Ex-appeal
Ex-appeal
560 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 249030
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Au lieu de 14,90  (prix public)
Résumé
Sale temps pour Gina... La ferme qu’elle habite avec son amie Phoebe menace de tomber en ruine et leur petite entreprise de traiteur bio bat de l’aile. Alors, l’esprit de Gina vagabonde : où est Matt, le grand amour de ses quinze ans ? À quoi ressemble sa vie ? Le hasard va bientôt apporter à notre grande romantique des réponses inattendues... 
Pourquoi on l'a choisi
Prince charmant ou crapaud ? Dans la vraie vie, l’un n’empêche pas l’autre... Tel est le constat réjouissant de cette histoire d’amour pleine de surprises et d’éclats de rire, bien plus drôle qu’un conte de fées !
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :4
malie73
Le 22 août 2009
Pas génial
Il aurait fallu appuyer un peu plus sur les amoureux que sont Matt et Gina. La fin est rapide, sans "nouvelle", et il a fallu attendre près de 130 pages pour enfin voir venir Matt, puis le revoir vers 300 pages.... J'ai lu ce livre sans grand intérêt, et qui se répète pas mal dans le rythme du texte.
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Remarque de aurelie du 26/09/10
J'ai eu la même impression.
Casix
Le 11 août 2009
Roman rythmé
Malgré un volume de page conséquent (560 pages), ce roman se lit vite et bien. Il a du rythme, beaucoup de dialogue, peu de descriptif sur les lieux, les petits détails des personnages. Bonne complicité des deux copines qui met du piment au roman. Ce roman n'aura pas de mal à être adapté en film.
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Kouzia
Le 04 juin 2010
Un livre qui me fait regretter mes 7 Euro...
Dire que je suis déçue serait un doux euphémisme ! Ce livre au sujet qui peine à décoller et se termine de la manière la plus prévisible possible grouille de phrases du style: "...s'écria Phoebe, laissant échapper un pet", "Elizabeth renifla l'air autour des aisselles de sa fille et eut un mouvement de recul" et autres crottes de nez qui le rendent franchement nauséaubond. Dommage pour une si belle collection.
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vahine481
Le 09 octobre 2010
Nul !I
Impossible de finir ce livre tellement j'ai détesté, d'ailleurs la fin ne m'intéresse pas. Je suis une fan des romans Piment mais celui-là était une erreur d'achat !! Je ne le recommande pas !
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Extrait

1

De nos jours


Le hors-bord fendait la surface de la Tamise que s rayons du soleil faisaient miroiter.
C'était une journée idéale ; on n'aurait pas pu rêver mieux. Le soleil d'été transformait la chevelure blond miel de Matt en une auréole dorée. Celui-ci tourna brusquement le volant et l'embarcation fit jaillir un rideau d'écume. Après un effort d'imagination, Gina eut l'impression que ce n'était pas eux mais le Tower Bridge qui effectuait un virage à 180 degrés.
— Tout va bien ? cria Matt pour couvrir le bruit du moteur, ses yeux bleus pétillant dans son visage mince et bronzé.
Elle ne s'était jamais sentie aussi amoureuse. C'est notre destinée, songea-t-elle. Toi et moi contre le monde entier, Matt et Gina réparant les injustices et vivant un bonheur parfait.
— Super ! répondit-elle en glissant un bras autour de sa taille, nichant sa tête au creux de son épaule.
Ils s'embrassèrent et le bateau bondit sur l'eau comme un dauphin. C'est le plus beau jour de ma vie, se dit Gina. Après tout, rares étaient les occasions de saboter la visite officielle du Premier ministre japonais en le forçant à aborder le sujet des requins pèlerins, et de faire parler de soi et de ses activités en prime time à la télévision...
— Les journalistes de tous les pays d'Europe étaient présents !
— Absolument tous.
— On leur a bien secoué les puces, hein ? On a obligé ces nababs de la politique à ouvrir grand leurs oreilles !
— Tu as raison, dit-il en lui caressant la main. Maintenant, accroche-toi, je vais mettre toute la gomme. (Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.) On dirait qu'une vedette de la police nous a pris en chasse, et pas question qu'ils nous rattrapent.

— Hé ! Banane !
Gina sursauta, tirée de sa rêverie si brutalement qu'elle fit tomber la poêle dans l'évier, éclaboussant d'eau de vaisselle graisseuse son T-shirt Amnesty International.
— Pouah ! lança-t-elle en retirant une lamelle de carotte visqueuse de ses longs cheveux noirs. C'est dégueu !
— Réveille-toi, tu as du boulot ! lui ordonna Phoebe Butt en déposant un autre plateau d'assiettes sales sur la table de la cuisine. Ça va bientôt faire cinq minutes que tu laves cette poêle !
Gina regarda d'un œil torve l'évier rempli d'eau grisâtre. Ah... Grrr... On est bien tranquille en train de sauver la planète avec l'homme de ses rêves, et voilà qu'une rabat-joie vous ramène à la réalité et qu'on se retrouve plongée dans l'eau savonneuse jusqu'aux coudes.
— Je gâche mon talent ! dit-elle en reniflant d'un air hautain.
Phebe fit la moue puis éclata d'un rire qui secoua sa poitrine généreuse.
— Ouais, tu parles !
— C'est vrai ! Je ne devrais pas laver la vaisselle dans une cuisine minable, alors que je pourrais faire des merveilles avec des échalotes.
— Et moi, je ne devrais pas jouer les serveuses, l'avisa Phoebe. Seulement, on n'a pas les moyens de payer quelqu'un pour s'occuper du sale boulot, je te rappelle. Et puis je ne qualifierais pas franchement de « minable » la cuisine du manoir de Brockbourne.
— D'accord, admit Gina en embrassant du regard la pièce somptueuse ; elle posa la poêle propre à l'envers sur l'égouttoir. Mais je pense quand même qu'on n'aurait pas dû s'occuper de la vaisselle. Surtout qu'on a préparé ce dîner uniquement pour dépanner ton amie Ella.
— Arrête de râler, c'est un bon plan ce taf ! Son traiteur la laisse tomber, on le remplace au pied levé. Du coup, elle nous appellera sûrement en premier la prochaine fois.
Phoebe bâilla et posa ses fesses menues sur le rebord d'un placard. Des orteils jusqu'à la taille, et du cou au sommet du crâne, Phoebe était parfaitement mince et svelte. C'est la partie intermédiaire qui semblait avoir perdu tout sens des proportions.
— Enfin bon, poursuivit-elle, râle tant que tu veux, mais dépêche-toi de finir la vaisselle. J'ai fait le service toute la soirée, j'ai hâte de rentrer à la maison.
Une mèche folle de cheveux très longs et très noirs s'échappa de ses liens et tomba sur le visage de Gina. Elle souffla pour l'écarter et la rejeta derrière son épaule.
— Tu pourrais m'aider, quémanda-t-elle d'une petite voix.
— Mmm, grogna Phoebe.
— Si tu me laisses tout nettoyer toute seule, ça mettra deux fois plus de temps et on ne sera pas au lit avant deux heures du matin.
— C'est du chantage !
— Oh, allez, dit Gina en souriant. Remue-toi. La mine altière, Phoebe attrapa un torchon de mauvaise grâce.
— Tu laves et j'essuie. Arrange-toi pour bien enlever la graisse.
— Oui, maman.
— Hé, pas d'insolence ! dit Phoebe en lui donnant un coup de torchon.
On ne croirait jamais qu'elle a six mois de moins que moi, songea Gina. Elle est tellement raisonnable. Jamais on ne verrait Phoebe perchée sur un arbre avec une banderole « Sauvez les écureuils ». Sauf, bien sûr, s'il s'agissait d'écureuils prêts à cuire et qu'elle ait une cocotte-minute avec elle.
Gina devait admettre que son amie avait raison. Ce dîner pour quarante personnes au manoir de Brockbourne était un bon plan pour un petit traiteur aux grandes ambitions, comme Les bons petits plats. Mais bon, il faudrait plus que deux ou trois soirées d'anniversaire pour parvenir à se faire un vrai nom.
Un visage apparut dans l'encadrement de la porte.
— Vous savez quoi ? Vous m'avez sauvé la vie !
— Oui, on sait, répondit Gina sans se retourner. Ça veut dire que tu vas nous accorder une prime ?
Ella Winters, la nouvelle coordinatrice des événements du manoir de Brockbourne, s'adossa au chambranle et poussa un soupir navré.
— J'aimerais bien, les filles, sincèrement. Malheureusement j'ai déjà un budget très serré, vous savez ce que c'est. Mais je referai appel à vous, ça c'est sûr. Après tout, si vous n'aviez pas accepté de préparer ce dîner à la dernière minute...
— Oh, tu nous connais, répondit Phoebe d'un ton enjoué, n'importe quoi, n'importe quand, n'importe où. Appelle-nous et le tour est joué !
— Toujours prêtes ! renchérit Gina en frottant une tache de graisse brûlée.
Oui, le manoir de Brockbourne était un lieu d'exception. Dommage que les gains n'aient pas été du même standing. Toutefois, Phoebe avait raison, elles avaient besoin de cet argent.
Si seulement il existait des moyens plus amusants de le gagner.

— Gina, je croyais qu'on était d'accord ! s'emporta Phoebe tandis que le Transit jaune traversait en bringuebalant la banlieue de Cheltenham plongée dans l'obscurité. On ne peut pas passer notre vie à cuisiner des currys macrobiotiques pour la petite communauté bouddhiste locale !
— Il ne s'agit pas de ça !
— Ou à organiser des déjeuners de collectes pour les catastrophes dans le tiers-monde. (Elle freina au feu rouge devant le bar à vins, et les plats en inox vides s'entrechoquèrent à l'arrière.) Ou des dîners de charité pour les caniches à trois pattes nécessiteux.
— Mais pourquoi tu prends la mouche ! J'ai simplement suggéré de...
— Je sais très bien ce que tu as suggéré. Le problème, c'est que Les bons petits plats est une entreprise, ce que tu as l'air d'oublier avec tes idées farfelues. Tu l'as souligné toi-même, il faut qu'on se bouge pour trouver du travail, et peu importe qui nous en propose.
— Ne me dis pas que je dois préparer des canapés pour le groupe des Conservateurs, gémit Gina.
— Non, bien sûr. Tu peux aller pointer au chômage, si tu préfères.
— N'exagère pas !
— Je n'exagère pas, tu le sais bien. Soit on travaille régulièrement, soit on fait faillite. Tu choisis quoi ?
Gina n'avait pas l'intention de jeter l'éponge si vite.
— Mais pourquoi ne pourrait-on pas tirer avantage du fait d'être... tu vois... en accord avec l'éthique. Comme ces banques qui placent ton argent uniquement dans des entreprises respectueuses de l'environnement.
— Éthique ? Oh, c'est pas vrai... Tu veux bien revenir un peu sur terre ?
Le fourgon quitta l'avenue principale, laissant derrière lui une enfilade de pavillons similiTudor, et s'engagea dans le chemin de terre menant à la maison de Phoebe.
— Je suis sérieuse ! C'est la grande mode des aliments sans OGM, ce genre de choses. Et du végétarisme (Une lueur d'enthousiasme s'alluma dans les yeux verts de Gina.) Je fais un stroganoff végétalien à tomber !
Phoebe appuya son front contre le volant.
— Foutues. On est foutues, grommela-t-elle.
Elles se disputaient encore lorsque le Transit s'arrêta devant une ferme envahie par la végétation, qui avait hérité on ne sait comment du nom de Quatre-Chemins. Elle se dressait à cet endroit depuis toujours ; à mesure que la banlieue avait gagné du terrain, elle avait résisté aux plans d'urbanisme successifs qui prévoyaient de l'abattre pour construire une grande maison de retraite à la place. C'est une survivante, songea Gina. Et nous aussi.
Même dans l'obscurité, la demeure de Phoebe paraissait incongrue au milieu des avenues proprettes des quartiers sud de Cheltenham. Médecin, dentiste, architecte, poulailler délabré, promoteur immobilier, écrivain célèbre... On remarquait la ferme au premier coup d'œil ; et même sans la voir, on la repérait aisément à l'odeur de crotte de chèvre qui s'en dégageait.
— C'est ton tour de nettoyer le poulailler demain matin, annonça Phoebe en sautant à terre, faisant rebondir ses seins certifiés biologiques.
— Tu m'expliques pourquoi ce serait à mon tour de nettoyer le poulailler à chaque fois qu'on se dispute ? demanda Gina en cherchant sa veste sous son siège.
Phoebe lança les clefs de la maison en l'air et les rattrapa entre ses dents.
— Parce que je te rappelle que c'est moi la propriétaire capitaliste sans scrupules ! Et puis tu as trois mois de loyer de retard.
— Je te les paierai !
— Oui, quand les poules auront des dents.
— Sympa !
— Allez viens, l'anarchiste, dit Phoebe en bâillant. On décharge le fourgon et au dodo !