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Téméraire, tome 3 : Par les chemins de la soie
Téméraire, tome 3 : Par les chemins de la soie
Naomi Novik
496 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 275352
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Au lieu de 19,90  (prix public)
Disponible
Résumé
Après leurs périlleuses aventures en Chine, le capitaine Will Laurence, des Aerial Corps, et son extraordinaire dragon Téméraire sont interceptés à Macao par un mystérieux émissaire porteur d'un ordre urgent de Sa Majesté.
Trois œufs de dragons d'une valeur inestimable ont été acquis auprès de l'Empire ottoman. Laurence et Téméraire sont sommés de faire un détour par Constantinople afin de les convoyer jusqu'en Angleterre. Le temps presse : leur mission doit être menée à bien avant l'éclosion des œufs.
Mais le désastre guette à chaque étape : la faute aux machinations diaboliques de Lien, la dragonne blanche, qui tient Téméraire pour responsable de la mort de son maître et qui a fait vœu de s'allier à Napoléon pour se venger.
Confrontés à une incroyable défection à l'endroit le plus inattendu, Laurence, Téméraire et leur équipage sont contraints de passer à l'offensive. Mais quelle chance ont-ils, face à l'armée implacable de Bonaparte ?
Le mot de Peter Jackson
« Dès les premières pages, j'ai vu l'univers de Téméraire s'animer sous mes yeux. »

Peter Jackson
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
Le 03 janvier 2010
Trop bien
Ce livre est magnifique comme les 3 autres sortis avant. La relation entre Lorence et Téméraire est remarquable. Eragon est très mauvais. Il y a tout le temps quelque chose et on ne s'ennuie jamais. J'ai vraiment hâte que le tome 5 sorte en français !!!
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pooky40
Le 23 novembre 2010
Très bon livre
Tout comme les tomes précédent, ce tome 3 se dévore et on a hâte, quand on l'a fini, de passer à la suite ! J'avais acheté les 4 tomes d'un coup donc j'ai pu satisfaire ma curiosité rapidement ;-)
Il y a 1 commentaire associé à cet avis.
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Remarque de jacques LAUNAY du 14/12/10
Et donc attendre les autres tomes nombreux et insipides des mois et des années, merci France.... Loisirs !
Naomi Novik est née à New York en 1973. D'origine polonaise, elle a été bercée par les contes d'Europe de l'Est et Le Seigneur des anneaux. Diplômée de littérature anglaise et d'informatique, elle a participé au design et au développement du jeu vidéo d'heroïc-fantasy Neverwinter Nights : Shadows of Undrentide. Après cette expérience, elle réalise qu'elle préfère la littérature à la programmation et se lance dans l'écriture des Dragons de Sa Majesté, premier tome de la série Téméraire, qui en compte déjà quatre. Passionnée de fantasy, mordue d'Histoire, elle porte un grand intérêt à la période napoléonienne et a un penchant tout particulier pour Patrick O'Brian et Jane Austen.
En avril 2007, elle a reçu le prix du Meilleur premier roman américain.
Extrait

1


Il soufflait sur Macao un vent tiède et paresseux qui, loin de rafraîchir, se contentait de brasser des remugles de sel pourri, de carcasses de poissons et de monceaux d'algues rouges et noires, auxquels s'ajoutaient les effluves des déjections humaines et draconiques. Même les marins venaient s'asseoir en masse contre la lisse de l'Allegiance afin de respirer un peu d'air en mouvement, serrés les uns contre les autres pour avoir de la place. Une brève bousculade éclatait de temps à autre, un échange de bourrades sans conviction, mais ces querelles s'éteignaient presque aussitôt sous la chaleur impitoyable.
Téméraire gisait tristement sur le pont d'envol, le regard fixé sur la brume blanche de l'océan, tandis que les aviateurs de service somnolaient à demi dans son ombre. Laurence lui-même avait sacrifié toute dignité au point d'ôter sa veste, profitant de ce qu'il était assis au creux de la patte avant de Téméraire et dissimulé à la vue.
— Je suis sûr que je pourrais tirer le vaisseau hors du port, affirma Téméraire pour la dixième fois depuis une semaine.
Il soupira de voir ce plan refusé une fois de plus : par temps calme, il aurait peut-être pu tracter le gigantesque navire de transport, mais contre un vent de face, il n'aurait fait que s'épuiser en vain.
— Tu ne pourrais pas nous tirer très loin de toute façon, ajouta Laurence pour le consoler. Quelques milles feraient peut-être une différence en pleine mer mais, pour l'instant, mieux vaut rester au port, où nous sommes un peu plus à notre aise ; nous n'avancerions guère, même si nous parvenions à sortir.
— Il est vraiment dommage de devoir continuellement attendre le vent, alors que tout le monde est prêt et nous aussi, déplora Téméraire. Je voudrais rentrer chez nous bientôt ; nous avons tant de choses à faire.
Il martela le pont avec sa queue pour souligner son propos.
— Ne t'attends pas à des miracles, je t'en prie, lui dit Laurence sans se faire d'illusions — ses incitations à la modération n'avaient guère été suivies d'effet jusqu'ici, et il ne pensait pas qu'il en irait différemment cette fois-ci. Tu dois apprendre à endurer de longues attentes ; chez nous comme ici.
— Oh ! je saurai me montrer patient, dit Téméraire.
Mais il s'empressa de dissiper le maigre espoir qu'aurait pu nourrir Laurence à l'énoncé de cette promesse en ajoutant — sans y voir la moindre contradiction :
— Mais je suis tout à fait convaincu que l'Amirauté se rendra très vite à la justesse de notre argument. Il n'est que justice que les dragons soient payés, après tout, puisque nos équipages le sont.
Ayant pris la mer dès l'âge de douze ans, avant que les caprices de la fortune le fissent capitaine d'un dragon plutôt que d'un vaisseau, Laurence connaissait bien les gentilshommes du conseil de l'Amirauté qui supervisaient aussi bien la Navy que les Corps ; or le sens aigu de la justice n'était pas leur caractéristique dominante. Leurs responsabilités semblaient plutôt les dépouiller de toute bienséance comme de vraies qualités humaines : simples créatures politiques sournoises et mesquines, presque tous autant qu'ils étaient. La condition infiniment plus enviable des dragons chinois avait contraint Laurence à ouvrir les yeux sur les défauts de leur traitement en Occident, mais quant à faire partager ces vues à l'Amirauté, surtout si elles devaient coûter le moindre penny, il n'était guère optimiste.
Quoi qu'il en fût, il ne pouvait s'empêcher d'espérer secrètement qu'une fois de retour en Angleterre dans leur base de la Manche, engagé de nouveau dans l'honnête labeur consistant à défendre leur pays, Téméraire pourrait, sinon renoncer à ses objectifs, du moins les tempérer. Laurence ne trouvait rien à redire à ses récriminations, qui lui paraissaient naturelles et parfaitement fondées ; mais l'Angleterre était en guerre, après tout, et contrairement à Téméraire, il était conscient de l'impudence qu'il y aurait à exiger des concessions de la part de leur gouvernement dans de telles circonstances : cela s'assimilait presque à de la mutinerie. Néanmoins, il avait promis son soutien et ne le retirerait pas. Téméraire aurait fort bien pu rester en Chine, à jouir du luxe et de la liberté qui étaient son héritage en tant que Céleste. C'était pour Laurence qu'il retournait en Angleterre, ainsi que pour améliorer le sort de ses compagnons d'armes : en dépit de ses doutes, Laurence pouvait difficilement soulever une objection directe, même si, par moments, le fait de se taire lui semblait presque malhonnête.
— Il est très astucieux de ta part d'avoir suggéré que nous commencions par la question de la solde, continua Téméraire, remuant le couteau dans la plaie. (Laurence avait fait cette proposition surtout parce qu'elle lui paraissait moins radicale que beaucoup d'autres émises par Téméraire, comme la démolition de quartiers entiers de Londres afin de les reconstruire à l'échelle des dragons, ou l'envoi de représentants draconiques au Parlement, qui, outre la difficulté de les faire entrer dans le bâtiment, aurait certainement pour conséquence la fuite immédiate de tous ses membres humains.) Une fois que nous serons payés, je suis sûr que tout le reste deviendra plus facile. Nous aurons de l'argent, que les gens apprécient tellement, pour nous acheter tout ce que nous voudrons ; comme ces cuisiniers que tu as engagés pour moi. Cette odeur est délicieuse, ajouta-t-il, passant du coq à l'âne.
La riche odeur de viande calcinée devenait si forte qu'elle en noyait la puanteur du port. Laurence fronça les sourcils en baissant les yeux : la cuisine se situait directement sous le pont d'envol, et des rubans de fumée, larges et plats, s'échappaient d'entre les planches.
— Dyer, appela-t-il en faisant signe à l'un de ses cadets d'approcher, allez donc voir ce qu'ils fabriquent là-dessous.
Téméraire avait pris goût à une alimentation à la chinoise que le maître de timonerie britannique, accoutumé à fournir uniquement du bétail fraîchement abattu, était bien incapable de lui procurer. Laurence avait donc dû dénicher deux cuisiniers chinois prêts à quitter leur pays en contrepartie de gages substantiels. Ne parlant pas un mot d'anglais, ces nouvelles recrues savaient néanmoins s'affirmer ; la jalousie professionnelle du cuisinier du bord et de ses assistants avait failli déclencher une bataille rangée pour le contrôle des fourneaux, et engendré une certaine atmosphère de compétition.
Dyer descendit au petit trot l'escalier du pont d'envol et ouvrit la porte de la cuisine : un énorme nuage de fumée se déversa au-dehors, immédiatement suivi d'une clameur et de cris « Au feu ! » des vigies postées dans la mâture. L'officier de quart secoua frénétiquement la cloche, faisant tinter et résonner le battant.
— Aux postes d'incendie ! cria Laurence, envoyant ses hommes à la manœuvre.
Toute léthargie brusquement dissipée, les marins se ruèrent sur les seaux et les bassines ; deux gaillards intrépides plongèrent dans la cuisine et en ressortirent des corps inertes : ceux des aides cuisiniers, des deux Chinois et de l'un des mousses. Aucun signe du cuisinier lui-même, en revanche. Les seaux passaient déjà de main en main, remplis à ras bord, sous les rugissements du bosco qui martelait le mât de misaine avec sa canne pour donner le rythme, avant d'être vidés l'un après l'autre par les portes de la cuisine. Mais la fumée continuait à s'échapper en volutes, plus épaisse désormais, par les moindres interstices du pont, et les bittes du pont d'envol devinrent brûlantes : un cordage enroulé autour de l'une d'elles commençait à fumer.
Le jeune Digby, prompt à réagir, prit la tête des enseignes : les garçons s'empressèrent de détacher le cordage, ravalant des cris de douleur lorsque leurs doigts entraient en contact avec le métal. Le reste des aviateurs s'alignaient contre la lisse, hissant le long de la coque des seaux d'eau qu'ils renversaient directement sur le pont d'envol : de la vapeur s'élevait en nuages blancs, laissant une croûte de sel grise sur les planches qui se déformaient en craquant et gémissant comme une foule de vieillards. Le goudron fondait entre les fissures, roulant sur le pont en longues traînées noires d'où montait une odeur âcre de calcination. Téméraire, dressé sur ses quatre pattes, dansait d'un pied sur l'autre afin d'éviter de se brûler ; pourtant, Laurence l'avait vu s'étendre avec délices sur des pierres recuites au soleil de midi.
Le capitaine Riley s'agitait parmi ses hommes en sueur, criant des encouragements au milieu du ballet des seaux, mais le timbre de sa voix trahissait son désespoir. Le feu était trop fort, le bois trop sec après son long séjour au port sous une chaleur accablante ; et les cales regorgeaient de marchandises en vue du voyage de retour : porcelaines délicates emballées dans des caisses bourrées de paille, balles de soie, toile de voile toute neuve destinée aux réparations. Que l'incendie s'étende quatre ponts plus bas et le navire ne tarderait pas à s'embraser jusqu'à la sainte-barbe, et à exploser.