Tolérance zéro
Tolérance zéro
Patricia Cornwell
208 pages
Couverture souple
Réf : 277860
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Au lieu de 21,00  (prix public)
Disponible
Résumé
Pour servir ses ambitions électorales, l’ambitieuse et redoutable procureur Monique Lamont charge Win Ganaro, le meilleur inspecteur de sa brigade, de résoudre un crime commis il y a vingt ans, grâce à une nouvelle méthode d’analyse ADN. Mais Win reçoit des menaces de mort. Furieux, il débarque chez la procureur et la découvre nue, ligotée sur son lit, face à son violeur... 
Pourquoi on l'a choisi
Le nouveau héros de Patricia Cornwell ? Beau gosse, élégant, craquant, on l’adore ! Dans le genre avide de pouvoir et sans scrupules, la procureur n’est pas mal non plus. Et l’enquête, tordue à souhait, plutôt corsée.  
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
Le 22 octobre 2008
Zéro
Aucune consistance, intrigue inexistante, personnages non attachants et limite antipathiques... Bref, je me demande bien ce qu'il s'est passé pour que Patricia Cornwell (que j'ai toujours adorée) nous inflige ces quelques pages.
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ROMAGNOLO Fabienne
Le 28 décembre 2008
Pas accrocheur
Nouveaux personnages, où est passé Kay Scarpetta ? J'adorais ses aventures captivantes ! Marino, Lucie et Benton revenez vite, vous me manquez déjà !!!
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peretti laurence
Le 05 novembre 2008
Vide...
C'est creux, sans consistance et pas captivant du tout. Cela ne donne guère envie de lire d'autres livres de l'auteur. Dommage...
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Patricia Cornwell est née à Miami, en Floride. Chroniqueur judiciaire, elle fut informaticienne au bureau du médecin légiste (Chief Medical Examiner) de l'État de Virginie, où elle assista à ce titre à un nombre considérable d'autopsies. Elle est membre émérite de l'Académie internationale du John Jay College de justice pénale dédié à l'étude des scènes de crime, et a contribué à fonder l'Institut de sciences médico-légales de Virginie. De plus, elle est membre du conseil national de l'hôpital McLean, affilié à Harvard.
Patricia Cornwell s'est lancée dans le roman criminel en 1990 avec Postmortem, qui remporta dans la même année cinq des plus importants prix distinguant un roman policier. Depuis, elle exploite son expérience de façon remarquable dans ses romans :
    Mémoires mortes
    Et il ne restera que poussière...
    Une Peine d'exception
    La Séquence des corps
    Morts en eaux troubles
    Mordoc
    La Ville des frelons
    Combustion
    Dossier Benton
    Baton rouge
    Signe suspect
Pour son personnage Kay Scarpetta, médecin légiste, Patricia Cornwell a obtenu le Sherlock Award en 1999, qui récompense le meilleur détective créé par un auteur américain. En 2008, elle a été le premier auteur américain à recevoir le prestigieux prix du Galaxy British Book Award, récompensant le meilleur thriller de l'année pour Registre des morts.
Ses œuvres sont publiées dans plus de trente-cinq pays, et Fox 2000 a acheté en avril 2010 les droits de ses romans pour une adaptation audiovisuelle, avec Angelina Jolie dans le rôle de Kay Scarpetta.
Scarpetta, L'Instinct du mal et Havre des morts font partie de ses récents best-sellers internationaux.

Grâce à la fondation qu'elle a créée, Patricia Cornwell apporte son soutien à diverses causes charitables comme l'éducation, la lutte contre l'illetrisme, l'aide et le soutien aux victimes. Elle réside la plupart du temps dans le Massachusetts.
Lu dans la presse
« Les lecteurs assidus de Patricia Cornwell reconnaîtront dans Tolérance Zéro son goût pour la médecine légale, les technologies de pointe et les personnalités coriaces. Au-delà de sa vocation d'écrivain, l'auteur se fait une fois de plus le défenseur de la justice. »

Le Figaro Magazine


« Avec Tolérance Zéro, Patricia Cornwell crée un nouveau héros, complexe et charismatique. Jamais sans doute la romancière n'était allée aussi loin dans les rebondissements et l'on se laisse embarquer dans cette écriture si particulière où la description de détails infimes se conjugue avec une action sans répit. »

Virgin
Extrait

1


Un orage d'automne a pilonné Cambridge toute la journée et il s'apprête à exécuter un bis tonitruant une bonne partie de la nuit. Un éclair s'enflamme et un coup de tonnerre retentit, alors que Winston Garano (« Win » ou « Geronimo », comme l'appellent la plupart des gens) marche à grands pas au crépuscule en longeant Harvard Yard.
Il n'a pas de parapluie. Il n'a pas d'imperméable. Son costume Hugo Boss et ses cheveux bruns dégoulinent, ses chaussures Prada sont trempées et tachées depuis qu'il a marché dans une flaque en descendant du taxi. Évidemment, ce foutu chauffeur l'a déposé à la mauvaise adresse, non pas au 20, Quincy Street devant le Harvard Faculty Club, mais au Fogg Art Museum, à cause d'une erreur d'appréciation de Win. En montant à bord du taxi à l'aéroport international Logan, il a dit au chauffeur : « Au Harvard Faculty Club, c'est près du Fogg », en pensant que, s'il mentionnait les deux endroits, il pourrait peut-être passer pour quelqu'un qui fréquentait Harvard ou qui collectionnait les œuvres d'art, et non pas pour ce qu'il était : un inspecteur de la police du Massachusetts qui avait voulu entrer à Harvard dix-sept ans plus tôt, sans succès.
Les énormes gouttes de pluie ressemblent à des doigts horripilants qui lui pianotent sur le crâne, et l'angoisse le submerge tandis que, arrêté dans cette vieille allée en briques rouges, il contemple Quincy Street d'un bout à l'autre et regarde filer les gens autour de lui, dans des voitures ou à bicyclette, à pied pour certains, le dos voûté sous leurs parapluies. Des privilégiés qui se déplacent sous la pluie et dans la brume, des gens d'ici, qui savent ce qu'ils font et où ils vont.
— Excusez-moi, dit Win à un type vêtu d'un coupe-vent noir et d'un jean informe délavé. La question banco du jour.
— Hein ?
Le type prend un air renfrogné. Il vient de traverser la rue à sens unique et un sac trempé goutte dans son dos.
— Où est le club de l'université ?
— C'est juste là, répond l'homme avec une morgue inutile.
Sans doute se dit-il que, si Win était un enseignant ou quelqu'un d'important, il saurait où se trouve le club de l'université, forcément.
Il se dirige vers une ravissante construction de style néo-géorgien, avec un toit en ardoise et un patio de briques fleuri de parapluies blancs mouillés. Des fenêtres éclairées réchauffent l'obscurité naissante et le clapotis d'une fontaine se mêle au bruit de la pluie, tandis que Win marche sur les pavés luisants, vers la porte d'entrée, en passant sa main dans ses cheveux mouillés. Une fois à l'intérieur, il regarde autour de lui comme s'il venait d'arriver sur une scène de crime ; il observe les lieux, il évalue ce qui devait être, il y a plus d'un siècle, le salon de quelque riche aristocrate. Il examine les lambris en acajou, les tapis persans, les chandeliers en cuivre, les affiches de théâtre victorien, les portraits à l'huile et le vieil escalier ciré qui conduit à un endroit où il ne mettra sans doute jamais les pieds.
Il s'assoit dans un vieux canapé inconfortable, et une horloge rustique lui rappelle qu'il est parfaitement à l'heure et que la procureur Monique Lamont (« Money Lamont », comme il la surnomme), la femme qui, en fait, gouverne sa vie, est introuvable. Dans l'État du Massachusetts, les procureurs enquêtent sur les homicides et disposent de leurs propres forces de police ; cela signifie que Lamont peut recruter qui elle veut dans sa brigade personnelle, cela signifie également qu'elle peut renvoyer qui elle veut. Win lui appartient et Lamont sait comment le lui rappeler.
C'est sa dernière manœuvre politicienne en date, la pire, un nouvel exemple de ses raisonnements parfois à court terme, ce qu'il considère dans certains cas comme des fantasmes, nés de son ambition insatiable et du besoin de tout contrôler. Elle décide brusquement de l'expédier dans le Sud, à Knoxville, Tennessee, pour assister au congrès national de médecine légale, en lui expliquant qu'à son retour il pourra faire partager à ses collègues les toutes dernières innovations en matière d'analyse des scènes de crimes ; il leur montrera comment s'y prendre, précisément. Il leur montrera comment faire en sorte qu'aucune enquête criminelle « ne soit jamais, je dis bien jamais, compromise par un mauvais maniement des indices, un défaut de procédure ou l'absence d'analyses qui auraient dû être effectuées », lui a-t-elle dit. Win ne comprend pas. La police du Massachusetts possède une équipe d'experts scientifiques. Pourquoi ne pas envoyer l'un de ses membres ? Mais Lamont n'a rien voulu entendre. Et elle n'a pas voulu s'expliquer.
Win regarde les chaussures trempées qu'il achetées vingt-deux dollars dans un dépôt-vente. Il remarque l'apparition de quelques auréoles sur le costume gris payé cent vingt dollars dans la même boutique, où il s'est procuré une grande quantité de vêtements de créateurs pour une bouchée de pain, car tout a déjà été porté, puis jeté par des gens riches qui se lassent rapidement des choses, à moins qu'ils ne soient devenus handicapés ou qu'ils ne soient morts. Il attend et il s'inquiète ; il se demande ce qu'il y a de si important pour que Lamont l'ait fait remonter de Knoxville jusqu'ici. Roy, son attaché de presse mollasson et dédaigneux, l'a appelé ce matin, il l'a arraché à son cours pour lui ordonner de sauter dans le premier avion à destination de Boston.
— Tout de suite ? Pourquoi ? a protesté Win.
— Parce qu'elle l'a demandé, a répondu Roy.

À l'intérieur du bâtiment en béton du Cambridge District Court, Monique Lamont sort des toilettes privées de son vaste bureau. Contrairement à de nombreux procureurs et à d'autres personnes évoluant dans le monde de la justice pénale, elle ne collectionne pas les casquettes et les écussons de la police, ni les uniformes étrangers, ni les armes, ni les photos de célèbres représentants de l'ordre. Ceux qui lui offrent de tels souvenirs ne recommencent jamais, car elle n'hésite pas à les leur rendre ou à les jeter. En revanche, elle aime le verre.
Le verre taillé, les vitraux, le verre vénitien, le verre nouveau, le verre ancien. Quand, le soleil envahit son bureau, celui-ci se transforme en incendie prismatique ; il crépite, scintille, rayonne, étincelle dans un spectre multicolore qui déstabilise les visiteurs et les stupéfie. Elle accueille les gens déstabilisés et stupéfaits dans son arc-en-ciel, avant de leur faire découvrir le vilain orage qui l'a précédé.
— Pas question !
Elle reprend la conversation là où elle l'a laissée, en se rasseyant derrière son grand bureau en verre dont le plateau transparent ne l'empêche nullement de porter des jupes courtes.
— Je ne veux pas d'une nouvelle vidéo éducative sur les dangers de l'alcool au volant ! Je suis la seule à réfléchir ici ?
— La semaine dernière, à Tewksbury, une famille entière a été tuée par un conducteur ivre, dit Roy, installé dans un canapé disposé en diagonale par rapport au bureau. (Il reluque les jambes de Lamont quand il pense qu'elle ne s'en aperçoit pas.) Pour les citoyens, c'est beaucoup plus frappant qu'un vieux meurtre commis dans un bled du Sud et dont tout le monde se fiche ici...
— Roy ! (Lamont croise les jambes et regarde Roy qui la regarde.) Vous avez une mère ?
— Oh, allons, Monique !
- Oui, vous avez une mère, évidemment. Elle se lève et fait les cent pas, en regrettant que le soleil se cache.
Elle déteste la pluie.
— Ça vous plairait, Roy, que votre vieille mère de quarante-cinq kilos soit sauvagement agressée chez elle et qu'elle agonise seule ?
— Allons, Monique ! La question n'est pas là. On devrait se focaliser sur un meurtre non élucidé commis dans le Massachusetts, pas à Ploucville. Combien de fois faudra-t-il revenir là-dessus ?
— Vous êtes ridicule, Roy. On envoie un de nos policiers là-bas, on résout l'affaire et on attire...
— Oui, oui, je sais. On attire l'attention au niveau national.
— La main puissante et ferme de la justice tendue vers ceux qui ont moins de chance, qui ont moins de... moins de tout. On reprend les anciens indices, on les réexamine...
— Et on fait la publicité de Huber. D'une manière ou d'une autre, c'est lui et le gouverneur qui en tireront profit. Si vous pensez le contraire, vous vous faites des illusions.
— C'est moi qui en tirerai profit. Et vous ferez en sorte que...
Elle s'interrompt brusquement au moment où la porte de son bureau s'ouvre et, par une étrange coïncidence peut-être pas si étrange d'ailleurs, son clerc entre sans frapper. C'est le fils de Huber. Une pensée traverse l'esprit de Lamont : peut-être écoutait-il aux portes ?
— Toby ? lui lance-t-elle. Est-ce que je deviens psychotique ou bien vous êtes encore entré sans frapper ?
— Désolé. Ah, la vache ! J'ai trop de trucs en tête. (Il renifle, secoue sa tête rasée ; il semble à moitié défoncé.) Je voulais juste vous rappeler que je me barre.
Pour de bon, espère-t-elle.
— J'en ai pleinement conscience.
— Je reviens lundi prochain. Je vais me tanguer au Vineyard pour décompresser. Mon père sait où me joindre si vous avez besoin de moi.
— Vous vous êtes occupé de toutes les affaires en souffrance ?
Toby renifle de nouveau. Lamont est quasiment certaine qu'il prend de la cocaïne.
— Euh... genre ?
— Euh, genre tout ce que j'ai posé sur votre bureau, répond-elle en tapotant sur son bloc avec un stylo en or.
— Ah, ouais, bien sûr. Et j'ai tout nettoyé, comme un gentil garçon. J'ai tout bien rangé pour vous éviter d'avoir à le faire derrière moi.
Il lui adresse un sourire en coin ; le ressentiment qu'elle lui inspire transparaît dans son regard embrumé. Il sort et ferme la porte.
— C'est une de mes plus grosses erreurs, commente-t-elle. Il ne faut jamais rendre service à un collègue.
— Il est évident que vous avez pris votre décision, et elle est aussi irrévocable que la mort, dit Roy en reprenant le cours de leur discussion. Mais je réaffirme ma conviction selon laquelle vous faites une très grosse erreur là aussi. Peut-être même fatale.
— Arrêtez avec vos métaphores morbides, Roy. Ça m'agace. Je boirais bien un café.