L'espace d'une vie
Barbara Taylor Bradford
Prix public   : 20,00 
16,50 €
La vie malgré tout
La vie malgré tout
Sara MacDonald
592 pages
Couverture cartonnée
Réf : 287254
Résumé
Vies professionnelle et familiale, à trente ans, tout réussit à Jenny, quand son mari et sa fille de deux ans sont tués accidentellement. Abattue, elle se réfugie dans le travail, les voyages et tombe sur Ruth, son amie d’enfance, perdue de vue. Une chance pour Jenny de renaître à la vie. Mais le fils de Ruth, treize ans, lui rappelle étrangement son mari...
Pourquoi on l'a choisi
Déchirements et secrets révélés forment la trame de cette superbe histoire d'amitié. Au fil des pages et des rebondissements, se tisse entre les deux femmes un lien bien plus fort qu'on ne l'aurait imaginé.
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Sans regrets
Françoise Bourdin
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Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :2
Le 15 mars 2010
26 adhérents sur 46 ont trouvé cet avis utile.
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Excellent
J'ai adoré ce livre, une fois commencé, impossible de s'arrêter.
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MEUNIER Priscille
Le 09 mai 2010
10 adhérents sur 19 ont trouvé cet avis utile.
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Bon malgré tout
Moi qui n'aime pas les romans faciles, me voilà emportée par la vie, malgré tout. On fait la route entre Londres et la Cornouailles sur le siège passager de notre héroïne en se demandant comment survivrait-on, nous, si une bombe avait emporté notre homme et notre enfant ? Comme elle, on se serait raccroché au moindre souvenir qu'ils nous aurait laissés, surtout si ce souvenir était vivant...
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Sara MacDonald a passé sa jeunesse à Malte, avant de partir à Londres étudier le théâtre. Mariée à un officier et mère de deux fils, elle a voyagé partout dans le monde, pour s’installer finalement en Cornouailles. Après Cet instant avant l’aube (Belfond, 2007 ; J’ai Lu, 2008), La Vie malgré tout est son deuxième roman à paraître en France.
Extrait

1

Février 2006

Adam sentit ses cheveux se dresser sur sa tête. Sa peur, désormais familière, était revenue, terrifiante. Il agrippa sa canne à pêche. Dans son dos, la crique était cernée de bois sombres et denses. Il savait que quelqu'un le surveillait, il le sentait.
Un instant auparavant, il s'était retourné pour prendre sa veste et, en levant les yeux vers les arbres, avait remarqué les ombres qui avaient changé, la forme sombre qui se découpait dans la lumière et l'observait. Patiente, celle-ci attendait qu'il emprunte le chemin du retour pour se jeter sur lui.
Il commença à plier sa ligne et tendit l'oreille, guettant le pas d'un promeneur derrière lequel il se serait précipité pour regagner le cottage. Mais le sentier menant à la crique était vide. Le rivage en arc de cercle l'était tout autant avec, pour seule présence, les courlis, leurs cris tremblotants, et un héron dressé sur une patte. La marée montait, poussant vers lui sa brume qui assombrissait le soleil.
Une fois sa ligne sécurisée, Adam ferma ses boites en fer-blanc, prit ses jumelles et rassembla ses affaires. Il ne lui restait plus qu'à se retourner lentement pour ramasser son sac à dos. Il s'obligea à regarder vers le bois. La voie était libre. Son sac rempli, il saisit sa canne à pêche et se redressa au moment précis où les rayons du soleil perçaient le voile de brume.
Il se dirigeait vers la vieille grange, sur l'appontement, pour rejoindre le chemin, quand, à moitié aveuglé par le soleil, il distingua une forme allongée contre la bâtisse et sursauta. C'était une femme, pelotonnée sur un manteau, le visage dissimulé par des mèches folles. Frêle comme une enfant, elle était immobile, les bras enroulés autour de son corps.
C'était Jenny ! Pétrifié, Adam fixa le corps inanimé. Un instant déstabilisé par la vague de pitié qui le submergea, il sentit son cœur se serrer, les larmes lui brûler les paupières. Elle paraissait si accablée. Il n'imaginait pas qu'une telle détresse soit possible chez un adulte. Ses craintes maintenant évanouies, il commença à comprendre. Jenny avait perdu la tête. Parfois, le malheur rend fou.
Il aurait dû courir au cottage chercher sa mère. Mais sans trop se l'expliquer, il se sentit incapable de la laisser seule, si vulnérable, allongée sur ce vieil habit telle une clocharde. Non, il ne pouvait pas. Intrigué par son inertie, il posa son matériel et s'approcha. Il fallait qu'il la touche.
Sa peau était chaude sous ses doigts. À leur contact, elle remua et ouvrit les yeux. Elle était vivante ! Adam recula imperceptiblement. Il ne savait quoi dire. Jenny fit un effort pour s'asseoir.
— Tout va bien, s'empressa-t-il de la rassurer, remarquant que ses mains tremblaient.
Elle le dévisagea, lui donnant l'impression qu'elle revenait de très loin.
— Adam, murmura-t-elle enfin d'une voix rauque, comme si elle n'avait pas parlé depuis longtemps.
Elle tendit une main vers lui. Il ne put se résoudre à la prendre. Son cœur battait la chamade. Comme il aurait aimé que sa mère soit là. Il avait envie de courir la prévenir. Il ne savait plus du tout où il en était. La main de Jenny retomba.
— Pardon. Je suis désolée de t'avoir fait peur, chuchota-t-elle d'une voix sourde, l'air abattu.
Il s'agenouilla en face d'elle.
— Pourquoi m'avez-vous suivi en vous cachant dans les bois ? Je ne comprends pas.
Elle ne répondit rien.
— Je vais aller chercher maman et tout ira bien, dit-il. Je reviens tout de suite.
— Je voulais te parler, être avec toi, seule...
La voix de Jenny se brisa.
— Pourquoi ? répéta Adam, mal à l'aise.
— Tu ressembles tellement à Tom. Je ne sais comment l'expliquer, mais j'ai cru que tu étais notre fils, que j'étais ta mère.
Ses immenses yeux tristes semblaient manger son visage si menu sous la masse de cheveux bouclés.
— Pardonne-moi. Je dois être en train de devenir folle, constata-t-elle. Je n'avais pas l'intention de te faire peur. Te faire du mal est la dernière chose que je souhaite. S'il te plaît, tu dois me croire.
Il hocha la tête.
— Vous n'êtes pas bien. Ne vous inquiétez pas. Je vais chercher maman, maintenant.
Un instant pensif, il hésita, avant de demander :
— Vous croyez pouvoir arriver jusqu'à la maison si je vous aide ?
Elle lui fit signe que non.
— Adam, je suis fatiguée, si fatiguée.
Se penchant vers elle, il lui frôla la main.
— Restez là. Je reviens.
Il se mit à courir le long du sentier qui menait au cottage et ralentit dans le tournant pour reprendre son souffle. Des cris d'oiseaux qui s'envolaient de la surface de l'eau vinrent soudain briser le silence. Ils avaient été dérangés. Intrigué, il se retourna et vit que Jenny s'était levée et avait passé son lourd manteau. D'un pas résolu, elle avançait dans l'eau, frêle silhouette sombre qui s'enfonçait dans la marée montante.
— Non ! hurla Adam en fonçant vers elle, haletant, les jambes douloureuses. Non, Jenny, non, non !


2

Août 2005

Rosie est allongée entre nous, endormie, ses fesses dodues en l'air, la plante de ses pieds potelés m'évoquant l'intérieur d'un coquillage rose. Son petit corps chaud est coincé entre Tom et moi, son visage contre le bras de son père. Tous deux respirent au même rythme paisible. Quand elle dort, Rosie ressemble encore à un bébé. Ses boucles brunes sont plaquées sur ses joues rougies. Je dois me retenir pour ne pas embrasser leur peau satinée.
Tom est à demi tourné vers nous, une main sous la nuque, l'autre sur la cuisse, les doigts tendus comme pour protéger Rosie. Sa tête est enfoncée dans l'oreiller, ses cheveux courts sont en épis, son visage rendu moite par la chaleur que dégagent nos trois corps dans le même lit.
La fenêtre est ouverte dans l'espoir du moindre souffle d'air. Dans la lueur qui provient de la rue, je le regarde, le corps alangui de désir, prise de ce besoin constant de le toucher. Ses bras et son torse sont hâlés et vigoureux. Sa peau respire la santé. Il est très sportif.
J'aime ces instants volés, ces nuits tranquilles à le regarder dormir. Je les range précieusement dans un coin de ma mémoire pour les faire resurgir quand il est au loin.
Dans cette quiétude du petit matin, à l'heure où tout est silence, où Londres, encore plongé dans la pénombre, s'endort pour un bref moment, je peux me bercer de l'illusion que dans le lointain j'entends la mer et le cri des mouettes qui saluent le jour nouveau.
Mais je suis trop heureuse pour avoir le mal du pays. Même si j'habite à présent en ville, c'est ici qu'est ma vie, avec l'homme que j'aime, dans une maison faite pour nous et qui abrite tout ce dont j'ai besoin pour me sentir bien, pour faire le métier que j'aime. Bien sûr, le bonheur parfait n'existe pas. Régulièrement, les départs de Tom viennent interrompre le cours de nos vies. Je ne sais jamais où il est, quand il rentrera. C'est la seule ombre au tableau.
Je dois m'être endormie car, au moment où je me réveille, les oiseaux chantent et, par la fenêtre ouverte, le soleil inonde la chambre. J'entends Florence monter lentement l'escalier pour rejoindre l'atelier. Quel jour béni que celui où elle a décidé de se joindre à nous ! Elle va vérifier les plannings de lundi. Dans un moment, elle entrera avec du thé et, comme d'habitude, poussera de hauts cris en voyant que Rosie est, une fois de plus, couchée dans notre lit.
Je m'étire avec volupté, puis, tout en prenant garde à ne pas toucher notre fille, je frôle le bras de Tom du bout du doigt. Sa peau est aussi douce que la soie. Mes cheveux caressent le visage de Rosie et chatouillent celui de son père. Ils remuent.
Tom bâille, soulève une paupière et me surprend à le contempler. Un sourire ensommeillé éclaire ses traits tandis qu'il se tourne sur le dos. Ses mouvements sont empreints d'une grâce naturelle, presque féline.
Il regarde Rosie, toujours appuyée contre lui, repousse des mèches de ses petites joues chaudes. Il me fixe soudain de ses yeux d'un bleu intense. C'est l'un de ces rares moments où, oubliant toute vigilance, il laisse paraître une bouleversante vulnérabilité. À cet instant, son regard trahit l'amour inconditionnel qu'il nous porte, à Rosie et moi.
J'ai toujours pensé que la force de notre amour était inégale. Je sais à quel point je compte dans la vie de Tom, mais aussi que, s'il est tout pour moi, je ne suis pas tout pour lui.
Je me penche, il m'attire à lui et enfouit son visage dans mes cheveux. Rosie se réveille aussitôt.
— Moi aussi, papa, moi aussi, quémande-t-elle en riant.
Tom la soulève vers nous, lui arrachant un cri d'extase.
— Thé ? fait Florence qui vient de frapper à la porte.
Nous nous séparons et nous asseyons dans le lit.
— Oui, merci. Entre.
Florence pousse la porte, chargée d'un plateau. En voyant Rosie, elle feint l'étonnement.
— Que faites-vous ici, mademoiselle ?
Tom aimerait sauter du lit pour aller la débarrasser, mais il est nu.
— Flo, je voudrais que tu cesses de nous servir, la gronde-t-il gentiment. Ça me culpabilise terriblement.
— Ne te fatigue pas, répond-elle sur un ton enjoué. Tu sais très bien que j'aime avoir la cuisine pour moi seule le dimanche matin. Danielle va rapporter un cadeau de Paris à la petite fille bien sage qui va manger tout son petit déjeuner, enchaîne-t-elle après avoir posé le plateau, la main tendue vers Rosie.