Accueil Jeunesse Livres 10 ans et plus Ulysse Moore, tome 1 : Les clefs du temps
Ulysse Moore, tome 1 : Les clefs du temps
Ulysse Moore, tome 1 : Les clefs du temps
Pierdomenico Baccalario
240 pages
Couverture souple. 13,5 x 19 cm
Bayard
10 ans et plus
Réf : 310959
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 10,90  (prix public)
Article disponible dans les 8 jours
Résumé
Trois enfants, Jason, Julia et Rick, passionnés d'aventure.
Une villa à pic sur la falaise et de nombreuses pièces mystérieuses, fermées à clef.
Une porte dissimulée derrière une armoire.
Les trois aventuriers devront résoudre des énigmes pour réussir à l'ouvrir...
Pourquoi on l'a choisi
Ulysse Moore , est-ce un roman ? Ou le journal de bord d'une aventure ? Une chasse au trésor ou un voyage dans le temps ? Pars pour un jeu de pistes fantastique où énigmes et indices te propulseront dans d'autres mondes !
Les internautes ayant commandé Ulysse Moore, tome 1 : Les clefs du temps ont également choisi
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
valerie
Le 27 août 2008
Que du bonheur !
Quel plaisir ! Des énigmes pleines de piment. A LIRE ABSOLUMENT !
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sam
Le 06 octobre 2009
Palpitant
A la recherche de livres pour ma fille de 11 ans, j'ai découvert la série Ulysse Moore. Elle a dévoré le 1er tome en un week-end ! Nous avons ensuite commandé les tomes suivants, qui eux non plus n'ont pas échappé à son appétit. Je recommande vivement cette série (évidemment, je les ai également lus...), où l'intrigue et le suspense vous tiennent en haleine. Bonne lecture à tous !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
guigui
Le 18 mai 2010
Entraînant !
Il y a beaucoup d'énigmes et aussi plein de mystère. A lire.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Pierdomenico Baccalario, alias Ulysse Moore, est né en Italie en 1974. Avocat puis journaliste, il réalise ensuite des jeux de rôle, de table et des jeux vidéo.
Extrait

Chapitre 1

LA PORTE ÉCORCHÉE


La maison sur la falaise apparut brusquement au détour d'un virage. Sa petite tour en pierre, entourée d'arbres, se découpait sur le bleu de la mer.
— Grands dieux ! s'exclama Mme Covenant en l'apercevant.
Son mari, au volant, se borna à sourire. Il franchit le portail en fer forgé et gara la voiture dans la cour.
Mme Covenant en descendit ; le gravier crissa sous ses talons. Elle battit des paupières, comme si elle n'en croyait pas ses yeux.
La maison surplombait la mer : on entendait les vagues s'écraser contre les rochers, l'air était vif, chargé de sel. L'édifice, dans son îlot de verdure, baignait dans l'azur. Au loin, en bas de la falaise, on distinguait la baie de Kilmore Cove, parsemée de maisons.
Tandis qu'elle demeurait immobile dans la cour, bouche bée, Mme Covenant fut rejointe par un vieil homme au visage sillonné de rides, portant une barbe blanche très soignée. Ses yeux vifs étaient pétillants et profonds.
— Je m'appelle Nestor, se présenta-t-il, la faisant sursauter. Je suis le jardinier de la Villa Argo.
« C'est donc ainsi qu'on l'a baptisée, pensa-t-elle : Villa Argo. »
Elle suivit son mari et le jardinier à la démarche boiteuse jusqu'à un portique qui donnait sur la mer.
— Tu es sûr qu'on ne s'est pas trompés ? demanda Mme Covenant en effleurant les murs de la Villa Argo comme pour s'assurer de leur existence.
Son mari la prit par la main et lui chuchota :
— Maintenant, accroche-toi...
L'intérieur de la maison était encore plus stupéfiant que l'extérieur : un dédale de petites pièces, garnies de meubles et d'objets provenant, semblait-il, des quatre coins du monde. Tout était parfait : chaque chose avait sa place. Pour la première fois de sa vie, Mme Covenant songea qu'elle n'aurait pas voulu déplacer un seul meuble.


— Dis-moi que je ne rêve pas..., murmura-t-elle à son mari.
Il se contenta de lui presser la main.
C'était donc vrai : ils avaient réellement acheté cette maison.
Mme Covenant se laissa guider jusqu'à un petit salon voûté aux murs de pierre antiques, de belles proportions. On y accédait par une petite arcade, et une autre porte, en bois sombre, s'ouvrait dans le mur situé à l'est.
— Vous avez là une des pièces les plus anciennes, commenta le jardinier d'un air satisfait. Elle est restée telle quelle depuis plus de mille ans, l'époque où il y avait encore une tour médiévale. M. Moore, le dernier propriétaire, s'est contenté de calfeutrer les fenêtres et, naturellement, d'installer l'électricité.
Il leur indiqua le lustre suspendu assez bas au centre de la voûte.
— Jason sera ravi, dit M. Covenant.
Sa femme garda le silence.
— Vous avez deux enfants, n'est-ce pas ? demanda le jardinier.
— Oui ! Un garçon et une fille de onze ans, répondit la femme automatiquement. Des jumeaux.
— Et je suppose qu'ils sont intelligents, gais, pleins d'énergie ! Ils seront heureux de grandir dans un lieu coupé du reste du monde et des réseaux haut débit d'Internet !
Mme Covenant écarquilla les yeux.
— Eh bien, j'imagine que oui, répondit-elle, un peu surprise. Peut-être ne devrais-je pas le dire, mais... oui, ils sont très indépendants.
Elle visualisa un instant Jason scotché à l'écran de l'ordinateur, puis elle secoua la tête :
— Je crois qu'ils seront contents de vivre dans une maison comme celle-ci, même sans l'informatique.
— Alors, c'est parfait ! Tout à fait parfait ! conclut le jardinier. Si la maison plaît à madame, disons que nous pouvons estimer notre accord conclu.
M. Covenant expliqua à sa femme que c'était la volonté de l'ancien propriétaire, M. Ulysse Moore : la maison devait revenir à une famille jeune, avec au moins deux enfants.
— Il voulait que la Villa Argo soit toujours pleine de vie, ajouta le jardinier tout en les précédant hors du petit salon de pierre. Il disait qu'une maison sans enfants, c'est une maison morte.
— Il avait raison, admit Mme Covenant.
Juste avant de sortir, elle regarda de plus près la porte en bois du mur situé à l'est. Elle s'aperçut que, par endroits, le bois semblait calciné, et qu'il était rongé par des entailles et de profondes griffures.
— Qu'est-il donc arrivé à cette porte ? voulut-elle savoir.
Nestor s'arrêta, regarda la porte, puis secoua la tête.
— Ah, excusez-moi, marmonna-t-il. Faites comme si vous ne l'aviez jamais remarquée. Elle en a vu de toutes les couleurs, depuis que les clefs ont disparu. Vous voyez ces quatre trous ? M. Moore pensait qu'il s'agissait de serrures. Il a essayé de les ouvrir par tous les moyens, mais... en vain.
Et où conduit-elle ?
Le jardinier haussa les épaules :
— Mystère. Autrefois, elle donnait probablement sur l'ancienne citerne, qui aujourd'hui, je crois, n'existe même plus.
Mme Covenant toucha du bout des doigts le bois noirci et écorché et se sentit gagnée par une sourde inquiétude.
— Peut-être vaudrait-il mieux la condamner en mettant quelque chose devant ? Ainsi, les enfants n'auront-ils pas l'idée de l'ouvrir, ajouta-t-elle, en s'adressant à son mari.
— Bonne idée, murmura le jardinier tout en boitant vers la sortie. C'est la meilleure chose à faire : en aucun cas, vos enfants ne doivent chercher à l'ouvrir.



Chapitre 2

LE COURANT D'AIR


Immobile au pied de l'escalier, Jason écoutait. Il y avait là un étrange courant d'air, qui charriait des bruits lointains : grincements de meubles, sifflements du vent, trottinements d'animaux. À plusieurs reprises, au cours de cette semaine, il s'était imaginé que les meubles de la Villa Argo étaient dotés d'une vie propre : lorsqu'il n'y avait personne dans une pièce, ils se déplaçaient d'un millimètre. Un millimètre, pas plus, pour ne pas se faire surprendre.
Mais, cette fois, c'était différent. Ça ne pouvait pas être un meuble qui avait bougé. Ni les mouettes perchées sur le toit, ni les lézards verts dans le lierre grimpant, ni les rats du grenier. Non, non.
Cette fois-ci, il avait entendu un bruit distinct : des pas pressés à l'étage au-dessus. Il s'était arrêté pour écouter : les pas résonnaient toujours.
Jason serra les lèvres, perplexe.
— Tu es donc là-haut ! souffla-t-il à son mystérieux ennemi comme s'il relevait un défi.
Était-il possible qu'aucun membre de sa famille ne se soit aperçu de son existence ? Que ni son père, ni sa mère, ni sa sœur n'aient décelé la présence d'un intrus dans cette énorme maison ?
Jason, lui, s'en était aussitôt rendu compte, dès qu'on avait déchargé les valises dans la cour.
La Villa Argo était trop grande pour être explorée tout entière, avec ses enfilades de pièces, pleines de secrets, d'objets étranges et fascinants. Au premier regard, la Villa Argo avait eu l'air de lui chuchoter :
« Ne te fie pas aux apparences : à toi de découvrir mon secret, Jason. »
Et il avait accepté le défi.

Figé dans le courant d'air, Jason regarda les portraits accrochés au mur. Ils jalonnaient l'escalier qui menait au premier étage et aboutissait ensuite à la porte de la tourelle, garnie d'un miroir. Son père lui avait expliqué que ces vieux visages encadrés étaient ceux des précédents propriétaires et que, bientôt, eux aussi figureraient parmi eux. « Ah, non ! Moi, je refuse de poser », avait aussitôt lâché sa sœur, Julia, angoissée à la seule idée de rester plus de quinze minutes à la même place.
En revanche, cette idée séduisait Jason. Ça faisait très... personnage important. Très explorateur. Ou chasseur de fantômes.
— OK, qui que tu sois ! grommela-t-il.
Se pouvait-il que les pas soient ceux d'un revenant ?
Il tira de sa poche le Manuel des créatures effroyables, concocté par le fantomatique docteur Mesmero, auteur de bandes dessinées.
Il trouva la page qu'il cherchait et lut :
« Ne croyez pas que les fantômes soient muets. Ils peuvent produire des bruits de toutes sortes (bruits de pas, raclements de chaînes, cloches), et souvent il arrive qu'ils parlent. En outre, ils ne sont pas toujours immatériels. »
Jason hocha la tête, rassuré. Non seulement ces lignes confirmaient ses soupçons sur l'identité de son ennemi, mais, de plus, elles dissipaient l'une de ses principales interrogations : il s'était toujours demandé pourquoi, dans les films, les fantômes traversent les portes et jamais, par exemple, les planchers.
Il poursuivit sa lecture :
« D'ordinaire, les fantômes hantent les maisons où il reste quelque chose à terminer. »
Quelque chose d'inachevé ! Bien sûr.
Il s'agissait donc d'un fantôme, rôdant peut-être à l'étage afin d'accomplir Dieu sait quelle tâche.
Jason relut rapidement les conseils du docteur Mesmero sur la capture des fantômes, puis remit l'ouvrage dans sa poche.
— À nous deux maintenant, siffla-t-il.
Mais, dès qu'il posa le pied sur la première marche, une main le saisit par-derrière.
— Jason ! s'exclama sa sœur en le tirant au pied de l'escalier. On doit y aller !
Tout absorbé par sa chasse au fantôme, le garçon essaya de se rappeler très vite ce qui était censé se produire dans le monde réel.
« On doit y aller ? Mais où ? »
Il ne s'en souvenait pas, et, sachant qu'il ne parviendrait pas à convaincre Julia de l'existence d'un ectoplasme à l'étage, il la suivit.
Le programme de l'après-midi lui revint soudain à l'esprit. Leurs parents allaient partir à Londres pour organiser les dernières opérations du déménagement : il y aurait les meubles à transporter, les tableaux de maman à emballer délicatement, le bureau de papa à ranger, etc. Ils seraient de retour à la Villa Argo dimanche matin, en même temps que le camion. Julia et Jason, eux, resteraient à la Villa Argo, à condition d'obéir sans broncher à Nestor, le jardinier.