Accueil Livres Suspense-SF Fantastique, SF, Fantasy Téméraire, tome 1 : Les dragons de sa Majesté
Téméraire, tome 1 : Les dragons de sa Majesté
Naomi Novik
480 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 275330
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Au lieu de 19,90  (prix public)
Disponible
Résumé
Les guerres napoléoniennes font rage. Le jeune capitaine Will Laurence vient de capturer une frégate française et sa cargaison : un veuf de dragon très rare. Les dragons sont utilisés dans les combats aériens par la plupart des nations. Mais celui que va découvrir Will n'est pas tout à fait comme les autres...
Ainsi commence l'histoire d'une amitié indéfectible entre le fabuleux dragon Téméraire et son jeune pilote. Ensemble, ils vont devoir lutter contre un Bonaparte plus audacieux que jamais !
Les internautes ayant commandé Téméraire, tome 1 : Les dragons de sa Majesté ont également choisi
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :12
Le 09 novembre 2009
Surprenant
J'adore les histoires de dragons et je n'avais encore jamais lu de dragons mêlés à des guerres napoléoniennes ! Dès les premiers chapitres, je m'attendais presque à voir la guerre éclater en bas de ma fenêtre tant le réalisme et l'écriture sont bien faits ! Les dragons ont entièrement leur place dans ce livre. Il est très bien écrit, très facile à lire et c'est un incroyable voyage !
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Kelein
Le 12 août 2009
Une agréable surprise
Un peu dubitatif au début, j'ai plus acheté ce livre par curiosité (ce n'est pas tous les jours que l'on mêle dragons et guerres napoléoniennes). La surprise fut de taille : je l'ai dévoré. Très bien écrit, extrêmement précis, la façon dont les dragons sont décrit et classifiés est réellement impressionnante, et les scènes de batailles sont époustouflantes. Un livre à lire, c'est un magnifique voyage.
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M131
Le 13 juillet 2009
Un livre à lire
Livre facile à lire et très dynamique. Un bon mélange entre histoire est fantasy. Petit point noir : des omissions qui coupent un peu trop la lecture et qui laissent un certain vide à certains moments.
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Pat
Le 23 octobre 2009
J'addoooooooooooorrrrrrrrrrreeeeeeeee !
J'ai acheté ce livre par pur hasard, en lisant le résumé sur France Loisirs. Je voulais, depuis longtemps, lire de la fantasy, mais j'hésitais toujours. Je me suis donc lancée avec cette série et je ne le regrette absolument pas ! Les dialogues de Téméraire sont vraiment Excellents. Je veux le même dragon !!! Je suis fan de cette série qui nous emporte loin de notre quotidien. Je lisais pendant des nuits entières, impossible à lâcher !
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Sharkalone
Le 06 novembre 2009
A découvrir
J'étais dubitatif devant le sujet et même après avoir lu l'extrait sur le site, mais ce livre est une agréable surprise. Un mélange savoureux d'histoire et de fantasy. A commander et à recommander.
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mapexia
Le 01 mars 2010
Les dragons
J'ai adoré Téméraire, on se plonge dans cette saga avec la naissance de Téméraire, histoire fantasy et pourtant on aimerait que cela fut réel, et pourquoi pas ? La Chine, ce pays si proche de la culture dragonique, on aime, on dévore, on y croit presque tellement l'histoire se mélange à la vraie, on rit, on pleure, on les porte toujours plus loin dans leurs aventures. A lire pour les fanas de fantasy.
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VANH timothée
Le 29 octobre 2009
Formidable
C'est simple, une fois commencé, on ne s'arrête plus jusqu'à la fin. Facile et précis sur l'historique.
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CARTAPATTI AURELIE
Le 19 février 2010
Génial
Une idée surprenante, un très bon livre !
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link11
Le 20 janvier 2010
Bon livre
Cette série, je l'ai lue en 2 semaines pratiquement, c'est tellement bien que je n'ai pas vu les pages défiler, vivement le tome 5 !
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Soalana
Le 08 février 2012
Ca vaut le coup
Une jolie uchronie, très bien documentée. Pour les fans de Mac Caffrey, le lien avec les dragons y ressemble beaucoup, mais placer les personnages au centre des guerres Napoléoniennes, voilà qui est original et finalement, ça s'intègre très bien. Personnages attachants, intrigues palpitantes, et chaque tome transporte le lecteur dans un contexte différent. Chaque tome possède sa propre intrigue, ce n'est pas l'une de ces séries qui ne doit être lue qu'en entier pour être appréhendée. A ne pas louper.
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Nefertari
Le 22 mars 2012
Splendide !
J'ai fait mes premiers pas dans la fantasy avec la Trilogie de Magicien Noir que j'ai adoré, mais j'avais aussi une vue sur la saga Téméraire. J'ai terminé le tome 1, il y a quelques jours et entame avec enthousiasme le second. J'adore Laurence et son dragon Téméraire. Leur relation me passionne ; si bien que j'ai profité de l'offre de France Loisirs en achetant tous les tomes disponibles, soit jusqu'au cinquième. Je me fais une joie de suivre leurs aventures. Bien sûr, la partie sur la guerre et Bonaparte m'a plutôt fait peur au début, mais l'histoire est bien centrée sur nos deux valeureux guerriers ; le Corse et son armée ne font que les mettre en valeur. N'hésitez pas à lire au moins le tome 1... Vous verrez : vous aussi, vous voudrez un dragon !
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Hikory
Le 05 avril 2012
Grandiose
Ayant un faible pour les histoires de dragons, j'ai voulu tenter l'aventure Téméraire et je ne le regrette absolument pas ! L'histoire est captivante, on se surprend à la vivre en même temps que les héros tant le style de l'auteure est fluide, prenant, on finit par s'attacher aux dragons, à aimer ou haïr leurs pilotes... Le tout sur un fond historique qui se prête parfaitement à l'histoire ! Une magnifique aventure !
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Naomi Novik est née à New York en 1973. D'origine polonaise, elle a été bercée par les contes d'Europe de l'Est et Le Seigneur des anneaux. Diplômée de littérature anglaise et d'informatique, elle a participé au design et au développement du jeu vidéo d'heroïc-fantasy Neverwinter Nights : Shadows of Undrentide. Après cette expérience, elle réalise qu'elle préfère la littérature à la programmation et se lance dans l'écriture des Dragons de Sa Majesté, premier tome de la série Téméraire, qui en compte déjà quatre. Passionnée de fantasy, mordue d'Histoire, elle porte un grand intérêt à la période napoléonienne et a un penchant tout particulier pour Patrick O'Brian et Jane Austen.
En avril 2007, elle a reçu le prix du Meilleur premier roman américain.
Extrait

1


Le pont du vaisseau français, ruisselant de sang, montait et descendait sur la mer agitée ; chaque coup pouvait aussi bien faire tomber celui qui l'assénait que celui qui le recevait. Dans le feu de l'action, Laurence n'eut guère le temps de s'étonner de la résistance qu'ils rencontraient, mais même à travers la brume de la fièvre guerrière, dans la confusion des épées et la fumée des pistolets, il put remarquer l'angoisse extrême sur le visage du capitaine français alors que ce dernier criait des encouragements à ses hommes.
Cette angoisse était toujours présente peu de temps après, lorsqu'ils se rencontrèrent sur le pont et que l'homme lui remit son épée, bien à contrecœur : au dernier moment, sa main se referma à demi sur la lame, comme s'il avait l'intention de la reprendre. Laurence leva les yeux pour s'assurer que les couleurs avaient bien été amenées, puis accepta l'épée sans un mot, avec une simple courbette ; lui-même ne parlant pas le français, un échange plus protocolaire devrait attendre la présence de son troisième lieutenant, présentement occupé à sécuriser les canons dans l'entrepont. Avec la cessation des hostilités, les Français survivants se laissaient pratiquement tomber sur place ; Laurence nota qu'ils étaient moins nombreux qu'on aurait pu s'y attendre pour une frégate de trente-six pièces et qu'ils semblaient malades, les joues creuses.
Bon nombre d'entre eux gisaient, morts ou agonisants, sur le pont. Secouant la tête devant un tel désastre, Laurence toisa le capitaine français d'un air désapprobateur : l'homme n'aurait jamais dû accepter le combat. Non seulement l'Amitié était surclassée en canons et en hommes, mais son équipage était manifestement diminué par la maladie ou la faim. Par-dessus le marché, ses voiles se trouvaient tout emmêlées, non pas du fait de la bataille, mais à cause de la tempête qu'elle avait essuyée le matin même ; elle avait à peine réussi à tirer une bordée avant que le Reliant ne se range contre elle pour l'abordage. À l'évidence, son capitaine était profondément affecté par la défaite, mais ce n'était plus un jeune homme pour se laisser emporter par sa fougue ; il aurait dû songer davantage à son équipage au lieu de l'entraîner dans une action aussi désespérée.
— Monsieur Riley, dit Laurence en attirant l'attention de son deuxième lieutenant, chargez vos hommes de descendre les blessés dans l'entrepont. (Il accrocha l'épée du capitaine à sa ceinture ; il ne pensait pas que l'autre méritait qu'on la lui rendît, même s'il l'aurait fait d'ordinaire.) Et faites passer pour M. Wells.
— À vos ordres, monsieur, dit Riley en se détournant pour donner ses instructions.
Laurence s'avança jusqu'à la rambarde pour examiner la coque et voir les dégâts qu'elle avait subis.
Elle paraissait raisonnablement intacte ; il avait ordonné à ses hommes d'éviter les tirs sous la ligne de flottaison. Il en conclut avec plaisir qu'ils ne devraient pas avoir de difficulté à ramener le vaisseau à bon port.
Quelques mèches s'échappèrent de son catogan quand il releva la tête et lui tombèrent dans les yeux. Il les repoussa d'un geste agacé, laissant des traces de sang sur son front et dans ses cheveux décolorés par le soleil ; ajouté à ses larges épaules et à sa figure sévère, ce détail lui conférait, tandis qu'il inspectait sa prise, un aspect sauvage très éloigné de son expression pensive habituelle.
Wells remonta de l'entrepont et se présenta devant lui.
— Monsieur, dit-il sans attendre qu'on l'interroge, je vous demande pardon, mais le lieutenant Gibbs prétend avoir trouvé quelque chose d'étrange dans la cale.
— Vraiment ? Je vais aller jeter un coup d'œil. Veuillez dire à ce monsieur, dit Laurence en indiquant le capitaine français, que je veux sa parole, pour lui comme pour son équipage, à défaut de quoi ils devront être confinés.
Le capitaine français ne répondit pas immédiatement ; il contemplait ses hommes avec une expression misérable. Ils ne s'en porteraient que mieux s'ils pouvaient demeurer en liberté dans l'entrepont, et toute tentative de reprendre son vaisseau semblait impossible dans les circonstances présentes ; pourtant, il hésita, rentra les épaules, puis déclara d'une voix rauque, l'air encore plus misérable :
Je me rends¹.
Laurence hocha brièvement la tête.
— Il peut retourner dans sa cabine, dit-il à Wells avant de se diriger vers la cale. Vous venez, Tom ? Parfait.
Il descendit, Riley sur ses talons. En bas, ils retrouvèrent le premier lieutenant qui les attendait. La tête ronde de Gibbs brillait de sueur et d'excitation ; c'était lui qui ramènerait la prise au port, et comme il s'agissait d'une frégate, il se verrait certainement confirmé à ce poste, élevé au grade de capitaine. Laurence ne s'en félicitait qu'à moitié ; bien que l'homme se fût toujours acquitté de son devoir de manière satisfaisante, il lui avait été imposé par l'Amirauté et ils n'étaient jamais devenus intimes. Laurence aurait voulu Riley en tant que premier lieutenant, et s'il avait été libre de ses choix, c'était Riley qui serait aujourd'hui en position de recevoir une promotion. Telle était la nature du service, et il ne faisait pas grief à Gibbs de sa bonne fortune ; néanmoins, il se serait réjoui avec plus de sincérité si c'était Tom qui avait obtenu un commandement.
— Très bien. Que se passe-t-il ? s'enquit Laurence.
Les matelots s'agglutinaient devant une cloison aménagée à l'arrière de la cale, négligeant le décompte des marchandises saisies avec le vaisseau.
— Si vous voulez bien vous approcher, monsieur, dit Gibbs. Faites place, ordonna-t-il aux matelots. Ces derniers se reculèrent, et Laurence vit qu'une porte s'ouvrait dans la cloison qui barrait le fond de la cale ; une cloison de construction récente, car ses planches étaient sensiblement plus claires que les autres.
Baissant la tête pour franchir la porte, il pénétra dans une petite pièce à l'allure étrange. Les parois intérieures étaient doublées de métal, ce qui avait dû considérablement alourdir le vaisseau, et le sol tapissé de voiles élimées ; de plus, un petit réchaud à charbon, éteint pour l'instant, se trouvait dans un coin. Le seul autre objet présent dans la pièce était une grande caisse, lui arrivant approximativement à la taille et tout aussi large, fixée au plancher et aux murs par d'épaisses aussières passées dans des anneaux de métal.
Laurence ne put s'empêcher de ressentir une vive curiosité ; après un bref conflit intérieur, il y céda.
— Monsieur Gibbs, je crois que nous allons regarder à l'intérieur, dit-il en s'écartant de la caisse.
Le couvercle avait été cloué avec soin, mais dut capituler devant les efforts des nombreux volontaires ; on le souleva, on ôta une première couche de paille qui protégeait le contenu, et plusieurs têtes se penchèrent simultanément au-dessus de la caisse pour voir dedans.
Personne ne dit mot. Laurence contempla en silence la courbe étincelante de la coquille qui émergeait de la paille. C'était à peine croyable.
— Allez informer M. Pollitt, dit-il enfin, d'une voix imperceptiblement tendue. Monsieur Riley, assurez-vous de la solidité de ces cordes, je vous prie.
Riley ne réagit pas immédiatement, trop occupé à écarquiller les yeux ; puis il bondit au garde-à-vous et dit en hâte :
— À vos ordres, monsieur.
Et il se pencha pour examiner les cordes.
Laurence s'approcha plus près afin d'observer l'œuf. Sa nature ne faisait guère de doute, même s'il n'avait aucune expérience directe en la matière. Passé le premier moment d'émerveillement, il tendit une main timide et caressa la surface, très prudemment : il la trouva lisse et dure au toucher. Il retira ses doigts presque aussitôt, par peur de l'abîmer.
M. Pollitt descendit dans la cale à sa façon malhabile, s'accrochant des deux mains à l'échelle et laissant partout de sanglantes empreintes de pas ; il n'avait rien d'un marin, étant devenu chirurgien naval à l'âge avancé de trente ans après avoir connu à terre quelque déconvenue non spécifiée. Il n'en demeurait pas moins un praticien de génie, très apprécié de l'équipage, même si ses mains n'étaient pas toujours des plus fermes sur la table d'opération.
— Oui, monsieur ? dit-il. (Puis il découvrit l'œuf.) Bonté divine !
— C'est donc bien un œuf de dragon ? demanda Laurence.
Il dut faire un effort pour réprimer la note de triomphe dans sa voix.
— Oh ! oui, capitaine, sa taille à elle seule l'atteste sans aucun doute. (M. Pollitt s'était essuyé les mains sur son tablier et s'affairait déjà à dégager la paille autour de l'œuf pour voir jusqu'où il s'enfonçait.) Mon Dieu, il a déjà beaucoup durci ; je me demande ce qu'ils avaient en tête, si loin de toute côte.
Voilà qui paraissait de bien mauvais augure.
— Durci ? s'inquiéta Laurence. Qu'est-ce que cela signifie ?
— Ma foi, qu'il ne devrait plus tarder à éclore. Il faudra que je consulte mes livres pour en avoir la certitude, mais je crois que le Bestiaire de Badke affirme avec autorité que lorsque la coquille a complètement durci, l'éclosion se produit dans la semaine. Quel splendide spécimen ! Je dois aller chercher mes cordons de mesure.
Il s'empressa de filer et Laurence échangea un regard avec Gibbs et Riley, se rapprochant pour leur parler sans être entendu des curieux à proximité.
— Au moins trois semaines pour rallier Madère par un vent favorable, qu'en dites-vous ? murmura-t-il.
— Au mieux, monsieur, approuva Gibbs avec un hochement de tête.
— Je n'arrive pas à comprendre ce qu'ils fichaient là avec ça, dit Riley. Qu'avez-vous l'intention de faire, monsieur ?
La satisfaction initiale de Laurence cédait la place au désarroi à mesure qu'il appréhendait toute la difficulté de la situation. Il continua à fixer l'œuf d'un regard inexpressif. Même à la lueur pâle des lanternes, son lustre avait l'éclat du marbre.
— Que je sois damné si je le sais, Tom. Mais je suppose que je peux commencer par rendre son épée à ce capitaine français ; pas étonnant qu'il se soit battu avec autant d'acharnement, en fin de compte.
En fait, il savait parfaitement quoi faire ; il n'y avait qu'une solution possible, aussi déplaisante fût-elle. Laurence assista en broyant du noir au transfert de l'œuf, toujours dans sa caisse, à bord du Reliant : il était le seul à afficher une mine maussade, à l'exception des officiers français. Il leur avait accordé la liberté de la plage arrière et ils suivaient le laborieux processus depuis la lisse, l'air sombre. Tout autour d'eux, des sourires plissaient les visages, des sourires d'exultation méchante, et on voyait beaucoup de bousculades parmi les matelots qui n'avaient rien à faire, avec force recommandations inutiles et autres conseils à l'adresse du groupe d'hommes en sueur chargé du transbordement.
Une fois l'œuf déposé en sécurité sur le pont du Reliant, Laurence fit ses adieux à Gibbs.
— Je vous laisse les prisonniers ; mieux vaut ne pas leur donner motif à quelque tentative désespérée de reprendre l'œuf, dit-il. Suivez-nous autant que possible. Toutefois, si nous sommes séparés, donnons-nous rendez-vous à Madère. Recevez mes félicitations les plus chaleureuses, capitaine, dit-il en serrant la main de Gibbs.
— Merci, monsieur, et si vous le permettez, je suis particulièrement sensible – particulièrement reconnaissant...
Mais à ce stade l'éloquence de Gibbs, qui n'avait jamais été son point fort, lui fit défaut ; il renonça et resta planté là, avec un sourire radieux à Laurence et au monde entier, débordant de bonne volonté.

1. En français dans le texte. (N.d.T.)