Dans l'angle mort
Dans l'angle mort
Chris Bohjalian
476 pages
Couverture souple
Réf : 261096
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Au lieu de 18,90  (prix public)
Epuisé
Résumé
Étudiante, Laurel est agressée tandis qu'elle se balade à vélo sur un chemin forestier du Vermont. Des années plus tard, chargée de trier les affaires de Bobby, un sans-abri du refuge dans lequel elle travaille, elle découvre des photographies de célébrités des années 1960, mais aussi parmi elles, la photo d'une jeune fille à vélo, sur une route sombre du Vermont...  
Pourquoi on l'a choisi
Fascination, obsession et manipulation. À l'instar de Laurel, fascinée par ces photos puis obsédée par la quête d'un obscur secret de famille, le lecteur se lance dans un jeu du chat et de la souris où n'est pas manipulé celui que l'on croit. Un chef-d'œuvre de suspense psychologique !
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Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :6
Le 06 novembre 2009
A éviter !
Que dire ?!!! Beaucoup de mal à rentrer dans l' histoire. Aucun remords à mettre le livre de côté, et quand vraiment on s' ennuie à mourir, alors on peut éventuellement y lire une page ou deux ! A cette allure-là, on met des semaines à lire un livre qui n' en vaut finalement pas la peine ! Je l' ai reçu, en tant que sélection du mois !!!! non mais, qui décide de cette sélection qui d' habitude n' est pas aussi ennuyeuse ! Bref, je n' oserai pas l' offrir, même à mon pire ennemi !!! ( heureusement, je n' en ai pas ) Il faudrait peut-être que l' auteur songe à changer de boulot ! désolée pour elle !!!
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virginiea
Le 03 novembre 2009
La vérité n'est pas toujours celle qu'on croit
Le début de l'histoire est un peu long mais on se prend vite au jeu du détective. On a hâte de découvrir de nouveaux indices dans la quête de la vérité. Ce n'est qu'à la toute fin qu'on découvre la clef de l'égnime. Livre étonnant psychologiquement qui pose la question de la reconstruction après une agression. Un livre dans lequel on met un peu de temps à accrocher mais que l'on ne peut plus poser une fois pris "au jeu du chat et de la souris".
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stf
Le 11 novembre 2009
Quelle fin !
Relativement long, il est assez difficile d'accrocher à l'intrigue. Mais quelle fin ! La chute est inattendue et tellement bizarre. Elle donne presque envie de relire le livre pour voir les indices à côté desquels on est passé.
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Le 05 août 2009
Conseil du vendeur
Malgré une fin qui surprend, je n'ai pas accroché. Je trouve l'intrigue plate, heureusement que nous n'avons pas des longues descriptions car le roman serait d'une lenteur à lire. L'idée de remonter le passé d'un sans-abri me semble une bonne idée sauf que la connexion avec le personnage principal me semble un peu légère. On a l'impression que le roman a été construit par la fin.
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apb
Le 17 septembre 2009
Lenteur du coup de théatre !
C'est très lent, beaucoup de détails et de narrations un peu bof, ça traine en longueur... jusqu'au final pour le moins déroutant et qui donne presque envie... de relire le livre ! Le scénar est original, mais je n'ai apprécié le livre que grâce à sa fin. Donc, faut juste être capable d'aller au bout !
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Le 14 octobre 2009
Dans l'angle
Ayant choisi ce livre à la même page que d'autres thrillers, c'était un peu déroutant d'avoir à lire un drame psychologique. Je ne suis même pas sûre d'avoir compris où l'auteur voulait nous mener. J'ai trouvé énormément de détails historiques, également, donc entre le documentaire et l'histoire d'une personne qui n'a pas vraiment compris qu'elle refoule un drame, je ne sais pas dans quelle catégorie je classerais ce livre, mais pas à la rubrique thriller ou suspense.
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« Des gens ordinaires qui, dans des circonstances dramatiques, se comportent avec grâce et dignité », c'est ainsi — et à raison — que le San Francisco Chronicle décrit la « griffe » Bohjalian. Né en 1960 dans l'État de New York, Chris Bohjalian publie son premier roman six ans après l'obtention de son diplôme au Amherst College. Son cinquième roman lui vaut la reconnaissance du public et des critiques plus qu'enthousiastes.
Les suivants seront eux aussi chaleureusement accueillis. Il vit aujourd'hui dans le Vermont avec sa femme et sa fille.
Lu dans la presse
« Une construction de virtuose et une atmosphère intense. [...] Bohjalian joue avec nos esprits d'une façon qui, en fin de compte, ne rappelle pas Fitzgerald, mais ce maître du machiavélisme psychologique, Alfred Hitchcock. »

The Miami Herald


« Dans l'angle mort est tout simplement l'un des romans les mieux écrits, les plus fascinants et les plus brillamment tissés de ces dernières années. À peine le lecteur a-t-il découvert cette fin tout aussi surprenante que fascinante, qu'il veut reprendre le livre à la première page. Ce roman est à ce point excellent ! »

The Associated Press


« Terrifiant... Laurel est un personnage complexe, vulnérable... inoubliable. »

The Los Angeles Times
Extrait

PROLOGUE


Alors qu'elle entamait sa deuxième année universitaire, Laurel Estabrook faillit se faire violer... et échappa aussi de très peu à la mort. Il ne s'agissait pas d'une tentative de viol commise par un beau gosse de la fac lors d'un rendez-vous galant où ils auraient copieusement flirté près de la pompe à bière. Non, cet automne-là, son agression, violente, fut l'œuvre d'hommes masqués : oui, ils étaient plusieurs et leur passe-montagne ne laissait entrevoir qu'une paire d'yeux par-dessus un méchant rictus. C'était le genre de drame qui, croyait-on, n'arrivait qu'à d'autres malheureuses dans les États les plus reculés du pays. À des victimes qui faisaient la une des éditions matinales et dont la mère, anéantie à jamais, avait accepté de répondre aux questions d'une sublime journaliste.
Ce jour-là, Laurel circulait à vélo sur un sentier forestier du Vermont, à trente kilomètres au nord-est de son université, et elle traversa une bourgade dont l'étrange nom n'augurait rien de bon : Underhill¹. Avant son agression, la jeune fille n'y avait jamais entrevu la moindre menace : des années plus tard, elle n'oserait plus y remettre les pieds.
Il était environ dix-huit heures trente. Pour le troisième dimanche consécutif, elle avait fourré son vieux VTT dans le break de Talia, sa colocataire, et rejoint Underhill afin d'y sillonner les longs chemins de randonnée qui serpentaient à travers bois. À l'époque, elle avait été frappée par la beauté du paysage : c'était une forêt de conte de fées, plus proche du Monde de Narnia que des frères Grimm. Les arbres n'y exhibaient pas encore leur riche feuillage bordeaux. La végétation tout entière était nouvelle, troisième génération de chênes, d'érables et de frênes enchevêtrés, où les vestiges de murailles de pierre émergeaient parfois d'un sous-bois touffu. Rien à voir avec la banlieue de Long Island où Laurel avait grandi, vaste univers de demeures cossues aux pelouses impeccables, à quelques rues à peine d'un interminable cortège de fast-foods, concessionnaires automobiles et autres cliniques d'amaigrissement.
Bien sûr, l'agression de la jeune femme modifierait ses souvenirs de cette contrée boisée du Vermont et le nom de la ville voisine prendrait fatalement une sombre consonance. Ainsi, lorsqu'elle se rappelait les routes et collines de la région (certaines pentes étaient trop raides pour être dévalées en VTT, mais elle y allait quand même), Laurel songeait désormais aux profondes ornières qui lui avaient fait trembler tout le corps et elle éprouvait encore l'impression qu'un imposant feuillage lui bouchait la vue, rendant la forêt trop inextricable pour être belle. De nombreuses années plus tard, quand elle essayait de trouver le sommeil, elle revoyait les bois dépouillés de leurs feuilles et restait obsédée par les longs doigts décharnés des bouleaux squelettiques.
Ce soir-là, vers dix-huit heures trente, le soleil venait de se coucher et une fraîcheur humide tombait peu à peu. Laurel ne s'inquiéta pas de l'obscurité, car le parking de gravier où elle avait garé le break de son amie n'était plus qu'à cinq kilomètres. Avec son unique fenêtre saillant au-dessus du garage, la maison voisine semblait afficher un visage de cyclope en verre et en bardeaux. La jeune fille y arriverait d'ici dix minutes, un quart d'heure tout au plus. Tandis qu'elle pédalait, le sifflement lippu du vent fouettait les branches. Elle portait un cycliste noir et un maillot flanqué d'une bouteille de tequila jaune fluo. Loin de se croire vulnérable, Laurel se sentait forte, souple et athlétique. Elle avait dix-neuf ans.
Soudain, une camionnette marron la doubla. Pas un minivan, non, un vrai fourgon. Le genre de véhicule qui déborde habituellement de matériel de plomberie ou d'électricité mais qui peut se révéler dangereux et abriter le sinistre attirail de violeurs en série et autres meurtriers sanguinaires. De petits hublots étaient situés au-dessus des roues arrière. Les seules fenêtres. D'ailleurs, au moment où le conducteur l'avait dépassée, Laurel avait remarqué que la vitre côté passager était occultée par du tissu noir. Quand la fourgonnette pila dans un grand crissement de pneus quarante mètres devant elle, la jeune fille comprit la menace.
Comment en aurait-il été autrement ? Elle avait grandi à Long Island. Or, située en bordure d'une barrière montagneuse, cette zone d'anciens marécages préhistoriques, devenus de hauts fonds sablonneux en forme de saumon géant, était la boîte de Pétri quasi surnaturelle qui avait enfanté Joel Rifkin (dix-sept meurtres de femmes à son actif) ; Colin Ferguson (auteur d'une retentissante tuerie dans un train de banlieue) ; Cheryl Pierson (assez débrouillarde pour faire éliminer son père par un camarade de lycée) ; Richard Angelo (Ange de la mort à l'hôpital du Bon Samaritain). Et aussi Robert Golub (qui a mutilé sa petite voisine de treize ans) ; George Wilson (a abattu Jay Gatsby tandis que celui-ci barbotait dans sa piscine) ; John Esposito (a séquestré une fillette de dix ans à l'intérieur de son donjon) et Ronald DeFeo (a massacré toute sa famille à Amityville).
En fait, même sans avoir passé son enfance là-bas, à West Egg, Laurel aurait vite flairé le danger en voyant la camionnette piler devant elle sur une route déserte. N'importe quelle jeune femme en aurait eu la chair de poule !
Hélas ! le véhicule avait freiné si brusquement qu'elle ne put faire volte-face : le sentier était trop étroit et son vélo était équipé de pédales automatiques, c'est-à-dire que les semelles s'y trouvaient fixées par une cale métallique. Laurel aurait eu besoin de déchausser et de poser le pied à terre, le temps de faire pivoter son vélo à 180 degrés. Or, avant qu'elle ne puisse esquisser le moindre geste, deux types bondirent du fourgon, leur visage masqué par une cagoule, ce qui, fin septembre, était très mauvais signe, même dans la pseudo-toundra du nord du Vermont.
Boostée par une folle décharge d'adrénaline, Laurel tenta de les dépasser à vélo, mais elle n'avait aucune chance de leur échapper. Le premier agresseur l'empoigna par les épaules au moment où elle essayait de s'enfuir, tandis que son acolyte l'attrapait par la taille et la jetait à terre avec son VTT. Ils la plaquèrent comme deux joueurs de football américain qui intercepteraient un running back sur leur ligne de défense. Laurel poussa des hurlements stridents de gamine désespérée qui trahirent à la fois sa jeunesse et sa vulnérabilité. En même temps, elle analysait la situation à toute vitesse : elle était toujours attachée à son vélo par les chaussures et devait y rester agrippée à tout prix, les mains collées au guidon. C'était le seul moyen d'empêcher que sa disparition fasse la une des journaux locaux, et que sa photo apparaisse sur les briques de lait. Pourquoi ? Parce qu'elle ne pourrait jamais résister à la force de ses agresseurs : même ses cheveux étaient mous et fins ! En revanche, si elle restait soudée au vélo, ils auraient beaucoup plus de mal à l'entraîner au fond des bois ou à la jeter à l'arrière du fourgon.
Le plus musclé des deux était une espèce de brute qui sentait le gymnase : ni puant ni transpirant, il dégageait une odeur métallique de poids et haltères. Il voulut lui flanquer un coup de poing au visage, mais la jeune fille se baissa et il heurta de plein fouet le casque de vélo en poussant un juron. Sous son masque, ses yeux rappelaient le gris acier d'un ciel glacé de novembre. Laurel remarqua qu'il avait des bracelets de fil de fer barbelé tatoués autour des poignets. Son complice, lui, arborait le tatouage d'un crâne aux oreilles improbables (pointues comme celles d'un loup) et aux longues volutes de fumée s'échappant d'entre ses canines. Quand le premier agresseur le somma de lâcher cette saleté de vélo afin qu'il puisse décoincer la cheville de leur proie, Laurel songea un bref instant à déchausser elle-même pour lui assener un coup de pied bien placé mais, Dieu merci, elle se ravisa. Elle garda sa jambe tendue vers le haut, la cale métallique de sa semelle solidement fixée à la pédale. Il voulut tirer sur son mollet mais, ne connaissant rien au matériel, il ignorait dans quel sens tourner son pied. Frustré, il menaça de lui briser la cheville, tandis que son comparse essayait de lui faire lâcher le guidon. Seulement, la demoiselle tint bon et continua à brailler à tue-tête, persuadée qu'elle jouait sa vie... et elle avait raison.
En l'espace de quelques instants (et non de quelques minutes, quoique...), ils l'appelèrent chatte, con, minou, grosse fente. Putain de chatte. Stupide chatte. Chatte coquine. Chatte qui pue. Chatte de salope. Chatte crevée. Toi, espèce de chatte crevée ! Pas de verbe. Même les mots étaient violents. Au début, pourtant, quatre d'entre eux lui semblèrent moins gorgés de haine, de rage et de dérision. Prononcés (et non vociférés) par le plus fluet des agresseurs, regard concupiscent en prime, il s'agissait d'une vilaine blague entre eux et, lorsqu'il la répéta, Laurel comprit qu'il ne fallait pas entendre quatre mots mais seulement deux. C'était un cocktail à base d'alcool, aromatisé à ses dépens. L'homme avait réduit son vagin à un simple apéritif en imaginant, à tort, qu'elle puisse mouiller sa culotte à l'idée d'être bientôt prise. Suze Picon. C'était ça la blague. Pigé ? Pas Suce-lui le con. Non, un cordial français à la place. Néanmoins, la plaisanterie n'arracha pas l'ombre d'un sourire à son complice, aucune réaction, rien, car il était obsédé par son incommensurable haine pour la jeune femme. S'agissait-il de ce que les psychologues appelaient le processus d'excitation ? Eh bien, Laurel n'était pas très calée sur le sujet, mais peut-être se déclencherait-il au moment de sa mort. Quand ils la tueraient.


1. Underhill : ville du Vermont dont le nom signifie littéralement : « sous la colline ». (N.d.T.)