Téméraire, tome 4 : L'empire d'ivoire
Téméraire, tome 4 : L'empire d'ivoire
Naomi Novik
528 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 275473
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 19,90  (prix public)
Disponible
Résumé
Alors que les Aerial Corps de Sa Majesté défendent vaillamment les côtes de l'Angleterre contre les armées toujours plus pressantes de Napoléon Bonaparte, une épidémie redoutable et d'origine inconnue décime les rangs des dragons de combat — confinant en quarantaine les cas les plus désespérés. Seuls Téméraire, le dragon du capitaine Will Laurence, ainsi qu'une meute de ses congénères inexpérimentés semblent échapper au mal et demeurent, de fait, le dernier rempart aérien contre les assauts français.
Une nouvelle fois, Téméraire et Will vont tenter l'impossible afin de sauver leur pays et s'envolent pour l'Afrique, à la recherche d'un remède mystérieux pour mettre fin à cette contagion meurtrière. Le temps presse, et nul ne saurait prévoir les dangers qui les guettent sur le continent noir, ni ceux qui menacent leurs compagnons restés en arrière...
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :6
Le 10 août 2009
Un cliffhanger de génie avant la parution du prochain tome français
Continuant sur ma lancée, après trois premiers volumes d'une excellente qualité, c'est avec le même appétit littéraire que j'ai dévoré ce quatrième volume de Téméraire - l'Empire d'Ivoire. Dans une uchronie où les dragons existent, transcription des grandes guerres napoléoniennes à un univers qu'on ne qualifiera de "Fantasy" uniquement pour la présence de ces derniers, nous avons suivi les aventures de Téméraire, jeune Céleste Chinois, dragon réservé habituellement à la famille impériale de Chine, et de son pilote bien malgré lui, Will Laurence, capitaine originaire de la Navy britannique. Après leur entrée dans les Aerials Corps, régiments aériens de l'Angleterre, et l'apprentissage difficile du jeune dragon né sur le pont du Reliant, nous avons d'abord pu les accompagner dans une première tentative de débarquement des troupes françaises à Douvres ; puis dans une grande épopée remplie d'intrigues politiques et diplomatiques en Chine ; leur lente traversée de l'Eurasie par la terre, ensuite, les a amené vers une version revisitée de la campagne de Pologne. Dans ce quatrième volume, "l'Empire d'Ivoire", c'est en Afrique que nos héros vivront de nouvelles aventures. Suite à la grande épidémie décimant les rangs des dragons anglais après l'introduction dans leurs troupes d'un Dakota, dragon américain, une partie des Aerial Corps est détachée au Cap à la recherche de l'ingrédient qui aurait pu épargner Téméraire de ce fléau réduisant déjà le faible cheptel draconique anglais à peau-de-chagrin. Nous retrouvons ainsi d'anciennes têtes dans un début de tome très "pulp" ne dénigrant pas certains grands classiques d'aventure, l'aspect "cliché ethnique" en moins cependant. Sans vous dévoiler les éléments clefs de ces deux premiers tiers du livre, Naomi Novik nous livre une retranscription très originale -une première du genre, il faut avouer- du mythe du dragon dans les sociétés africaines (travail déjà commencé avec le traitement de ces derniers en Chine, dans le volume 2 "le Trône de Jade"), de façon très sympathique je dois l'avouer. On retrouvera encore quelques passages épiques, plein de suspense et de combats, qui, rappelons-le, ne sont jamais sans perte, et ce des deux côtés. Même si cela n'égale pas la magistrale adaptation à la sauce Téméraire de la campagne de Pologne du volume précédent, la quasi-totalité de ce quatrième tome est un excellent divertissement, très bon roman d'aventure au demeurant. Mais ce que je saluerai, c'est le final inattendu (dont je ne piperai mot, ce serait vous gâcher la surprise) faisant l'effet d'une douche écossaise laissant au final un goût amer dans la bouche. C'est véritablement bluffant. Et quand, après la lecture de ces dernières pages, j'apprends que le cinquième volume (sorti le 8 juillet aux states, pas encore de date de sortie pour la France) se nomme "Victory of the Eagles", l'impatience se mêle au goût d'amertume. La saga "Téméraire" n'a visiblement pas fini de me captiver.
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Remarque de angelabeille du 23/09/10
J'ai dévoré les 4 livres en à peine 15 jours. Quand aura-t-on l'honneur... de pouvoir lire la suite ? Merci de tout coeur
Belly
Le 16 novembre 2009
Génial
Toujours aussi bien. La fin est déboussolante. Mais à quand la suite svpppp ?????
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BIBI
Le 21 novembre 2009
Tout simplement fabuleux !
Je suis une fan de Fantasy et j'ai lu tous les cycles parus chez France Loisirs et d'autres. Cette saga est de loin celle qui m'a complètement bouleversée. Peut-être qu'au fond de nous, on a envie de croire à l'existence de ces créatures merveilleuses que sont les dragons ! En tous cas, bravo à Naomi Novik. J'ai été bluffée. Et il me tarde vraiment de connaître la suite...
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Juju35
Le 26 février 2010
Bien Vu
Très intéressant grâce aux rebondissements. Les dragons deviennent "humains".
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matthias
Le 15 mai 2011
Quand éditez-vous la suite ?
Ceci est une question pour le modérateur: dans quel catalogue allons nous avoir le plaisir de lire la suite des aventures de Téméraire ? Puisque vous avez commencé à éditer cette série, ce serait anti professionnel et non commercial de votre part de vous arrêter alors que rien n'est terminé, bien au contraire. Merci de nous répondre avec précision.
Réponse du modérateur : Le tome 5 devrait paraître au mois d'octobre prochain.
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Bubulle
Le 15 mai 2011
Original, on y croit !
Saga tres originale ! J'étais un peu dubitative au début mais on y prend vite goût, c'est vraiment sympa. A quand la suite, ça devient long !
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Naomi Novik est née à New York en 1973. D'origine polonaise, elle a été bercée par les contes d'Europe de l'Est et Le Seigneur des anneaux. Diplômée de littérature anglaise et d'informatique, elle a participé au design et au développement du jeu vidéo d'heroïc-fantasy Neverwinter Nights : Shadows of Undrentide. Après cette expérience, elle réalise qu'elle préfère la littérature à la programmation et se lance dans l'écriture des Dragons de Sa Majesté, premier tome de la série Téméraire, qui en compte déjà quatre. Passionnée de fantasy, mordue d'Histoire, elle porte un grand intérêt à la période napoléonienne et a un penchant tout particulier pour Patrick O'Brian et Jane Austen.
En avril 2007, elle a reçu le prix du Meilleur premier roman américain.
Extrait

1


— Tires en une autre, nom d'un chien, tire-les toutes à la fois s'il le faut ! hurla rageusement Laurence au pauvre Calloway, qui n'avait pourtant pas mérité de se faire houspiller ainsi.
Le canonnier tirait ses fusées si vite qu'il en avait les mains noircies, la peau craquelée et pelée à vif aux endroits où un peu de poudre s'était renversée sur ses doigts ; il ne prenait pas le temps de les essuyer avant d'allumer la mèche de la fusée suivante.
L'un des petits dragons français surgit de nouveau, allongea un coup de griffes au flanc de Téméraire, et cinq hommes tombèrent en hurlant tandis qu'un morceau du harnais de transport improvisé se décrochait. Ils disparurent aussitôt de la lueur des lanternes pour être avalés par la nuit ; le long cordon soyeux, simple rideau entortillé, se déroula souplement dans la brise et tournoya à leur suite, en s'effilochant aux deux extrémités. Un gémissement parcourut le reste des soldats prussiens désespérément cramponnés au harnais, bientôt suivi de jurons proférés à voix basse en allemand.
La gratitude qu'avaient éprouvée les soldats en échappant au siège de Dantzig n'était plus qu'un lointain souvenir : trois jours de vol sous une pluie glaciale, sans autre nourriture que celle qu'ils avaient pu fourrer dans leurs poches au tout dernier moment, sans aucun repos sinon quelques heures furtives passées sur une portion de côte hollandaise froide et marécageuse, et maintenant cette patrouille française qui les harcelait tout au long de cette nuit interminable ! Des hommes terrifiés à ce point pouvaient commettre n'importe quoi sous l'emprise de la panique ; bon nombre d'entre eux avaient encore leurs épées et leurs armes de poing, et ils étaient plus d'une centaine à bord, face à un équipage réduit à moins de trente hommes.
Laurence scruta le ciel à la lunette, guettant un miroitement d'ailes, un signal de reconnaissance. Ils étaient en vue du rivage, la nuit était claire : il pouvait distinguer les lumières des petits ports de la côte écossaise et entendre grossir en contrebas le grondement régulier du ressac. Leurs fusées devaient s'apercevoir depuis Édimbourg ; pourtant, aucun renfort ne se portait à leur rencontre, pas même un dragon courrier pour venir voir de quoi il retournait.
— C'était la dernière, monsieur, dit Calloway, toussant dans la fumée grise qui enveloppait son buste, tandis que la fusée s'éloignait très haut en sifflant.
La poudre éclairante explosa en silence au-dessus de leurs têtes, illuminant les moutons blancs des nuages et faisant miroiter les écailles des dragons dans toutes les directions : Téméraire tout en noir, les autres dans des couleurs plus vives, que la lueur bleutée réduisait à autant de nuances de gris. La nuit bruissait d'ailes : une douzaine de dragons regardèrent par-dessus leur épaule en rétrécissant leurs pupilles fendues ; d'autres suivaient, tous chargés d'hommes, tandis que la poignée de petits dragons français piquaient et remontaient parmi eux.
Tout cela n'apparut qu'un instant, puis le coup de tonnerre de la détonation retentit avec un léger retard, après quoi la lueur de la fusée s'estompa rapidement. Laurence compta jusqu'à dix, une fois, deux fois ; toujours pas la moindre réponse du rivage.
Enhardis, les Français revinrent à l'assaut. Téméraire décocha un coup de patte qui aurait pu proprement estourbir le petit Pou-de-Ciel, mais dans un geste très lent, de crainte de faire encore tomber quelques-uns de ses passagers ; leur adversaire l'esquiva avec une aisance méprisante et s'éloigna en cercle pour guetter la prochaine occasion.
— Laurence, dit Téméraire en regardant autour de lui, où sont-ils tous passés ? Je sais que Victoriatus se trouve à Édimbourg ; il pourrait tout de même venir nous aider. Nous l'avons bien secouru, après tout, quand il était blessé ! Non que j'aie besoin de renfort contre ces petits dragons, ajouta-t-il en redressant le cou dans un craquement de vertèbres. Mais ce n'est pas très commode de se battre lorsque l'on est aussi chargé.
C'était une manière bien courageuse de peindre la situation : ils ne pouvaient pratiquement pas se défendre et Téméraire, qui subissait le gros des attaques, saignait déjà par de nombreuses blessures aux flancs que l'équipage se trouvait incapable de panser, tant ils étaient nombreux à bord.
— Emmène-nous simplement vers la côte, dit Laurence, faute de meilleure réponse à lui donner. Je vois mal la patrouille nous poursuivre au-dessus des terres, ajouta-t-il, sans vraiment croire à ce qu'il disait.
Il n'aurait jamais imaginé non plus qu'une patrouille française pût s'approcher aussi près du rivage sans être inquiétée ; et il préférait ne pas songer à la manière dont il débarquerait un millier d'hommes effrayés, épuisés, sous le bombardement ennemi.
— J'essaie ; si seulement ils voulaient bien cesser de riposter, se désola Téméraire d'une voix lasse avant de se remettre à l'ouvrage.
Arkady et sa bande de dragons des montagnes, enragés par le harcèlement de la patrouille, se retournaient sans arrêt en plein vol pour tenter d'atteindre les petits dragons français ; dans leurs contorsions, ils jetaient bas plus de soldats prussiens que l'ennemi n'aurait pu en faire tomber. Leur négligence était sans malice : les dragons sauvages n'avaient guère l'habitude des hommes, à l'exception des bergers hostiles, et considéraient leurs passagers comme un vulgaire fardeau ; mais, avec ou sans malice, ils faisaient de nombreuses victimes. Seule une vigilance constante permettait à Téméraire de limiter les dégâts ; c'est pourquoi il volait sur place au-dessus de la ligne des dragons, les cajolant et les houspillant tour à tour, encourageant les autres à aller de l'avant.
— Non, non, Gherni ! lança Téméraire en plongeant donner une tape à la petite dragonne bleu et blanc.
Elle avait fondu sur le dos d'un Chasseur-Vocifère français tout surpris : un courrier d'à peine quatre tonnes, incapable de supporter sa frêle carcasse et qui tombait comme une pierre en dépit de ses battements d'ailes frénétiques. Gherni avait déjà planté ses crocs dans le cou du dragon et secouait la tête d'avant en arrière avec une énergie féroce ; pendant ce temps, les Prussiens suspendus à son harnais s'agitaient juste au-dessus de l'équipage français, en rangs si serrés que chaque tir ennemi ne pouvait manquer d'abattre son homme.
En cherchant à lui faire lâcher prise, Téméraire se découvrit et le Pou-de-Ciel s'engouffra dans la brèche ; cette fois-ci, il s'approcha suffisamment pour viser le dos. Ses griffes passèrent si près que Laurence y vit goutter le sang noir de Téméraire quand le dragon français reprit du champ ; sa main se crispa sur son pistolet, vainement.
— Détachez-moi, détachez-moi !
Iskierka se débattait furieusement dans les liens qui la plaquaient contre le dos de Téméraire. La petite Kazilik deviendrait bientôt une adversaire avec laquelle il faudrait compter ; dans l'immédiat, cependant, sortie de l'œuf depuis à peine un mois, elle restait trop jeune et inexpérimentée pour représenter un vrai danger pour quiconque, hormis elle-même. Ils avaient fait de leur mieux pour l'immobiliser, à grand renfort de cordes, de chaînes et de sermons, mais ces derniers furent carrément ignorés et pour le reste, en dépit d'une alimentation quelque peu irrégulière ces derniers jours, elle avait encore grandi de cinq pieds durant la nuit : ni les cordes ni les chaînes n'étaient plus d'une grande utilité.
— Tiens-toi tranquille, pour l'amour du ciel ! s'exclama désespérément Granby.
Il pesait de tout son poids sur les lanières pour l'empêcher de redresser la tête. Allen et Harley, les jeunes vigies postées sur les épaules de Téméraire, durent s'écarter vivement pour éviter les jambes de Granby que la dragonne secouait comme un fétu. Laurence desserra ses sangles et se mit debout, les talons plantés contre la bosse de muscles à la base du cou de Téméraire. Il attrapa Granby au vol par la ceinture de son baudrier et parvint à le maintenir à peu près droit, mais les sangles de cuir, tendues comme des cordes de violon, vibraient sous la contrainte.
— Mais je suis sûre de pouvoir l'arrêter ! insista Iskierka, tordant le cou pour essayer de se dégager.
Des flammes impatientes s'échappaient de ses crocs tandis qu'elle s'efforçait une fois de plus de bondir vers le dragon ennemi. Mais le Pou-de-Ciel, en dépit de sa petite taille, restait largement plus grand qu'elle et il était trop expérimenté pour s'effrayer si facilement ; ricanant, il vira sur l'aile afin d'exposer son ventre brun moucheté, avec une nonchalance insultante.
— Oh ! s'indigna Iskierka.
Elle banda ses muscles, folle de rage ; les protubérances épineuses de son dos sinueux se mirent à cracher de la vapeur et, d'une poussée formidable, la dragonne se dressa sur son arrière-train. Laurence sentit les sangles lui échapper des doigts et, machinalement, ramena sa main endolorie contre sa poitrine. Granby se retrouva suspendu en l'air, impuissant, accroché au collier d'Iskierka, tandis qu'elle vomissait un torrent de flammes : fines, blanches et jaunes, brûlantes au point que l'air parut onduler et se recroqueviller tout autour, elles tracèrent une bannière flamboyante sur le ciel nocturne.