Genre hybride
Agnès Desarthe a une belle écriture, rythmée et souvent poétique mais j'ai eu du mal à entrer dans la vie de son personnage, Jérôme. Il faut dire que toute la première moitié du récit est consacrée aux hésitations, errements de cet homme de 53 ans, solitaire, en permanence à côté de sa vie, qui est impuissant à soutenir sa fille en plein désespoir après la mort de son premier amour et qui ne cesse de se culpabiliser. Ce roman est aussi celui de la quête des origines, puisque Jérôme est un enfant trouvé. cette clé nous étant donnée dès le départ, nous comprenons mieux le mal-être du personnage sans pour autant le trouver moins pathétique. Puis, tout à coup, nous nous retrouvons dans un roman policier, avec l'entrée en scène d'un détective privé, lui aussi solitaire, à la fois amical et dangereux, qui va suivre la piste d'une ado disparue, d'un meurtre déguisé en accident et tenter aussi d'éclaircir le mystère de la naissance de Jérôme. Ca fait beaucoup de quêtes, mais ce n'est pas tout ! Quand arrive une écossaise fantasque, au physique surprenant, le lecteur égaré dans la brume du récit se retrouve en pleine histoire d'amour ! J'avoue que je n'ai pas vraiment adhéré à ces péripéties qui s'accumulent dans les dernières pages et qui sont autant de fausses pistes. Ce procédé me semble trop facile et le dénouement m'a laissée sur ma faim.