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Une guerre de trente ans ?
L'idée que la guerre de 1914 ne s'est pas achevée en 1918 mais en 1945 est défendue par de nombreux historiens. Cette théorie n'est toutefois pas admise par tout le monde : si l'on peut s'accorder sur le fait que la guerre a effectivement entraîné la naissance du communisme en Russie et du fascisme en Italie, les opposants à la « guerre de trente ans » soulignent que c'est la crise de 1929 qui a profondément déstabilisé l'Europe et conduit Hitler au pouvoir, ce petit agitateur qui ne réunissait que 6 % des voix en 1928… mais 37 % en juillet 1932. On peut aussi ajouter que la « guerre de trente ans » est une vision européenne puisque le second conflit mondial a commencé dès 1931 en Asie, avec l'agression japonaise sur la Chine, et l'affrontement – heureusement plus froid que chaud – s'est poursuivi entre URSS et États-Unis après 1945.
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Le dernier des poilus était un sans-papiers
Depuis 2007, ils n'étaient plus que deux vétérans de la Première Guerre mondiale, Louis de Cazenave et Lazare Ponticelli, engagés dans une lutte pour savoir qui aurait l'honneur des obsèques nationales promises par Jacques Chirac au dernier des derniers poilus de la der des der. Manque de chance, Cazenave est un pacifiste de tendance libertaire qui considère le patriotisme comme « une fumisterie », qui a refusé la Légion d'honneur en 1995 et qui se fait un plaisir d'embarrasser les autorités en préférant son petit caveau familial à la magnificence de l'hommage national. Il n'y aura pas de pied de nez à la République : le 20 janvier 2008, Cazenave s'éteint à l'âge de 110 ans. Le grand gagnant de ce compte à rebours macabre est donc Lazare Ponticelli, né en Italie en 1897 et venu en France sans un sou en poche à l'âge de 9 ans, sans papiers non plus et sans savoir lire ni écrire et encore moins parler français. Engagé dans la Légion étrangère en 1914, où il rejoint son frère aîné, il ne deviendra français qu'en 1939, à la veille de la guerre, pour être mobilisé afin de défendre une nouvelle fois son pays d'adoption. C'est ce qu'on appelle de la reconnaissance. Ecœuré de cette Grande Guerre – « on se battait contre des gens comme nous », se souvient-il –, il veut bien accepter une cérémonie nationale mais pas de Panthéon : « C'est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu'ils méritaient. » Il a trop vu de cadavres sans sépultures pour se repaître de gloriole. Décédé le 12 mars 2008, lui non plus n'a pas voulu lâcher son caveau familial.
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