Uchronie dragonique et intrigues politiques
Pour rappel, l'histoire de Téméraire se passe dans un monde très proche du nôtre, à l'époque des guerres napoléoniennes. La seule différence est que les dragons existent, sont presque communs, utilisés à usage civil (courrier & co, avec de petits spécimens rapides) ou militaire (mais ici, pas de draconier en solo sur sa bête : on parle bien d'un vaisseau de combat volant, avec son filet ventral, son équipage d'une vingtaine d'aviateurs de l'Aerial Corps, des tireurs, un toubib et un capitaine), avec des scènes uniques de batailles navales et aériennes où l'abordage peut se faire de pont à pont... ou de dos de dragon à dos de dragon ! En bref, vous aurez compris, je suis fan. Le premier se suffisait à lui-même. Le second nécessitera la lecture de son prédécesseur, étant sa suite quasi directe. Mais il me laisse tout aussi enthousiaste. Pour résumer : après la victoire des Aerial Corps britanniques contre le débarquement aéroporté de Napoléon à Douvres, Laurence pense pouvoir prendre un peu de repos, profitant du coup d'éclat de son dragon (qui s'est révélé être un Céleste Chinois, race n'étant pas vouée à combattre mais à accompagner la famille impériale de Chine). C'est sans compter sur la visite du fils cadet de l'Empereur de Chine, venu avec sa délégation pour récupérer le dragon.
Craignant une possible alliance du pays de la soie avec la France (qui dispose déjà d'avantages commerciaux notables, suite à un échec de la précédente ambassade britannique envoyée sur place), le gouvernement britannique est tout disposé à faire pression sur Laurence pour qu'il abandonne son dragon. Mais c'est sans compter sur le caractère bien trempé et possessif de Téméraire, refusant tout net d'abandonner celui qu'il a choisi à la naissance. Afin d'éviter l'incident diplomatique, Laurence décide d'accepter la proposition de l'ambassadeur anglais : partir avec Téméraire et son équipage jusqu'en Chine pour raccompagner le cadet de l'Empereur et être présenté à la capitale, où on jugera de son statut. Entre entourloupes, mésaventures, embuscades, manipulations et pirouettes diplomatiques, ce deuxième volume est un petit bijou. La première (très) grosse moitié du livre se passe sur le transporteur naval faisant trajet de l'Angleterre jusquà la Chine, où Laurence retrouvera son pied marin et l'uniforme qu'il a autrefois porté. Avec la rivalité constante entre les aviateurs et les marins, ainsi que le feu aux poudres mis par la présence du deuxième fils de l'Empereur Chinois, ça fleurait bon la tension, les coups fourrés, sans grand acte de bravoure (on notera assez peu d'action au final dans ce tome) mais on savoure l'ambiance à la Master and Commander dont on aurait pu reprocher l'absence au premier tome. La deuxième partie sera en Chine, où les intrigues politiques et les manipulations atteindront leur paroxisme. Je ne vous donne pas plus de détail, je vous en laisse la surprise. On assiste à un final déroutant mais crédible, faisant fi des clichés habituels et donnant plus dans la politique. On regrettera que la fin soit un poil précipitée, également, mais les réponses apportées par ce tome à certains éléments pour lesquels on aurait pu se poser des questions dans "les Dragons de sa Majesté" trouvent des réponses parfaitement cohérentes. En bref : j'ai acheté le 3 et le 4 dans la foulée, je suis emballé à un point assez fou. Vivement plus d'informations sur la rumeur galopante (et confirmée) d'adaptation en film par Peter Jackson, qui s'est révélé très intéressé par le thème.