Accueil Livres Littérature Aventure Le triangle secret, tomes 1 & 2
Le triangle secret, tomes 1 & 2
Le triangle secret, tomes 1 & 2
Les larmes du pape / Les cinq Templiers de Jésus
Didier Convard
738 pages
Couverture souple
Réf : 256564
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Résumé
Quel est ce secret si lourd que la papauté tient tant à préserver, y compris dans le sang ? Des Templiers du XIe siècle aux maçons d’aujourd’hui, de Jérusalem à la Champagne, voici l’histoire d’un combat contre le mensonge, une quête pour la vérité sur la mort de Jésus, son véritable tombeau et son ultime message.
Le mot de l'auteur
« J'ai mis dix années pour préparer Le Triangle secret, durant lesquelles j'ai interviewé des historiens, j'ai lu tout ce que je pouvais sur les Cathares, les Templiers, les francs-maçons. J'ai réuni une documentation écrite et une iconographie considérables. Je voulais nourrir mon imagination de toutes ces réalités : la plupart des flashbacks partent donc d'éléments réels : je m'engouffre dans des petites failles de l'histoire. »

Didier Convard
Pourquoi on l'a choisi
Vérités interdites. Didier Convard, franc-maçon lui-même, nous plonge avec force rebondissements dans ce thriller ésotérique impressionnant. Ses révélations provocantes remettent en question rien moins que les fondements de la chrétienté et 2000 ans de notre histoire.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :5
Bergot Alain
Le 15 avril 2009
Il était une série BD
Je n'ai pas encore lu ce livre, mais j'ai dévoré la BD et peux témoigner que cette histoire est aussi décoiffante que l'a été le "Da Vinci Code". Amateurs de Dan Brown, affutez vos outils, ouvrez vos esprits, Didier Convard va vous "scotcher". Nota : il existe un site internet dédié à la série BD.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
piloz marie
Le 09 avril 2009
Excellent
Ce livre est vraiment très prenant, du debut à la fin. Lisez-le, il est GENIAL...
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 12 août 2009
Bofff
Intrigue un peu poussive et pas crédible pour un sou.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
clementine13
Le 05 octobre 2009
Je ne dirai qu'un mot... Excellent !!
Déçue de refemer la dernière page... J'aurai tellement voulu que l'histoire continue ! Excellent, peut-être la suite bientôt ???
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 30 novembre 2009
Passionnant !
Si vous avez aimé le "Da vinci code" ou encore "Anges et démons", vous vous laisserez emporter par le talent de Didier Convard. Rares sont les livres qui tiennent en haleine du début jusqu'à la fin comme celui-ci.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Didier Convard est né à Paris en 1950. Scénariste pour le cinéma et la télévision, Didier Convard est également créateur et dessinateur de bandes dessinées. Maniant aussi bien le scénario que le dessin, il travaille pour Le Journal de Tintin où il crée notamment Neige avec Gine. Cette série a obtenu le prix Jeunesse à Angoulême. Il a également créé Finkel, toujours pour son complice Gine, avant de se lancer dans l'écriture de deux nouvelles séries, Editnalta et Polka. Il a inauguré en 2000 une série intitulée Le Triangle secret, en 7 tomes, qui s’est vendue à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires chez Glénat, maison dont il est à présent directeur éditorial. Les éditions Fayard ont publié une version novellisée en deux volumes (Les Larmes du pape, 2006, Les Cinq Templiers de Jésus, 2007).
Didier Convard partage aujourd'hui son temps entre Paris et la Champagne où se trouve son atelier.
Extrait
1

Le cortège


Les flammes des torches crépitaient dans le vent. L'épaisse pluie froide annonçait déjà la neige. Deux hommes et deux femmes portaient un corps enveloppé dans un suaire blanc tandis que suivaient les silhouettes d'une procession, recueillies et silencieuses.
Le cortège avançait dans une forêt de chênes. Au geste d'un très vieil homme qui marchait en tête, tous s'immobilisèrent. Les quatre porteurs déposèrent le cadavre sur le sol glaiseux. Une terre de marne grasse qui collait aux semelles des sandales. Une terre riche et parfumée.
Le vieillard vint se placer à la tête du mort, les pieds d'équerre, touchant presque le suaire. Aussitôt, ses compagnons fichèrent leurs torches en terre et formèrent cercle autour du gisant en se donnant la main.
Tous étaient unis. Tous se tenaient fortement. Le vieil homme, soulevant de ses bras cette chaîne humaine, dit ces mots :
— Puisqu'il est l'heure et que nous avons l'âge, ouvrons les travaux de notre Loge.
Hommes et femmes levèrent et abaissèrent par trois fois la chaîne de leurs bras, puis la rompirent.
Et le vieillard parla.
La pluie venait de redoubler, rabattue par le vent sur la clairière, trempant les manteaux de coton et les robes de lin.
La voix de l'orateur était faible et éraillée pour avoir trop servi, trop chanté l'amour et la fraternité à travers mille contrées et pays. Une voix lasse et désenchantée, triste. Infiniment triste.
Quand le vieillard eut achevé son oraison, trois hommes firent quelques pas et se baissèrent ensemble. Ils soulevèrent un anneau de bronze et, s'aidant de la voix, ils arrachèrent du sol une dalle de pierre qui ouvrait sur une tombe vide.
On reprit le corps du mort.
Le vieillard s'approcha de la fosse où reposait maintenant son ami. Son maître. Il plongea la main sous son manteau pour en sortir un objet qu'il tint un instant contre lui.
Il s'inclina lentement, s'agenouilla avec difficulté tout au bord du trou du noir tombeau, et pleura.
Il pleura longtemps avant de placer l'objet sur la poitrine du mort. Se redressant, il donna l'ordre de remettre la dalle en place et d'en défaire l'anneau de bronze. Puis il dit :
— Que ton Secret demeure avec toi, Maître... Maudits soient ceux qui tenteront de voler ta Parole pour la déformer ! Béni sois-tu, mon frère, pour l'enseignement que tu nous as laissé en héritage.
L'anneau lui fut donné. Malgré son poids, il souhaita le conserver dans ses mains, pareil à une relique.
Les hommes et les femmes reprirent leur chemin et s'enfoncèrent à nouveau dans l'épaisse forêt en s'éclairant de leurs torches aux flammes couchées.
Le vieillard marchait en tête. Il fut rejoint par un très jeune homme au visage brouillé de larmes et de pluie.
Il demanda à son aîné :
— Nous n'avons pas clos nos travaux, Jean... Pourquoi ?
Le vieil homme lui répondit :
— Ils ne le seront jamais plus, mon frère... Jamais ! Notre Loge s'est ouverte pour toujours, hors les murs de son temple, hors du temps. Notre travail ne fait que commencer. Pour l'éternité...
— Sans Lui, comment ferons-nous ?
Le vieil homme sourit et dit :
— Nous Le chercherons. Et ce sera notre travail. Dans les siècles des siècles, nous le chercherons, frère...



2

Le cinquième message


Didier Mosèle regarde la pluie tomber sur le boulevard extérieur. Il colle son front contre la vitre fraîche, demeure ainsi quelques secondes, pensif. Puis il quitte la fenêtre, retourne à son bureau recouvert d'un désordre de livres et de documents, cherche son paquet de cigarettes, en prend une qu'il allume pour en aspirer une bouffée à s'en brûler les poumons.
Didier Mosèle aborde la quarantaine. Des cheveux blonds et longs rejetés en arrière, un menton prononcé piqué d'une fossette, des pommettes hautes et légèrement saillantes, des yeux d'un bleu clair grisé. Grand, les épaules solides, il est vêtu d'un jean et d'un polo noirs.
Cela fait plus d'une heure qu'il passe et repasse une cassette dans son magnétophone de travail. Plus d'une heure qu'il fume cigarette sur cigarette, s'assoit, se relève, retourne à la fenêtre, revient, dérange des dossiers, tape du pied dans les livres jonchant le sol.
Et, encore une fois, il presse le bouton de lecture de l'appareil. La voix s'impose de nouveau dans son bureau. Une voix pressée, nerveuse, hachée par une respiration douloureuse :
« Mon Très Cher Didier, quand vous écouterez cette cassette, je ne serai sans doute plus de ce monde. Ceux qui me traquent vont bientôt me débusquer et il me reste trop peu de temps pour relater les derniers événements qui m'ont conduit au seuil de la mort... Les tueurs sont sur ma piste depuis bien longtemps... Je présume que vous avez reçu ma dernière lettre. Celle-ci n'était-elle pas trop énigmatique ? Avez-vous réussi à la comprendre ? Souvenez-vous... Je vous ai dit, juste avant de vous quitter, que j'emporterais cinq enveloppes avec votre adresse. CINQ ! Pour nous rappeler l'époque où nous avons été élevés au grade de compagnon dans notre Loge mère Éliah... Cinq ! Le chiffre symbolique de ce degré au cours duquel le maçon doit voyager... C'est ce soir-là, après notre Tenue¹, que nous avons longuement parlé... Nous voulions nous lancer dans une invraisemblable quête... Cela avait l'air, alors, d'un pari d'intellectuels parisiens désireux de s'offrir un dernier brin de jeunesse. Nous ignorions que nous mettions les pieds dans les pas de géants ! Ce que nous pensions n'être qu'une hypothèse de rats de bibliothèque est devenu une enquête dangereuse. Le romanesque de cette soirée peut-être un peu trop arrosée de brouilly s'est transformé en cauchemar !
Et ce voyage va me coûter la vie...
Nous étions loin de penser qu'une preuve matérielle remonterait du passé pour nous troubler au point d'accréditer d'un coup l'hypothèse sulfureuse que je me plaisais à évoquer !
Vous voyez, mon vieil ami... mon frère... Je perds du temps, encore... Je ressasse l'origine de mon malheur et ne vous parle pas de ce que vous aimeriez tant connaître... Savoir si ma théorie était juste, n'est-ce pas ?
Mais le fait même de me retrouver si près de la mort, prochainement éliminé par ceux qui cachent ce Secret vieux de tant de siècles, n'est-il pas la preuve que j'ai trouvé ? »
Mosèle coupe l'enregistrement, écrase sa cigarette à demi consumée dans un cendrier empli de mégots. Il se redresse, abandonne son fauteuil, marche dans la pièce pendant quelques minutes et revient à son bureau pour reprendre l'écoute du message dont il connaît presque par cœur le contenu :

« Abandonnez notre quête ! Je vous en conjure : fermez tous vos livres, brûlez-les tous et soufflez leurs cendres au vent ! Oubliez tout ce que je vous ai dit. OUBLIEZ ! Je me doute que vous vous arrêterez au cachet du timbre oblitéré de ce dernier envoi. Ne vous y fiez pas trop ! Restez en dehors de cette farce macabre ! »

Nouvelle pause et énième cigarette de la soirée. Mosèle se jure d'arrêter de fumer. Plus tard... Il regarde l'enveloppe en papier kraft dans laquelle il a reçu la cassette. L'envoi a été posté à la gare de Reims quatre jours plus tôt. Son adresse a bien été écrite de la main de son ami Francis Marlane, avec cette incorrigible manie d'incliner les « I » majuscules vers la droite :

Monsieur DIDIER MOSÈLE
33, avenue de la Porte-Brancion. 75015 PARIS

Mosèle reprend l'écoute :

« Didier, vous ne vous êtes contenté que de recherches livresques et vous avez eu raison. J'aurais dû m'en satisfaire moi aussi et ne pas me jeter physiquement dans une aventure pour laquelle je n'étais pas taillé.
Nous ne sommes que des nains devant cette énigme, Didier... que des enfants aveugles et impotents qui doivent être brisés pour que perdure le Mensonge...
Les hommes ne sont pas assez sages pour savoir... Le monde basculerait ; les valeurs, la morale, les lois, tout serait balayé par une tempête qui plongerait l'humanité dans l'abîme !
Je vous supplie de détruire cette cassette quand vous l'aurez écoutée. Je vous prie de ne parler de rien de tout cela à personne. Au nom de notre serment de maçons, obéissez-moi, mon frère !
Restez en dehors de cette farce macabre ! Brûlez l'enveloppe qui aura contenu cette bande. Par notre serment, par notre initiation, ne suivez pas mon exemple. Ne gardez de moi que les lettres que tout profane devenant maçon lit pour la première fois dans l'ombre du Temple... Ces lettres dont je comprends aujourd'hui le sens réel : V.I.T.R.I.O.L... qui résume cette phrase : "Visita Interiora Terrae, Rectificandoque, Invenies Occultum Lapidem²". Ne corrigez rien, surtout, Didier ! Ne cherchez ni la pierre ni le frère ! Adieu, Mon Très Cher Frère.

Votre ami qui s'est perdu, Francis.

Mosèle laisse la bande mourir d'elle-même en tournant à vide et en crachotant ses derniers parasites. La pluie rabattue par le vent frappe les carreaux. Bruit sourd du boulevard extérieur. Bruit de fond continuel sur lequel s'élèvent parfois une sirène de police, un crissement de pneus... C'est le soir. L'automne qui s'installe. Un soir banal.
Mosèle retire la bande du magnétophone pour la fourrer dans une poche de son jean et compose un numéro de téléphone sur son portable. Un temps, puis :
— Martin ? C'est Didier. Excusez-moi de vous déranger à cette heure. Je souhaiterais vous parler... Oui, au plus tôt... C'est très grave. Je préfère ne rien dire au téléphone. Je vous en prie, acceptez-vous de me recevoir ? Je peux être chez vous dans vingt minutes.
Satisfait, Mosèle referme son portable et, cigarette aux lèvres, quitte son bureau. Dans le vestibule, il décroche au passage son imperméable d'une patère.
Dehors, il peste contre la pluie qui le frappe de plein fouet. Il remonte le col de son vêtement et traverse la cour de son immeuble en quelques foulées pour déboucher sur l'avenue de la Porte-Brancion reliant le boulevard extérieur au périphérique. Sa Golf est garée en épi le long du trottoir, de l'autre côté de la chaussée. Mosèle attend que deux voitures soient passées pour traverser hors du passage protégé. Une camionnette blanche qui stationnait à quelques dizaines de mètres démarre aussitôt en accélérant brutalement. Mosèle tourne la tête dans sa direction et s'étonne :
« Ce type est fou, c'est à croire qu'il veut me... »
Il a juste le temps de se jeter de côté pour ne pas être happé par la camionnette qui le chargeait manifestement. Choc des genoux sur le sol. Contact du pavé trempé.
Le véhicule tourne à l'angle de l'avenue, se jette dans le flot de la circulation du boulevard, disparaît. Mosèle se relève ; il n'a eu que le temps de voir deux hommes à bord de la camionnette. Vision fugitive. Le passager l'a dévisagé. Infime fraction de seconde où Mosèle a lu le dépit dans ses yeux. Dépit que le conducteur ait manqué sa cible.
Mosèle gagne sa voiture en boitillant légèrement. Il ouvre la portière, se laisse tomber sur le siège et demeure un instant accroché au volant, réfléchissant... Il met enfin le contact.
« Ces dingues ont délibérément cherché à me faucher ! »
Il réalise qu'il a conservé son mégot aux lèvres. Il entrouvre la vitre et le jette d'une pichenette. Goût du tabac mouillé dans sa gorge. Âcre et gras. Poisseux comme ses pensées. Car Mosèle sait maintenant que Francis Marlane est mort. Francis, son ami. Son frère ! Francis, trente-six ans, en instance de divorce, auteur au succès modeste — mais remarqué — de nombreux ouvrages historiques, aquarelliste délicat et franc-maçon. Il a forcément été assassiné...


1. Nom donné à une réunion maçonnique.
2. Visite l'intérieur de la Terre et en rectifiant tu trouveras la pierre occulte.