Le bureau de mariage de M. Ali
Farahad Zama
400 pages
Couverture souple. 11 x 18 cm
Réf : 232892
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 17,50  (prix public)
Résumé
À Vizag, dans le sud de l'Inde, Monsieur Ali a trouvé comment occuper sa retraite : en ouvrant une agence matrimoniale. Couleur de peau, religion, caste, dot... En butte aux exigences de ses clients, notre marieur ne voit pas venir les turbulences conjugales qui l'attendent, ni l'idylle, contraire aux traditions, qui se noue sous son toit.
Pourquoi on l'a choisi
On dit : “oui” ! Épaulé par son épouse indomptable, son fils rebelle et sa jeune assistante, Monsieur Ali nous entraîne dans une comédie tendre, joyeuse et haute en couleur, où l’amour avec un grand A ne s’avoue jamais vaincu. Un délice.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :11
laurette
Le 10 février 2011
Très bon
Passionnée par l'Inde, je lis tous les livres dont c'est le sujet. Celui-ci est très drôle et reflète très bien l'Inde d'aujourd'hui mêlant à la fois coutumes ancestrales et modernité. A lire de toute urgence pour passer un très bon moment.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
LovingAmina
Le 23 février 2011
Rigolo et distrayant
Beau moment en perspective à la lecture de ce livre frais et réjouissant ! Nous partons à la découverte du monde mystérieux des castes en Inde. Bonne lecture à tous et bon voyage dans un monde incroyable !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Marlyssa
Le 17 mai 2011
Quel enchantement
Drôle, léger, romantique et passionnant. Un bon moment de lecture et de découverte de l'Inde et de ses traditions. J'adorerais voir ça en film.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
mugreyla
Le 02 mai 2011
Un peu long !
J'ai apprécié le style et la lecture de ce livre qui m'a quand même laissée sur ma faim tant je m'attendais à plus de rebondissements au niveau de l'histoire.......
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
auri
Le 01 juin 2011
Captivant
J'ai été captivée par ce roman.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
kgb
Le 31 mai 2011
Un très bon moment de lecture
Pas besoin de connaitre l'Inde, l'auteur se charge de tout !! L'écriture est simple, légère, on se prend dans cette histoire un peu Bolywood... Je recommande ce livre à tous ceux qui souhaitent du dépaysement et une bonne petite histoire savoureuse comme un curry...
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
julsa
Le 15 juillet 2011
Sympa
Un bon petit livre pour l'été... mais un peu long !!!! A lire en toute détente.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
sanines33
Le 10 juin 2011
Un bon moment !
Au travers de ce livre, j'ai découvert ce mystérieux pays : l'Inde, alliant coutumes et modernité. Livre drôle, moderne, rapide à lire : Bref, un très bon moment de lecture !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
SylvieD
Le 24 janvier 2012
Le bureau de mariage de M Ali
Long !.... trop long ! Factuel, peu d'intérêt.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Malau
Le 02 avril 2012
Super
J'adore l'Inde donc lecture agréable et intéressante. Se lit facilement pour les trajets quotidiens maison-boulot !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
tidou
Le 25 janvier 2012
Bien
Facile à lire et assez captivant. Se lit sans difficulté. Agréable et nous apprend un peu de la vie en Inde.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Farahad Zama est né à Vizag en Inde en 1966. Il s'est installé à Londres en 1990. Père de deux enfants, il travaille dans une banque.
Le Bureau de mariage de Monsieur Ali est son premier roman.
Extrait

Quelques conditions requises pour
un mariage brahmane parfait


Le mehndi de henné pour « fabriquer la mariée ».
Une tenue austère pour que le fiancé s'habille en moine lors des rites précédant la cérémonie.
Un palanquin destiné à transporter la fiancée chez son futur époux.
Quatre plants de banane chargés de fruits, coupés à la racine.
Des tresses de feuilles de manguiers et de jasmin, des décorations florales en soucis et en kanakambaram.
Une noix de coco qui doit être brisée devant le fiancé au moment de son arrivée.
Deux grandes lampes en cuivre.
Une effigie du dieu Ganesh à la tête d'éléphant.
De la farine de riz et de la poudre rouge destinées à dessiner des motifs sur le sol à l'endroit où les jeunes mariés s'assoient.
Un sari faisant office de séparation pour maintenir les deux jeunes gens à l'écart lors des premières étapes de la cérémonie.
Un foyer et de petites bûches pour un feu ; du ghee et du camphre pour l'allumer.
Cinq variétés de fruits, quelques noix et feuilles de bétel, du sucre en poudre, des fruits secs.
Des guirlandes pour le fiancé, ses parents et ses beaux-frères.
Une petite photo de la divinité de la famille et des photos des parents des deux jeunes gens, s'ils ne sont plus de ce monde.
De la pâte de sucre de palme et de cumin, des bâtons de curcuma, du koum-koum, un plat de fleurs.
Des pendentifs blancs en polystyrène, avec motifs, destinés à orner les fronts de la mariée et de son futur époux.
Du riz en guise de confetti.
Un plat et un gobelet en cuivre pour laver les pieds du fiancé.
Une cloche en bronze et des idoles de Krishna, de Ganesh et d'autres divinités pour prier dans la nouvelle demeure des jeunes mariés.
Un gobelet en argent rempli d'eau et une cuillère pour oindre et pour boire.
Des pousses de neuf variétés de lentilles pour la puja de Gayatri.
Une zone dégagée pour exposer les ustensiles ménagers que la mariée emportera avec elle.
Des anneaux d'orteil en argent ou en or que le fiancé mettra à la future mariée.
Une meule sur laquelle la future mariée posera le pied pendant que le fiancé lui met ces anneaux.


1


Les coups de klaxon commençaient de bonne heure. Il n'était pas encore 7 heures, et M. Ali entendait déjà le grondement de la circulation devant chez lui. Sa maison était orientée ouest, et les rayons du soleil s'infiltraient dans la véranda à travers la cime des arbres qui bordaient l'autre côté de la chaussée. Les motifs arrondis de la grille se reflétaient sur le sol en granit noir et jusqu'à mi-hauteur du mur vert pâle. Motos, scooters et bus passaient en procession en cornant à qui mieux mieux. Un camion pressé écarta les autres véhicules de son chemin grâce à un puissant coup de klaxon. C'était une fraîche matinée d'hiver ; certains automobilistes et piétons étaient emmitouflés dans des vêtements de laine et coiffés de casquettes à oreillettes. M. Ali ouvrit le portail et sortit.
Il nourrissait une passion pour le jardin qu'il avait aménagé sur son modeste terrain – six mètres sur trois environ. Il se frotta les mains pour se réchauffer en songeant qu'il devait faire moins de dix degrés. Un goyavier déployait ses branches sur presque tout l'espace entre la maison et le mur de devant. De nombreuses plantes à curry, un henné et un jasmin grimpant s'épanouissaient sous sa protection. Parmi les plantes en pot se trouvait un banyan bonsaï qu'il avait empoté onze ans plus tôt. Un puits, sur la gauche, fournissait de l'eau potable ; juste à côté se dressaient un papayer et un hibiscus. La rosée matinale faisait scintiller la toile d'araignée parfaitement symétrique tendue entre les deux arbustes. Le mur d'enceinte peu élevé tout autour de la maison séparait sa propriété de la rue. M. Ali prit une profonde inspiration, humant le parfum des fleurs de jasmin, savourant l'illusion de nature bien que sa maison se trouvât au bord d'une artère très fréquentée au cœur d'une ville bouillonnante d'activités.
Deux fleurs d'hibiscus pourpres s'étaient ouvertes dans la nuit. Elles se trouvaient au sommet de la plante – nettement plus haut que le mur d'enceinte. M. Ali s'en approcha pour les observer de plus près. Les pétales d'une teinte vibrante luisaient. Une trompette flûtée aux bords délicatement frangés. Les étamines pointaient leur nez au centre de la fleur : du pollen jaune vif tacheté parmi de minuscules poils veloutés, d'un rouge profond. M. Ali fit glisser ses doigts sur un pétale, charmé par ce contact soyeux.
Ravissant, pensa-t-il avant de se baisser pour ramasser des feuilles de goyavier tombées à terre. Il les porta dans le petit seau en plastique à la poignée cassée qui faisait office de poubelle.
Alors qu'il se retournait vers la rue, il vit un homme tendre le bras au-dessus du mur pour cueillir une des fleurs d'hibiscus.
Hé ! s'exclama-t-il.
L'homme retira aussitôt la main non sans avoir arraché la fleur. M. Ali se précipita pour ouvrir le portail. Le voleur avait l'air d'un homme respectable. Il était bien habillé ; un téléphone portable dépassait de sa poche. Il tenait une serviette en cuir dans une main. Et la fleur fraîchement épanouie dans l'autre.
— Pourquoi volez-vous des fleurs dans mon jardin ? demanda M. Ali.
— Je ne les vole pas. Je les porte au temple, répondit l'homme.
— Sans ma permission, souligna M. Ali d'un ton courroucé.
L'homme lui tourna le dos sans vergogne et s'éloigna avec la fleur.
— Que se passe-t-il ? demanda Mme Ali, depuis la véranda.
M. Ali pivota et regarda sa femme. Elle avait les mains couvertes de pâte et de farine. Elle était en train de confectionner les chapatis du matin.
— Tu as vu ça ? lança M. Ali d'une voix stridente. Cet homme vient de...
— Pourquoi es-tu si surpris ? Cela n'a rien d'inhabituel. Ces gens veulent déposer des fleurs au pied de l'idole au temple. C'est juste qu'en temps normal tu n'es pas encore réveillé. Ne t'énerve pas de si bonne heure. Ce n'est pas bon pour ta santé.
— Ma santé va très bien, marmonna Ali.
— Si tu crois que je n'ai pas entendu !
— Tu as l'oreille fine, ça c'est sûr, répliqua-t-il en allant refermer le portail. Hé, cria-t-il. Sors de là ! Allez ! Du vent !
Une vache blanche décharnée se rua hors du jardin. Elle avait dû entrer pendant qu'il avait le dos tourné. Elle mâchonnait quelque chose de rouge. Il regarda l'hibiscus : il était totalement dépouillé. Les deux fleurs avaient disparu.
Frustré, il se frappa le front du plat de la main. Sa femme éclata de rire.
— Qu'est-ce qu'il y a ? Tu trouves ça drôle de perdre toutes les fleurs du jardin avant même le lever du soleil ?
— Non, répondit-elle, mais tu t'énerves pour des bêtises. Depuis ta retraite, tu te comportes comme un barbier désœuvré qui rase son chat faute de mieux. Espérons qu'à partir de maintenant tu auras de quoi t'occuper et que j'aurai un peu la paix.
— Que veux-tu dire ?
Mme Ali leva les yeux au ciel.
— Cela fait plus de quarante ans que je gère la maison, et ces dernières années, depuis que tu as cessé de travailler, c'est devenu impossible. Tu te mêles de tout et tu perturbes mon train-train. Tu n'es pas le seul homme de la terre à être à la retraite, tu sais. Regarde Azhar, il sait très bien se distraire.
— Ton frère va régulièrement à la mosquée pour passer quelques instants à dire ses prières et beaucoup plus de temps, assis sur le sol en marbre frais, à débattre de questions pseudo-importantes telles que la politique, le budget indien, la jeunesse dépravée d'aujourd'hui ou le problème palestinien.
— Il n'y a pas de mal à ça ! répliqua Mme Ali. Au moins, tant qu'il est à la mosquée, il n'est pas dans les pattes de sa femme.
Face à cette bataille perdue d'avance, son mari s'abstint de répondre. Sans compter qu'en dépit de la dévotion toute récente d'Azhar (qui se laissait même pousser la barbe) il appréciait son beau-frère avec lequel il s'entendait bien.
Mme Ali fit un signe de tête quand elle vit Leela, leur domestique, pousser le portail. C'était une femme mince d'une quarantaine d'années qui souriait continuellement en montrant ses grandes dents. Elle portait un vieux sari en coton décoloré qui avait appartenu jadis à son employeuse. Elle s'avança dans la cour.
— Commencez par balayer ici, dit Mme Ali.
— Entendu, amma, acquiesça Leela.
Mme Ali retourna dans la maison.
— Viens prendre ton petit déjeuner avant que le peintre arrive, lança-t-elle à son mari.
M. Ali jeta un dernier coup d'œil à son hibiscus dénudé en secouant la tête avant de suivre sa femme à l'intérieur.