Escapades birmanes
Les droits du livre sont vendus au profit de l'association humanitaire "Un regard, un enfant".
Escapades birmanes
Michel Croix
Préface de Jane Birkin
176 pages
Couverture cartonnée. 27 x 31 cm
Réf : 276881
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 29,00  (prix public)
Résumé
Ce bel album carnet de voyage, préfacé par Jane Birkin, retrace par le biais de photographies, textes et dessins, le parcours de "M&M" (l’auteur Michel Croix et son chauffeur), dans un pays où se côtoient le terrible et le merveilleux. À travers la douceur des visages et des paysages vous découvrirez la beauté d’un peuple et d’un pays de lumière obscurcis par une junte militaire implacable. 
Michel Croix est né à Blois, en 1960. Il passe toute son enfance à Saint-Sulpice, petit village de la Beauce.
À 18 ans, Paris l'attire. Il suit tous les cours qui vont lui permettre de s'affirmer : dessin, photographe, peinture, littérature. Il exerce alors plusieurs métiers depuis 1981 : graphiste, illustrateur, peintre, photographe.
En 1984, il réalise sa première exposition d'illustrations au Centre culturel d'Istres. Dès lors, il ne cessera d'exposer ses peintures et ses photos en France et dans le monde : en France, Autriche, Espagne, Allemagne, Cuba...
Les voyages, sa passion, permettent à Michel Croix de révéler sa sensibilité : il a visite à ce jour une cinquantaine de pays à travers la planète. Parcourir le monde est pour lui une façon de mieux mesurer et comprendre, ici et là, la situation des enfants en grande difficulté.
Michel Croix édite ainsi plusieurs livres pour le bénéfice de l'association Un Regard, un Enfant : Les Enfants d'abord, Enfants du Monde, Moments d'enfance.
En 1999, c'est la naissance de son fils Emilio. Sa fille Lilly naîtra en 2002. La même année en Bolivie dans les Andes (4 800 mètres d'altitude), une école nommée « Michel Croix » ouvre ses portes...
Il intervient également dans les écoles de France afin de sensibiliser les jeunes écoliers sur les conditions de vie des enfants dans le monde.
Ses photos et peintures sont régulièrement exposées en France, Espagne, Allemagne et tout particulièrement à Cuba.
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Extrait

Birmanie : peuple d'esclaves et de lumière

◙ La Birmanie, ancienne colonie britannique, proclama son indépendance le 4 janvier 1948. Après l'indépendance, l'Union birmane connut une relative prospérité, troublée seulement par les incessantes exigences des Karens et des Shans.

◙ En 1962, le général Ne Win s'empara du pouvoir à la suite d'un coup d'État et instaura un régime centralisateur fort ; il refusa aux minorités le droit à la sécession. La politique du parti au pouvoir, qui s'était engagé dans la voie birmane du socialisme, entraîna une catastrophe économique sans précédent et fut accompagnée d'une diminution draconienne des libertés personnelles. La nouvelle Constitution socialisante de 1974 transféra le pouvoir du parti unique du Conseil révolutionnaire militaire à une Assemblée du peuple dirigée par le général Ne Win et d'autres anciens dirigeants militaires.

◙ En 1988, un nouveau coup d'État militaire se produisit et la loi martiale fut instaurée à la suite de répressions sanglantes. Dès ce moment, le conseil d'État pour le rétablissement de la loi et l'ordre (le SLORC) se mit en place et rebaptisa le pays sous le nom de Myanmar (le pays merveilleux). En 1989, le pays prit le nom d'union de Myanmar.

◙ Les élections législatives de mai 1990 virent la victoire écrasante du parti d'opposition, la Ligue nationale pour la démocratie, dirigée par Mme Aung San Suu Kyi (fille de Aung San, l'un des héros de l'Indépendance), mais l'armée ne respecta pas ce verdict. Elle envahit les bureaux de la NLD et arrêta ses principaux dirigeants.

« C'est une véritable
énigme pour moi.
55% des touristes
sont français, la France
est le principal investisseur
européen dans le pays :
peut-être les Français ne
sont-ils pas bien
informés de la situation
en Birmanie. »


Aung San Suu Kyi
Fondatrice de la Ligue
nationale pour la démocratie

Prix Nobel
de la paix (1991)

◙ Dans les années 90, la dictature consolida encore son pouvoir en remportant d'importantes victoires sur les rebelles Karens et Mins le long de la frontière thaïlandaise, et en signant des cessez-le-feu avec dix-sept autres groupes ethniques armés.

◙ Depuis que les militaires exercent les pleins pouvoirs en Birmanie, le général en chef des forces armées (la Tatmadaw) cumule l'autorité législative et exécutive avec l'aide d'une Assemblée constituante de 485 membres en principe élus. La junte au pouvoir musèle les médias, emprisonne les journalistes étrangers et interdit toute forme d'expression dissidente. Si Aung San Suu Kyi a été libérée de sa résidence surveillée le 6 mai 2002, de nombreux membres du NLD demeurent emprisonnés et les activités du parti sont très contrôlées par la junte. Suite à une tentative d'assassinat avortée auprès d'Aung San Suu Kyi, celle-ci est à nouveau en résidence surveillée.
Nous sommes en 2009 et sa demande de liberté est systématiquement repoussée d'année en année.
Malgré l'insistance de la communauté internationale, de l'Union Européenne et de l'ONU pour la libération d'Aung San Suu Kyi, le « Généralisime » Than Shwe, chef des armées et du pays, fait la sourde oreille.

◙ La population birmane est jeune : environ 42 % des Birmans ont moins de 18 ans. La dictature militaire au pouvoir en Birmanie n'accorde pourtant aucune priorité au développement et au bien-être des enfants : elle consacre quasiment la moitié du budget de l'État à l'armée, ne laissant que des miettes pour des postes aussi importants que l'enseignement et les soins de santé, alors que le pays n'est soumis à aucune menace extérieure. (Budget pour l'éducation : 1,3 % du PIB.)

◙ La situation économique catastrophique résultant de la politique des différents gouvernements militaires qui se succèdent depuis des décennies en Birmanie oblige une large majorité des parents à compter sur le travail de leurs enfants pour nourrir la famille.

◙ Les pires formes de travail des enfants sont répandues en Birmanie, que ce soit dans l'armée, la construction, le travail domestique, les mines ou ailleurs. Le travail forcé imposé chaque jour par les militaires à des centaines de milliers de Birmans n'épargne pas les enfants.


La communauté internationale reconnaît la violation des droits de l'homme en Birmanie...

...et prend des sanctions économiques à son encontre. Les journalistes étrangers connaissent des difficultés croissantes : restriction des conditions d'attribution des visas, confiscation sur place de leur matériel, de leurs films ou cassettes, sans compter les nombreuses expulsions. Quant aux journalistes birmans jugés non patriotes pour avoir rédigé des articles partiaux fondés sur de fausses accusations, ils sont détenus à la prison d'Insein à Rangoon, lieu réputé pour les terribles conditions qui y règnent et où la torture est une pratique courante. Pour la presse internationale, la Birmanie est maintenant dirigée par une véritable narcodictature. Les principaux secteurs où sévit le travail des enfants en Birmanie sont les suivants :

L'agriculture et la pêche

◙ 70 % de la population birmane vit dans les régions rurales, où les habitants sont presque tous cultivateurs et/ou éleveurs. Il est rare que les enfants n'aident pas les parents dans les champs ou pour prendre soin des animaux. De même pour les familles de pêcheurs.

L'armée

◙ Le recrutement forcé d'enfants est courant dans l'armée birmane. Selon un rapport de l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch, publié en 2002, la Birmanie a le plus grand nombre d'enfants soldats du monde, avec environ 20 % des effectifs de la Tatmadaw (nom de l'armée birmane) composés de jeunes de moins de 18 ans. Des garçons âgés d'à peine 11 ou 12 ans sont embarqués par des recruteurs, par exemple lorsqu'ils sont seuls aux arrêts de bus, de train ou ailleurs, et contraints d'apprendre à se battre avant d'être intégrés aux bataillons. Ces recruteurs sont souvent de simples soldats, ils promettent un bon salaire aux enfants, une vie facile... ou la prison s'ils refusent de les suivre. Ils reçoivent une somme d'argent et/ou de la nourriture pour chaque nouvelle recrue, et visent les plus jeunes garçons, car il est plus facile de les convaincre que les adolescents.
Les contacts avec leurs parents sont généralement coupés car les officiers ne laissent pas aux enfants le temps de les prévenir. Parfois, des parents retrouvent la trace de leurs enfants dans l'un ou l'autre des centres de formation de l'armée, mais ils ne peuvent pas les récupérer. Les soldats, quelque soit leur âge, sont gravement punis s'ils tentent de s'échapper, parfois battus à mort.

La restauration et les « petits commerces »

Les tea-shops et petits restaurants emploient un grand nombre d'enfants. Ces établissements, lorsqu'ils sont situés en ville, emploient souvent des jeunes venus de villages ou de banlieues défavorisées.

La situation des enfants en Birmanie

◙ Compte tenu de la très mauvaise situation économique provoquée par la politique de la dictature militaire, les revenus des adultes ne suffisent plus à garantir la survie de la plupart des ménages. La société birmane a toujours confié quelques tâches aux enfants, comme aider les parents lors des récoltes, aller chercher l'eau à la source, s'occuper des frères et sœurs cadets, etc., mais dans le contexte actuel, beaucoup d'enfants n'ont pas la moindre chance d'être scolarisés et sont placés sur le marché du travail dès l'âge de 10 ans.

◙ Le gouvernement birman ne mène aucune action crédible pour combattre le travail des enfants, pas même ses pires formes, qui sont largement répandues dans ce pays. La Birmanie n'a d'ailleurs ratifié ni la Convention 138 de l'OIT sur l'âge minimum ni la Convention 182 sur les pires formes de travail des enfants. Elle a en revanche ratifié la Convention sur les droits de l'enfant en 1991.

Les usines, la construction et les mines

◙ Il y a peu d'entreprises en Birmanie, mais la plupart d'entre elles ne font pas grand cas de l'âge des travailleurs qu'elles emploient, surtout lorsqu'elles ne produisent pas directement pour l'exportation. L'interdiction des syndicats, l'inexistence du droit du travail, la quasi absence d'inspection du travail laisse toute latitude aux employeurs, qui ne se privent pas pour en profiter.
◙ Tout comme dans les usines, la quasi absence de contrôle par les autorités laisse le champ libre aux employeurs qui utilisent les enfants dans la construction et les mines.

L'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales

◙ Elle ne semble pas encore très répandue en Birmanie, mais selon la section birmane de l'Unicef, certaines prostituées de Rangoon affirment avoir commencé cette activité à l'âge de 12 ans.
◙ Comme dans beaucoup de pays, la prostitution est illégale en Birmanie, mais elle est fréquente et, surtout, nombreuses sont celles qui, ayant fui en Thaïlande, se retrouvent insérées dans le circuit de l'industrie du sexe thaï comme prostitués.
◙ On peut assimiler leurs conditions de vie à celle d'un « esclavage moderne » : elles gagnent peu ou pas d'argent, subissent de nombreux abus tels que le travail forcé, des abus physiques et une exposition au risque du sida.
◙ On estime que le trafic de jeunes filles birmanes en Thaïlande s'élève à entre 20 000 et 30 000 personnes chaque année. (source : Amnesty International).

Le travail forcé

◙ Le recours au travail forcé est très courant en Birmanie. Les militaires contraignent plusieurs centaines de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants et de personnes âgées à travailler contre leur gré, sans salaire ou pour un salaire de misère (3 dollars pour 6 jours de travail soit 0,50 dollar par jour).
◙ Ce travail forcé existe sous beaucoup de formes différentes : construction et entretien des routes, des chemins de fer, travail de messager pour les troupes, travail sur les champs confisqués aux paysans par l'armée, etc.
◙ Femmes et enfants n'échappent pas au travail forcé, même si ce sont les hommes qui sont demandés en priorité. Les enfants sont surtout appelés lorsque le nombre d'adultes requis par les militaires n'est pas disponible. Ainsi, il arrive que des enfants manquent des jours d'école en raison du travail forcé auquel ils sont contraints.

L'éducation en Birmanie

◙ La population birmane accorde une grande importance à l'enseignement. Pour la junte militaire, c'est exactement le contraire : elle n'a cessé de poser de multiples entraves au bon fonctionnement du système éducatif birman, surtout depuis les manifestations pro-démocratiques de 1988, réprimées dans le sang, où les étudiants ont joué un rôle-clé.

◙ La propagande prétend que la politique du gouvernement est d'offrir un enseignement gratuit pour tous les enfants (c'est d'ailleurs prévu par la loi), mais dans les faits, ce sont les parents qui paient la plupart des coûts de construction, d'entretien et d'équipement des écoles, tout comme les fournitures scolaires, les uniformes et le revenu des enseignants. C'est encore davantage le cas dans les régions rurales.

◙ Les chiffres du gouvernement annoncent que moins de 55 % des enfants inscrits dans une école terminent le niveau primaire. Or, pour 1999, seuls 75 % des enfants de 5 à 9 ans sont allés à l'école, 35 % des 10-13 ans et à peine 26 % des 14-15 ans. Environ 750 000 enfants birmans quittent les bancs de l'école primaire chaque année, dont 630 000 dans les régions rurales. En 2006, 4 millions d'enfants âgés de 13 à 15 ans n'étaient pas scolarisés. (source : Unicef).