3096 jours
Natascha Kampusch
336 pages
Couverture souple
Réf : 269808
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Une magnifique leçon de courage
Résumé
Natascha Kampusch a vécu le pire : le 2 mars 1998, à l'âge de dix ans, elle est enlevée sur le chemin de l'école. Pendant 3096 jours, huit ans et demi, son bourreau, Wolfgang Priklopil, la garde prisonnière dans une cave d'environ cinq mètres carrés, près de Vienne. En août 2006, elle parvient à s'enfuir par ses propres moyens. Priklopil se suicide le jour même.
Dans ce récit bouleversant, Natascha Kampusch révèle les circonstances de son enlèvement, le quotidien de sa captivité, sa terrible relation avec son ravisseur et la façon dont elle a réussi à survivre à cet enfer.
Le témoignage unique d'une traversée de l'inimaginable par une jeune femme qui ne s'est jamais laissé briser.
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Sylvie Girard-Lagorce
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :12
Thoulou
Le 29 août 2011
A lire
Un récit poignant, surtout quand on pense qu'il s'agit d'une histoire vraie. On arrive bien à comprendre ce qu'a pu ressentir l'auteur.
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twister
Le 13 septembre 2011
Histoire poignante
Livre très prenant et aussi souvent difficile à lire lorsqu'elle décrit la violence quotidienne qu'elle subissait. J'ai versé plus d'une larme en le lisant et j'avais une boule à l'estomac. Ames sensibles, préparez vos mouchoirs !!
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BULLEDOR
Le 30 septembre 2011
Prenant !
J'ai vraiment aimé ce récit, il est poignant. Ce n'est pas de la "grande littérature" (ce n'est pas péjoratif), c'est un récit véritable, et on sent qu'il a été difficile à écrire, tout en étant salvateur. Natascha Kampusch a su nous transmettre son histoire, de telle façon qu'on la comprend vraiment. Bravo.
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yoyo55
Le 29 septembre 2011
3096 jours
Il faut supporter de rester enfermé pendant 3096 jours et avoir du courage mais la liberté donne des ailes et l'envie de se battre pour arriver un jour.
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pimcorn
Le 21 octobre 2011
Terrible lecture
Très bon livre, facile à lire, inimaginable les souffrances qu'une enfant a pu supporter.
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julie22
Le 16 décembre 2011
Surprenant
Malgré un début que j'ai trouvé difficile à "accrocher", je trouve cette histoire poignante ! Plus envie de lâcher ce livre avant sa libération !
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My
Le 26 décembre 2011
Bouleversant
Au départ, j'ai lu ce livre sans grande conviction. Mais j'ai été étonnement surprise. Parce que ce n'est pas un livre où l'auteur s'apitoie sur son sort. Elle raconte les faits, sans sentiment. Presque froidement, de loin. C'est un récit poignant. Je le recommande, vous ne verserez peut-être pas de larme, mais vous finirez la lecture comme grandi. Enfin c'est ce qui m'est arrivé. Bonne lecture.
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Remarque de Séverine DANELLE du 17/01/12
Je suis entièrement de votre avis, Natascha nous transmet toute sa force à travers son histoire. On ne pleure pas, on se bat avec elle. Natascha est devenue pour moi un symbole d'espoir, mais surtout de victoire.
Zhyna
Le 23 janvier 2012
Excellent livre
J'ai adoré ce livre ! C'est une histoire triste avec une fin satisfaisante. Je l'ai lu en seulement 4 jours, j'ai ressenti des moments de tristesse, d'angoisse et aussi de colère à des moments où l'évasion est parfois possible! ! Je suis très fière de Natasha, elle a vécu 3096 jours en captivité et elle a survécu !! Il faut un sacré courage pour survivre à tout cela !! Bonne continuation à elle et bonne lecture à tous !
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vanessah
Le 31 janvier 2012
Bon livre
Lu très rapidement... dommage, je n'ai pas d'iPhone pour voir les petits reportages liés.
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mamanfamillenombreuse03
Le 23 janvier 2012
Frissonnant
On essaye de se mettre à sa place, on se plonge littéralement dans son enfer, on a des palpitations lors de sa fuite comme si l'on était à ses côtés, mieux qu'un film, livre fini en quelques soirées.
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Mzellechoupy
Le 20 mars 2012
Emouvant mais long
Le livre est très bien écrit mais je le trouve répétitif , mais en rien n'enlève l'émotion du lecteur.
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Santoni Anissa
Le 31 janvier 2012
Excellent !
J'ai adoré ce livre ! Tellement déçue de l'avoir fini ! Je vous le recommande ;)
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Remarque de STEPHANIE LEJEUNE du 01/03/12
Moi aussi je l'ai adoré et dévoré. Ce témoignage est impressionnant. Je le recommande vivement.
Extrait
1
Un univers friable

Mon enfance dans la banlieue de Vienne

Ma mère alluma une cigarette et en inspira une profonde bouffée.
— Il fait déjà sombre dehors. Il aurait pu t'arriver quelque chose ! dit-elle avec un geste désapprobateur de la tête.
C'était en 1998. Mon père et moi avions passé en Hongrie le dernier week-end de février. Il y avait acheté une résidence secondaire dans un petit village, non loin de la frontière. C'était un vrai taudis aux murs humides et au crépi effrité. Au fil des années, il l'avait rénovée et aménagée avec de beaux meubles anciens, ce qui la rendait presque habitable. Je n'aimais pourtant pas spécialement les séjours que nous y faisions. Mon père avait en Hongrie beaucoup d'amis qu'il fréquentait assidûment et avec lesquels le taux de change avantageux lui permettait de faire la fête un peu plus qu'il ne l'aurait fallu. Dans les bistrots et les restaurants où nous nous rendions le soir, j'étais la seule enfant du groupe et je m'ennuyais, assise à côté des adultes.
Comme les fois précédentes, j'y étais allée à contrecœur. Le temps s'était écoulé au ralenti, et j'étais agacée d'être encore trop petite et trop peu autonome pour décider de mes faits et gestes. Même quand nous nous étions rendus aux thermes, le dimanche, mon enthousiasme avait été limité. Je traînais ma mauvaise humeur dans l'enceinte de la piscine, un dimanche après-midi, lorsqu'une dame que je connaissais m'interpella :
— Tu ne veux pas prendre une limonade avec moi ?
J'acceptai d'un hochement de tête et la suivis jusqu'au café. C'était une comédienne qui vivait à Vienne. J'admirais le mélange de nonchalance et de confiance qui émanait de sa personne. Et puis elle exerçait précisément le métier dont je rêvais en secret. Je marquai une pause avant d'inspirer profondément et de lancer :
— Tu sais, moi aussi j'aimerais bien être comédienne. Tu crois que je pourrais ?
Elle m'adressa un sourire rayonnant.
— Bien sûr que tu le peux, Natascha ! Tu feras une comédienne magnifique, si tu le veux vraiment !
Je sentis mon cœur bondir. J'étais persuadée qu'elle ne me prendrait pas au sérieux, qu'elle me rirait peut-être même au nez – comme cela m'arrivait si souvent.
— L'heure venue, je t'aiderai, me promit-elle en passant un bras sur mes épaules.
Sur le chemin qui me ramenait à la piscine, je sautillais dans la prairie en me disant : « Je peux tout faire pourvu que je le veuille et que je croie suffisamment en moi. » Je ne m'étais pas sentie aussi légère et insouciante depuis longtemps.
Mais mon euphorie ne dura pas longtemps. Bien que l'après-midi fût déjà largement entamé, mon père n'avait pas l'air de vouloir quitter la piscine. Même lorsque nous fûmes enfin revenus dans la maison de vacances, il ne manifesta aucune hâte. Au contraire, il voulut faire un petit somme avant de partir. Je jetais des coups d'oeil nerveux à ma montre. Nous avions promis à ma mère d'être rentrés à 7 heures – j'avais classe le lendemain matin. Si nous arrivions en retard à Vienne, j'assisterais à une nouvelle et violente dispute. Tandis que mon père ronflait sur le canapé, le temps s'écoulait inexorablement. Lorsqu'il se réveilla enfin et que nous prîmes le chemin du retour, le soir était déjà tombé. Assise sur la banquette arrière, je boudais. Nous n'y serions pas à temps, ma mère serait furieuse – tout ce que j'avais vécu de bien cet après-midi- là s'était dissipé d'un seul coup. Comme toujours, je serais prise entre deux feux. Les adultes abîmaient tout. Lorsque mon père s'arrêta dans une station-service et acheta du chocolat, j'en engloutis d'un seul coup une tablette entière.
C'est vers 8 heures et demie, seulement, que nous arrivâmes à proximité de la cité. Nous avions une heure et demie de retard.
— Je te laisse ici, cours vite à la maison, dit mon père en m'embrassant.
— Je t'aime bien, marmonnai-je, comme chaque fois que nous nous séparions.
Puis je traversai la cour sombre où donnait notre escalier, et j'ouvris la porte. Je trouvai dans le couloir, à côté du téléphone, un petit mot de ma mère : « Je suis au cinéma, je reviens. » Je posai mon sac et hésitai un moment. Puis je rédigeai à mon tour un message à ma mère : je l'attendais chez la voisine du dessous. Lorsqu'elle vint m'y chercher, au bout d'un certain temps, elle était hors d'elle :
— Où est ton père ? me lança-t-elle d'une voix agressive.
— Il n'est pas là, il m'a déposée un peu avant l'immeuble, dis-je à voix basse.
Je n'étais pas responsable de ce retard, je ne pouvais rien non plus au fait qu'il ne m'ait pas accompagnée jusqu'à la porte de l'immeuble. Et malgré tout, je me sentais coupable.
— Mais c'est insensé ! Vous avez des heures de retard, et moi je suis là à me ronger les sangs. Comment peut-il te laisser traverser la cour toute seule ? Au beau milieu de la nuit ? Il aurait pu t'arriver quelque chose ! C'est décidé : tu ne verras plus ton père. J'en ai assez, je ne tolérerai plus cela.

À ma naissance, le 17 février 1988, ma mère, âgée de trente-huit ans, avait déjà deux filles adultes du même père. Ma première demi-sœur était venue au monde alors qu'elle avait tout juste dix-huit ans, la deuxième naquit une bonne année après. C'était à la fin des années 1960. Ma mère était débordée par ces deux enfants en bas âge et ne pouvait compter que sur elle-même – elle avait divorcé peu après sa deuxième grossesse. Elle avait eu du mal à trouver de quoi faire vivre sa petite famille. Elle avait dû se battre, faire preuve de pragmatisme et d'une certaine dureté envers elle-même, et faisait tout pour que ses enfants surnagent. Il n'y avait pas eu de place dans sa vie pour le sentimentalisme et la timidité, l'oisiveté et la légèreté d'esprit. Mais arrivée à trente-huit ans, alors que les deux petites filles étaient devenues adultes, elle était, pour la première fois depuis longtemps, libérée des devoirs et des soucis liés à l'éducation des enfants. C'est à ce moment précis que ma venue s'annonça. Ma mère ne s'attendait plus à retomber un jour enceinte. La famille au sein de laquelle je vis le jour était en réalité en train de se décomposer à son tour. Je mis tout sens dessus dessous : il fallut aller fouiller les cartons pour en ressortir des vêtements de bébé et régler son emploi du temps sur le rythme d'un nourrisson. Même si j'avais été accueillie dans la joie, même si tout le monde m'avait gâtée comme une petite princesse, il m'arriva, au cours de mon enfance, de me sentir comme la cinquième roue du carrosse. Je dus me battre pour conquérir ma place dans un monde où les rôles étaient déjà distribués.
Le jour où je suis née, mes parents vivaient en couple depuis trois ans. Ils avaient fait connaissance par le biais d'une cliente de ma mère ; couturière diplômée, Maman gagnait sa vie pour elle-même et pour ses deux filles en faisant des ouvrages et des retouches pour les femmes des environs. L'une de ses clientes, originaire de Süssenbrunn, près de Vienne, tenait avec son mari et son fils une boulangerie et une petite boutique d'alimentation. Ludwig Koch Junior l'avait parfois accompagnée aux essayages et était toujours resté un peu plus longtemps que nécessaire, afin de bavarder avec ma mère. Celle-ci était bientôt tombée amoureuse de ce jeune boulanger à la carrure imposante, qui la faisait rire avec ses histoires. Au bout d'un certain temps, il était venu la voir de plus en plus souvent, elle et ses deux petites filles, dans le grand immeuble municipal où elles vivaient à la lisière nord de Vienne. Ici, les rues se mêlent aux champs du Marchfeld et semblent ne pas vouloir vraiment choisir entre la ville et la campagne. C'est un secteur qui paraît avoir été jeté là au hasard, dépourvu de centre et sans visage, un endroit où tout semble possible et où le hasard règne en maître. Zones d'activité et usines s'étendent au milieu de terrains en friche où les chiens des cités jouent en meute dans l'herbe haute. Entre ces blocs, les cœurs des anciens villages luttent pour conserver leur identité, qui s'effrite exactement de la même manière que le crépi des petites maisons du début du XIXe siècle. Des reliques d'époques révolues, relayées par d'innombrables immeubles construits par la ville, ces utopies de la construction de logements sociaux, plantés à la diable comme des billots sur la verte prairie où on les a abandonnés à eux-mêmes. C'est dans l'une des plus grandes cités de ce secteur que j'ai grandi.
L'immeuble municipal du Rennbahnweg avait été dessiné et édifié dans les années 1970 ; c'était la matérialisation de la vision d'urbanistes qui voulaient créer un environnement nouveau pour des hommes nouveaux : les familles heureuses et travailleuses de l'avenir, logées dans des villes-satellites modernes aux lignes claires, dotées de centres commerciaux et d'un bon réseau de transports en commun pour se rendre à Vienne.
Au premier regard, l'expérience semblait avoir réussi. Le complexe est constitué de deux mille quatre cents logements habités par plus de sept mille personnes. Les cours qui séparent les tours d'habitation ont des dimensions généreuses et sont ombragées par de grands arbres, les terrains de jeu alternent avec des arènes en béton et de grandes pelouses. On imagine facilement les urbanistes disposant sur leur maquette des figurines d'enfants en train de jouer et de mères poussant leur landau, on comprend qu'ils aient pu être persuadés d'avoir créé un espace capable d'héberger une toute nouvelle espèce de coexistence sociale. Par comparaison avec les immeubles de rapport de la ville, des logements à l'air confiné et qui ne respectaient aucune norme, ces habitations neuves et empilées en tours pouvant atteindre quinze étages étaient aérées et bien dessinées, pourvues de balcons et équipées de salles de bains modernes.