Imhotep, l'inventeur d'éternité
Imhotep, l'inventeur d'éternité
576 pages
Couverture cartonnée
Avec une dédicace de l'auteur
Réf : 218537
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 19,90  (prix public)
Résumé
Dans l’histoire fascinante de l’Égypte antique, Imhotep tient une place à part : pauvre orphelin, il connaîtra une prodigieuse ascension.
Doté de pouvoirs étranges, Imhotep devient médecin, chancelier puis grand prêtre architecte chargé de la construction de la première pyramide connue, Saqqara, ouvrant ainsi « la porte de la vie éternelle » à son pharaon Djeser.
Pourquoi on l'a choisi
L’univers envoûtant et mystérieux des bords du Nil est brillamment décrit par Christian Jacq qui renoue ici avec ses biographies “des grands” de l’ancienne Égypte. Anecdotes historiques, magie et surnaturel, donnent au portrait d’Imhotep une dimension accessible et familière. Un passionnant voyage dans le temps que nous offre ici le spécialiste du genre.
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :1
HCA
Le 14 avril 2011
Passionnant
Qui ne connaît pas Christian Jacq ? Ici on découvrira sa façon d'écrire et qui est à mon sens, très passionnante. Adorant cet auteur et l'ancienne Egypte, avec ce livre on est servi non seulement au niveau de l'histoire mais par l'enseignement qu'il vous donne sur telle ou telle technique utilisée par les Egyptiens avec description en prime. Rien de tel pour apprendre les procédés utilisés à cette époque.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Lu dans la presse
« Conteur hors pair, l'égyptologue poursuit son travail de vulgarisation à travers un nouveau roman passionnant. »

Le Figaro Magazine


« L'écriture est agréable et la trame parfaitement bien tissée. »

L'Est Républicain


« [Une] destinée hors du commun que nous dévoile dans son dernier roman Christian Jacq, plus convaincant que jamais. »

La Presse de la Manche
Extrait

1

Imhotep contempla le désert, le domaine interdit peuplé de bêtes féroces et de spectres agressifs. À la nuit tombante, le jeune homme de vingt ans aurait dû quitter ce territoire dangereux et rentrer chez lui. Mais au lendemain de la mort de son père, il éprouvait le besoin d'être seul, loin d'un monde dont l'injustice lui pesait trop.
Jusqu'à cette tragédie, l'existence lui avait paru presque facile. Simples paysans, ses parents s'étaient juré d'offrir à leur fils unique une vie meilleure. Lorsque Imhotep, cinq ans auparavant, avait été accepté comme apprenti chez les foreurs de vases de l'atelier royal de Memphis, leur rêve s'était réalisé.
Un père n'avait pas le droit de mourir.
Pourquoi les dieux se montraient-ils si cruels, pourquoi frappaient-ils une famille si unie ? Mille pensées se bousculaient dans la tête d'Imhotep, révolté contre ce destin inique.
Le sable crissait sous ses sandales, il avançait droit devant lui, à travers la nuit. Ignorant la fatigue, il comptait sur ses jambes inépuisables pour aller jusqu'au cœur de l'immensité avec l'espoir d'éteindre son insupportable souffrance.
Soudain, il s'arrêta.
On le suivait.
Sans arme, comment affronter un fauve en chasse ?
L'instinct de survie fut le plus fort, le jeune homme courut. Son souffle ne l'avait jamais trahi, et ses camarades de jeu ou de travail enviaient sa résistance. Perdu au sein d'un univers hostile, Imhotep escalada les buttes, dévala des pentes caillouteuses, frôla des buissons d'épineux. La lueur de la pleine lune lui permit d'éviter maints obstacles, dont un cobra en maraude, et il s'immobilisa de nouveau.
On le suivait toujours, mais il ne s'agissait pas d'un fauve.
Au loin, une ombre rouge ensanglantait le désert. Une ombre rouge de grande taille qui progressait de manière inexorable, gardant le même rythme, en direction de sa proie. Ainsi, les anciens ne mentaient pas ! Ces solitudes étaient bien hantées par des démons se nourrissant de l'âme des humains et personne ne pouvait leur échapper.
Imhotep songea à sa mère, rongée d'inquiétude. Venant de perdre son mari, elle ne voyait pas rentrer son fils. En n'écoutant que sa propre douleur, il lui infligeait une véritable torture. Et s'il disparaissait, la malheureuse se laisserait mourir.
Pestant contre son imprudence, Imhotep recommença à courir. Les cris horribles d'une bande de hyènes ne l'effrayèrent pas et il se persuada qu'il parviendrait à distancer l'Ombre rouge.
Peine perdue.
Elle ne cédait pas un pouce de terrain.
Imhotep ne savait plus depuis combien d'heures il était devenu le gibier de cette force maléfique mais il résista à la tentation de s'allonger sur le sable et de s'avouer vaincu. Commençant à ressentir les premiers signes d'épuisement, il trouva de nouvelles ressources en implorant le dieu Ptah, protecteur des artisans, de ne pas l'abandonner.
Au-dessus de lui, un bruissement d'ailes. Un grand ibis blanc venait de le frôler. Baigné de la lumière lunaire, l'oiseau de Thot, le maître de la science sacrée et le patron des scribes, volait vers une zone aride et accidentée où le jeune homme serait obligé de ralentir l'allure et risquerait, à tout moment, de se fouler une cheville, voire de se briser les os.
Néanmoins, Imhotep suivit l'ibis. À intervalles réguliers, l'oiseau décrivit de grands cercles de manière à ne pas semer son protégé.
À la faveur d'une colline escarpée, l'Ombre rouge gagna du terrain. Les poumons en feu, l'artisan maintint une faible avance.
D'un puissant élan, l'ibis gagna le haut du ciel. Le spectacle que découvrit Imhotep, du sommet de la colline, le stupéfia.
Le désert avait disparu, cédant la place à un paysage paradisiaque, formé d'étangs, de canaux, de vastes étendues de roseaux et de champs de blé atteignant des hauteurs prodigieuses. Là régnaient, selon l'enseignement des sages, la paix et l'abondance éternelles. Là vivaient les âmes des bienheureux, les « justes de voix » reconnus tels par le tribunal d'Osiris. Ils moissonnaient en robe blanche de fête sous un doux soleil et leurs divers travaux s'effectuaient sans la moindre peine.
Mais les sages ne disaient-ils pas aussi qu'aucun humain ne pouvait voir ces merveilles de son vivant ?
Imhotep poussa un cri de douleur. L'Ombre rouge venait de toucher le talon de son pied gauche. Encore un instant, et elle grimperait le long de ses jambes.
D'un bond, le jeune homme s'élança vers le pays des justes. L'Ombre rouge ne le suivit pas, comme si une frontière invisible lui interdisait d'avancer. En se relevant, Imhotep la vit s'éloigner.
À l'instant où, assoiffé, il but l'eau pure d'un canal, les premiers rayons du soleil naquirent à l'orient. Le canal, les étangs, les roseaux et les champs de blé disparurent. Très vite, l'aube imposa sa loi et les créatures du désert rentrèrent dans leur tanière. Autour de l'artisan, du sable et des roches.
Levant les yeux, il aperçut le grand ibis blanc qui, après avoir tracé un nouveau cercle, s'éloigna d'un vol majestueux. Malgré la fatigue, Imhotep réussit à le suivre. Et quand apparut la première palmeraie, il sut qu'il avait échappé à l'Ombre rouge.



2

Comment cette proie si facile avait-elle pu lui échapper ? s'interrogea l'Ombre rouge en regagnant le corps de l'être qu'elle habitait. D'ordinaire, elle approchait de sa victime sans se faire repérer, l'enveloppait d'une brûlure mortelle et avalait son âme, désormais incapable de renaître. Marquée au sceau de la mort, l'Ombre rouge se nourrissait du Mal, des ténèbres, de la violence et de la destruction. Son unique but était de lutter en permanence contre l'établissement de Maât, la règle d'harmonie de l'univers.
Rôdant cette nuit-là dans le désert proche de la ville de Memphis, elle avait repéré cet imprudent qui osait explorer un domaine interdit. Une occasion inespérée, une chasse trop aisée ! Et pourtant, l'Ombre rouge revenait bredouille.
De quelle force disposait ce garçon pour avoir réussi à lui échapper ? Incapable de franchir l'enceinte invisible protégeant la campagne des bienheureux, l'Ombre rouge supposait que le fuyard s'était désagrégé au contact de l'au-delà puisque aucun humain, de son vivant, ne pouvait voir les canaux et les champs du paradis des justes.
Un doute subsistait. Ce jeune homme, un magicien expérimenté, équipé de formules de connaissance et capable de percer les murailles de l'invisible ? Impossible ! Néanmoins, il eût été préférable de l'identifier et de l'éliminer. Au cas où l'imprudent croiserait de nouveau la route de la prédatrice, elle ne lui accorderait pas la moindre chance de survie.
L'heure venait de regagner la cour, en proie à une vive agitation. Grâce à l'action occulte de l'Ombre rouge, le royaume d'Égypte ne tarderait pas à éclater en mille morceaux. L'anarchie se répandrait, le palais serait pillé et les demeures d'éternité dévastées. Le souffle du malheur emporterait tout sur son passage et l'élan des premiers pharaons se briserait à jamais.