Passion sauvage.
La camarguaise
La camarguaise
Françoise Bourdin
368 pages
Couverture cartonnée
Réf : 253704
Résumé
Transformer la vénérable bastide familiale en hôtel de luxe. Voilà le choix douloureux auquel Jordane, l’héritière des Valence, une grande famille d’éleveurs camarguais, a dû se résoudre. En proie aux créanciers, aux critiques et aux assauts de Lionel, son ex-mari, la belle indomptable devra en outre compter avec deux frères ennemis qui se disputent son cœur...
Pourquoi on l'a choisi
Une cavalcade romanesque entre terre et mer, menée par une héroïne de caractère, comme seule Françoise Bourdin sait les camper. La Camargue, ses horizons sauvages et ses gardians n’ont jamais été aussi captivants !
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Les avis des internautes
Moyenne des avis :Nombre d'avis :7
corrignan jocelyne
Le 09 mai 2009
222 adhérents sur 436 ont trouvé cet avis utile.
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Ca nous ressemble
Je n'ai pas encore lu le livre mais le peu que j'ai lu m'incite à l'acheter, je me retrouve un peu dans l'héroïne, je dois affronter une histoire d'héritage, son attachement à la bastide familiale et son courage pour en faire un hôtel de luxe démontre qu'on est attaché à ses racines, c'est inévitable, même si on doit continuer d'avancer, le passé fait partie du présent.
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Le 16 juin 2009
203 adhérents sur 356 ont trouvé cet avis utile.
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Très belle histoire
J'ai beaucoup aimé ce livre (comme tous les livres de Françoise Bourdin d'ailleurs). Une héroïne qui possède une propriété de famille (ici un mas en Camargue), et qui doit affronter les créanciers et certains habitants qui n'apprécient pas ses idées, afin de sauver le mas et sa famille de la ruine, le tout sur fond d'histoire d'amour. J'ai suivi avec bonheur les différentes péripéties (heureuses et malheureuses) du personnage central de l'histoire. Quelle bonne idée d'avoir choisi la Camargue, magnifique région avec ses étangs, ses chevaux et ses traditions, on s'y croirait. J'ai beaucoup aimé également le lien fait entre le passé et le présent, le fait d'avancer de l'avant sans pour autant renier ses racines, sa culture, son histoire.
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pattier suzanne
Le 15 juillet 2009
86 adhérents sur 223 ont trouvé cet avis utile.
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Pas encore lu
J'aime beaucoup les livres de Françoise Bourdin. Cela explique mon choix.
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lagahe françoise
Le 04 septembre 2009
78 adhérents sur 131 ont trouvé cet avis utile.
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La Camargaise
Tous les romans de Françoise Bourdin sont bien, j'aurais aimé trouver "Les vendanges de Juillet" du même auteur ou d'autres qui ne sont pas paru chez France Loisirs.
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Le 29 août 2009
52 adhérents sur 113 ont trouvé cet avis utile.
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Belle histoire
Superbe héroïne : moderne, pleine de vie. Histoire très sympa. Des personnages attachants. Une belle histoire à découvrir !
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Le 16 décembre 2009
23 adhérents sur 55 ont trouvé cet avis utile.
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Un régal
Toujours aussi passionnants les écrits de Mme Bourdin, à lire vivement !
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Le 23 janvier 2010
10 adhérents sur 13 ont trouvé cet avis utile.
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J'adore !
Voilà un livre comme je les aime : de l'amour, de la passion, des histoires d'amour pas toujours simples, une héroïne qui prend les problèmes familiaux à bras le corps... bref, j'adore.
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Née à Paris en 1952 de parents chanteurs lyriques, Françoise Bourdin est plongée dès son plus jeune âge dans le monde artistique. Passionnée d'équitation depuis l'adolescence, elle l'est aussi par la littérature. Elle commence, dès quinze ans, à écrire des nouvelles et publie son premier roman, Les Soleils mouillés, à l'âge de vingt ans.
Plusieurs grands succès littéraires font d'elle une romancière reconnue :
    Comme un frère
    Le Secret de Clara
    Les Années passion
    Le Choix d'une femme libre
    Rendez-vous à Kerloc'h
    L'Inconnue de Peyrolles
    Une passion fauve
    Dans le silence de l'aube
    Les Bois de Battandière
    Nom de jeune fille
Elle a également signé de grandes sagas télévisées à succès : Un été de canicule et Terre indigo.
Mère de deux filles, elle vit en Normandie.
Extrait

1


La bastide était silencieuse, chaude et familière autour d'elle, avec ses odeurs anciennes et ses peintures défraîchies dont elle apercevait les cloques par endroits. Jordane s'était immobilisée un instant sur le palier du premier étage, guettant par habitude les bruits de la maison. Mais il n'y avait rien, hormis le frottement caractéristique du balancier de l'horloge, jamais réparé, et chacun devait dormir tranquille.
Au lieu de continuer vers le second, la jeune femme fit quelques pas hésitants et alla s'asseoir sur un cantou. Les veilleuses de la cage d'escalier, très insuffisantes, créaient des ombres effrayantes dans tous les coins, mais Jordane connaissait si bien la maison qu'elle aurait pu s'y déplacer dans le noir. Son grand-père avait fait installer, trente ans plus tôt, un système d'éclairage qui répandait de vagues lueurs au long des couloirs. Il en avait décidé ainsi à la naissance de sa première petite-fille car, dès qu'il était question d'améliorer le confort de la bastide, il ne reculait devant rien. Seulement voilà, depuis bien longtemps à présent, et faute de moyens, tout s'était usé, abîmé, dégradé.
Jordane se sentit brusquement oppressée. Certains soirs de fatigue, comme celui-là, elle prenait vraiment conscience de ses responsabilités, beaucoup trop lourdes pour une jeune femme seule ; de son avenir précaire qui s'obscurcissait d'année en année ; de ce que les autres femmes de sa famille attendaient d'elle.
Elle avait promis sur tous les tons, répété mille fois qu'elle se chargeait du Biloba, et qu'elle les sortirait de l'impasse. Était-elle capable de tenir ses promesses ? Malgré sa volonté, son imagination ou sa capacité de travail, l'argent manquait de plus en plus.
Et soudain Jordane éclata en sanglots silencieux, recroquevillée sur elle-même comme sous l'effet d'une véritable douleur. Elle remonta ses genoux et replia ses bras autour, se balançant d'avant en arrière. La bastide du Biloba était un héritage empoisonné, un miroir aux alouettes, un chemin de croix.
L'escalier craqua et elle releva la tête. Lionel descendait, les cheveux en bataille, sa robe de chambre flottant autour de lui. Il vint aussitôt vers elle, la regarda avec tendresse, l'attira contre lui.
— Tu n'étais pas dans ta chambre, je me suis inquiété... Des soucis, mon amour ? chuchota-t-il d'une voix rassurante.
- Je ne suis plus ton amour et, des soucis, j'en ai par-dessus la tête !
Il se mit à rire mais recula d'un pas. Les boucles brunes de la jeune femme avaient frôlé son ventre, éveillant un sempiternel et encombrant désir.
- Descendons boire quelque chose, proposa-t-il.
En arrivant de Paris, le matin même, il avait rempli le réfrigérateur de ces bouteilles de champagne dont Jordane raffolait. Il marquait ainsi chacune de ses visites d'attentions et de cadeaux. Il était décidé à reconquérir sa femme, quelle que soit sa résistance. Au pied de l'escalier, ils tournèrent à droite vers la cuisine qui demeurait la pièce la plus accueillante de la trop vaste bastide. Jordane sortit deux verres dépareillés tandis qu'il la détaillait, du coin de l'œil. Ses hanches étaient toujours aussi étroites, sa silhouette haute et gracieuse. Une masse de cheveux brillants, très sombres, dissimulaient un petit front têtu, un visage aux pommettes saillantes, une bouche enfantine. Elle ne se maquillait jamais, restant hâlée en toute saison, et ne cherchait même pas à mettre en valeur son regard doré, profond, scintillant.
- Tu as l'air d'une gamine, dit-il en souriant de convoitise.
Elle se laissa tomber sur le banc, près de lui, puis renversa la tête en arrière pour vider son verre. N'y tenant plus, il la prit par les épaules et l'embrassa dans le cou. Elle sentait le cheval, la poussière, le soleil. Il eut un pincement au cœur, très désagréable. Il n'était pas seulement frustré, il était malheureux. De quel droit l'avait-elle quitté ?
- Tu as besoin d'argent, Jordane ?
Il murmurait, la bouche contre sa peau tiède, la voix altérée. Elle se dégagea d'une secousse, se mit debout pour mieux le toiser.
- Toujours aussi délicat !
Depuis combien de temps n'avaient-ils pas fait l'amour ensemble ? Un an ? Davantage ? Lionel avait ses maîtresses, à Paris, et Jordane menait une vie solitaire au Biloba. Pour ce qu'il en savait, du moins.
- Et puis, de l'argent..., ajouta Jordane d'un air las. Je voudrais bien en gagner, pas t'en emprunter ! Que cette fichue terre se décide à rapporter trois sous ! Grand-père y parvenait mieux que moi, et pourtant je l'ai pris pour un vieil idiot, un...
- Grand-père, grand-père, la singea-t-il. Tu en es toujours là ? Reprends-toi, ma grande, le monde avance ! Essaie de te maintenir dans la course.
Puisqu'elle l'avait repoussé, comme d'habitude, il n'avait plus très envie de discuter. Il bâilla et versa du champagne dans leurs verres. Elle s'empara du sien avant de quitter la cuisine, sans explication. Il l'entendit ouvrir la porte du bureau. Elle allait encore se replonger dans ses comptes, tirer des plans sur la comète toute la nuit. Il éteignit, traversa le hall et s'arrêta un instant au pied de l'escalier. Elle écrivait, la tête penchée sous la lampe bouillotte, le dos voûté, l'air absorbé. Trop agacé pour la trouver attendrissante, il décida que tout ce gâchis ne le concernait pas, qu'il avait sommeil. Il allait s'éloigner, dépité, lorsqu'elle se tourna vers lui. L'ampoule électrique faisait luire ses boucles brunes, cernait ses yeux et creusait ses joues. Elle lui adressa un drôle de petit sourire.
- Jordane...
Non, il ne pouvait pas se résigner à la laisser seule. Le silence de la nuit lui donnait l'impression trompeuse d'une intimité retrouvée. Il l'avait si souvent tenue dans ses bras, possédée, aimée, qu'il refusa brusquement le rôle d'ami auquel elle prétendait le condamner.
- Jordane, répéta-t-il plus bas en s'approchant.
Elle vit sa détermination et sut tout de suite ce qu'il allait faire. Elle posa son stylo, se leva, mais il l'avait déjà prise par la taille. Il était plus grand et plus fort qu'elle. Ils luttèrent quelques instants, elle vraiment furieuse, et lui comme s'il s'agissait d'un jeu. Combien de fois s'étaient-ils amusés de la sorte, à se poursuivre en riant à travers leur appartement de Paris, se défiant comme des gamins ? Et toujours pour finir ils se retrouvaient blottis l'un contre l'autre, soumis au même désir.
Lionel tira d'un coup sec sur le chemisier, arrachant les boutons. Il vit qu'elle ne portait pas de soutien-gorge. Elle se débattait pour de bon, sans prononcer un mot. Comme elle était sportive, musclée, pleine d'énergie, elle lui échappa une seconde mais il la rattrapa par le bras. De la voir à moitié nue avait rendu fou Lionel. Il la plaqua contre le mur qu'elle heurta durement. Il insinua de force un genou entre ses cuisses pour l'empêcher de bouger, pour l'obliger à céder. Au moment où il posait avec avidité ses mains sur ses seins, elle lui envoya une gifle magistrale. Ils reprirent leur souffle, immobiles, avant qu'il accepte de reculer.
- Désolé, marmonna-t-il.
Il la regardait toujours, fasciné, et elle ne chercha pas à rajuster ses vêtements. Au contraire, elle avança pour le provoquer de façon délibérée.
- Mais qu'est-ce que tu es devenu, mon pauvre chéri ? Un vrai satyre ou une simple brute ?
Machinalement, Lionel frotta sa joue, là où les doigts de Jordane avaient laissé une marque rouge.
- Tu veux que j'ouvre mon jean ? poursuivit-elle. Tu veux prendre un petit plaisir, debout contre la porte ? Je peux faire ça pour toi !
- Garce, parvint-il à articuler en baissant les yeux.
- Parce que je n'ai pas envie de toi, je suis une garce ? Tu trouves ? Ah, vraiment, nous n'étions pas faits pour aller bien loin, tous les deux !
— S'il te plaît... Ne dis pas des choses que tu vas regretter...
- La seule chose que je regrette, ce sont les enfants que tu n'as pas voulu avoir !
Il soupira, brusquement calmé. Elle avait sans doute raison de lui en vouloir. Il aurait donné beaucoup pour pouvoir revenir en arrière. Hélas, il avait tout compris trop tard.
— J'ai changé, Jordane, mais tu ne m'écoutes pas. Tu n'écoutes personne...
— Je n'ai pas de temps à perdre ! J'ai cette maison sur le dos, je n'ai plus de vie ! Et tu n'as rien fait pour m'aider, pour que ça s'arrange entre nous. Tu ne penses qu'à toi. Tout ce qui t'intéresse, c'est de me sauter dessus ! Des femmes, il y en a d'autres... Tu m'as donné dix fois la preuve que tu savais où les trouver !
Elle pouvait être sans pitié, il en avait déjà fait l'expérience à ses dépens, et il ne voulut pas en entendre davantage. Il se détourna, mal à l'aise, vaguement en colère, ne sachant que faire.
- La prochaine fois, mets-y les formes, offre-moi des fleurs...
La voix de Jordane, derrière lui, avait soudain une intonation gaie. Il l'aimait pour ça aussi, pour cette joie de vivre qui n'appartenait qu'à elle et qui faisait surface à n'importe quel moment. Il lui jeta un coup d'œil mais elle lui ordonnait de sortir, d'un geste amusé.
- J'ai du travail, rappela-t-elle en désignant son bureau.
Ce n'était plus la peine d'insister, ce serait pour une autre fois. Mais il ne se laisserait pas décourager, quoi qu'elle fasse ou quoi qu'elle dise. Elle était trop belle pour qu'il abandonne la partie, et puis surtout il l'aimait encore beaucoup trop.