Gretchen est terriblement belle. Intelligente. C'est une tueuse en série. Pendant dix jours, elle a torturé à mort l'inspecteur Archie Sheridan. Personne ne sait pourquoi elle l'a ranimé et s'est laissée arrêter. Elle est en prison et Archie va régulièrement la voir. Relation malsaine qui le trouble profondément et perturbe son enquête sur un serial killer. Tapie dans sa cellule, Gretchen est encore de la partie...
Pourquoi on l'a choisi
Plus perverse qu'Hannibal Lecter... Et plus sexy que l'héroïne de Basic Instinct ! C'est fort, cruel, machiavélique, impossible à lâcher avant la fin. Un thriller au succès retentissant aujourd'hui adapté au cinéma.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :3
J'ai adoré ce livre. Il nous met mal à l'aise lors des flash-back et c'est vraiment bien écrit. Je n'ai pas lâché le livre, prise par le suspense et la relation entre l'inspecteur et sa tortionnaire est vraiment troublante. A lire si on a envie de passer un bon moment auprès d'une serial killer très sensuelle, séduisante et terrifiante.
Autant le dire de suite, je n'ai pas du tout accroché à cette histoire. Mal écrit, chapitres partant dans tous les sens nuisant rapidement à l'intérêt du récit où aucune chronologie n'est respectée. Quant à la relation bourreau/victime, c'est un total ratage comparé au célèbre face à face Clarice Starling/Hannibal Lecter dans le "Silence des Agneaux" de Thomas Harris. Enfin on comprend très vite pourquoi l'auteure choisit une femme comme serial killer, en rapport peut-être avec Archie Sheridan le flic torturé ? Avouez que la ficelle est grosse ! "Au coeur du mal" n'est que le premier volet d'une série de trois tomes. AU SECOURS !
J'ai adoré ! Plusieurs intrigues, histoires d'amour, enquêtes : je l'ai trouvé trop bien, d'ailleurs j'y pense toujours et j'ai du mal à ne plus y penser ! Je vous le conseille !
« Virtuose, Chelsea Cain entremêle flash-back sur la séquestration d'Archie et enquête contemporaine, et fouille la psychologie de ses personnages. »
Claude Combet, Livres Hebdo
Extrait
1
À ce moment-là seulement, Archie a la certitude que c'est elle. Une chaleur sourde lui parcourt le dos, sa vue se brouille : il comprend alors que Gretchen Lowell est le tueur. Il se rend compte qu'il a été drogué, trop tard. Il cherche son arme d'une main incertaine, mais ses gestes sont gauches et il ne peut que la sortir de son étui, la lever maladroitement et la tendre, comme une offrande. Elle la prend et lui sourit en l'embrassant doucement sur le front. Puis elle fouille dans la veste d'Archie, prend son portable, l'éteint et le glisse dans son sac. À présent il est presque complètement paralysé, prisonnier chez elle, effondré dans le fauteuil en cuir du bureau parfaitement agencé. Pourtant, son esprit demeure d'une lucidité troublante. Elle s'agenouille auprès de lui, comme auprès d'un enfant, et approche ses lèvres des siennes au point qu'ils s'embrassent presque. Son pouls bat dans sa gorge. Il n'arrive pas à déglutir. Elle sent bon le lilas. Elle murmure :
— C'est l'heure, mon chéri.
Elle se redresse et on le soulève par-derrière, des bras se glissent sous ses aisselles. Devant lui un costaud au visage rougeaud lui prend les jambes. Il est porté jusqu'au garage et allongé à l'arrière du Voyager vert, ce même monospace que lui et son équipe ont cherché en vain pendant des mois. Elle rampe sur lui. Il comprend alors qu'il y a quelqu'un d'autre, ce n'est pas elle qui l'a porté, mais il n'a pas le temps de réfléchir car elle s'installe à califourchon sur sa poitrine et l'enserre de ses genoux. Il ne peut plus tourner les yeux, alors elle lui explique :
— Je remonte ta manche droite et je te fais un garrot.
Puis elle lui montre une seringue. Il pense : formation médicale. Quatre-vingts pour cent des tueuses en série sont des infirmières. Il fixe le plafond du véhicule. Métal gris. Reste éveillé, retiens tout, le moindre détail. Ce sera important. Si tu survis.
— Je vais te laisser pour que tu te reposes un peu.
Elle sourit et approche son joli visage lisse de celui d'Archie afin qu'il puisse la voir. Ses cheveux blonds lui caressent la joue, mais il ne les sent pas.
— Nous aurons tout le temps de nous amuser plus tard.
Il est incapable de répondre, ou même de cligner des yeux. Sa respiration n'est qu'une succession de longs râles creux. Il ne la voit pas lui enfoncer l'aiguille dans le bras, mais il le devine, car soudain tout devient noir.
Il se réveille allongé sur le dos. Il est toujours dans le cirage, et il lui faut un moment pour s'apercevoir que l'homme au visage rougeaud est penché au-dessus de lui. À cet instant, l'instant précis où il reprend conscience, la tête du type explose. Archie tressaute quand le sang et la cervelle giclent, lui éclaboussant le visage et la poitrine d'une bouillie chaude constellée de caillots. Il tente de bouger mais il a les mains et les pieds attachés à une table. Il sent un morceau de matière brûlante et répugnante lui glisser sur la joue avant de s'écraser sur le sol. Il tire sur ses liens de toutes ses forces, sa peau éclate mais les liens ne cèdent pas. Il a un haut-le-cœur, mais la bande adhésive lui maintient la bouche fermée et la bile reflue dans sa gorge, provoquant un nouveau haut-le-cœur. Ses yeux le brûlent. C'est alors qu'il aperçoit Gretchen derrière le corps de l'homme abattu ; elle brandit l'arme avec laquelle elle vient de l'exécuter.
— Je voulais que tu comprennes dès maintenant à quel point je tiens à toi. Tu es le seul qui m'intéresse.
Sur ces mots elle fait demi-tour et s'éloigne, le laissant réfléchir à ce qui vient de se passer. Il déglutit, s'efforçant de rester calme et de regarder autour de lui. Il est seul. Le type mort est allongé par terre. Gretchen est partie. Le chauffeur du monospace aussi. Les battements de son cœur sont si violents qu'ils occultent toute autre sensation. Le temps passe. Au début il pense être dans une salle d'opération : une vaste pièce éclairée par des néons et aux murs couverts de carreaux blancs comme dans le métro. Il tourne la tête d'un côté et de l'autre et découvre plusieurs plateaux contenant des instruments, un drain sur 1e sol en ciment, du matériel apparemment médical. Il tire de nouveau sur ses liens et se tend compte qu'il est sanglé sur un chariot d'hôpital. Des tuyaux rentrent et sortent de lui : un cathéter, une perfusion. Il n'aperçoit aucun fenêtre et une vague odeur de terre effleure les rives de sa conscience. Une odeur de moisi. Un sous-sol.
À présent il se remet à penser comme un flic. Les autres avaient été torturés pendant quelques jours avant qu'elle ne se débarrasse des corps. Il a donc du temps. Deux jours, peut-être trois. D'ici là son équipe pourra peut-être le retrouver. Il a dit à Henry qu'il allait voir une psy pour discuter du dernier meurtre. Il voulait la rencontrer, obtenir son avis. Il n'avait pas prévu ce qui arriverait, mais ses collègues allaient faire le rapprochement, Henry allait faire le rapprochement. C'est par ici qu'ils commenceraient les recherches. Il avait appelé sa femme en venant. Ils partiraient de là.. Depuis combien de temps a-t-il été enlevé ?
Elle est revenue. De l'autre côté de la table au pied de laquelle est recroquevillé le mort. Un épais sang noir souille le sol gris. Il se souvient du jour où elle s'était présentée : la psychiatre qui avait renoncé à exercer pour écrire un livre. Elle avait entendu parler de la Brigade Spéciale, son équipe, et elle l'avait appelé pour lui offrir son aide. Ils avaient vécu l'enfer. Elle avait proposé de se joindre à eux. Pas pour donner des conseils, avait-elle précisé, juste pour parler. Ils travaillaient sur cette affaire depuis près de dix ans, vingt-trois meurtres dans trois États. Ils y avaient laissé des plumes. Elle avait invité ceux qui le souhaitaient à participer à un groupe de travail. Juste pour parler. Archie avait été surpris du nombre d'inspecteurs qui étaient venus. Peut-être parce qu'elle était canon. Curieusement, cela les avait aidés. Elle était très forte.
Elle replie le drap qui le recouvre afin de dégager sa poitrine et il se rend compte qu'il est nu. Il ne ressent aucune gêne ; c'est simplement un fait. Elle pose une main sur son sternum. Il sait ce que cela signifie. Il se souvient des photos des meurtres, les plaies et les bleus sur les torses. Cela fait partie du modus operandi, l'une de ses signatures.
— Tu devines ce qui t'attend maintenant ? demande-t-elle.
Elle sait qu'il sait, bien sûr.
Il a besoin de lui parler, de gagner du temps. Il émet un son incompréhensible et lui fait comprendre de lui enlever la bande adhésive. Elle secoue la tête en effleurant ses lèvres du bout des doigts.
— Pas encore, murmure-t-elle doucement.
Elle répète d'un ton plus dur :
— Tu devines ce qui t'attend maintenant ?
Il hoche la tête. Elle sourit, l'air satisfait.
— C'est pour cela que je t'ai préparé un traitement spécial, mon chéri.
Elle prend quelque chose sur le plateau à côté d'elle. Un marteau et un clou. Il trouve l'idée intéressante, stupéfait de sa capacité à prendre du recul et à être spectateur de son propre supplice. Jusqu'alors les victimes semblaient avoir été choisies au hasard, hommes, femmes, jeunes ou vieilles ; mais les traces de torture sur le torse, bien qu'ayant évolué, étaient restées une constante. Cependant, elle n'avait jamais utilisé de clou. Elle semble satisfaite.
— J'ai pensé que tu apprécierais un peu de nouveauté.
Elle lui caresse le thorax du bout des doigts jusqu'à ce qu'elle trouve la côte qu'elle cherche.
Elle pose alors la pointe du clou sur sa peau et abat violemment le marteau. Sa côte explose et il la sent se briser. Il a un nouveau haut-le-cœur. La douleur lui brûle la poitrine. Il lutte pour respirer. Ses yeux pleurent. Elle essuie une larme qui coule sur sa joue enfiévrée et lui caresse les cheveux. Puis elle trouve une autre côte et répète l'opération. Puis une autre, et encore une. Lorsqu'elle s'arrête, elle lui a brisé six côtes. Le clou est rouge de sang. Elle le laisse tomber sur un plateau et il rebondit avec un petit tintement inoffensif : Archie ne peut bouger, même d'un seul millimètre, sans qu'une douleur comme il n'en a jamais connue le déchire. Il a le nez et les sinus bouchés, il est incapable de respirer par la bouche, chaque inspiration profonde l'oblige à lutter de toutes ses forces pour supporter l'atroce douleur. Pourtant il ne parvient pas à calmer sa respiration, à ralentir les halètements de panique qui résonnent comme des sanglots. Deux jours... j'ai peut-être été trop optimiste, pense-t-il. Peut-être allait-il mourir maintenant.