La mémoire d'une autre
480 pages
Couverture souple
Réf : 302698
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Les fans de Sophie Kinsella vont adorer !
Résumé
En pleine tempête de neige, une jeune femme victime d’un accident devient amnésique. Elle est recueillie par Vincent, qui vit avec sa petite fille de six ans. En tentant de faire remonter ses souvenirs pour retrouver son identité, elle va faire d’étranges découvertes... et éprouver une troublante impression de déjà vu. 
Pourquoi on l'a choisi
Comme Lexi Smart, l’héroïne de Sophie Kinsella, l’inconnue retrouvera-telle la mémoire ? Quels secrets cache l’homme qui l’a sauvée ? Nous voilà embarqué dans une histoire envoûtante, où mystères et romance se mêlent dans une alchimie très réussie.
Avis Top Lecteur
« On se laisse emporter à travers le temps par ces personnages à la recherche d’eux-mêmes, et on ne peut plus lâcher ce livre ! […] Une plongée dans l’époque victorienne sous hypnose, mmh… Joli voyage ! Je prends mon billet ! »

Sandrine Frappa


« Une touche de mystère, un brin de romantisme et voilà un roman que vous aimerez lire le soir pour vous détendre. »

Emilie Frechou
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :32
Ju
Le 13 avril 2011
Super livre
Quand on le commence, on a beaucoup de mal à le lâcher.
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Melody
Le 17 avril 2011
Très bon livre
J'ai adoré ce livre, impossible de l'abandonner une fois commencé. Très bien écrit, très prenant, bravo.
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julsa
Le 02 mai 2011
Captivant !
J'ai beaucoup aimé ce livre, très prenant, impossible de ne pas le lire d'une seule traite... On veut savoir... Tout découvrir ou redécouvrir... Très bon moment de lecture... et impossible de ne pas se poser des questions après !!!
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Helaurie
Le 17 juin 2011
Enchantée
Cette histoire est racontée d'une manière très agréable.On se sent vibrer avec les personnages et on n'attend plus qu'une chose : lire la page suivante pour découvrir la suite ! C'est un de ces livres qu'on ne quitte plus ! N'hésitez pas !!!
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gaillard Audrey
Le 01 juillet 2011
Passionnant
Lecture très plaisante, facile et agréable. L'auteur nous emporte dans l'univers de la maladie avec beaucoup de tact et de sensibilité. Nous sommes très touchés par l'histoire de Jade et d'Ambre et nous sommes fascinés par l'histoire de Kate et de Kitty. La psychose sur les fantômes nous tient en halaine tout au long du livre. Et pour finir, belle(s) histoire(s) d'amour. Tous les ingrédients sont réunis pour un bon roman.
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Omaddie
Le 28 juin 2011
Captivant
C'est un livre qui se lit vraiment très facilement et qu'on a du mal à lâcher tellement l'histoire est originale; on s'attache vite aux personnages et on vibre avec eux. Certains passages sont un peu mièvres mais on passe un très bon moment !
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Alice
Le 16 juin 2011
Génial !
A lire absolument ! Cette histoire nous tient en haleine jusqu'au bout. Un très bon moment ! Je n'ai pas pu la lâcher de la journée !
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lolo38
Le 28 juin 2011
Belle surprise
Agréable moment de lecture avec un juste dosage de suspense, d'émotions, de romance, et en plus on ne peut s'empêcher de s'interroger sur l'efficacité et les implications de l'hypnôse. J'ai découvert cette auteure avec bonheur. A recommander.
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gdegoudou
Le 30 juin 2011
Pas mal
En lisant le résumé, j'ai été très attirée par ce livre. Au début de ma lecture, j'ai voulu plusieurs fois m'arrêter car ça ne me plaisait pas plus que ça. Pourtant, j'ai tenu bon et me suis forcée à ne pas le lâcher pour finalement l'apprécier et être totalement dedans. Je ne crois pas spécialement à la réincarnation mais il est vrai que, par moment, j'ai vraiment eu la chair de poule, surtout vers la fin. Je suppose donc que c'est un assez bon livre qui se lit bien et où l'on ne peut se poser que des questions existentielles après l'avoir lu. Au final, pas mal du tout...
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ginger85
Le 23 juin 2011
Une belle histoire
Une histoire inattendue et beaucoup plus complexe que l'on croirait ! J'ai adoré !
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CoralieLC
Le 07 juillet 2011
Génial !
Ce livre est superbe. On se prend dedans et on ne veut en sortir qu'une fois l'histoire finie. Il est plein de tendresse et d'amour, mais également avec sa pointe de suspense.
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yoyotte1011
Le 11 juillet 2011
Agréable
Livre envoûtant.
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Sylvie63
Le 28 juillet 2011
Superbe roman !
Je finis sa lecture et franchement l'histoire est envoûtante. Tous les ingrédients sont réunis pour passer des jours superbes avec Kate, Jade, Ambre, Vincent, Adam etc... Ainsi que l'autre histoire qui se déroule en parallèle avec des personnages qui résonnent fortement dans la mémoire de Kate... A découvrir par tous !
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Hornetty
Le 02 août 2011
Surprenant
Un livre que j'ai dévoré en moins d'une semaine ! Très captivant du début à la fin. On se doute pas une seconde de ce qui va arriver à la page suivante ! J'ai tout simplement adoré !!!
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aurelie86
Le 21 juillet 2011
Superbe
Conseille vraiment ce livre, moi qui ne suis pas fan de bouquinerie, j'ai dévoré ce livre.
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Grazou
Le 01 août 2011
Agréable
Une lecture agréable pleine d'amour, d'amitié, de mystère... Une lecture très légère !
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isa31
Le 09 août 2011
Très prenant
Livre très prenant, je l'ai lu en 2 jours. On s'attache de suite aux personnages et on ne peut poser le livre avant de savoir ce qu'il leur est arrivés...
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lasalamandre54
Le 10 août 2011
Magnifique
Un livre si émouvant et captivant que j'ai mis 2 jours à le lire.
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Le 22 août 2011
Extra
Super livre, qu'on ne peut plus quitter une fois commencé ! Dévoré en 1 journée...
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indianbook
Le 16 août 2011
Envoûtant
A lire d'une traite ! Les énigmes, le suspense et l'attachement que l'on voue aux personnages nous tiennent en haleine jusqu'à la dernière page. Je ne vous souhaite pas une bonne lecture car elle le sera de toute façon !
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yankee
Le 03 septembre 2011
Bon livre
Très belle histoire que j'ai dévoré avec grand plaisir. J'espère que l'auteur publiera d'autres livres aussi captivants.
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maelle
Le 25 août 2011
Génial !!!!!!
Une fois en main, on ne le lâche plus !!! Très frais comme lecture et captivant !! A lire absolument !
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Nefertari
Le 25 août 2011
Imprévisible
Bien ficelé, thème maîtrisé ! C'est très agréable de lire quelque chose où la destinée du personnage principal reste imprévisible jusque si tard dans l'histoire. L'édition France Loisirs est superbe, je le précise parce que c'est ce qui a attiré mon attention dans la boutique. Je l'ai acheté de suite après avoir lu le synopsis... Je vais suivre les prochaines sorties de l'auteur.
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Poppy
Le 11 septembre 2011
Décevant !
Je suis vraiment déçue par ce livre. Je n'ai pas du tout accroché à cette histoire de revenant. Je m'attendais à une histoire plus moderne comme celle qu'écrit Sophie Kinsella.
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natou38
Le 23 septembre 2011
Une bonne surprise
J'ai lu ce livre parce que l'histoire m'avait attirée et je n'ai pas été déçue. L'histoire est très prenante et agréable à lire. Tout y est : amour, suspense, avec un brin de surnaturel. Une très agréable découverte. J'espère pouvoir découvrir de nouveaux livres de cette auteur.
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Le 29 septembre 2011
Capivant jusqu'au bout !
Je me suis vraiment régalée à lire ce roman, tellement rempli de rebondissements que je l'ai lu d'une traite en un jour... Je voulais absoluement savoir comment se terminait l'histoire !
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Casix
Le 22 octobre 2011
La quête d'identité et d'amour !
J'ai été agréablement surprise par ce roman. Il a un côté intriguant, l'auteur nous entraine dans une famille qui porte un secret, avec des personnages attachants mais énigmatiques qui ont tous un passé douloureux. De plus les multiples sujets sérieux sont abordés avec beaucoup de simplicité et légèreté comme ; l'amnésie, la mucoviscidose, la perte d'un enfant, la réincarnation. Je le recommande aux amateurs de mystère et de passion.
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Feenomene33
Le 05 janvier 2012
Adoré
Perso, je l'ai trouvé super bien mené, toujours envie d'aller plus loin et jamais envie d'arrêter de lire, c'est ce que j'attends d'un livre et là j'ai eu tout ce que je cherchais.
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Angel21
Le 27 janvier 2012
Envoûtant
On vit l'histoire à travers l'héroïne et chaque nouvel élément vous entraîne ailleurs. On a hâte de connaître la fin dès que l'on commence !
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Chuifunky
Le 01 février 2012
Terrible
Dès les 1ère pages je n'ai pas réussi à le lâcher. On se laisse vite prendre par l'histoire. Je l'ai déjà conseillé autour de moi.
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amandine5986
Le 22 janvier 2012
Un livre à lire
J'ai adoré ce livre, quand on commence à le lire, on est plongé dedans.
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Chrablabla
Le 30 mars 2012
Captivant !
Je l'ai lu en 2 jours tellement j'étais captivée par l'histoire. Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais, c'était mieux. Je le recommande sans hésitation :)
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Extrait

1


La petite aire de repos ressemblait à une pataugeoire et, à part une unique voiture garée à l’autre bout, elle était déserte. Une couche de poussière collée par la pluie recouvrait le véhicule, rendant la plaque minéralogique quasiment impossible à déchiffrer et donnant à la peinture une vague teinte kaki. Sous le déluge brumeux, même les buissons qui bordaient le parking apparaissaient d’un marron terne.
Je dévissai le bouchon de la Thermos et me versai une pleine tasse de café amer. Il dégageait un arôme écœurant avec un goût de plastique, mais je fermai les yeux et tentai de savourer la chaleur relative procurée par la boisson. La traversée de l’Oxfordshire en direction du nord m’avait pris une éternité et cet arrêt était plus que bienvenu. Je rouvris les yeux et scrutai avec lassitude l’aire de repos à travers le pare-brise moucheté de gouttes de pluie. Je fis rouler mes épaules pour les décontracter et atténuer un peu la tension accumulée dans mes bras et ma nuque après ces longues heures de conduite. J’avalai une nouvelle gorgée de café insipide, prenant douloureusement conscience que son manque de couleur et de goût reflétait celui de ma vie ces derniers temps. Rien n’avait été plus facile que de m’enliser dans une routine que je m’étais moi-même forgée. Clairement, ce voyage n’était pas du luxe.
Pourtant, tandis que j’observais le ciel de plomb qui s’étalait au-dessus de moi, le doute m’envahit. Avais-je pris la bonne décision ? Une forte envie de faire demi-tour et de revenir sur mes pas me tenaillait. Ça ne me correspondait peut-être pas de mettre ma vie sur pause et de foncer ainsi tête baissée vers l’inconnu ? L’excitation ressentie au moment du départ s’était lentement dissipée au fil des kilomètres, me laissant le sentiment d’être une condamnée à mort attendant le peloton d’exécution. Je me secouai mentalement et avalai le reste de café. Mon humeur maussade tenait sûrement au frisson de froid qui était remonté de mes pieds à mes épaules après que j’eus coupé le contact ; à moins qu’elle ne reflète simplement la météo.
Je redémarrai le moteur et le laissai tourner en attendant que la chaleur regagne mon corps. Un camion passa comme un bolide sur la route, m’éclaboussant de gerbes d’eau grise. La voiture tangua et je resserrai mes doigts autour de la tasse en plastique tout en la revissant à la bouteille. D’un coup d’œil rapide, je m’assurai que tout était à sa place. La voiture était chargée jusqu’au toit. Elle contenait tout ce que j’avais jamais possédé, et que je n’avais ni donné aux œuvres de charité ni envoyé finir ses jours à la décharge. Derrière moi s’entassaient valises et pots de fleurs, et tous les rescapés du tri impitoyable auquel j’avais soumis vingt-cinq années de vie.
Un miaulement plaintif s’éleva du siège passager où était posée la cage de mon compagnon de voyage, Mitsy, mon chat tigré. Je passai les doigts à travers la grille et lui grattouillai le museau. La petite bête frotta les doux poils de sa joue contre ma peau en ronronnant. Au contact de son corps chaud, je repris confiance. Difficile de croire que j’avais un instant envisagé de l’abandonner. Plusieurs fois, au cours des dernières heures, j’aurais fait demi-tour si elle n’avait pas été là, fidèle, silencieuse et compréhensive. Mitsy m’observa de ses grands yeux mélancoliques tandis que je retirais ma main et ouvrais l’atlas routier sur le tableau de bord, gonflée d’une nouvelle détermination.
— On dirait qu’on a encore un bon bout de chemin à faire, l’informai-je.
Je survolai la carte, suivant du doigt la ligne qui m’intéressait avant de lâcher un soupir de résignation : la route principale que je voulais emprunter continuait au-delà de la page.
— Je savais bien que j’aurais dû acheter un GPS, dis-je à Mitsy avec un sourire triste.
En relevant les yeux, je m’aperçus que la pluie s’était affaiblie, remplacée désormais par de la neige fondue qui tombait drue contre le pare-brise.
— C’est l’heure d’y aller.
Je glissai l’atlas dans le vide-poches de ma portière et enclenchai les essuie-glaces avant de m’engager sur la route.
La circulation s’était considérablement réduite. Tant mieux, car la neige fondue se transformait en vrais flocons et redoublait de férocité. Déjà, l’herbe crasseuse des bas-côtés se recouvrait de cristaux glacés et les champs et les bois qui s’illuminaient à mon passage se tachetaient de blanc.
Une demi-heure plus tard, le monde extérieur n’était plus qu’un épais brouillard blanc. Dans l’espoir de trouver un pub où m’abriter, je quittai la route principale pour une voie secondaire qui sinuait entre les hautes haies, me protégeant partiellement des tourbillons de neige. J’avançais à une allure de tortue, croisant les doigts pour qu’aucun véhicule ne déboule à toute vitesse en face de moi. Mais, apparemment, tous les autres conducteurs avaient déjà trouvé refuge. La route m’appartenait ; et ce n’était pas pour me rassurer.
Les minutes s’étirèrent, et j’avais l’impression de rouler depuis des heures. Le doute s’installa de nouveau, plus cruel encore, comme par esprit de vengeance. En dépit du froid extérieur, je transpirais d’angoisse. Au bout d’un moment, j’atteignis une intersection. Les routes dégagées m’exposèrent aux éléments et ma voiture trembla sous les violentes attaques du vent. Elle dérapa tandis que les pneus cherchaient à mordre le bitume couvert de neige. D’énormes flocons venaient s’écraser contre le pare-brise ; ils voilaient les panneaux indicateurs, camouflaient le paysage et faussaient mon sens de l’orientation.
Penchée en avant, les mains agrippées au volant, j’étudiai les directions qui s’offraient à moi. Aucune ne correspondait à ce que j’avais lu sur la carte lorsque je m’étais arrêtée. J’engageai finalement la voiture récalcitrante sur la gauche, dans le virage qui me paraissait le plus large. J’avais à peine avancé que déjà je regrettais mon choix. La neige s’accumulait en congères de chaque côté de la route, la rendant quasiment impraticable. Le passage était à l’évidence trop étroit pour tenter un demi-tour. Continuer était la seule solution.
Finalement, j’arrivai à un pont de pierre que j’aurais probablement trouvé charmant si je n’avais pas été perdue au milieu d’une tempête de neige. Juste après le pont, la route monta abruptement et les pneus glissèrent sur la chaussée enneigée.
— Ce n’est pas bon, murmurai-je à Mitsy, les dents serrées. Pas bon du tout.
Malgré ma progression d’une lenteur extrême, j’eus l’impression que la voiture prenait de plus en plus de vitesse. Brusquement, tout s’intensifia. Le bruit blanc qui m’emplissait la tête envahit l’habitacle. Le moteur gémit, poussa des cris plaintifs, peinant à gravir la côte.
Le désespoir me gagna. Si j’avais pu, par la seule force de ma volonté, nous faire avancer, nous aurions surmonté cet obstacle. Mais non. Au sommet, la voiture chancela et se mit à redescendre la pente en glissant. J’enfonçai la pédale d’accélérateur dans une tentative désespérée de reprendre le contrôle mais le moteur s’emballa et la voiture tangua à gauche et à droite tout en poursuivant inexorablement sa descente. Pendant quelques secondes terrifiantes, elle prit de la vitesse avant de s’arrêter brutalement dans un dérapage sur le bord de la route enneigée.
L’espace d’un instant, je restai là, pétrifiée, en état de choc. La voiture s’était immobilisée dans une position improbable et je me retrouvais assise maladroitement sur le côté de mon siège. Je me penchai en avant et coupai le contact. Un brusque silence régna. De gigantesques flocons s’abattaient sans bruit sur le pare-brise. J’entendis alors un craquement aigu suivi d’un long déchirement et du grincement du métal contre le bois.
D’un coup d’œil par-dessus mon épaule, je compris que l’arbre lourd de neige qui avait stoppé notre folle descente était en train de se briser sous le poids du véhicule chargé à ras bord. À tout instant, il pouvait voler en éclats et libérer la voiture, qui reprendrait sa glissade et finirait sur le pont que j’avais traversé au pied de la colline, ou pire, plongerait dans la rivière en crue.
Mitsy brisa le silence d’un miaulement sinistre. Le long cri déchirant venu du plus profond de son être me força à agir. Je me tournai avec mille précautions dans la voiture en équilibre précaire, détachai ma ceinture et tendis le bras pour attraper mon manteau, posé sur mes affaires en pile sur la banquette arrière. Le mouvement fit trembler le véhicule. Je me retournai rapidement et me rassis sans bouger, les mains posées sur les genoux. La voiture s’immobilisa.
Au bout d’un moment, je décidai de retenter ma chance et avançai centimètre par centimètre la main vers mon téléphone portable posé sur le siège passager, à côté de la cage du chat. Malheureusement mes doigts tremblants ne réussirent qu’à le pousser vers le plancher où il atterrit dans un bruit sourd avant de rouler sous le siège, hors d’atteinte. Retenant ma respiration et m’efforçant au mieux de ne pas déséquilibrer la voiture, je tendis le bras gauche et soulevai la poignée de la cage que je posai sur mes genoux. La voiture frémit mais rien de plus. De l’autre main, je tentai d’ouvrir doucement la portière côté conducteur. Plus facile à dire qu’à faire ! La position penchée de la voiture rendait cette tâche particulièrement périlleuse.
La cage coincée entre le volant et ma poitrine, je poussai plus fort sur la portière, me servant de mon bras et de mon épaule. Pendant un moment, je crus que je n’arriverais jamais à la faire bouger mais, tout à coup, elle s’ouvrit. Le brusque mouvement fit buter la voiture contre l’arbre et de la neige se précipita aussitôt à l’intérieur, me mordant le côté du visage, le bras et la jambe. Le frottement appuyé de la carrosserie contre le tronc fit gémir l’arbre, qui craqua sous le poids du véhicule. Soudain il éclata, libérant la voiture.
Une fraction de seconde, elle sembla suspendue dans les airs. Au prix d’un effort surhumain, je tirai la cage en plastique et bondis hors du véhicule dans un élan désespéré au moment où la portière se refermait. Elle s’abattit de tout son poids sur ma tempe alors que je plongeais pour me protéger, m’assommant avant que je n’atterrisse lourdement dans l’épaisse couche de neige. Malgré mon esprit embrouillé, je remarquai la voiture qui reculait, branlante. Elle glissait plus qu’elle ne roulait, dévalant la colline, aplatissant tout sur son passage. Sous le choc, je la regardai s’éloigner, manquer l’entrée étroite du pont et s’enfoncer, après un plongeon fatal, dans les rapides de la rivière en contrebas.



2


À grand-peine, je revins à moi. J’étais recroquevillée dans la neige, sur l’accotement d’une route déserte. Une sorte de miaulement plaintif me sifflait dans les oreilles et la tête me lançait. Je baissai les yeux : je portais un jean et un pull détrempés ; sous le denim imbibé de neige, je pouvais à peine sentir mes jambes et des tremblements incontrôlables me secouaient de la tête aux pieds. L’angoisse se mêla à l’étonnement. Je ne savais absolument pas qui j’étais ni pourquoi j’étais là.
Mon esprit marchait au ralenti et la peur me contracta l’estomac lorsque je m’assis pour regarder autour de moi, les paupières papillonnant sous les flocons qui me giflaient le visage et venaient s’accrocher à mes cheveux et à mes cils. Je passai la main dans la longue mèche qui tombait devant mes yeux pour en ôter la neige. Lorsque je la retirai, elle était couverte de sang, rouge, épais et collant. J’étais donc blessée, pensai-je, hébétée. Mais comment et pourquoi ?
Un nouveau miaulement se fit entendre tout près. Je balayai les alentours du regard et découvris une cage en plastique. OK, je n’avais pas rêvé : il y avait bien un chat dans les parages. Mais qu’est-ce que je fichais au milieu de nulle part, en pleine tempête de neige, en compagnie d’un chat ?
Je clignai les paupières pour écarter les gouttelettes accrochées à mes cils et scrutai les alentours à travers les tourbillons de neige, à la recherche d’affaires pouvant m’appartenir. À part la cage à moitié enterrée, la couche de neige était immaculée et n’offrait aucun indice.
Les rafales de vent s’abattirent sur moi, me glaçant le visage tandis que je tentais maladroitement de me lever. Il fallait que je bouge, je le savais. Je plissai les yeux sous le blizzard et ressentis un bref élan d’espoir. Était-ce une maison que j’apercevais là-bas ? Pas sûr, mais… oui, il me semblait bien voir de la fumée s’échapper d’une cheminée au loin. J’aspirai une bouffée d’air gelé, retenant mes larmes. Le chat et moi – qui que je sois – étions peut-être sauvés.
Un étrange silence régnait là, dehors ; une rumeur étouffée, comme si j’avais dans les oreilles des bouchons dont je ne parvenais pas à me débarrasser. Je pris une profonde inspiration et tentai de me ressaisir. Je devais m’occuper du chat. À pas chancelants, je m’avançai vers la cage et la pris dans mes bras. Ensuite, j’entrepris précautionneusement de gravir la colline. Avec ces bottes pas franchement adaptées à une telle randonnée, mon ascension était des plus hasardeuse : je glissais ou trébuchais à chaque foulée. Au bout d’un moment, j’atteignis enfin un sentier que je commençai à suivre, de la neige jusqu’aux chevilles.
Bientôt, j’eus les orteils gelés. La tête me tournait et mon souffle se fit de plus en plus court. Il formait de petits nuages blancs devant moi tandis que la neige continuait de me cingler. J’avais l’impression que des milliers d’aiguilles glacées me piquaient les joues, les yeux et les mains. De temps en temps, une branche me fouettait le visage, déversant son chargement gelé dans mon cou, histoire d’ajouter à mon malheur. J’avais le nez qui coulait, les yeux qui me brûlaient et j’étais secouée de tels tremblements que mes dents ne claquaient plus mais grinçaient les unes contre les autres. Chaque pas se révélait un nouveau défi, chaque respiration une torture et le poids de la cage dans mes bras engendrait une douleur sourde dans mon dos.
Comme j’essayais de soulager un peu mon fardeau, mes pieds gelés se dérobèrent. Je chancelai et m’étalai sur le flanc. La cage roula sur l’épaisse couverture blanche jusqu’à la bordure d’un champ. Elle n’était pas si loin que ça mais j’étais trop frigorifiée et exténuée pour faire mieux que me traîner péniblement jusqu’à elle et me blottir dessus.
Les flocons de neige me fouettaient le dos. Je n’avais plus la force de continuer. Je fis courir un doigt glacé sur la grille de la cage et sentis un museau humide se presser contre ma peau. Je me demandai fugacement si je devais essayer d’ouvrir le loquet pour libérer l’animal. Peut-être alors pourrait-il s’en sortir ? Ses chances de survie étaient probablement meilleures dehors que coincé avec moi. Mais apparemment, je ne contrôlais plus mes mains et, de toute façon, à quoi bon ? Tout ce que je voulais, c’était poser ma tête douloureuse sur l’oreiller moelleux et blanc, et dormir…
Comme je fermais les yeux, un sentiment de paix m’envahit. Ce n’était pas une bonne idée de m’endormir là, dans la neige, je le savais, mais c’était si confortable ; j’étais si bien, la tête posée sur mes bras autour de la cage. J’avais l’impression de voguer sur du coton. Je ne ressentais plus le froid. J’étais dans une bulle. Au-dessus de moi, un tunnel. Qui me conduirait dans un endroit où je serais en sécurité et au chaud. Au chaud et en sécurité.

L’air ondoya et je rouvris les yeux. L’hypothermie me faisait-elle halluciner ? Comme flottant vers moi, j’aperçus une silhouette floue. J’essayai de l’appeler mais aucun son ne franchit mes lèvres gelées. La forme se rapprocha, ondulant dans le brouillard, et je vis l’homme tendre les mains vers moi.
J’ordonnai à mes bras de bouger. J’ignorais si cet homme était réel ou s’il s’agissait d’un esprit venu m’indiquer le chemin pour l’au-delà, mais lorsque mes doigts gelés touchèrent les siens, une vague de joie pure parcourut mes veines. La silhouette me tira en avant, me souleva. Dans son étreinte, je me sentis aussi légère qu’une plume. Je fermai les yeux et me délectai de cette intimité, du sentiment enivrant d’être à ma place, d’appartenir à quelque chose de plus grand ou à quelqu’un de meilleur que moi. Étais-je en train de mourir ? Déjà morte ? Cette pensée ne m’effraya pas le moins du monde. Si c’était bien la mort qui venait à moi, j’étais prête. J’avais le sentiment que toute ma vie, j’avais voyagé seule et qu’à présent, dans ce brouillard blanc, j’avais trouvé mon âme sœur, mon autre moitié, ma meilleure moitié.
L’homme me prit dans ses bras musclés et j’enfouis mon visage dans le creux de son épaule, avec le désir ardent de me fondre en lui, de ne faire plus qu’un avec lui jusqu’à la fin des temps. Le tissu rêche de son manteau me râpait le menton, alors j’étirai les bras et les enroulai autour de son cou, plongeant plus profondément mon visage, respirant l’odeur de sa peau, sentant mon être tout entier fondre contre lui, se couler en lui.
Il avançait à petits pas prudents sur l’épais tapis de neige, la respiration profonde. La chaleur de son corps réveilla petit à petit mes sens. Bien qu’à demi consciente, je compris au doux balancement que sa progression était difficile. Sa respiration se fit plus laborieuse, ses muscles se bandèrent comme il luttait contre le blizzard.
Collée contre son torse, j’essayai de copier son rythme, de ne faire qu’un avec lui, pour alléger son fardeau. Tandis que sa poitrine se soulevait et s’abaissait avec régularité, mon propre souffle se mêla au sien.
J’aurais aimé rester toujours ainsi, le corps entrelacé au sien, parcouru de picotements, s’embrasant sous le froid intense. Mais quelque part dans les recoins troubles du tunnel, j’entendis des voix et des cris. On me bouscula, me bougea. Les paupières obstinément closes, j’essayais de sentir à nouveau son corps, de goûter une nouvelle fois cette incroyable connexion d’énergie, mais on me posa et je sentis des mains tirer à la hâte sur mes vêtements avant de m’emmitoufler dans une épaisse couverture. Alors, l’aveuglante lumière blanche s’éteignit et je sombrai dans les profondeurs obscures de l’inconscience.