Accueil Livres Suspense-SF Policier, intrigue Millénium, tome 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
Millénium, tome 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
Stieg Larsson
656 pages
Couverture souple
Réf : 308760
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 23,00  (prix public)
Disponible
Résumé
Tandis que Lisbeth Salander coule des jours supposés paisibles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité et victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas recommandé à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé...
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :19
Le 21 juillet 2008
Captivant !!!
Tout simplement magnifique, très bien écrit, des héros hors du commun, une histoire très bien menée, vivement le 1er septembre pour la suite.
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Louradour Florence
Le 18 juin 2008
Superwoman
Qui n'a jamais rêvé d'une justicière au féminin ? Lisbeth a beaucoup de talents ! Evidemment c'est impossible, irréel mais c'est justement là le charme, la captation de ce roman. Je l'ai préféré au tome précédent et n'ai pas encore plongé dans le 3ème ...
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soulier annie
Le 22 septembre 2008
Mille bravos
Après le premier tome, on savoure le tome 2. On est tenu en haleine jusqu'à la dernière ligne. Je crois que le troisième tome va encore plus m'épater. Chaque titre de livre, au départ surprenant, trouve tout son sens au fil des pages.
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Le 06 septembre 2008
Salut, Stieg
Impossible de dormir, la nuit dernière, avant d'avoir fini le tome 2 ! Le 3ème est dispo, c'est super, mais après ? Que ferons-nous après ? Stieg Larsson, tu manques. Heureusement que Mikael, Lisbeth et les autres existent VRAIMENT sinon, que ferions-nous sans eux ? Comment as-tu fait pour les faire exister avec autant de talent et de grâce et pour qu'ils nous ressemblent tant ? Merci à toi !
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Le 17 juin 2008
J'adore
Je viens de lire que le tome trois sera disponible en septembre, je ne pense pas pouvoir attendre aussi longtemps, je viens de terminer le volume 2 et je suis totalement accro au phénomène Millénium. Cette histoire ne se lit pas, elle se dévore. Les personnages sont attachants et ont tous des caractères bien trempés, un vrai bon polar comme on les aime.
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redan Christiane
Le 15 décembre 2008
Une suite tout aussi passionnante
Ayant lu en quelques bouchées le premier tome, j'attendais avec impatience ce tome-là et n'ai point été déçue !!!
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Le 22 août 2008
A conseiller
Un bon millésime mais on n'a pas le temps de le laisser vieillir ! C'est l'ivresse garantie... à consommer sans modération.
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Le 27 juillet 2008
Infiniment, merci
Une fois de plus Larsson nous donne le frisson, l'angoisse, la pression qui monte. Et quelle chute !!! Lisbeth est superbe, Mickaël un homme à rencontrer, quels personnages; ainsi que tous ceux qui gravitent autour. ENCORE, ENCORE, ENCORE...
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PONS nathalie
Le 31 août 2008
Quelle frustration...
...De ne pas avoir reçu la suite ! Magnifique, captivant, plein de suspense et de rebondissements. Tout à fait le genre de lecture que j'adore. Vivement le tome 3 ! (déjà commandé évidement!)<em>[<b>Réponse du modérateur :</b> le tome 3 est maintenant disponible]</em>
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GOFFART Coraline
Le 06 mai 2009
Formidable
La suite de cette trilogie est fantastique, encore plein de rebondissements. Des évènements inattendus également. Bon livre. A dévorer !
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JeudiProchain
Le 22 juin 2009
Encore plus fort que le tome 1
Ce second tome démarre sur les chapeaux de roues et ne se calme jamais. Très axé sur Lisbeth, on y apprend beaucoup de choses qu'on ne soupçonnait pas, on se perd en conjonctures qui mettent les nerfs à fleur de peau. Une grande claque au lecteur, qui confirme le talent de Stieg Larsson comme maître du suspense et ne laisse d'autre issue que de plonger sans plus attendre dans le tome 3 !
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Le 08 juillet 2009
Excellent !!
Dommage qu'il n'y ait que 3 tomes de cet auteur... Ses intrigues sont toutes meilleures les une que les autres... C'est un excellent livre, encore meilleur que le 1er et moins bon que le dernier !
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duchetjp
Le 29 septembre 2009
Sans plus !
Les intrigues sont longues à venir... (dans les 3 tomes d'ailleurs), l'histoire est pas mal mais l'écriture est un peu limite... voire même "lourde"... l'auteur n'hésite pas à mettre 4 fois le même mot en 1 phrase... (peut-être dûe à la traduction)...
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lagirafe007
Le 25 septembre 2009
Les mots manquent...
Si le premier tome est très long à démarrer, ce n'est absolument pas le cas du 2. On décolle direct et on n'arrive pas à s'arrêter. Dévoré en 3 nuits... Millénium, c'est pas un livre, c'est une drogue !! Je viens de commencer le tome 3. J'ai hâte d'être à ce soir pour continuer... Stieg Larsson est génial. Tout bonnement. Savoir que j'arrive à la fin de la trilogie me désole car le style est excellent, l'intrigue rondement ficelée, bourrée de rebondissements. A lire absolument. Bientôt culte ?
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solenn020
Le 07 novembre 2009
Excellent!
Dans la continuité du 1er tome. Très bon !
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misslndu44
Le 29 janvier 2010
Lu en une seule bouchée !
Contrairement au premier où j'ai mis du temps à lire (malgré qu'il était génial!), le tome 2 est ingénieux et très très captivant ! A lire d'urgence !
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lulu064
Le 06 avril 2010
Super
Vraiment super, beaucoup de rebondissements... J'ai aimé le 1er, j'attends de voir le tome 3.
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dedysco
Le 09 décembre 2010
Enfin de l'action !
Une action parfois un peu longue et lourde en terme de description, l'énigme reste malgré tout passionnante. Comme pour le premier tome, c'est dans les 200 dernières pages que le puzzle prend forme. Une mise en appétit certaine pour le Tome 3 qui devrait conclure cette saga. Affaire à suivre.
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Tartine
Le 30 novembre 2011
Envoûtant
Un tome 2 à la hauteur du tome 1. On vit avec les héros, on voyage avec eux en Suède. L'intrigue est toujours fascinante. Tout comme le tome 1, ce livre est un chef d'oeuvre de la littérature scandinave.
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Stieg Larsson est né en 1954. Journaliste auquel on doit des essais sur l’économie et des reportages de guerre en Afrique, il était le rédacteur en chef d’Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme (www.searchlightmagazine.com et www.expo.se).
Il est décédé brutalement, en 2004, d’une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes volumineux de la trilogie Millénium.
Lu dans la presse
« Millénium est une drogue. »

Brigitte Hernandez, Le Point


« Des personnages au caractère bien trempé, une intrigue qui ne fuit jamais la complexité et des rebondissements permanents. Les lecteurs en raffolent. »

Anne-Françoise Hivert, Libération


« Cette vertigineuse trilogie est réellement ahurissante. »

Philippe Manche, Le Soir
Extrait

PROLOGUE


ELLE ÉTAIT ATTACHÉE sur une étroite couchette au cadre en acier. Des courroies de cuir l'emprisonnaient et un harnais lui maintenait la cage thoracique. Elle était couchée sur le dos. Ses mains étaient retenues par des lanières de cuir de part et d'autre du lit.
Elle avait depuis longtemps abandonné toute tentative de se détacher. Elle était éveillée mais gardait les yeux fermés. Quand elle les ouvrait, elle se trouvait dans le noir et la seule source de lumière visible était un mince rayon qui filtrait au-dessus de la porte. Elle avait un mauvais goût dans la bouche et ressentait un besoin impérieux de se laver les dents.
Une partie de sa conscience épiait le bruit de pas qui signifierait qu'il venait. Elle savait que c'était le soir mais n'avait aucune idée de l'heure, à part qu'elle sentait que ça devenait trop tard pour une de ses visites. Elle sentit une vibration soudaine dans le lit et ouvrit les yeux. On aurait dit qu'une sorte de machine s'était mise en marche quelque part dans le bâtiment. Quelques secondes plus tard, elle n'aurait su dire si elle l'inventait ou si le bruit était réel.
Dans sa tête, elle cocha un jour de plus.
C'était son quarante-troisième jour de captivité.
Son nez la grattait et elle tourna la tête pour pouvoir le frotter contre l'oreiller. Elle transpirait. L'air de la pièce était chaud et renfermé. Elle était vêtue d'une simple chemise de nuit en tissu uni qui remontait sous son corps. En déplaçant la hanche du peu qu'elle pouvait, elle réussit à attraper le tissu avec l'index et le majeur et à tirer la chemise de côté, centimètre par centimètre. Elle essaya avec l'autre main. Mais la chemise formait toujours des plis en bas de son dos. Le matelas était bosselé et inconfortable. L'isolement total auquel elle était livrée amplifiait terriblement la moindre impression qu'autrement elle aurait ignorée. Le harnais, bien que serré, était suffisamment lâche pour qu'elle puisse changer de position et se coucher sur le côté, mais cela l'obligeait alors à garder une main dans le dos et son bras s'engourdissait vite.
Si un sentiment dominait son esprit, ce devait être une colère accumulée.
En revanche, elle était torturée par ses propres pensées qui, malgré toutes ses tentatives pour l'éviter, se transformaient en fantasmes désagréables sur ce qui allait lui arriver. Elle haïssait cet état de vulnérabilité forcée. Elle avait beau essayer de se concentrer sur un sujet de réflexion pour passer le temps et refouler sa situation, l'angoisse suintait quand même et flottait comme un nuage toxique autour d'elle, menaçant de pénétrer ses pores et d'empoisonner son existence. Elle avait découvert que la meilleure façon de tenir l'angoisse à distance était de fantasmer sur quelque chose de plus fort que ses pensées.
Quand elle fermait les yeux, elle matérialisait l'odeur d'essence. Il était assis dans une voiture avec la vitre latérale baissée. Elle se précipitait sur la voiture, balançait l'essence par la vitre ouverte et craquait une allumette. C'était l'affaire d'une seconde. Les flammes fusaient instantanément. Il se tordait de douleur et elle entendait ses cris de terreur et de souffrance. Elle pouvait sentir l'odeur de chair brûlée et l'odeur plus âcre du plastique et de la garniture du siège qui se carbonisaient.

ELLE S'ÉTAIT PROBABLEMENT ASSOUPIE, parce qu'elle ne l'avait pas entendu venir, mais elle fut parfaitement éveillée quand la porte s'ouvrit. La lumière de l'ouverture l'aveugla.
Il était venu quand même.
Il était grand. Elle ne connaissait pas son âge, mais il était adulte. Ses cheveux étaient roux et touffus, il avait des lunettes à monture noire et une barbiche clairsemée. Il sentait l'après-rasage.
Elle haïssait son odeur.
Il resta en silence au pied du lit et la contempla un long moment.
Elle haïssait son silence.
Son visage n'était pas éclairé et elle ne le percevait que comme une silhouette à contre-jour. Brusquement, il lui parla. Sa voix était grave et nette et il insistait avec affectation sur chaque mot.
Elle haïssait sa voix.
Il dit qu'il voulait lui souhaiter un bon anniversaire, puisque c'en était le jour. La voix n'était ni désagréable ni ironique. Elle était neutre. Elle devina qu'il lui souriait.
Elle le haïssait.
Il s'approcha et contourna la couchette pour venir près de sa tête, posa le dos d'une main humide sur son front et glissa les doigts le long de la racine des cheveux en un geste sans doute destiné à être amical. C'était son cadeau d'anniversaire.
Elle haïssait qu'il la touche.

IL LUI PARLAIT. Elle vit sa bouche remuer mais elle ne laissa pas entrer le son de sa voix. Elle ne voulait pas écouter. Elle ne voulait pas répondre. Elle l'entendit élever la voix. Une note d'irritation due à son refus de répondre s'était glissée dans les mots. Il parlait de confiance réciproque. Au bout de plusieurs minutes, il se tut. Elle ignora son regard. Puis il haussa les épaules, contourna le lit par la tête et ajusta les courroies de cuir. Il serra le harnais d'un cran et se pencha sur elle.
Elle se tourna soudain sur la gauche, se détourna de lui, autant qu'elle le put et aussi loin que les courroies le lui permettaient. Elle replia la jambe et lui décocha un violent coup de pied. Elle visa la pomme d'Adam et elle le toucha avec le bout d'un orteil quelque part sous le menton, mais il s'y attendait et il esquiva, et le coup fut très léger, à peine perceptible. Elle essaya de nouveau mais il était déjà hors d'atteinte.
Elle laissa retomber ses jambes sur la couchette.
Le drap avait glissé et formait un tas par terre. Elle sentit que sa chemise de nuit était remontée loin au-dessus des hanches. Elle n'aimait pas ça. Elle ne pouvait pas couvrir sa nudité.
Il resta immobile un long moment sans rien dire. Puis il contourna la couchette et installa la lanière de pied. Elle essaya de ramener les jambes vers elle, mais il saisit sa cheville et lui rabattit vigoureusement le genou avec l'autre main, puis il bloqua le pied avec la courroie de cuir. Il passa de l'autre côté du lit et attacha l'autre pied.
Maintenant, elle était totalement à sa merci.
Il ramassa le drap et la couvrit. Il la contempla en silence pendant deux minutes. Dans l'obscurité, elle pouvait sentir son excitation même s'il la dissimulait ou du moins essayait. Elle savait qu'il bandait. Elle savait qu'il voulait tendre une main et la toucher.
Ensuite il fit demi-tour, sortit et tira la porte derrière lui. Elle entendit qu'il fermait à clé, ce qui était largement exagéré puisqu'elle n'avait aucune possibilité de se dégager du lit.
Elle resta immobile pendant plusieurs minutes et regarda le mince rai de lumière en haut de la porte. Puis elle bougea et essaya de sentir si les courroies étaient vraiment très serrées. Elle pouvait remonter un peu les genoux mais le harnais se tendit immédiatement. Elle se décontracta. Elle resta allongée complètement immobile, les yeux fixés dans le néant.
Elle attendait.
Elle rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette. Elle le voyait imbibé d'essence. Elle pouvait sentir physiquement la boîte d'allumettes dans sa main. Elle la secouait. Ça faisait du bruit. Elle ouvrait la boîte et choisissait une allumette. Elle l'entendait dire quelque chose mais fermait ses oreilles et n'écoutait pas les mots. Elle voyait l'expression de son visage lorsqu'elle passait l'allumette sur le grattoir. Elle entendait le raclement du soufre contre le grattoir. On aurait dit un coup de tonnerre qui dure. Elle voyait le bout s'enflammer.
Elle esquissa un sourire totalement dépourvu de joie et se blinda.
C'était la nuit de ses treize ans.




I

ÉQUATIONS IRRÉGULIÈRES

16 au 20 décembre

L'équation est nommée selon la puissance des inconnues (la valeur de l'exposant). Si celui-ci est un, l'équation est du premier degré, si la puissance est deux, il s'agit d'une équation du second degré, etc. Les équations de degré supérieur au premier donnent plusieurs valeurs aux inconnues. Ces valeurs sont appelées racines.

Équation du premier degré (équation linéaire) :
3x-9=0(racine : x =3)




1

JEUDI 16 DÉCEMBRE - VENDREDI 17 DÉCEMBRE


LISBETH SALANDER BAISSA ses lunettes de soleil sur son nez et regarda sous le bord de son chapeau. Elle vit la femme de la chambre 32 arriver de l'entrée latérale de l'hôtel et se diriger vers un des transats à rayures blanches et vertes au bord de la piscine. Son regard était fermement braqué par terre devant elle et son visage était concentré. On aurait dit qu'elle ne tenait pas bien sur ses jambes.
Salander ne l'avait vue que de loin jusque-là. Elle lui donnait trente-cinq ans, mais son allure neutre et sans âge la plaçait n'importe où dans une fourchette de vingt-cinq à cinquante. Elle avait des cheveux châtains mi-longs, un visage ovale et un corps mûr qui aurait pu sortir tout droit d'un catalogue de vente par correspondance, aux pages sous-vêtements. La femme portait des sandalettes, un bikini noir et des lunettes de soleil en écaille aux verres violets. Elle était américaine et parlait avec un accent du Sud. Son chapeau de soleil était jaune et elle le laissa tomber à côté du transat avant de faire un signe au garçon du bar d'Ella Carmichael.
Lisbeth Salander posa son livre sur ses genoux, prit son verre et sirota une gorgée de café avant de se tendre pour attraper le paquet de cigarettes. Sans tourner la tête, elle déplaça son regard vers l'horizon. De sa place sur la terrasse de la piscine, elle pouvait voir un coin de la mer des Caraïbes entre un groupe de palmiers et de rhododendrons devant le mur de l'hôtel. Un voilier filait grand large cap au nord, vers Sainte-Lucie ou la Dominique. Plus loin, elle distinguait la silhouette d'un cargo gris en route pour la Guyane ou l'un des pays voisins. Une faible brise luttait contre la chaleur de l'après-midi mais elle sentit une goutte de sueur couler lentement vers son sourcil. Lisbeth Salander n'était pas du genre qui aime à se laisser frire au soleil. Elle passait ses journées le plus possible à l'ombre et par conséquent elle était résolument installée à l'abri sous l'auvent. Pourtant elle était bronzée comme une noisette, en tout cas les parties du corps qu'elle exposait. Elle portait un short kaki et un débardeur noir.
Elle écoutait les sons étranges des steel drums diffusés par les haut-parleurs du bar. La musique n'était pas particulièrement son truc et elle était incapable de distinguer Nick Cave d'un orchestre de bal populaire, mais les steel drums la fascinaient. Elle trouvait invraisemblable que quelqu'un puisse accorder un baril de pétrole et encore plus invraisemblable que le bidon produise des sons contrôlables qui ne ressemblaient à aucun autre et qui, pour elle, relevaient carrément de la magie.
Elle se sentit soudain irritée et déplaça son regard vers la femme à qui on venait juste de tendre un verre avec un drink orangé.