Une femme libre
Une femme libre
368 pages
Couverture cartonnée
Réf : 271337
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 19,90  (prix public)
Résumé
Une famille aimante, la beauté, la fortune : à dix-huit ans, Annabelle a tout pour être heureuse... Jusqu’au drame. Son père et son frère décèdent sur le Titanic. Pour oublier son chagrin, la jeune femme travaille dans les hôpitaux et épouse son meilleur ami, Josiah. Mais rien ne se passe comme prévu. Quand éclate la guerre, Annabelle fuit le New York huppé pour rejoindre la France des tranchées. 
Pourquoi on l'a choisi
Dans le tourbillon de 1914-1918, Annabelle, nouvelle héroïne de caractère, surmonte les épreuves, armée de son seul courage. Pour l’aventure et la romance, Danielle Steel n’a pas son pareil pour nous parler d’émotions. 
Avis Top Lecteur
« Un classique de Danielle Steel, une belle histoire, pour un beau roman. […] On se délecte des péripéties. On s'attache à l'héroïne, une femme qui ne se laisse pas abattre. »

Lucile Devaux
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :5
Le 02 mars 2011
Une femme libre
Déjà, j'aime lire, puis j"adore Danielle Steel, ce roman m'a passionnée et je l'ai lu rapidemant tellement il est une pure merveille pour moi.
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Necky
Le 29 avril 2011
Très belle histoire
Moi qui commençais à me lasser des histoires de D. Steel, là j'ai été enchantée ! Superbe histoire, plein de rebondissements, les personnages sont prenants. En un mot génial !
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bianca40
Le 25 avril 2011
J'ai adoré
Fan de Daniele Steel, j'ai automatiquement acheté ce livre, je l'ai lu très vite tellement c'est prenant, j'ai adoré !!!
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mumu15300
Le 05 mai 2011
J'adore...
Mais va-t-elle enfin réussir à être heureuse ??? Pourquoi personne ne veut la croire...? J'ai lu ce livre en 2 jours, trop prenant !!! Il fallait arriver au bout...
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beaseb60
Le 13 mai 2011
Terrible mais passionnant
Même si le début de ce roman est très dur à lire (comment rester insensible aux souffrances de cette fillette sans rien ressentir), le contenu de ce roman est tout simplement prenant. C'est le manque de temps qui a fait que je ne le lise pas d'une traite. J'ai eu beaucoup de mal à le laisser tellement il est passionnant. A lire absolument.
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Extrait

1

En ce matin du 14 avril 1912, Annabelle Worthington lisait tranquillement dans la maison de ses parents. Elle était assise dans la bibliothèque, dont les fenêtres donnaient sur un immense jardin clos. Preuve que le printemps pointait le bout de son nez, les jardiniers avaient planté des fleurs. Annabelle se réjouissait à l'idée que tout était prêt pour le retour de ses parents, dans quelques jours. L'imposante demeure où elle vivait avec son père, sa mère et son frère aîné, Robert, était située au nord de la Cinquième Avenue. Les Worthington et la famille de sa mère, les Sinclair, étaient parents avec les Vanderbilt et les Astor. Ils comptaient parmi leurs relations les familles les plus importantes de New York. Son père, Arthur, dirigeait la banque la plus prestigieuse de la ville et en était aussi le propriétaire. Du côté paternel – comme du côté maternel, à Boston – on était banquier de père en fils. À vingt-quatre ans, le frère d'Annabelle, Robert, travaillait depuis trois ans avec son père. Bien entendu, quand ce dernier prendrait sa retraite, Robert le remplacerait à la tête de l'établissement. L'avenir des deux jeunes gens était tout tracé et à l'abri du besoin. Dans ce contexte rassurant, l'enfance d'Annabelle avait été très protégée.
Ses parents s'aimaient ; Robert et elle avaient toujours été proches et s'entendaient bien. Aucun traumatisme n'avait jamais troublé leur existence. Les petits problèmes qui pouvaient survenir étaient aussitôt désamorcés et résolus. Enfant heureuse et choyée, Annabelle avait grandi dans un monde doré. Les derniers mois avaient été particulièrement excitants, bien qu'un peu ternis par une récente déception. En décembre, juste avant Noël, ses parents avaient organisé un grand bal pour son entrée dans la haute société. De l'avis général, New York avait rarement vu une réception aussi élégante et impressionnante. Sa mère adorait recevoir. Le jardin avait été entièrement couvert et chauffé, la salle de bal avait été décorée de façon exquise et l'orchestre le plus prisé avait été engagé. On avait invité quatre cents personnes et, dans sa robe somptueuse, Annabelle ressemblait à une princesse de conte de fées.
Plus petite encore que sa mère, Annabelle avait la grâce et la délicatesse d'un elfe. C'était une ravissante jeune fille de dix-huit ans, avec une longue chevelure dorée et soyeuse et d'immenses yeux bleus. Elle était mince et parfaitement proportionnée et possédait des traits exquis et ciselés. Son père assurait qu'elle avait tout d'une poupée de porcelaine. Elle respirait la classe à laquelle elle appartenait.
Après le bal, la famille avait passé de très agréables fêtes de Noël. Mais, à la suite des nombreuses soirées où elle s'était rendue avec ses parents et son frère vêtue de robes légères, Annabelle avait attrapé une mauvaise grippe au début du mois de janvier. Assez rapidement, la grippe s'était muée en bronchite, ce qui avait beaucoup inquiété les siens. Heureusement, sa jeunesse et son bon état général avaient favorisé sa guérison. Cependant, comme elle avait été souffrante pendant près d'un mois, le médecin de famille avait déconseillé tout voyage. Ses parents et Robert étaient donc partis sans elle en Europe, où ils devaient rester plusieurs mois, afin de rendre visite à leurs amis. Annabelle était encore convalescente lorsqu'ils étaient montés à bord du Mauretania, à la mi-février. Elle aussi avait pris ce bateau à plusieurs reprises, avec ses parents. Sa mère avait proposé de rester avec elle mais, au moment du départ, Annabelle allait mieux et avait insisté pour que sa mère ne se privât pas de ce plaisir qu'elle attendait depuis longtemps. Ils étaient tous les trois désolés de la quitter et Annabelle regrettait de ne pas les accompagner, mais elle se rendait compte que, même si son état s'était amélioré, elle n'était pas d'attaque pour supporter une croisière de deux mois. Elle avait promis à sa mère, Consuelo, de s'occuper de la maison, mais de toute façon ses parents lui faisaient entièrement confiance.
Annabelle n'était pas le genre de fille à leur donner du tracas ou à profiter de leur absence. Ils étaient seulement navrés, tout comme elle, qu'elle ne pût les accompagner. Lorsqu'elle avait vu le navire s'éloigner du quai, elle avait fait bonne figure mais, en rentrant, elle se sentait un peu déprimée.
En attendant leur retour, elle avait lu et effectué dans la maison des petits travaux qui réjouiraient sa mère. Elle avait réalisé de délicieuses broderies et raccommodé les nappes et les draps les plus précieux. Elle ne se sentait pas assez bien pour sortir, mais sa meilleure amie d'enfance, Hortense, lui avait rendu de fréquentes visites. Hortense avait aussi fait ses débuts dans le monde cette année-là et avait un amoureux. Annabelle avait parié avec elle que James la demanderait en mariage avant Pâques. Elle ne s'était pas trompée, puisque les deux jeunes gens avaient annoncé leurs fiançailles la semaine précédente. Annabelle avait hâte d'annoncer la nouvelle à sa mère. Le retour de ses parents était prévu le 17 avril. Ils avaient embarqué sur un tout nouveau paquebot à Southampton, quatre jours auparavant.
Annabelle avait trouvé le temps long, en leur absence, mais elle avait retrouvé la santé. Après avoir accompli ses tâches ménagères, elle passait tous ses après-midi et ses soirées dans la bibliothèque de son père, plongée dans les livres. Ses préférés concernaient des hommes célèbres et les sciences. Les romans favoris de sa mère ne l'intéressaient pas vraiment et ceux que lui prêtait Hortense, encore moins. Annabelle était une jeune fille intelligente, qui enregistrait tout ce qu'elle lisait ou entendait avec une facilité déconcertante. Cela lui permettait de discuter avec son frère, qui admettait en privé qu'Annabelle le surprenait souvent par l'étendue de ses connaissances. Compétent dans son domaine et très sérieux, Robert aimait sortir et voir ses amis, tandis qu'Annabelle, en apparence très sociable, était beaucoup plus réfléchie. Elle avait une véritable passion pour l'étude, les sciences et la lecture.
Dans la nuit du 14 au 15 avril, Annabelle veilla assez tard et dormit plus longtemps que d'habitude. Dès qu'elle fut levée, elle se lava le visage, brossa ses cheveux, passa une robe de chambre et descendit prendre son petit déjeuner sans se presser. La maison lui parut curieusement silencieuse et déserte. En entrant dans l'office, elle trouva plusieurs domestiques regroupés autour du journal. Mais dès qu'ils la virent, ils le replièrent rapidement. Elle remarqua que Blanche, leur fidèle gouvernante, avait pleuré. Elle avait le cœur tendre et la moindre histoire triste concernant un animal ou un enfant en détresse la mettait en larmes. S'attendant à un petit chagrin de ce genre, Annabelle sourit et leur souhaita à tous une bonne matinée. À ces mots, William, le maître d'hôtel, éclata en sanglots et quitta la pièce.
— Mon Dieu ! s'écria la jeune fille. Que s'est-il passé ?
Surprise, elle interrogeait du regard Blanche et deux servantes. Lorsqu'elle prit conscience qu'elles pleuraient toutes les trois, son cœur cessa un instant de battre.
Pointant le doigt vers le journal, elle demanda :
— Qu'avez-vous lu, là-dedans ?
L'espace de quelques secondes, Blanche hésita avant de lui remettre le quotidien. Annabelle lut alors que le Titanic avait sombré pendant la nuit. C'était le bateau flambant neuf sur lequel ses parents et Robert avaient embarqué en Angleterre. Les yeux agrandis d'effroi, elle parcourut rapidement l'article. Il était seulement précisé que le Titanic avait fait naufrage, que des passagers avaient pu monter dans des canots de sauvetage et qu'un autre paquebot, le Carpathia, s'était détourné pour se rendre en hâte sur les lieux. L'article ne disait rien sur les éventuels morts ou rescapés. Le journaliste présumait seulement qu'étant donné la taille du bateau et sa construction récente, tous les passagers avaient été sauvés. L'énorme navire avait heurté un iceberg et, bien qu'il fût en principe insubmersible, il avait coulé. L'impensable s'était produit.
Annabelle réagit aussitôt et demanda à Blanche de prévenir le chauffeur de tenir la voiture prête. Tout en sortant précipitamment de l'office pour monter s'habiller, elle cria qu'elle se rendait immédiatement aux bureaux de la White Star, la compagnie à laquelle appartenait le Titanic, pour avoir des nouvelles de ses parents et de Robert. Il ne lui vint pas à l'idée que des centaines de personnes en feraient autant.
Tremblante, elle enfila en hâte une robe en laine grise, mit des bas et des chaussures, puis prit son manteau et son sac, avant de dévaler les marches sans même prendre la peine de se faire un chignon. Avec ses cheveux au vent, elle ressemblait à une enfant. Elle courut dehors en claquant la porte derrière elle. Dans la maison, tout le monde était pétrifié, comme déjà en deuil. Tandis que Thomas, le chauffeur de son père, la conduisait aux bureaux de la White Star, situés en bas de Broadway, Annabelle s'efforçait de contenir la terreur qui menaçait de la submerger. En chemin, elle aperçut un vendeur de journaux qui brandissait la dernière édition. Elle demanda à Thomas de s'arrêter et acheta un exemplaire.
L'article disait qu'on ignorait encore le nombre de morts et que le Carpathia envoyait les listes des survivants. Les yeux d'Annabelle s'emplirent de larmes. Comment une telle tragédie avait-elle pu se produire ? Le Titanic était le dernier paquebot à avoir été construit, il effectuait sa traversée inaugurale… Comment avait-il pu faire naufrage ? Et qu'était-il advenu de ses parents, de son frère et de tant d'autres ?
Lorsqu'ils parvinrent devant les bureaux de la White Star, des centaines de personnes demandaient à être reçues. Annabelle ne voyait pas très bien comment elle allait pouvoir se frayer un chemin à travers cette foule. Thomas, qui était solidement bâti, l'y aida, mais il leur fallut une heure pour franchir la porte de l'immeuble. La jeune fille expliqua que ses parents et son frère voyageaient en première classe. Un jeune employé à l'air affolé lui demanda son nom, tandis que ses collègues affichaient à l'extérieur les listes de rescapés que le Carpathia avait envoyées par radio. Il était précisé qu'elles étaient incomplètes, ce qui permettait aux gens de garder espoir s'ils ne lisaient pas les noms de leurs proches.
On remit à Annabelle l'une de ces listes, qu'elle prit d'une main tremblante. Elle avait du mal à la déchiffrer, tant sa vue était brouillée par les larmes. Enfin, tout en bas, elle lut un seul nom : Consuelo Worthington, passagère de première classe. Ceux de son père et de son frère n'y figuraient pas. Pour se donner du courage, elle se répéta que tous les survivants n'étaient pas encore identifiés.