Le nouveau jardin écologique
Le nouveau jardin écologique
Economie, diversité, naturel, facilité, plaisir
544 pages
Couverture souple. 21,5 x 27,5 cm
Réf : 272679
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Au lieu de 35,00  (prix public)
Epuisé
Résumé
Du plus près de la maison jusqu'au point le plus éloigné de votre terrain, c'est un jardin « à la carte » que cet ouvrage, à la fois guide pratique et somme encyclopédique, vous propose d'investir – grâce, en particulier, à plus de 500 fiches espèces. Des abords de la maison à la grande prairie fleurie, Le Nouveau Jardin écologique vous convie à une promenade dont la durée sera fonction de vos moyens, de votre disponibilité, de la surface à votre disposition. Fleurissement des terrasses et des massifs, culture des légumes et des arbres fruitiers, aménagement des allées, de l'espace sieste ou du coin piscine, installation d'un bassin, d'un poulailler ou d'un rucher... Les projets foisonnent, tout comme les conseils pratiques, dans le respect permanent et inconditionnel du vivant.
Pourquoi on l'a choisi
Cueillez les bienfaits de ce livre foisonnant. Découvrez 500 fiches d’espèces, un millier de photos et d’illustrations, mais surtout l’art de conjuguer au présent et futur les plaisirs du jardin. Selon vos moyens, espace, explorez tout ce que vous pouvez faire pousser ou construire (un poulailler !) en accordant vos désirs à la nature. Que de la bonne graine !
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Extrait

Les grands PRINCIPES


S'il est un principe qui doit guider le jardinier (ou la jardinière, bien entendu), c'est le respect de la vie qui se déploie dès qu'il a le dos tourné. En commençant par le sol, base de la fertilité. Or le jardinier cultive souvent l'amertume en se plaignant de « sa » terre : il n'en existe pas de mauvaise mais toutes ont leur caractère. Même constat avec les plantes. Jardiner, c'est signer un pacte avec la nature, pour le plus grand bien des humains puisque ce territoire est proche de nous et dédié à notre plaisir. Voici comment se décline ce grand principe jubilatoire.


JARDINEZ DANS LE PLAISIR
Le jardinage éveille parfois de mauvais souvenirs d'enfance : corvées de tonte, arrachage de mauvaises herbes, ramassage de feuilles mortes... Tout sauf du plaisir, alors que chacune de ces tâches peut donner lieu à de bons moments, à condition de savoir pourquoi on le fait, de prendre son temps et d'acquérir les gestes justes. Maintenant que vous voici aux commandes, restez vigilant : si ce que vous entreprenez devient pesant, le moment est venu d'arrêter. Cette pause sert à réfléchir à ce que vous faites, récupérer du tonus, vous redonner un but. Préparer le terrain devient un plaisir, et même le désherbage si vous lui fixez un début et une fin. Mais si vous ne vous en sentez pas le goût aujourd'hui, n'insistez pas, l'envie reviendra bien tôt ou tard.


AJUSTEZ VOS ENVIES
Le temps est au beau fixe, comme le moral : au programme, grande séance de jardinage ! Attention à l'excès, surtout si c'est au sortir de l'hiver. Pensez à vos articulations, allez-y en douceur. En priorité, écoutez votre corps et apprenez à travailler en souplesse : reprendre la gym à la reprise du printemps ; détecter les signes de fatigue quand le geste devient moins précis ; prévenir les petits bobos comme les ampoules après la première séance de taille-haie. Pratiquez aussi l'autodiscipline en vous contraignant à adopter les bons gestes, comme de plier les genoux au lieu de vous pencher pour soulever un poids... et sachez demander un coup de main quand cela s'impose. Autant de messages d'alerte qui veulent dire : là, j'en fais trop.
Si vous avez vu trop grand au départ, ajustez au fil des années en supprimant les causes d'ennui, progressivement. On peut tondre moins grâce à des mélanges de gazon particuliers, ou encore en remplaçant une partie de la pelouse par un couvre-sol très ras. Avant de vous lancer à corps perdu dans une tâche, tenez compte du temps disponible, car rien n'est plus pénible que d'abandonner un chantier en cours et surtout de le reprendre ensuite, en urgence et par obligation, cette fois-ci.


APPRENEZ LA PARESSE
Ce grand précepte, apparemment facile à suivre, contrarie bien des jardiniers. Pourtant, que le jardinage devient aisé quand on laisse la nature faire le travail à notre place dès que c'est possible ! Ouvrez les yeux et découvrez les semis spontanés ; apprenez à repérer les plantules intéressantes et profitez-en pleinement. Tailler la plupart des arbustes un an sur deux seulement est parfaitement tolérable, même pour les rosiers.
Parfois, le jardinier se complique l'existence en croyant bien faire : mieux vaut ne pas biner du tout si vous ne souhaitez pas voir apparaître une foule de germinations indésirables là où un simple paillage aurait suffi. Pour supprimer la corvée supplémentaire du brouettage des tontes et enrichir le sol en bon humus, pratiquez le recyclage localisé en déposant l'herbe coupée au pied des arbustes les plus proches. C'est un jeu d'enfant ensuite de l'étaler. Et puis, quel bonheur de voir le hérisson farfouiller dans le tas de feuilles oublié volontairement en automne ! Même type de réflexion pour le travail du sol : laissez les vers de terre ameublir la terre, ils le font gratuitement et 24 heures sur 24. Du coup, le vrai challenge devient : comment multiplier leur population ?

Réponse : en enrichissant la terre avec du compost et en paillant copieusement de mars à novembre. En termes d'énergie physique dépensée, vous serez largement gagnant.


TRANSFORMEZ UNE CONTRAINTE EN CHANCE
N'imitez pas ces jardiniers rabat-joie qui se plaignent de leur terre, du climat, du ciel et de la création entière. Il y a toujours des plantes adaptées à la situation. Si votre terre est caillouteuse et ne retient pas l'eau, pensez aux plantes de garrigue qui vont s'y régaler et oubliez les hortensias. Si l'argile domine, apprenez à détecter le bon moment pour planter et rêvez aux économies d'eau que cela signifie. Et si vous récupérez un jardin vierge ou bouleversé, à la suite de travaux par exemple, pensez aux plantes pionnières qui s'y installeront avec bonheur, avant de céder le terrain à d'autres. Résistez à l'idée : « c'est toujours mieux ailleurs », car on ne jardine pas correctement dans l'insatisfaction chronique.


PARTAGEZ VOS CONNAISSANCES...
...mais aussi vos doutes et vos erreurs, avec les voisins et amis. De tels échanges permettent de relativiser, de mettre en commun des observations, de mieux analyser les réussites comme les déboires, passionnants à décrypter. Partagez aussi les plants, tant que vous y êtes, y compris et surtout les plantes rares ou moyennement rustiques car ce qui va geler chez l'un peut traverser l'hiver chez l'autre.
Si votre voisin traite trop à votre goût, ne jouez pas au donneur de leçons mais montrez-lui concrètement comment s'en passer, par votre pratique. Faites-lui voir votre paillage qui évite bien des arrosages, le bon état de la terre en dessous, la santé des arbustes et plantes vivaces, et incitez-le à écouter le chant du rossignol. Le message finira bien par passer...


CONSIDÉREZ VOTRE JARDIN COMME UNE COMMUNAUTÉ
Votre jardin recèle d'une foule d'individus interagissant en permanence, et c'est tant mieux. Devant ce fourmillement, une seule attitude, le respect : on y va à petits pas. Avant d'arracher une plante spontanée, autrement dit une mauvaise herbe en langage de jardinier classique, demandez-vous si elle ne sert pas de base arrière à un prédateur de parasite, ou si ses graines sont appréciées des oiseaux. Même le puceron a sa place, tout comme la limace.
Leur multiplication indique un état du jardin, de sa faune globale (en attente de coccinelles ou de carabes ?), des phases critiques de la relation entre sol et plante : par exemple, un excès momentané d'azote. Oublions donc le mot « éradication » et apprenons à vivre avec ces espèces en les considérant comme des messagers... parfois un peu pique-assiette sur les bords !

L'ŒIL DU NATURALISTE

Le top 10 des « mauvaises herbes » les plus utiles pour la faune
En dépit de leur mauvaise réputation, les « herbes folles » sont dignes d'intérêt en fournissant des réserves nutritives aux oiseaux ou aux insectes, en accueillant des araignées et en contribuant à la biodiversité du jardin. Les 10 à tolérer en priorité (tout en les contrôlant) sont, par ordre alphabétique : la berce commune, les chénopodes, les cirses, la fumeterre officinale, le mouron des oiseaux, les orties, le pâturin, le pissenlit, la renouée des oiseaux et les trèfles.


INVESTISSEZ DÈS LE DÉPART
Si certaines tâches sont nécessaires, mieux vaut s'y coller en en faisant un chantier sympa, à plusieurs : mobilisation des troupes, conseil d'un professionnel, location de matériel et achats des matériaux programmés pour ne manquer de rien le jour J, sans oublier de quoi fêter la fin du boulot par une collation roborative.
Ce principe peut s'appliquer à des tâches mineures : il ne sert à rien de mettre un seul tuteur à un arbre (surtout un tuteur maigrelet) sinon à blesser son écorce, alors que trois le maintiendront impeccablement, avec une chambre à air de vélo récupérée. Plutôt que d'aller chercher du compost vert à la station de compostage, demandez un camion complet, ce sera moins cher au bout du compte. Une bonne bêche qui durera vingt ans coûte moins cher que trois mauvaises bêches.


AGISSEZ AU BON MOMENT
Facile à dire, penseront les débutants, mais vraiment essentiel pour s'éviter bien de la peine ensuite. C'est un peu comme en cuisine : pendant que mijotent certains morceaux, on épluche les légumes, on finit par la sauce, et au bout du compte, il ne s'agit que de s'organiser pour mener à bien plusieurs tâches en même temps. À une condition, il est vrai : avoir l'œil sur les casseroles, ici sur l'état des plantes. Rien ne remplace la promenade d'observation.

Fixez-vous des stratégies : semez dès que possible des vivaces faciles à vivre pour occuper rapidement le terrain libre, avant de passer aux autres vivaces, issues de division de touffes, souvent plus durables. Désherber trop tôt revient à désherber trois fois, mais désherber trop tard complique la tâche car les plantes sont plus solidement enracinées : on attendra que les pluies aient ameubli le sol... ou bien on arrose la veille. Planter trop tôt est souvent une perte de temps au printemps, car c'est la température des nuits qui favorise ou bloque la végétation. Se méfier aussi des dictons du style « à la Sainte Catherine, tout bois prend racine », la fin novembre s'avérant souvent le pire moment pour planter : octobre ou mars sont bien préférables, mais là encore tout dépend de la terre du jardin, du climat de la région, de la météo du jour... et de la plante.


FAITES VOS BÊTISES SUR LE PAPIER
Rater la composition d'un massif sur le papier est infiniment moins coûteux en temps et en argent que sur le terrain. Ce conseil vaut surtout pour un deuxième jardin, quand le jardinier n'est plus un complet débutant. La notion de cahier de jardin prend alors tout son sens : on y décrit au fil des jours les semis et plantations, les conditions météo, sans oublier les remarques sur l'état de la végétation et les bonnes idées glanées lors des promenades chez les amis. Le feuilleter en hiver, au moment où l'on repense son jardin, offre une source de réflexions et de solutions incomparable. Sur le papier, les projets sont instantanément modifiables. Faites des listes de plantes puis taillez de moitié pour ne prendre que les valeurs sûres ou celles qui présentent plus d'un mérite. Grosses économies dès le départ et plus bel effet de masse à l'arrivée.


CALEZ-VOUS SUR DES EXTRÊMES CLIMATIQUES
On est souvent tenté par les fleurs évocatrices de climat enchanteur, en oubliant celui de la région. Assumez pleinement les risques (avis aux amateurs d'oliviers au nord de la Loire), mais limitez ces coups d'éclat à quelques sujets et ne les disposez pas en plein milieu du jardin sinon leur piètre état à la suite d'un gel sévère apparaîtra comme une accusation permanente !

Même type de réflexion par rapport aux périodes de grande chaleur que le changement climatique semble nous promettre : une canicule peut mettre à mal vos semis ou repiquages s'ils sont tout récents, dispersés dans tout le jardin et en trop grand nombre. Que ferez-vous si le préfet interdit les arrosages et que vous n'avez pas paillé ? Anticipez sur le dérèglement des saisons en misant sur la matière organique du sol pour servir d'éponge et de régulateur.


FAITES PETIT ET BEAU DÈS LE DÉPART
Peu de gens apprécient la vision d'un chantier perpétuel. Arrangez-vous pour fractionner vos emballements en composant des scènes abouties à chaque séance. Ne commencez quelque chose de nouveau que si ce qui existe déjà est maîtrisé. Ce principe revient à faire l'éloge d'un certain minimalisme, car le plaisir n'est pas en proportion de l'ampleur des moyens mis en œuvre. Attention au « ça ne suffira pas », à l'envie de compliquer dès le départ, à la collectionnite déchaînée : dix rosiers éparpillés et malingres ne procurent pas dix fois plus de plaisir qu'un beau buisson parfaitement placé. Et commencez à jardiner au plus près de la maison, surtout pour les premiers légumes.