L'héritage du sang
L'héritage du sang
Kitty Sewell
528 pages
Couverture cartonnée
Réf : 260689
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Au lieu de 22,00  (prix public)
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :7
Le 26 août 2009
Génial
Une pure merveille. Rien à dire sauf lisez-le vite...
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Casix
Le 03 septembre 2009
Bon moent de détente !
J'ai assez bien aimé l'intrigue. On est plongé dans l'histoire assez facilement. Bon moment de détente.
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Le 03 octobre 2009
Très bon choix
J'ai beaucoup aimé ; on entre très vite dans l'histoire, et je suis déçue de l'avoir lue si vite, vraiment je ne regrette pas une seconde ce livre.
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Le 03 septembre 2009
Intéressant
Voilà, j'ai lu ce livre, je vous le recommnande, il est assez captivant, j'en ai lu des bien mieux mais j'ai beaucoup apprécié. J'ai beaucoup aimé l'enchainement des histoires, des retours en arrière, le fait que les personnages sont liés. Le combat de cette maman pourtant tellement attirée par quelque chose qu'elle ne veut pourtant pas, il y a beaucoup de courage, la chute est bien aussi, la punition, enfin je n'en dis pas plus... lisez-le on ne s'ennuie pas.
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Mylena
Le 01 janvier 2010
A lire absolument
Livre captivant du début à la fin. Je le recommande vivement.
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Le 13 février 2012
bof bof
Pourtant grande lectrice, je n'ai vraiment pas réussi à lire plus de 100 pages.
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LovingAmina
Le 07 février 2012
Suspense, sentiments, aventure : tout y est !
Très agréable moment de lecture en perspective qui nous fait voyager de la Floride à Bath. Une fois le chapitre terminé, on se dit vivement le prochain ! Et une fois que l'on arrive au dernier, on ressent un sentiment de tristesse à l'idée de quitter ces personnages qui ont fait partie de notre vie durant un moment.
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La nouvelle reine du suspense psychologique !
Résumé
Pour survivre à la mort tragique de son mari, Madeleine a fui le décor idyllique de la Floride et s’est installée comme psychothérapeute dans la grise Angleterre. Alors qu’elle commence à reprendre sa vie en main, l’arrivée d’une nouvelle patiente, Rachel, va faire voler en éclats son fragile équilibre. Car, malgré l’hostilité affichée de cette jeune femme abîmée dont la vie de l’enfant est menacée, son histoire va résonner étrangement avec le plus noir secret de Madeleine... 
Pourquoi on l'a choisi
Secrets de famille trop lourds, menace qui se rapproche... Madeleine doit affronter sa propre vérité. Un roman riche et captivant par l’auteur du phénoménal Fleur de glace.
Née en Suède, Kitty Sewell a vécu en Espagne, au Canada, en Angleterre et au Pays de Galles et parle quatre langues. Après avoir dirigé une agence immobilière dans le Grand Nord canadien, elle est devenue psychothérapeute puis sculpteur. Depuis 1991, elle s'occupe de la rubrique courrier du cœur dans différents journaux anglais.
Aujourd'hui, elle partage son temps entre l'Espagne et le Pays de Galles, avec son mari dont l'expérience personnelle lui a inspiré l'histoire de son premier roman, Fleur de glace. Après L'Héritage du sang, Les Feux sauvages de la mémoire est son troisième roman.
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Extrait

Prologue


Elle s'appelait Angelina. Née à Cuba, elle avait, comme tout ce qui vient de cette île assiégée, un caractère changeant et passionné. Les Cubaines sont réputées pour leur façon de bouger. Qu'elles soient jeunes ou d'un certain âge, elles ont cette manière sereine d'habiter leur corps, cette sensualité liquide, un héritage qui leur vient sans doute de leurs ancêtres africains. Angelina ne faisait pas exception. Ses mouvements étaient stupéfiants, à couper le souffle, vraiment.
Pourtant, elle n'était pas comme les autres tornades. Elle était animée d'une fureur qui la rendait sournoise et imprévisible. Sa force centrifuge, elle l'avait amassée en secret, prélevée sur une série d'anomalies climatiques, et même les plus sophistiqués des instruments conçus par l'homme avaient échoué à mesurer sa force - encore plus à déterminer sa direction. En quête d'une piste d'atterrissage adéquate, Angelina avait sondé, de cet œil indécis qui la rendait si dangereuse, les différentes îles alentour. C'est ainsi qu'elle avait fait de Cuba la première victime de sa férocité.
À La Havane, on crut qu'Angelina avait été provoquée par une vieille femme : une santera, prêtresse de l'ancienne religion afro-cubaine. Dans cette ville, où l'on pratique la santería en toute liberté, ses sorts étaient bien connus. Une nuit, plus de trente ans auparavant, sa fille l'avait abandonnée, emportant son couteau de sacrifice et un crucifix de grande valeur, et s'était enfuie sur un radeau en direction de la Floride. La santera n'avait jamais pu accepter cette trahison et, avec l'âge, sa soif de vengeance n'avait cessé de croître.
Dans le quartier pauvre de La Havane où elle vivait, elle avait depuis longtemps déclaré à ses voisins qu'elle concoctait la plus fourbe des tempêtes et faisait des offrandes de sang aux orishas, les dieux yorubas, en leur demandant de déchaîner des vents dévastateurs sur la Floride afin d'humilier sa fille.
La nuit où les masses nuageuses perfides d'Angelina commencèrent à tournoyer au-dessus de l'océan, la santera succomba à une attaque. Elle ne sut jamais les ravages que la tornade imminente allait causer, non pas à sa fille, qui avait depuis longtemps quitté les États-Unis, mais à sa petite-fille.
Peut-être n'était-ce que pure superstition, renforcée par la mort circonstanciée de la vieille femme, mais, à La Havane, son nom demeura pour toujours associé à la terrible Angelina.

Sur une autre île, située au-delà de la pointe la plus au sud des États-Unis, et à seulement cent cinquante kilomètres de La Havane, l'on se préparait activement à l'arrivée d'Angelina. La plupart de ses habitants - les Conques, ainsi qu'ils se dénommaient eux-mêmes - n'étaient pas trop inquiets. Ils étaient habitués aux tempêtes tropicales et, d'ailleurs, l'île n'était pas exactement sur la trajectoire d'Angelina. Elle devait atterrir plus au nord, quelque part entre Miami et Fort Lauderdale.
Néanmoins, les vents pourraient souffler fort. Devant les anciennes maisons des rouleurs de cigares cubains, ces constructions qui semblent faites de pain d'épice, et autour des cahutes nichées au fond de secrètes impasses, les Conques fermaient les volets, puisaient dans des citernes d'eau de pluie pour remplir des bouteilles et mettaient le mobilier de jardin à l'abri.
Les habitants de Houseboat Row avaient une manière bien à eux de se préparer aux tempêtes estivales. Si les propriétaires des bateaux y étaient plus vulnérables que leurs voisins vivant sur la terre ferme, ils avaient aussi un tempérament beaucoup plus je-m'en-foutiste. En plus, on était dimanche matin. Une tasse de café ou une bouteille de bière à la main, ils rangeaient tranquillement quelques affaires et attachaient leurs plantes, chaises longues et bicyclettes au bastingage à l'aide de cordes. Étant donné que le pic de la tempête devait atteindre Key West en milieu d'après-midi, il n'y avait aucune raison de se presser. Les plus avisés d'entre eux, comme les personnes âgées et les pères et mères de famille, préparaient des pique-niques pour aller voir le gros temps chez des amis qui vivaient sur la terre ferme.
Comme tous les dimanches, Madeleine était au lit avec Forrest, où ils faisaient l'amour, mangeaient, écoutaient de la musique et lisaient les journaux jusqu'en milieu de journée, quoique pas toujours dans cet ordre. C'était le moment de la semaine qu'elle préférait. Forrest étant un « actif » invétéré, il était parfois difficile de l'obliger à se détendre. Même s'il prenait la vie avec philosophie, il avait cultivé une éthique du travail que Madeleine passait son temps à essayer de contrer, parfois avec succès. Une fois son esprit et son corps détendus, il devenait le type le plus nonchalamment sexy, drôle et bavard de la terre, un vrai bêta, à croire qu'il ne sortait jamais de son lit.
Adossée aux oreillers, un carnet de croquis sur les genoux, Madeleine était en train de le dessiner, tandis que, couché à plat ventre en travers du lit, il cherchait dans le dictionnaire un mot sur le sens duquel ils s'étaient chamaillés.
Résipiscence, lut-il triomphalement. Nom féminin. Reconnaissance de sa faute avec amendement. Du latin : revenir à soi.
— Ne bouge pas, s'il te plaît.
Le fusain de Madeleine s'activait sur le papier. Dehors, on entendit une sorte de secousse. Judy Montoya grondait ses enfants, comme à son habitude, et Fred lui criait quelque chose du bateau voisin. On entendit des pas précipités claquer sur le ponton avant de s'éloigner.
— Commandons encore du café, marmonna Forrest. Mais où sont passés les serveurs ? Jamais là quand on a besoin d'eux !
— Je leur ai donné leur journée.
La vieille barge rouillée leur avait été cédée par la grand-mère maternelle de Forrest, et le seul employé de bar à être jamais monté à bord était la vieille dame elle-même, naguère barmaid au Turtle Kraals.
— Oh, misère... Je vais faire le café, dit-il en sautant hors du lit et en enroulant une serviette autour de ses reins. Que dirais-tu d'un verre de champagne avec une goutte de jus d'orange ? Et des fraises. J'en ai vu dans le frigo.
— Sur le principe, je suis d'accord, merci.
Madeleine tenta de lui saisir le poignet, craignant qu'il ne se laisse distraire et ne se mette à laver le pont ou à aller ramasser le linge.
— Je reviens, chérie. Juré !
Madeleine tendit l'oreille, guettant ses moindres gestes. La barge dansait sur les vagues qui battaient bruyamment contre l'étrave. Un sac plastique emporté par une rafale passa à l'horizontale devant le hublot. Sa montre indiquait midi et demi. Elle se leva et colla son visage au verre concave. Marian et Greg Possle couraient sur le ponton, des paquets à la main. Ils avaient l'air pressés, bien loin de leur nonchalance habituelle, et leurs queues-de-cheval respectives volaient au vent. À travers le bruit, elle entendit Forrest déplacer des choses sur le pont. Reviens au lit, espèce de traître, songea-t-elle en se recouchant. Je te veux.
Dix minutes plus tard, Forrest revint les mains vides. Il avait l'air préoccupé et alla directement enfiler son short. Madeleine se souleva sur un coude.
— Et alors, où est mon champagne ?
— Tu ferais mieux de t'habiller, chérie.
— Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
— Il n'y a plus personne. On dirait qu'ils sont tous partis.
Elle sourit et tapota sur le lit.
— Nous voici donc livrés à nous-mêmes...
— Il faudrait ranger un peu, Madeleine. Le vent se lève.
— Sans blague, dit-elle, toujours sans bouger.
— Allume la radio, qu'on sache un peu ce qui se passe.
— Une demi-heure de plus ou de moins...
Forrest secoua la tête, et elle crut avoir perdu la partie, mais il hésita lorsqu'elle ouvrit sa robe de chambre et lui tendit les bras.
— Viens là et, avant de te sauver, embrasse-moi.
Il l'embrassa longuement, puis murmura :
— D'accord, infâme tentatrice, mais il faudra malheureusement faire vite.
Lorsqu'il commença à bouger contre son corps, elle sentit ses cheveux blonds effleurer doucement ses seins. Quand ils faisaient l'amour, il avait une façon de la regarder... Ses yeux ne quittaient pas les siens, l'hypnotisaient et effaçaient tout le reste. Soudain, une secousse fit tanguer la barge. En riant, ils roulèrent avec elle, n'ayant envie ni l'un ni l'autre de mettre un terme à ce qu'ils avaient entrepris. Malgré le nombre d'années passées ensemble, les étreintes amoureuses leur faisaient perdre toute notion du temps et de l'espace, et leur donnaient immanquablement le sentiment de se loger dans une réalité qu'ils n'avaient nul désir de quitter. Ils retardaient au maximum ce point culminant qui signifiait aussi la fin, la séparation.
Une nouvelle violente secousse fit sourciller Forrest. Il détourna les yeux un instant et resta immobile, l'oreille aux aguets. Puis il se libéra des bras de Madeleine et se leva. Elle demeura dans cet espace lointain, croyant qu'il préparait une variante, mais il lui tapa sur la hanche en disant :
— Viens, c'est de la folie... Nous n'avons plus que cinq minutes. Pas une de plus.
Depuis le lit, Madeleine l'observa à travers le hublot de tribord. Quel angle super ! se dit-elle en gloussant avant de reprendre son carnet. Mais Forrest fut encore plus rapide. Son fusain n'eut que le temps de tracer le contour d'un bras plié, d'une cuisse tendue et d'un torse dont les muscles semblaient indépendants les uns des autres.
Les cinq minutes étaient depuis longtemps écoulées, et elle savait qu'elle devait faire sa part du travail : empaqueter des objets de première nécessité, ranger, attacher les poignées des tiroirs de la cuisine les unes aux autres, passer une sangle autour du réfrigérateur. Elle avait quelque part une liste des « Choses à faire en cas de tornade », mais elle la connaissait plus ou moins par cœur pour avoir déjà connu une bonne douzaine de tempêtes tropicales. Comme tous les Conques. Cependant, elle n'arrivait pas à détacher son regard de Forrest et du crayon qu'elle tenait à la main. Elle ne se lassait jamais d'observer les mouvements de son corps. Forrest était pêcheur de crevettes depuis l'âge de seize ans, et les vingt années suivantes, il s'était presque entièrement consacré à des travaux manuels et physiques. Il avait une intelligence bien réelle, mais il ne se souciait pas de l'utiliser, si ce n'est en donnant libre cours à sa fascination étrange pour l'astronomie, la botanique ou encore l'apprentissage de l'espagnol. Il en était venu à partager sa passion pour la myrmécologie : plusieurs fois ils étaient partis en expédition dans des lieux exotiques pour y observer des espèces rares de fourmis - quand leurs moyens le leur avaient permis, ce qui n'était pas arrivé si souvent.
Soudain, il fit noir. Madeleine leva les yeux de son croquis et s'aperçut qu'elle ne distinguait plus rien. Forrest commençait à fixer les panneaux de la taille des fenêtres qu'il avait découpés dans de la toile marine. Elle fut un peu surprise qu'il ait jugé cela nécessaire. Quand le bruit de sa perceuse électrique fendit l'air, elle se rendit compte que, dehors, tout était calme. Le calme avant la tempête.
À contrecœur, elle se leva et commença à s'organiser. Une secousse fit trembler la barge ; suivie d'une autre quelques minutes plus tard. Elle traversa la galerie en courant pour se retrouver sur le pont de pêche.
— Forrest, tu ne crois pas qu'on devrait aller à terre ?
Il y avait en tout douze fenêtres, et il lui en restait encore la moitié. Derrière lui, le ciel s'était mué en une masse noire, énorme et menaçante. Il n'y avait plus une seule voiture sur Roosevelt Boulevard. Même les oiseaux étaient partis.
— Si, répondit-il en fixant un autre panneau. Visiblement, c'est ce que tout le monde a fait. Tu es prête ?
Elle se mordilla la lèvre.
— Presque.
Forrest s'interrompit et jeta un œil aux barges voisines, toutes amarrées et ancrées, qui oscillaient de façon inquiétante.
— Que dit la météo ?
— Je n'ai pas allumé la radio.
Il regarda l'étrange formation nuageuse et fronça les sourcils.
— On dirait que ça se gâte, dit-il, soudain alarmé. Viens, chérie, allons-y.
Un grondement déchira l'air.
— Et si tu laissais tomber les fenêtres ?
De nouveau, Forrest scruta le ciel, ses longs cheveux emmêlés par le vent.
— Non, il vaut mieux mettre ces panneaux. Ça risque d'être une vilaine tempête.