voisin ou presque, la Corrèze, la fascine. Marie-Bernadette s'est lancée dans le roman de terroir après avoir étudié de nombreux documents et fait des rencontres bouleversantes.
Parmi ses romans, citons :
    L'Orpheline du Bois des Loups
    La Demoiselle des Bories
    Les Enfants du Pas du loup
    Le Chant de l'océan
    Le Refuge aux roses
    Le Val de l'espoir
    Le Moulin du Loup (en 5 tomes)
    Le Chemin des falaises
    La Vallée des Eaux Claires
Les Marionnettes du destin est la suite des best-sellers L'Enfant des neiges, Le Rossignol de Val-Jalbert et Les Soupirs du vent.
Extrait

1
Les larmes du rossignol


Bord de la Péribonka, samedi 2 décembre 1939
Depuis le lever du jour, il neigeait à gros flocons. Un profond silence régnait dans l'ancienne cabane de Tala, transformée au fil des années en une confortable maison dont les planches dégageaient encore un léger parfum de résine. Debout devant une des fenêtres, Hermine fixait sans vraiment le voir ce paysage hivernal qu'elle connaissait par cœur. Tout était blanc, uniformément blanc.
Pour la troisième fois, la jeune femme poussa une plainte de bête meurtrie en se cognant le front sur la cloison toute proche. Elle luttait contre le besoin irrésistible de donner un violent coup de tête contre la vitre, pour se blesser, pour souffrir dans son corps et non plus dans son âme.
— Non, non ! Je ne veux pas ! gémit-elle. Mon bébé, mon amour, mon tout-petit...
L'effroyable image qui la tourmentait la majeure partie du temps reprit possession de son esprit. Sans cesse, elle revoyait le berceau où gisait son fils, âgé de trois semaines, un tout petit garçon inerte, figé dans un sommeil éternel.
— Mon Victor, il n'avait rien fait de mal pourtant ! dit-elle encore tout bas avec une expression égarée. Pourquoi Dieu a-t-il puni mon petit ange ? Il n'avait rien fait ! Pourquoi me l'a-t-il repris ? Je ne peux pas accepter ça...
L'enfant était mort le 15 novembre et Hermine ne se remettait pas de cette perte, car elle se jugeait responsable de la tragédie. Ses lourds cheveux blonds épars sur ses épaules, livide et amaigrie, elle se balançait d'avant en arrière et se cognait à nouveau le front contre le bois de la cloison.
« Nous étions trop heureux, voilà ! songea-t-elle pleine de remords. C'est ma faute ! J'ai péché par vanité, j'ai délaissé mon rôle de mère pour courir après la gloire ! Je ne me le pardonnerai jamais. Une femme digne de ce nom se ménage, lorsqu'elle est enceinte, mais moi, j'ai voyagé, j'ai accepté tous les contrats. Toshan m'avait mise en garde, pourtant ! »
La seule pensée de son mari lui arracha un cri d'accablement. Il n'était pas encore de retour et son absence achevait de la torturer. Agitée de frissons nerveux, Hermine se plongea dans une foule de souvenirs qu'elle chérissait jusqu'à présent.
« Oh oui, nous avons eu notre temps de bonheur sur cette terre ! pensa-t-elle. Il y aura bientôt cinq ans, je suis repartie pour Québec après avoir passé quelques jours ici avec Toshan. C'était en janvier 1935. Mon Dieu, quelle aventure ! J'avais réussi à rejoindre mon bien-aimé pour passer Noël avec lui1 ! Les enfants étaient chez maman, à Val-Jalbert. Nous étions tous les deux, loin de tout, loin du monde, seuls et ravis de l'être. Des heures paradisiaques à se réfugier au creux de notre lit, sous les fourrures, comme des Indiens. Nos nuits ont été si belles, à cette époque ! Ensuite, j'ai joué Faust, au Capitole2, et jamais je n'avais aussi bien chanté, riche de cette immense joie partagée. »
Soudain, des rires d'enfants et la voix grondeuse de Madeleine, la nourrice, la tirèrent de sa songerie. La jeune Indienne montagnaise avait fort à faire pour divertir et éduquer les jumelles, Marie et Laurence, qui fêteraient bientôt leurs six ans. Elles étaient de tempérament très différent. Laurence, d'un caractère calme et pondéré, pouvait passer des heures à dessiner ou à peindre. Elle était douce et craintive. Mais il fallait toujours plus de mouvement à l'impétueuse Marie. Aussi préférait-elle, malgré le lien indéfectible qui l'unissait à sa sœur, une bonne bataille de boules de neige à des exercices de coloriage. Malgré ses boucles claires, un sang sauvage courait dans ses veines : le sang montagnais.
Mukki, quant à lui était devenu un beau petit garçon de sept ans qui se montrait souvent espiègle et désobéissant3.
« Madeleine a eu aussi un immense chagrin, se dit encore Hermine. Mais elle est tellement pieuse qu'elle a su trouver l'apaisement. Sa foi semble la protéger de tout et lui donne le courage d'aimer mes filles autant qu'elle aimait la sienne. »
Madeleine, dont le nom indien était Sokanon4, n'avait pas pris le voile chez les sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Chicoutimi. La jeune femme avait confié sa fille de dix-huit mois aux religieuses, certaine de devenir novice rapidement. Mais sa rencontre avec Hermine avait bouleversé ses projets. Après avoir allaité pendant deux ans Marie et Laurence, Madeleine ne se décidait pas à s'en séparer. De plus, elle avait l'impression de connaître enfin une vie de famille paisible, entre la maison de Laura Chardin à Val-Jalbert et la cabane au bord de la rivière Péribonka. Il avait été question un moment de reprendre sa fillette, mais la petite avait succombé à une méningite.
— C'est la volonté de Dieu ! avait sangloté la jeune nourrice. Mon enfant sera un ange du ciel pour qui je prierai matin et soir.
Depuis ce deuil, Madeleine reportait tout son amour maternel sur les jumelles, qui le lui rendaient bien. Hermine s'en chagrinait souvent, mais elle n'avait guère le choix, en raison des nombreux engagements que son impresario, Octave Duplessis, signait pour elle.
« J'ai tué mon fils, j'ai tué Victor ! se lamenta-t-elle en jetant un regard torturé sur les rideaux de neige qui s'épaississaient. Ce médecin, à Montréal, m'avait mise en garde, mais je ne l'ai pas écouté. Il m'avait recommandé de me reposer, d'arrêter de chanter. »
Hermine se cacha le visage entre les mains. Elle maudissait sa célébrité et ses succès. Le Canada s'enorgueillissait pourtant de posséder un trésor que l'Europe lui enviait déjà. Sur des centaines d'affiches, son surnom avait fleuri, gage de salles combles : le Rossignol des neiges. Les magazines et les journaux vantaient la limpidité et la beauté de sa voix, sa blondeur sensuelle, le pouvoir de ses grands yeux bleus, sa carnation laiteuse mais chaude, son teint un peu mat. Laura, en mère très fière de sa fille, collectionnait les articles, les coupures de presse, les revues où la beauté de la jeune chanteuse était reconnue et son talent glorifié.
« Cela ne m'empêchait pas de vivre à ma guise, avant, songea encore Hermine. Toshan me laissait enfin libre de partir, lui qui avait tout fait pour que je renonce à ma carrière. Il avait enfin compris l'importance qu'avait mon art, il avait admis que je ne pouvais pas vivre sans chanter. Lui qui avait menacé de me quitter si je me retrouvais sur scène un jour ! C'était comme un miracle, ce revirement. Il voulait que je sois heureuse, il prétendait même savourer l'attente. Il disait aussi qu'un oiseau chanteur ne peut pas se satisfaire d'une cage, même dorée ! »
Pendant ces quatre dernières années, en effet, Toshan, son mari, né d'un père irlandais et d'une mère indienne, avait soutenu sa jeune et ravissante épouse dans sa vocation d'artiste lyrique. Il y avait mis une seule condition, qu'elle passe l'hiver auprès de lui et de leurs trois enfants, ici, dans la cabane qu'il agrandissait et aménageait de ses mains avec une sorte de passion. Hermine respectait sa promesse. Elle rentrait au bercail à la mi-octobre en compagnie de sa joyeuse escorte féminine composée de Madeleine, des jumelles et aussi de Charlotte, sa maquilleuse et habilleuse attitrée. La jeune fille, âgée de vingt ans, aimait cette existence agitée, d'un hôtel de luxe à l'autre, d'un théâtre à l'autre. Mais elle prisait moins les longs mois de froidure dans cette maison isolée, perdue au milieu des bois.
Ce lieu auquel on accédait par une piste forestière, situé à quelques heures de marche du village de Péribonka, appartenait à Toshan et il comptait en faire un petit domaine accueillant pour sa famille. C'était sa terre, l'héritage d'Henri Delbeau, le chercheur d'or taillé en colosse que la rivière avait emporté et noyé. Toshan était ravi de voir son fils Mukki gambader dans la clairière au printemps. Il lui avait appris à fabriquer un arc et des flèches et il l'emmenait dans les bois pour l'initier au pistage du gibier. Quand il partait à la chasse armé de son fusil, l'enfant le suivait, très fier de l'escorter.
— Oh oui, nous avons connu un bonheur sans nuages ! soupira Hermine, toujours perdue dans ses pensées.
Elle tenait un journal de bord pendant ses tournées et se comparait par jeu à un capitaine menant sa troupe.
« Tous les rôles dont je rêvais, je les ai eus, se dit-elle en frémissant. Madame Butterfly, au Metropolitan Opera de New York5. Doux Jésus, la salle était gigantesque et le public se pressait. J'avais le trac. J'ai cru m'évanouir. »
Plus récemment, au mois d'avril 1939, la jeune femme avait chanté de nouveau dans l'immense cité américaine, à l'occasion de l'Exposition universelle. Devant une foule enthousiaste, elle avait entonné :
Ô Canada !
Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux...
C'était la chanson qui représentait le mieux son pays, l'air cher au cœur de tous ses compatriotes6.
— Je n'aurais jamais dû accepter ce contrat-là ! gémit-elle tout haut. J'ai quitté Toshan plus tôt que prévu, sans savoir que j'étais enceinte. Ensuite, j'ai continué à voyager et voilà, voilà...


1. Voir tome 2, Le Rossignol de Val-Jalbert. Hermine et Toshan étant en froid depuis plusieurs mois, la jeune femme avait décidé de le rejoindre pour se réconcilier avec lui.
2. Théâtre de Québec où Hermine a fait ses débuts d'artiste lyrique. L'établissement faisait aussi office de cinéma.
3. Mukki signifie L'enfant. Le nom de baptême du premier fils de Toshan et d'Hermine est Jocelyn, en hommage au père d'Hermine, Jocelyn Chardin.
4. Prénom féminin signifiant Pluie, en algonquin, langue souche de la langue montagnaise.
5. Le premier bâtiment, conçu par J. Cleaveland Cady et inauguré le 23 octobre 1883, se trouvait le long de Broadway, entre la 39e et la 45e rue. Il fut endommagé par un incendie en 1892, puis, après réparation, il fut utilisé jusqu'en 1966.
6. Musique du compositeur québécois Calixa Lavallée (1842-1891), texte de Sir Adolphe-Basile Routhier (1839-1920), Ô Canada est chanté pour la première fois en 1880 lors des festivités de la Saint-Jean dans la province de Québec. Cette chanson très populaire, souvent adaptée en anglais, est devenue l'hymne national canadien le 1er juillet 1980.