Le voleur de morts
520 pages
Couverture souple
Réf : 250130
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Résumé
De nos jours : Julia découvre un squelette dans son jardin. Décidée à découvrir l'identité du mystérieux cadavre, elle va remonter le temps jusqu'en 1830.
1830, hôpital de Boston : Rose rencontre Norris, un futur médecin. Le Faucheur, un abominable tueur en série qui terrorise la population de Boston, va rapprocher les deux jeunes gens d’une bien sinistre manière...  
Pourquoi on l'a choisi
Cette passionnante enquête, entre deux époques, nous entraîne sur les traces d’un assassin terrifiant : un formidable suspense, totalement effrayant. 
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :13
julival
Le 27 mars 2011
Envoutant !
Je ne connaissais pas cet auteur et je me suis laissée entrainer dans l'Amérique du 19e siecle , tout y est décrit avec un réalisme saisissant : on voit, on respire, on est complètement dedans, de plus, on s'attache aux personnages que l'on a du mal à quitter à la fin du roman. Le suspense, lui, garde son mystère jusqu'à la fin : j'ai adoré !
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Bomchickawahwah
Le 16 avril 2011
Du bon Gerritsen !
Comme d'habitude Tess Gerritsen nous régale ! Dépaysement total et intrigue jusqu'à la dernière page !
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ADELE
Le 19 avril 2011
Très bon livre
J'ai passé un excellent moment en lisant ce livre. On voyage du 21ème au 19ème siècle et on apprend comment était la vie en ce temps-là. Ce roman n'est pas du tout "gore". Les personnages sont très attachants. Je vous le conseille. Quand on l'ouvre, on ne peut plus le lâcher.
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Doudou61
Le 19 avril 2011
Bon livre
Au début, j'ai été un peu perdue à cause du nombre de personnages, et au fil des pages, on s'attache à Rose et on ne veut plus la quitter, livre lu en 3 jours !
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SAMUEL
Le 10 mai 2011
Bon livre
L'intrigue est bien menée. C'est une bonne idée de situer l'action à deux époques, le suspense est conservé presque jusqu'à la fin du livre. J'ai beaucoup aimé ce roman.
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Remarque de leslie fiche du 14/07/11
Histoire sur 2 époques, très bien menée d'ailleurs; beaucoup de personnages au début mais très vite habituée. Très bonne lecture et histoire très prenante, difficile de s'arrêter.
Mic
Le 13 août 2011
Jubilatoire !
On le lit d'une traite comme un roman policier et d'aventures qu'il est ! Tess Gerritsen au meilleur de sa forme, brosse des personnages attachants, façonne une intrigue captivante. Je me suis passionné pour ce "Voleur de morts" qui, de rebondissements en rebondissements m'a inoculé le venin du doute. La célèbre romancière américaine a eu l'ingénieuse idée de lier le thème du "serial killer" au roman policier historique, en situant l'action de son livre au tournant du XIXème siècle, à une période charnière de l'évolution des sciences médico-légale. Ne le manquez sous aucun prétexte, il vous emportera !
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FABI
Le 25 mai 2011
Intéressant
Livre intéressant qui fait un joli pareil entre passé et présent. Livre qui se lit très facilement. A découvrir.
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Leny
Le 16 juin 2011
Bonne lecture
Je ne suis jamais déçue par un livre de Tess Gerritsen. Très bonne lecture !
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nine17
Le 27 juillet 2011
Passionnant
France Loisirs m'a fait découvrir cette auteure grâce à la recherche intuitive que propose le site. Je me suis laissée tenter et j'ai adoré. Mon futur achat sera de Tess Gerritsen, c'est sûr. Vous aimez Patricia Cornwell ou Marie Higgins Clark ? Vous ne serez pas déçu par Tess Gerritsen.
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pralinette
Le 02 août 2011
Pas mal !
J'ai passé un bon moment ! Livre très plaisant, des personnages attachants, une fin inattendue ! Pas mal !
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Lila
Le 04 septembre 2011
Génial
Encore un très bon Tess Gerritsen. Très différent de ses autres romans, mais excellent !
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Remarque de Mickael Boulier du 07/09/11
Norris et Rose : de superbes personnages et très attachants.
marguerite80
Le 27 janvier 2012
Captivant
Très bon roman à suspense. On se laisse prendre par l'intrigue et l'atmosphère très spéciale du roman. Facile à lire grâce à une écriture simple et entraînante.
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ckalou
Le 04 mai 2012
Captivant !
Malgré un début délicat (beaucoup de personnages), ce livre nous entraîne dans une étrange histoire où se mêlent l'envie de le finir et celui de ne pas quitter les personnages. Du suspense, de l'amour et dépaysement total, enrichissement sur la médecine du XIX siècle. A découvrir sans hésiter. Lu en 3 jours.
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Extrait

1


De nos jours
C'est ainsi que se termine un mariage, pensait Julia Hamill en enfonçant sa pelle dans le sol. Non par de doux adieux murmurés, non par la tendre pression de mains arthritiques, quarante ans plus tard, avec les enfants et les petits-enfants éplorés entourant un lit d'hôpital.
Elle souleva une pelletée de terre et la jeta sur le côté, faisant rouler des pierres sur un tas grandissant. Ce n'était que de l'argile et des cailloux, où ne poussaient que des ronces. Un sol stérile, comme son mariage, dans lequel rien de durable, rien qui mérite qu'on s'y accroche, n'avait germé.
Elle enfonça de nouveau sa bêche et entendit un claquement, sentant le choc remonter le long de sa colonne vertébrale, lorsque le fer heurta une pierre – une grosse. Elle changea la position de l'outil, mais elle eut beau attaquer la pierre sous d'autres angles, elle ne parvint pas à la déterrer. Démoralisée et inondée de sueur, Julia regarda le trou. Toute la matinée elle avait creusé comme une possédée et sous ses gants de cuir des ampoules avaient éclaté. Ses efforts avaient attiré une nuée de moustiques qui bourdonnaient dans l'air chaud autour de son visage et se glissaient dans sa chevelure.
Il n'y avait cependant pas d'autre moyen : si elle voulait faire un jardin de ce terrain envahi par les mauvaises herbes, elle devait continuer, et cette pierre l'en empêchait.
Soudain la tâche lui parut désespérée, l'objectif hors de portée de ses piètres efforts. Lâchant la pelle, elle se laissa tomber sur le tas de terre et de cailloux. Pourquoi s'était-elle crue capable de redonner vie à ce jardin, de restaurer cette maison ? Elle promena son regard sur le fouillis de mauvaises herbes, le porta sur la véranda affaissée, les planches à clin décolorées. La Folie de Julia, c'était le nom qu'elle devait donner à cette maison. Elle l'avait achetée alors qu'elle était incapable de réfléchir, que sa vie s'effondrait. Pourquoi ne pas ajouter une épave au naufrage ? Ce devait être un lot de consolation pour avoir survécu à son divorce. À trente-huit ans, elle aurait enfin une maison à elle, une maison avec un passé, une âme. Elle l'avait visitée avec la femme de l'agence immobilière, avait contemplé les poutres équarries à la main, repéré un papier mural ancien par une déchirure dans les nombreuses couches qui le recouvraient, et elle avait su que cette maison n'était pas ordinaire. Et qu'elle l'appelait à l'aide.
« Emplacement idéal, avait souligné la femme de l'agence. Sur un demi-hectare de terrain, ce qu'on trouve rarement, maintenant, aussi près de Boston.
— Alors, pourquoi est-elle encore à vendre ?
— Vous voyez dans quel état elle est. Quand on nous l'a confiée, elle était pleine de caisses de livres et de vieux papiers empilées jusqu'au plafond. Les héritiers ont mis un mois pour tout débarrasser. Manifestement, il faut la rénover de fond en comble.
— Moi, ça me plaît plutôt, qu'elle ait un passé. »
Après une hésitation, la femme de l'agence avait repris :
« Il y a autre chose que je dois vous dire. Pour ne rien vous cacher.
— Quoi ?
— L'ancienne propriétaire avait plus de quatre-vingt-dix ans et… elle est morte ici. Cela dissuade les acheteurs impressionnables.
— Plus de quatre-vingt-dix ans ? Sa mort est naturelle, alors ?
— C'est ce qu'on présume. »
Julia avait froncé les sourcils.
« On n'en est pas sûr ?
— C'était l'été, et il s'est écoulé près de trois semaines avant qu'un membre de la famille ne découvre… »
La femme n'avait pas achevé sa phrase.
« Mais bon, le terrain à lui seul est exceptionnel, avait-elle assuré, d'un ton soudainement redevenu jovial. Vous pourriez tout raser, vous débarrasser de cette maison et reconstruire… »
Comme les gens se débarrassent des vieilles épouses comme moi, avait pensé Julia. Cette magnifique demeure délabrée et moi méritons mieux.
L'après-midi même, elle avait signé la promesse d'achat.
Affalée maintenant sur son tas de terre, chassant les moustiques de la main, elle songeait : Dans quoi me suis-je fourrée ? Si Richard voyait cette ruine, elle ne ferait que confirmer l'opinion qu'il a déjà de moi. Julia la naïve, de la pâte à modeler dans les mains des agents immobiliers. Orgueilleuse propriétaire d'un vieux tas de briques.
Elle passa une main au-dessus de ses yeux, étala de la sueur sur sa joue puis regarda de nouveau le trou. Comment pouvait-elle espérer prendre un nouveau départ dans la vie alors qu'elle n'avait même pas la force de faire bouger une misérable pierre ?
Elle prit un déplantoir et, penchée en avant, entreprit de dégager la terre. Une plus grande partie de la pierre apparut, telle la pointe d'un iceberg, dont elle ne parvenait pas à estimer la dimension de la masse cachée. Peut-être assez énorme pour couler le Titanic. Julia continua à creuser, sans se soucier des moustiques et du soleil sur sa tête nue. Cette pierre symbolisait soudain tous les obstacles, tous les défis devant lesquels elle s'était dérobée.
Je ne te laisserai pas me vaincre.
Avec son déplantoir, elle attaqua la terre sous la pierre afin de ménager un espace où elle pourrait glisser sa bêche. Des mèches de cheveux tombèrent sur son visage et se collèrent à sa peau moite tandis qu'elle creusait de plus en plus profond. Avant que Richard voie cet endroit, elle en ferait un paradis. Il lui restait deux mois avant d'affronter une nouvelle classe. Deux mois pour déraciner les mauvaises herbes, fertiliser le sol, planter des rosiers. Richard avait affirmé que si elle plantait des rosiers dans leur jardin de Brookline ils mourraient. « Tu dois savoir ce que tu fais », avait-il ajouté sur un ton détaché, mais la remarque n'avait pas moins blessé Julia. Elle savait ce qu'elle signifiait.
Tu dois savoir ce que tu fais et tu ne le sais pas.
Elle s'allongea sur le ventre, creusa de plus belle. Le déplantoir heurta à nouveau quelque chose de solide. Bon Dieu, non, pas une autre pierre. Julia releva ses cheveux, examina ce que la pointe métallique de l'outil venait de frapper. Autour du point d'impact, des fissures rayonnaient. Elle déblaya la terre et les cailloux, révélant un dôme à la surface anormalement lisse. Son cœur se mit à battre plus vite et elle eut soudain du mal à respirer, mais elle continua à creuser, des deux mains maintenant. Le dôme émergea, courbes reliées par une soudure dentelée. Elle accéléra le mouvement de ses mains, parvint à un creux rempli de terre. Elle ôta un de ses gants, enfonça un doigt dans la terre tassée qui tout à coup se fendilla et s'effondra.
Elle se redressa et, à genoux, regarda fixement ce qu'elle venait de mettre au jour. Un vent léger caressait l'herbe, répandait une odeur douceâtre de carottes sauvages. Julia leva les yeux vers la maison dont elle aurait voulu faire un paradis. Elle avait imaginé un jardin de roses et de pivoines éclatant de vie, une tonnelle où s'enrouleraient des clématites violettes.
Ce qu'elle avait sous les yeux, c'était une tombe.

— Tu aurais pu me demander mon avis avant d'acheter cette bicoque, geignait sa sœur Vicky, assise à la table de la cuisine.
Debout près de la fenêtre, Julia regardait les petits tas de terre qui avaient surgi dans son jardin de derrière comme autant de petits volcans. Trois jours durant, une équipe des services de médecine légale y avait quasiment campé. Elle s'était tellement habituée à ce que les techniciens entrent chez elle pour utiliser ses toilettes que leur présence lui avait manqué lorsqu'ils avaient terminé leurs fouilles et qu'elle s'était de nouveau retrouvée seule dans cette maison, avec ses poutres équarries à la main. Et ses fantômes.
Dehors, le médecin légiste, le Dr Isles, venait d'arriver et traversait le chantier. Une femme déroutante, ni amicale ni froide, avec un teint blême et des cheveux d'un noir « gothique ». Si calme et maîtresse d'elle-même, pensa Julia en l'observant à travers la vitre.
— Ça ne te ressemble pas, d'agir sur un coup de tête, disait Vicky. Pourquoi tu t'es engagée le jour même où tu l'as visitée ? Tu avais peur que quelqu'un te la souffle sous le nez ?
Elle tendit le bras vers la porte de la cave gauchie.
— Elle ne ferme même pas. Et les fondations ? Tu les as examinées ? Elle doit bien avoir cent ans, cette maison…
— Cent trente, murmura Julia, les yeux toujours tournés vers le jardin et le Dr Isles, debout au bord de l'excavation.
— Ma chérie, dit Vicky d'un ton radouci, je sais que cette année a été dure pour toi. Je sais ce que tu as enduré. Je regrette seulement que tu ne m'aies pas téléphoné avant de prendre une décision aussi radicale.
— Ce n'est pas un si mauvais achat, argua Julia. Un demi-hectare de terrain, près de la ville…
— Et un cadavre dans le jardin. Ça lui donne assurément de la valeur.
Julia massa son cou noué par la tension. Sa sœur avait raison, elle avait toujours raison. Par la fenêtre, elle vit une autre personne arriver. Une femme plus âgée, avec des cheveux gris et courts, en jean et lourdes bottes de chantier : pas du tout le genre de tenue qu'on s'attend à voir sur une femme en âge d'être grand-mère. Encore un personnage bizarre dans son jardin. Qui étaient ces gens qui s'occupaient des morts ? Pourquoi avaient-ils choisi une profession où ils côtoyaient chaque jour ce que la plupart des autres n'osaient même pas envisager ?
— Tu en as parlé à Richard avant de l'acheter ?
Julia se figea.
— Non, je ne lui en ai pas parlé.
— Tu as eu de ses nouvelles, dernièrement ? demanda Vicky.
Le changement de sa voix – moins forte, presque hésitante – amena Julia à se tourner enfin vers sa sœur.
— Pourquoi tu me demandes ça ?
— Vous avez été mariés. Tu ne l'appelles pas de temps en temps simplement pour savoir s'il transmet ton courrier ou des choses de ce genre ?
Julia se laissa tomber sur une chaise.
— Je ne l'appelle pas. Et il ne m'appelle pas.
— Je suis désolée, murmura Vicky après un silence. Désolée que tu souffres encore.
Julia eut un rire.
— Oui, moi aussi, je suis désolée.
— Cela fait six mois, maintenant, souligna Vicky. Je pensais que tu aurais tourné la page. Tu es intelligente, tu es jolie, tu devrais rebondir.