2033 Atlas des futurs du monde
2033 Atlas des futurs du monde
200 pages
Couverture souple. 27 x 24 cm
Réf : 241164
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Au lieu de 30,00  (prix public)
Résumé
À quoi la planète ressemblera-t-elle en 2033 ? Pourra-t-elle supporter un degré de plus et deux milliards d'habitants supplémentaires ? De quoi manquerons-nous ? Devrons-nous nous passer de pétrole ? Y aura-t-il des guerres pour l'eau ? Jamais atlas du futur n'avait été proposé. Avec cet ouvrage, c'est désormais chose faite.
Rien ne permet de prédire l'avenir du monde. Pourtant, dès aujourd'hui, des forces sont en jeu qui modèlent des lendemains possibles. Par des cartes et des graphiques spectaculaires, cet ouvrage déchiffre les futurs en gestation et nous propose de redevenir les acteurs principaux de notre avenir.
Points de vue
« Cet ouvrage est inouï.
Nous avons cessé de nous intéresser au long terme. L'opinion néglige les problèmes longs et bruts. Comment voulez-vous alors que les politiques s'en occupent ?
Et voilà, coup de tonnerre dans un ciel bleu, qu'une équipe intelligente est capable de mettre nos peurs en cartes, de quantifier les menaces.
L'imagination cartographique et symbolique de cet atlas est fabuleuse. Cette surprenante cartographie du futur aidera ses lecteurs à faire un rattrapage culturel accéléré. L'audace intellectuelle est parfois perturbante. Elle n'est jamais gratuite.
Parcourez l'atlas. Vous serez de plain-pied dans le dur et insolite combat pour la préservation de la planète. »

Michel Rocard


« Enfin un atlas innovant !
Sur la méthode, voilà un texte qui fait les liens, relie les phénomènes entre eux, proposant au lecteur une compréhension globale des évolutions mondiales.
Sur la forme, cartes et graphiques, superbes, changent le regard et éclairent la vision. Sur le fond, le livre dépasse le seul constat sombre sur l'état du monde. En repérant ce qui est ouvert et possible, il renoue avec la noblesse de la politique, c'est-à-dire le choix du citoyen.
Ici, rigueur de l'analyse et beauté des langages sont au service de l'homme pour développer une pensée libre et inviter chacun à la décision.
En somme, cet atlas le confirme : point de combat perdu, mais des batailles à mener. Et avant tout, celle de l'intelligence. »

Jean-Christophe Victor
En savoir plus
Pour la première fois, un atlas cartographie le futur et donne à voir les contours du monde qui vient. Surpopulation, famine, guerre, pénurie, épuisement des ressources, disparition des espèces… L’avenir que l’homme réserve à son monde est-il si noir ? En 2033, la planète sera-t-elle trop peuplée ? Fera-t-on la guerre à cause de l’eau ? Les États-Unis éliront-ils une femme à la présidence ? Quelles îles auront disparu de la surface de la Terre ? La Chine sera-t-elle la première puissance mondiale ? Y aura-t-il encore des dauphins ?
Ni prophète, ni pythie, Virginie Raisson ne prétend pas prédire l’avenir, mais donner à comprendre les mutations en cours pour éclairer le futur d’une manière raisonnée. En croisant les cartes, les données, les graphiques et les textes, l'ouvrage repère les contraintes, les tendances et les innovations qui forment ensemble la matrice du monde à venir. Quel enseignement tirer de cette plongée dans le futur ? Justement que notre avenir n’est pas univoque : ce n’est que si nous restons passifs que nous nous réservons le pire des futurs possibles.
Deux ans de travail pour une équipe de quatre chercheurs, un cartographe et deux maquettistes, plus de cent cinquante cartes et graphiques originaux, des textes synthétiques d’une qualité et d’une clarté rares : 2033, l’atlas des futurs du monde est un livre hors normes. Atlas du futur et futur de l’atlas, cet ouvrage se distingue enfin formellement par l’originalité de ses représentations graphiques, l’esthétique de ses cartes qui esquissent d’un trait nouveau le monde et son avenir.


Les auteurs :

Virginie Raisson, analyste en géopolitique et en relations internationales a coécrit les deux atlas du Dessous des cartes (Arte éditions / Tallandier, 2005 et 2007). Les collaborateurs principaux à l’ouvrage sont Jean-Christophe Victor, coauteur des deux atlas du Dessous des cartes, auteur-animateur de l’émission hebdomadaire « Le dessous des cartes » sur Arte, Robert Chaouad et Tarik el Aktaa, chercheurs au Laboratoire d’études politiques et cartographiques (Lepac), Alexandre Nicolas, cartographe, coauteur notamment de l’Atlas des mafias (Autrement, 2009). Le graphisme et la maquette ont été réalisés par Véronique Desanlis et Christian Garon.
Pourquoi on l'a choisi
À quoi ressemblera le monde en 2033 ? Cet ouvrage nous éclaire sur nos modes de vie et leurs conséquences dans le futur. À la tête de ce projet novateur, Virginie Raisson, co-auteur du Dessous des Cartes, le magazine d’Arte.
Extrait

PROLOGUE


L'avenir n'est pas écrit
Il ne se passe pas une semaine sans que les médias se fassent l'écho de phénomènes dont les évolutions engagent l'avenir de la planète. Pas un jour sans que soient rapportés des événements dont les impacts se prolongeront bien au-delà du moment où ils surviennent. Qu'il s'agisse d'enjeux énergétiques, environnementaux, alimentaires ou migratoires : l'avenir somme le monde de trouver des réponses aux questions qu'il soulève. Cependant, peu réactif aux signes d'une faillite écologique planétaire possible, l'homme apparaît démuni face aux évolutions qui aménagent l'avenir. Désemparé devant les défis que le futur lui lance, il est tenté de laisser le « destin » choisir à sa place. Surpopulation, famines, guerres et pénuries... Inspiré par le fatalisme plus que par la précaution, guidé par l'alarmisme plus que par la prévention, il se laisse convaincre par les visions résignées qu'on lui propose ici et là.
Pourtant, le futur de la planète n'est pas fixé. Il appelle au contraire des réponses sans tarder. Développement humain, effet de serre, gestion des ressources, protection des espèces : plus que jamais, l'avenir appelle l'action, au risque sinon que s'impose au monde le pire de ses futurs possibles. C'est en tout cas dans cette perspective que cet atlas est proposé, non pas pour prédire l'avenir mais pour donner à comprendre les mutations à l'œuvre, pour éclairer le futur des savoirs disponibles, pour inviter ensemble le débat et l'action. Sans céder à l'utopisme ni escamoter la complexité du monde, il cherche à en donner l'intelligence et l'économie pour repérer là où l'avenir se trame. Sans complaisance avec les conservatismes, il traque les « prêts-à-penser » et autres idées reçues. De méthode pluridisciplinaire et d'intention pédagogique, il repère quelques-unes des grandes tendances, contraintes et innovations qui travaillent le futur. Prenant le parti que des marges d'action existent, il identifie les lieux, les facteurs et les acteurs du changement.

Tout comme il s'est imposé à l'auteur au fil de l'écriture de cet ouvrage, le constat saisira vite le lecteur : conjuguée à la croissance de la population mondiale, l'augmentation des revenus amplifie la consommation. Tirée à la hausse, la production de biens et de denrées prélève ainsi sans cesse plus de biosphère (eau, sols, biodiversité, etc.), épuisant bientôt des ressources non renouvelables (minerais, hydrocarbures...). Appauvrissement du vivant, réchauffement climatique, pénuries multiples, dégradation des paysages, et surtout, exposition des populations aux catastrophes naturelles, au manque d'eau, à la précarité, voire à l'exil : l'accélération constante du développement matériel pousse les sociétés vers une confrontation directe aux limites de la planète, révélant ainsi sa finitude et notre enfermement. Pour autant, aussi tangibles que soient déjà ces hypothèques posées sur le futur, rien ne condamne l'humanité au déclin ou à sa perte. Sans écarter les risques qui pèsent sur le fonctionnement du monde, l'avenir se présente comme une chance à saisir, une proposition d'engager des mutations nécessaires, et peut-être salvatrices. Car ce n'est pas l'apocalypse qui nous guette mais une révolution de civilisation, dont la gestation prend la forme de crises économiques et écologiques. Cependant, pour qu'elles donnent naissance à un futur mieux-être, ces crises exigent encore que soient réunis état de conscience, humanisme et envie d'avenir. C'est aussi cette ambition que l'atlas des Futurs du Monde propose de servir.


Le futur ne se devine pas
L'état de conscience, c'est celui que portent ensemble l'expérience, la connaissance et les recherches croisées de nombreux scientifiques, dont les travaux inspirent aussi les analyses de cet atlas. C'est aussi la capacité de savoir douter. De se dégager de représentations faciles ou plus plaisantes à croire. De considérer le réel et non ce qu'on en dit. D'ajuster la réponse aux enjeux véritables. Sur ce point, l'idée d'une planète surpeuplée est exemplaire. Suggérée par des réflexes malthusiens, l'explication tentante des problèmes de la planète focalise l'attention sur le nombre. Ce faisant, elle vient masquer le fait qu'en réalité les dégradations et l'épuisement de l'environnement sont bien davantage liés aux excès du processus de croissance économique qu'à ceux de la population mondiale. Pour accéder à l'état de conscience, la difficulté procède aussi de l'enchevêtrement du monde. Ramenant à la complexité du « tout » et, au même moment, aux limites imposées par la fragmentation disciplinaire des savoirs, la vision est troublée, l'action découragée. Or, appréhendée par les nombreux liens qu'elle souligne, la complexité du monde est, justement, ce qui donne à chacun sa part d'action à entreprendre. L'état de conscience appelle ainsi chacun à agir, sans attendre d'être soi-même affecté. Aussi tangibles que soient certaines répercussions du réchauffement global, par exemple, elles demeurent imperceptibles pour une large part de l'humanité, confortant l'idée fausse d'un répit possible ou d'une alternative technologique. Épargnés par les conflits que la course aux matières premières engendre, par les pénuries alimentaires que la spéculation provoque ou par les effets sanitaires de la production de déchets, les principaux bénéficiaires du développement peinent à entendre les bruits de la fatigue planétaire. Comme si le battement d'aile du papillon ne pouvait déclencher de tornade qu'à l'autre bout du monde. D'ailleurs, que les vents s'en prennent à la Louisiane ou l'océan aux côtes aquitaines, c'est la météo que l'on invoque, les secouristes que l'on convoque et l'imprévoyance des élus locaux que l'on tient pour responsables. Obstiné, refusant de soumettre son modèle de développement au diagnostic des experts, l'homme conserve ses ambitions de croissance et n'accepte de réponses aux catastrophes que sous la forme de digues supplémentaires ou de nouvelles technologies. Réfractaire aux changements, il expose ses descendants à devoir les mettre en œuvre sous la contrainte, et peut-être trop tard. Car la conscience indique aussi qu'aucune digue ne suffira à contenir les effets des phénomènes climatiques au long cours : L'avenir du monde ne peut plus attendre.

Dès aujourd'hui, il engage l'homme à renouer avec l'humanisme afin d'améliorer sa condition grâce à la connaissance, la morale et l'éthique. En scellant l'avenir de chacun à celui de tous, le réchauffement climatique ou les migrations sont, de ce point de vue, de formidables invitations à réinventer le monde... Pour sortir de la pauvreté, les pays en développement exigent que soient réalisés d'importants investissements. Or ces derniers demandent à leur tour d'accélérer la croissance économique, amplifiant d'autant l'emprise sur la biosphère et les dérèglements climatiques dont les populations de ces pays sont les premières victimes. À l'évidence, l'urgence n'est donc pas à trouver les moyens de préserver les outils de ce modèle universel, comme semble pourtant l'insinuer l'incantation continue à la croissance, mais à rompre avec le processus pour donner une autre direction au destin commun de l'humanité.


C'est à l'homme de l'inventer
Pour autant le moment n'est déjà plus ni à la décroissance, ni à la fin de l'histoire. Il est à la renaissance et au lancement d'une nouvelle ère. Le temps est arrivé d'une révolution de civilisation, d'une métamorphose économique du monde, d'un découplage du « bien-être » et de l'« avoir plus ». L'urgence n'est plus à blâmer ou à contenir mais à inventer et à oser. À proposer aux jeunes générations une vision du futur ouverte, invitante, accessible, pour qu'à leur tour ils aient envie d'inventer l'avenir.
Sur cette voie et porté par cette même envie, l'Atlas des Futurs du Monde propose d'explorer le présent à la recherche de signes du futur. De repérer dans les évolutions qui se dégagent les pistes d'un prochain passé. Loin de vouloir énoncer des prédictions, il souligne certains des risques auxquels nous nous exposerions à ne pas changer nos trajectoires et les options dont nous disposons pour infléchir le cours des choses. De méthode empirique, il décline les évolutions probables et possibles de mouvements actuels. Cependant, comme il aborde des thèmes très vastes et raisonne à de larges échelles, sa démarche prospective rencontre plusieurs limites qu'il conviendra de garder à l'esprit en lisant l'ouvrage.
En premier lieu, la complexité des problématiques implique de prendre en compte un grand nombre de variables qu'il s'agit ensuite de hiérarchiser puis de projeter dans le temps pour en apprécier l'impact. La collecte et le traitement des informations occupent par conséquent une place fondamentale dans cet exercice qui, dès lors, dépend de la fiabilité des données utilisées. Or, qu'elles proviennent d'institutions scientifiques, universitaires ou onusiennes, leur qualité reste largement tributaire des États qui les fournissent, et des systèmes plus ou moins opérants qu'ils utilisent pour les recueillir. Le plus souvent, ces données conservent une part d'imprécision qu'il fallait également rappeler ici.
La difficulté de l'exercice s'accroît ensuite lors de l'élaboration des scénarios sur lesquels repose l'analyse prospective. Pour les construire, la méthode consiste d'abord à sélectionner puis à associer des projections établies à quinze, vingt, voire vingt-cinq ans. Or, si les projections démographiques restent assez fiables à de telles échéances, les modèles utilisés dans les domaines économique ou énergétique sont plus aléatoires. Ils se heurtent à la complexité des phénomènes observés et à la multitude des facteurs qui déterminent leurs évolutions. C'est pourquoi les projections offrent souvent plusieurs hypothèses, tendancielles ou plus extrêmes, dont l'Atlas ne retient que la médiane, par souci de clarté. Pour autant, il convient de rappeler que les projections médianes ne sont pas plus probables que les autres, renvoyant notamment à l'incertitude des comportements humains qui entrent en jeu.
D'ailleurs, pas plus que les hypothèses proposées dans cet atlas ne prétendent décliner toutes les versions possibles de l'avenir, les thèmes qui y sont abordés ne suffisent à en dessiner le portrait. Un peu comme les extraits d'un film, ils invitent à en voir davantage. À leur tour, les scénarios et fictions qu'on trouvera dans ce livre proposent des esquisses de futur, qu'il reviendra à chacun de préciser et à l'histoire de compléter. Car aussi rigoureuses qu'ont été les recherches menées pour élaborer cet ouvrage, elles ne se soustraient pas non plus à l'éventualité d'une rupture historique, ni à cette part d'inédit que le futur réserve. Surtout, elles ne sauraient écarter l'immense capacité de changement que l'homme conserve pour inventer l'avenir du monde et bâtir le futur de l'humanité.
Virginie Raisson, 11 septembre 2010




PREMIÈRE PARTIE

DES VIDES ET DES PLEINS


Plus que toute autre discipline, la démographie est au cœur de l'avenir du monde. Car c'est au fil des évolutions de la population mondiale que le visage de la planète se modifie. Que ses vides et ses pleins se définissent. Que les mobilités du futur s'y dessinent. Comme elle précède ensemble la demande alimentaire, les besoins en énergie ou l'empreinte du développement sur la planète, la question du nombre des hommes et de leur répartition se doit donc de figurer en amont de toute analyse prospective.

À l'échelle du globe, deux tendances se dessinent. Au Sud, la croissance de la population pose d'abord la question des ressources nécessaires au développement et celle des équilibres sociaux et politiques de sociétés économiquement fragiles. Au Nord, le vieillissement bouscule en même temps le dynamisme économique et la solidarité entre générations. D'un monde à l'autre enfin, les hommes se déplacent, soulignant par leurs mouvements les fractures et les interdépendances des pays entre eux.

Si les enjeux liés aux ressources naturelles disponibles ou aux changements climatiques imposent d'appréhender les évolutions démographiques en termes globaux ou à l'échelle de grands ensembles comme la Chine, l'étude des rapports de force et des relations internationales invite rapidement à changer de perspective : à chaque pays son équation démographique et ses solutions pour la résoudre. Ainsi, le déclin démographique pourrait conduire la Russie sur la voie de la fermeture et du repli nationaliste tandis que l'ouverture migratoire américaine devrait au contraire contribuer à maintenir les États-Unis dans leur capacité de grande puissance. De la même façon, si la chute de la natalité pousse les Japonais à rebondir grâce à l'investissement et à l'innovation, elle pourrait fragiliser la cohésion politique d'une Europe encore dépourvue de solidarité sociale et de tout partage migratoire. Enfin, dans une déclinaison plus inattendue, c'est peut-être aussi le vieillissement et les migrations qui donneront sa réponse définitive à la question de l'indépendance du Québec.