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Les bannis et les proscrits, tome 4 : Le portail de la Sor'cière
Les bannis et les proscrits, tome 4 : Le portail de la Sor'cière
840 pages
(série en 5 tomes)
Couverture souple. 12,5 x 20 cm
Réf : 221001
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Résumé
Elena et son armée de hors-la-loi ont vaincu les suppôts du mal qui occupaient l’île de Val’loa et déverrouillé les secrets mystiques du Journal Sanglant.
Mais durant la bataille, l’infâme Seigneur Noir a mis en place les portails du Weir auxquels il puise l’essentiel de son pouvoir. Pour les trouver et les détruire, les alliés d’Elena embarquent pour de dangereuses destinations à bord de vaisseaux aériens. Sur la route, les jumeaux Mogweed et Fardale espèrent briser la malédiction qui les a privés de leur don de métamorphose, et Joach, le frère d’Elena, doit échapper aux requins des sables pour devenir maître de son pouvoir élémental, tandis que d’autres compagnons filent vers le fabuleux royaume elfique de Fort-Tempête.
Aucun des rebelles ne reviendra indemne, certains n’en reviendront même pas du tout. Elena elle-même, dans l’antre de son ennemi juré, parviendra-t-elle à découvrir l’identité du Seigneur Noir ?
Pourquoi on l'a choisi
De la Fantasy comme on l'aime, un 4e tome vraiment à la hauteur du début de cette saga foisonnante. 
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :8
Le 31 janvier 2011
Superbe !
La suite des aventures d'Elena et de ses compagnons est toujours aussi prenante ! A quand la parution du dernier volume ?
Réponse du modérateur : Le tome 5 paraîtra fin mai 2011 au Club.
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louane
Le 27 janvier 2011
Le portail de la sor'cière
Ce quatrième tome est vraiment génial, on peut vraiment dire que James Clemens sait nous tenir en haleine durant toute cette série. J'attends avec impatience que France Loisirs sorte le cinquième et dernier tome.
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bramitou
Le 19 février 2011
Fantastique
Ce quatrième volet nous transporte dans un autre univers, il est vraiment génial, il est bien dommage qu'il faut attendre le 5ème volet alors qu'il est déjà sorti dans d'autre librairie mais le prix est plus cher.
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miniloup78
Le 13 mai 2011
Génial
J'ai adoré ce tome. Et j'aimerais savoir une date est fixée pour la sortie du tome 5?
Le tome 5 sera disponible dans le nouveau catalogue que vous recevrez très prochainement.
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Luna05
Le 09 août 2011
Un tome poignant et ensorcelant
Une lecture toujours aussi grisante de par l'ensorcelante plume du conteur James Clemens. On est à la fois repus en fin de lecture et hanté par cette œuvre si sombrement magique. Un livre nous laissant dans un état d'avidité et d'impatience quant à la tournure que vont prendre les évènements. Je redoute et me languis d'attaquer le dernier tome de cette saga de Dark Fantasy en espérant que cette dernière ligne droite se clôturera en une apothéose magistrale.
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Driade
Le 06 octobre 2011
Plus qu'un !!!
Ce 4ème tome est toujours aussi bien rédigé, l'action est très prenante et on a de sacrés rebondissements ! Les différentes trames se rejoignent parfaitement comme dans chaque tome ! J'ai tellement hâte de connaître le dénouement que je n'ai pas pu m'empêcher d'enchainer avec le dernier tome !
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Graziella
Le 22 janvier 2012
Où sont les autres tomes ??
J'étais très emballée par cette série mais malheureusement je ne trouve plus les 3 premiers tomes sur le site. Est-ce qu'ils vont être remis où pas ??
Note du modérateur : Les trois premiers tomes sont épuisés.
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Alexb40
Le 26 décembre 2011
Génial !!!!!
J'ai lu les 5 bouquins à la suite, je ne pouvais pas décrocher !!!!!!! A RECOMMANDER !!!!!
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Lu dans la presse
« L'histoire devient de plus en plus captivante de livre en livre. »

Terry Brooks


« (...) Spectaculaire déploiement d'audace et de magie... »

Scifi-Universe


« (...) Nul doute que les fans qui ont déjà plongé dans les vastes régions de ce monde et ont sincèrement apprécié les aventures d'Elena jusqu'ici seront toujours au rendez-vous... »

Elbakin
Extrait

LIVRE PREMIER

LE WEIR


1

Elena trouvait son trône très inconfortable. C'était une chaise conçue pour quelqu'un de plus âgé et plus aguerri qu'elle. À travers sa robe de soie, la jeune femme sentait les épines des roses entrelacées sculptées sur le dossier droit. L'assise de ferréol poli, plate et dépourvue de coussin, lui meurtrissait le séant. Ce trône était le siège du pouvoir de Val'loa depuis une éternité. Des rois et des Praetors s'étaient assis là pour rendre leur jugement – des hommes endurcis par la mer qui dédaignaient les conforts de la vie.
Même sa taille était intimidante. Elena se sentait comme une enfant sur cette chaise large et haute qui n'avait pas d'accoudoirs. Ne sachant pas quoi faire de ses mains, elle les avait simplement croisées dans son giron.
Une marche en dessous d'elle – mais pour l'attention qu'ils lui portaient, ils auraient aussi bien pu se trouver à une lieue de distance – se dressait une table occupée par des représentants de chaque faction prête à combattre le Gul'gotha. Elena savait ce que la majorité des gens rassemblés dans le Grand Hall pensait d'elle. Ils ne voyaient qu'une jeune femme mince, au teint pâle et à la chevelure flamboyante. Nul ne remarquait la douleur dans ses yeux, ni la crainte que lui inspirait son propre pouvoir. Pour eux, elle n'était qu'un ravissant oiseau sur son perchoir.
Elena écarta une mèche qui lui tombait devant la figure.
Tout le long de la table encombrée, des voix criaient pour se faire entendre dans des langues tantôt familières, tantôt inconnues. À l'autre bout, en face d'elle, deux hommes étaient tout près d'en venir aux mains.
Parmi cette foule se trouvaient des gens qu'Elena connaissait bien, ceux qui l'avaient aidée à arracher Val'loa au mal enraciné dans le cœur de l'île. Le haut maître de quille de la flotte dre'rendi arborait toujours des bandages après le conflit récent ; avec la vigueur caractéristique de son peuple, il tapait du poing et rugissait ses exigences. À côté de lui, Tratal, reine des el'phes et mère de Méric, était assise très raide, sa longue chevelure argentée reflétant l'éclat des torches – une icône de glace et de feu. Installé sur le siège voisin du sien, maître Edyll, un des anciens du conseil des mer'ai, essayait de rétablir le calme et la dignité parmi les discussions souvent houleuses.
Mais pour chaque visage familier, il se trouvait des dizaines de personnes qu'Elena ne connaissait que par leur titre. La jeune femme détailla la longue tablée d'étrangers – d'innombrables émissaires qui exigeaient tous d'être entendus et qui affirmaient tous connaître le meilleur moyen de livrer la guerre à venir contre le Gul'gotha.
Certains penchaient pour incendier l'île et se replier sur la côte ; d'autres voulaient la fortifier et laisser les armées du Seigneur Noir s'écraser sur ses murs ; d'autres encore souhaitaient porter la bataille à Noircastel même, pour profiter de la victoire remportée à Val'loa et détruire la forteresse gul'gothane avant que l'ennemi parvienne à rassembler ses forces éparpillées. Les débats orageux allaient bon train depuis près d'une lune maintenant.
Elena jeta un coup d'œil en biais à Er'ril. Son homme lige se tenait à droite de son trône, les bras croisés, un masque sévère et indéchiffrable sur le visage. On aurait dit une statue de fer standi. Ses cheveux noirs gominés étaient lissés en arrière selon la coutume de la région. Ses yeux gris comme un matin d'hiver détaillaient la table. Nul ne pouvait deviner ses pensées. Il n'avait pas prononcé un seul mot dans le cadre des délibérations.
Mais tandis qu'il regardait fixement les participants, Elena remarqua la crispation du coin de ses yeux.
Il ne pouvait pas la berner. Ces chamailleries l'irritaient autant qu'elle. Aucune décision n'avait été prise depuis plus de deux semaines. Aucun consensus n'avait permis de déterminer la prochaine action. Et pendant que les palabres s'éternisaient, les jours disparaissaient l'un après l'autre. Pourtant, Er'ril continuait à attendre tel un fidèle chevalier. Parce que le Journal Sanglant se trouvait désormais entre les mains d'Elena, il n'avait plus d'autre attribution. Son rôle de chef et de guide avait pris fin.
Elena soupira doucement et baissa les yeux vers ses mains gantées. La célébration de la victoire survenue une lune plus tôt lui semblait appartenir à une autre époque, un autre lieu. Pourtant, assise sur son Trône d'Épines, elle se souvenait de cette longue danse avec Er'ril au sommet de sa tour. Elle se souvenait du contact de l'homme des plaines : la chaleur de ses paumes au travers de sa robe de soie, la caresse de son souffle dans son cou, le frottement de sa barbe sur sa joue.
Ç'avait été leur seule danse. Depuis cette nuit, Er'ril ne s'était plus jamais éloigné d'elle, mais c'était à peine s'ils avaient échangé un mot. Des réunions interminables consumaient leurs journées depuis le lever jusqu'au coucher du soleil.
Cela suffisait.
Lentement, tandis que les autres continuaient à se disputer, Elena ôta ses gants en peau d'agneau. Fraîches et intactes, les marques de la Rose étaient pareilles à du sang versé sur ses mains : la première née du clair de lune, la seconde de la lumière du soleil. Feu sor'cier et feu glacial – et entre eux, le feu céleste.
Elena détailla ses mains. Des volutes de pouvoir tourbillonnaient en formant des motifs écarlates sur ses doigts et ses paumes.
— Elena ? (S'arrachant à son immobilité, Er'ril se pencha vers elle.) Que fais-tu ?
— Toutes ces discussions me fatiguent.
D'un fourreau filigrané accroché à la ceinture de sa robe vert sapin, Elena sortit une dague à la lame argentée. Le manche sculpté en forme de rose tenait parfaitement au creux de sa paume, comme s'il avait été conçu pour elle. Elena repoussa dans un coin de son esprit ses souvenirs d'oncle Boln, l'homme qui avait baptisé l'arme de son propre sang. Elle se remémora ses paroles : « À présent, c'est la dague d'une sor'cière. »
— Elena, dit Er'ril sur le ton d'un avertissement.
La jeune femme l'ignora et se leva. Sans un mot, elle passa la pointe effilée en travers de sa paume droite. La douleur ne fut pas pire qu'une piqûre d'abeille. Une goutte de sang solitaire suinta de la plaie et tomba sur sa robe de soie. Elena continua à fixer les yeux sur la longue table, en silence.
Aucun des membres du conseil ne lui prêtait la moindre attention. Ils étaient trop occupés à plaider leur cause, à défier les autres représentants et à taper du poing sur le ferréol rugueux de la table.
Alors, Elena puisa dans son cœur, à la source de magie sauvage contenue en elle. Prudemment, elle déroula de minces filaments de pouvoir, des volutes flamboyantes qui chantèrent dans ses veines et atteignirent sa paume entaillée. Une faible lueur enveloppa sa main. Elena serra le poing, et la lueur s'intensifia, devenant pareille à une lanterne écarlate. La jeune femme leva le bras très haut.
Maître Edyll fut le premier à remarquer sa démonstration. Peut-être avait-il aperçu un reflet sur son gobelet d'argent. Comme il pivotait, son vin rouge se renversa semblable à du sang. Il lâcha le gobelet, qui tomba avec fracas sur la table.
Alertés par le bruit, les voisins du mer'ai jetèrent un coup d'œil à la flaque de vin qui grandissait. L'un après l'autre, ils tournèrent la tête vers le trône d'Elena. Une vague de silence choqué se propagea le long de la table.
Elena soutint leur regard sans ciller. Tant de gens étaient morts pour la conduire jusqu'ici : ses parents, son oncle Boln, Flint, Moris… Aujourd'hui, elle parlerait avec leurs voix. Elle ne laisserait pas ses alliés gaspiller leur sacrifice en disputes interminables. Pour qu'Alaséa ait un avenir, il fallait défier la suprématie gul'gothane – et sans tarder. Or, il n'existait qu'une seule manière de procéder. Quelqu'un devait tracer une ligne dans le sable.
— J'en ai assez entendu, dit doucement Elena dans le silence qui venait de s'installer. (Depuis son poing brillant, des traînées de feu remontaient le long de son bras tels des fils d'or rougeâtre vivants.) Je vous remercie pour les conseils que vous m'avez aimablement dispensés ces derniers jours. Cette nuit, je réfléchirai à tout ce que vous m'avez dit et, demain matin, je vous annoncerai ma décision.
À l'autre bout de la table, le représentant de la ville côtière de Penryn se leva. Symon Feraoud, un individu ventripotent dont la moustache noire descendait bien plus bas que son menton, lança d'une voix forte :
— Jeune fille, sans vouloir vous insulter, ce n'est pas à vous de trancher.
Plusieurs représentants opinèrent du chef.
Elena le laissa parler ; elle resta debout et silencieuse tandis que le feu sor'cier se divisait en filaments de plus en plus fins pour se répandre en travers de sa poitrine et descendre jusqu'à la ceinture de sa robe.
— La marche à suivre doit être approuvée par tous, poursuivit Symon Feraoud, encouragé par l'approbation tacite de ses voisins. Nous venons juste de commencer à débattre des questions qui se posent à nous. Ce n'est pas en une nuit que l'on pourra déterminer le meilleur moyen d'enrayer la menace gul'gothane.
— Une nuit  ? (Elena baissa légèrement le bras et descendit l'unique marche qui la séparait de la table.) Trente d'entre elles se sont écoulées depuis la célébration de notre victoire ici même. Et tous vos débats n'ont servi à rien d'autre qu'à nous diviser, à colporter la dissension et le désaccord en un temps où nous devrions être plus unis que jamais.
Symon ouvrit la bouche pour protester, mais Elena le regarda durement, et il se ravisa.
— Ce soir, la lune sera de nouveau pleine. Le Journal Sanglant se rouvrira. Je le consulterai en tenant compte de vos avis respectifs. Et demain matin, j'apporterai un plan final à cette table.
Maître Edyll se racla la gorge.
— Pour que nous en discutions ?
Elena secoua la tête.
— Pour que vous l'approuviez tous.
Une fois de plus, le silence s'abattit sur l'assemblée. Cette fois, ce n'était pas une stupeur incrédule, mais une tempête qui couvait – et Elena refusait de la laisser éclater.
Avant que quiconque puisse grommeler, elle leva son poing brillant au-dessus de la table.
— Je ne tolérerai plus aucune discussion. Aux premières lueurs de l'aube, je ferai mon choix.
Elle rouvrit la main et la posa sur la table. Des flammes dansèrent entre ses doigts. De la fumée s'enroula autour de son poignet. En appui sur son bras, elle étudia les visages qui l'entouraient.
— Demain, nous forgerons notre avenir. Un avenir où nous chasserons le Cœur Noir de ces contrées.
Elena retira sa main de la table. Son empreinte brûlée se détachait sur le ferréol, fumante et rougeoyante comme sa propre paume. Elle recula d'un pas.
— Quiconque y voit une objection est prié de quitter Val'loa avant le lever du soleil. Car s'il reste sur l'île et refuse de se conformer à mes instructions, il ne verra pas le prochain crépuscule.
Tous les représentants s'étaient renfrognés, à l'exception du haut maître de quille dre'rendi qui arborait un rictus satisfait et de la reine Tratal qui conservait toujours la même expression glacialement stoïque.
— Il est temps que nous cessions de tirer dans une centaine de directions et que nous unissions nos efforts, déclara Elena. Demain, Alaséa renaîtra sur cette île. Elle n'aura qu'un cœur et qu'un esprit. Aussi, je vous demande de réfléchir cette nuit et de choisir en votre âme et conscience. Vous pouvez vous joindre à nous ou partir. C'est la seule chose dont il reste à débattre.
Elle scruta les visages qui l'entouraient, faisant en sorte que le sien soit aussi dur et inflexible que ses paroles. Enfin, elle s'inclina légèrement.
— À présent, chacun de nous a de graves décisions à prendre. Je vous souhaite une bonne nuit. Puisse-t-elle vous porter conseil !
Elle se détourna de la table sur laquelle son empreinte fumait toujours, rappelant à tous les observateurs qui elle était et quel pouvoir elle détenait. Priant pour que cette démonstration suffise, elle contourna le Trône d'Épines. Sa jupe bruissait doucement sur les dalles recouvertes de joncs. Dans le silence pesant, le temps parut ralentir. Le regard des représentants lui brûlait le dos ainsi qu'un brasier. Lentement, elle se dirigea vers Er'ril en se forçant à maîtriser ses membres.
L'homme des plaines se tenait toujours raide et impassible à côté du trône. Seuls ses yeux gris suivaient Elena – et malgré la dureté de son visage, ils brillaient de fierté. Ignorant sa réaction, la jeune femme le dépassa et poursuivit son chemin vers la porte située sur le côté de l'estrade.
Er'ril la prit de vitesse et ouvrit le lourd battant pour elle. Lorsqu'ils eurent franchi le seuil, il referma derrière eux.