L'Héritage, tome 3 : Brisingr
Christopher Paolini
840 pages
Couverture souple. 15,3 x 22,8 cm
Bayard
10 ans et plus
Réf : 205293
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 21,90  (prix public)
Disponible
La saga d'Eragon continue
Résumé
Eragon a une double promesse à tenir : aider Roran à délivrer sa fiancée, Katrina, des griffes des Ra’zacs, et venger la mort de son oncle Garrow. Mais le combat continue contre Galbatorix. Les nains, les elfes, le peuple du Surda et les Urgals eux-mêmes se rallient aux Vardens, sous l'autorité de Nasuada. Ce qui ne va pas sans frictions et rivalités. Quant à Eragon et Saphira, ils n'ont pas achevé leur formation. L'enseignement et les conseils d'Oromis et de Glaedr, le dragon d'or, leur sont plus que jamais nécessaires, car, entre batailles contre les soldats du tyran, luttes intestines et souffrances secrètes – l'elfe Arya est toujours présente dans les pensées d'Eragon –, le jeune Dragonnier et sa puissante compagne aux écailles bleues doivent sans cesse donner le meilleur d'eux-mêmes. Or, depuis que Murtagh lui a repris Zar’oc, Eragon n'a plus d'épée...
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :22
COLL
Le 02 mars 2009
Pas d'âge maxi pour être fan
Je suis une fan de 51 ans et je vous assure que je ne vais pas rater sa sortie. Au toucher de la couverture, j'appartiens à cette histoire qui ne me lâche qu'au point final. C'est mon Koh-Lanta. Quelle imagination ! Quel talent! Ne vous en privez pas !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
da silva corinne
Le 30 mars 2009
Excellent
Bravo ! Brisingr est excellent. J'ai hâte de connaître la suite, j'espère seulement ne pas être obligée d'attendre 2 ans pour avoir la fin sur les aventures d'Eragon et Saphira. Leur monde est magique. C'est plein de rebondissements et j'adore l'ironie de Saphira dans ce tome. A lire, non à dévorer !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 04 mars 2009
Enfin le revoilà !
Mon fils de 10 ans a adoré, il m'a donné le virus, aussi j'attendais la suite avec impatience... De plus, je viens d'apprendre qu'il y aura un quatrième volume... Excellent !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
LEFEVRE Martial
Le 12 mars 2009
Enfin !
Enfin ! J'adore tous ce qui est Fantasy, PAOLINI est la relève assuré de J.R.R. TOLKIEN. Un jeune auteur à suivre de très près. Merci pour ce chef d'oeuvre et je sais que les passionnés ne me contrediront pas. Bonne lecture à tous.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
dricot charlotte
Le 15 mai 2009
Fantastique
Que de pérégrinations et de révélations pour Eragon et Saphira, vivement le tome 4 !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
PONSOT SYBILLE
Le 07 mars 2009
5 jours... c'est trop long....
Enfin, le troisième volume des aventures d'Eragon arrive. Rien de tel pour s'évader. J'adore les histoires de dragons. Vivement le quatrième volume...
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
ORVEN PERRINE
Le 11 mai 2009
Super !
J'adore, c'est trop bien, mais quand sort le tome 4 ?
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
cat39100
Le 27 février 2009
ENFIN ARRIVEE
Je suis heureuse qu'il sorte enfin ! Depuis le temps que j'attendais la suite du tome 2 "L'Aîné". Encore un livre que je vais dévorer en 3/4 jours.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 04 mai 2009
Quelque peu déçue
J'attendais la suite de l'Aîné avec impatience mais je ne m'attendais vraiment pas à ça... J'espérais plus d'action au lieu de cela les évènements se répètent et se ressemblent. Néanmoins, j'ai apprécié les quelques révélations auxquelles nous avons eu droit dans ce tome. Donc au final c'est un bilan plutôt positif quand même.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 11 mars 2009
Enfin !!!!!!!!!!
Je suis impatiente de lire le 3ème, mais je croyais que c'était le dernier et je viens de lire qu'il va en écrire un 4ème ? Quelle chance pour nous, j'espère que l'attente ne sera pas si longue qu'entre le 2 et le 3. Merci à lui de nous permettre de nous évader à travers ses pages.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 01 juin 2009
Vivement le 4eme !
Cette histoire est vraiment passionnante. Eragon et Saphira forment une merveilleuse équipe. Ils sont vraiment très attachants. L'imaginaire de l'auteur est fantastique. Des 3 volets, j'ai trouvé celui-ci un peu plus sanglant. Maintenant j'ai hâte de lire ce 4e opus qui, j'en suis sûr, sera formidable.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
DELECRIN VIRGINIE
Le 09 juin 2009
Et dire qu'il faut encore attendre pour connaitre la fin
Une histoire qui continue avec Saphira et Eragon pour aller vaincre Galbatorix. Qui n'a jamais douté des 2 héros... ils sont jeunes et sans expérience mais ils y mettent tout leur coeur, tellement que l'on a envie de donner toutes nos forces pour les aider. Plein de mystères commencent à s'éclaircir tandis que d'autres voient le jour, et moi qui pensais que c'était la fin... Génial on reste à bout de souffle !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 01 juillet 2009
Zut
Je croyais que c'était une trilogie ! Et non, il va falloir encore attendre des mois avant de pouvoir lire la suite et fin. Il faut féliciter ce jeune auteur, car "L'Héritage" est un roman vraiment très bien mené... L'auteur sait susciter l'intérêt du lecteur et travaille bien ses descriptions...
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 08 septembre 2009
A lire, un livre passionnant
Actuellement, j'ai lu les 3 livres. Je les trouve excellents ! Il s'agit d'une saga à lire et à relire. On s'imprègne bien des personnages. L'histoire est attrayante et nous donne envie, encore et encore, de poursuivre afin de savoir ce qu'il va se passer. Les personnages sont franchement attachants. Ils font de leur mieux même s'ils sont jeunes. Ils comprennent la gravité de la situation. Ce livre est vraiment intéressant. Je le conseille vivement à tout le monde, quel que soit votre âge.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 14 novembre 2009
Beaucoup de mal à finir !
J'avoue que j'attendais impatiemment la suite de "L'Ainé". J'ai lu les 2 premiers tomes très rapidement, m'arrêtant à peine pour manger :) Mais quelle déception en découvrant Bisingr !!! Je ne suis qu'au chapitre 21 et ça doit faire 2 mois que je suis dessus !! J'ai beaucoup de mal à me plonger dans l'histoire, il ne se passe pas grand chose. L'écriture est lourde et répétitive, à tel point que je saute des passages...sacrilège ! Je vais m'efforcer d'arriver au bout, vos commentaires laissant malgré tout présager une fin intéressante.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
kikimalicious
Le 12 octobre 2009
Magique
Tout simplement excellent comme les 2 premiers, à lire absolument par les mordus de fantastique !!!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 17 novembre 2009
Stupéfiant !
Paolini nous emporte à dos de dragon dans une aventure fascinante et palpitante !!! Je ne conseille qu'une chose laissez-vous mordre vous serez conquis !!!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Driade
Le 23 mars 2010
Formidable !
Cette saga est vraiment envoûtante et nous emmène dans des aventures mêlées d'amitié, d'amour et de danger ! Chaque page est une surprise et on ne peut s'arrêter qu'une fois le livre terminé. Tout lecteur peut s'y plonger... J'attends le 4ème tome avec grande impatience !
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Le 08 février 2011
Une saga à ne pas rater !!!!
Avec des personnages inoubliables, des décors somptueux, des péripéties tout au long du livre, cette saga est vraiment excellente. On en redemande encore et encore. Dîtes-moi, quand sortira le 4ème tome ??????????
Réponse du modérateur : Nous comprenons votre enthousiasme, mais vous devrez patienter jusqu'à ce que la sortie en librairie du tome 4. Dès qu'il sera disponible au Club, nous le signalerons sur le site.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Raphylamayo
Le 25 mars 2011
Assez d'attendre !!!
Qu'une chose à dire... Encore !!!!
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
cinderella191
Le 04 juillet 2011
Brisingr
Pour commencer, je dois avouer que j'ai dévoré cet énorme livre en 2 jours, c'est dire qu'il ma plu. Dans ce troisième tome, Eragon est très occupé à aider Roran à récupérer Katrina et venger son oncle. Saphira, notre courageuse et resplendissante dragonne, va accompagner Eragon et son cousin dans leurs aventure. Eragon est cependant désavantagé par la perte de son épée et va maintenant se battre avec un bout de bois (pas très facile tout ça). Dans ce livre, Eragon mûrit et s'interroge sur son destin et sa réussite car beaucoup de vie dépendent de lui. Point positive : depuis la cérémonie du sang elfique, il prend lentement les traits des elfes ce qui lui offre de nouvelles capacités aux combats mais qui surtout le rapproche d'Arya, la femme de son cœur. Ce troisième tome , met en place de grandes batailles (avec les Vardens) contre Galbatorix, moi qui ne suit pas trop batailles style épée et tout, j'ai été agréablement surprise par la mise en scène qui m'a permis d'apprécier ces actions pleines de suspense. Murtagh et son dragon rouge referont leur apparition au grand bonheur des spéculateurs. N'empêche que son retour et son combat aérien contre Eragon m'ont donné la chair de poule pour notre héros. Petite note finale, j'ai apprécié que le titre de ce troisième tome soit relié symboliquement au livre. Un livre rempli de péripéties, de mystères, de magie et de dragons.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
impatiente
Le 23 novembre 2011
Pourquoi pas encore chez vous ?
Le tome quatre est sorti ! Quand pourrons-nous le trouver chez France Loisirs ? Vite, vite, on attend la suite.
Réponse du modérateur : Votre question est transmise, je vous apporterai réponse dès que possible.
Il y a 1 commentaire associé à cet avis.
Si vous souhaitez commenter cet avis, merci de vous identifier en cliquant ici.
Remarque de marion guilliomet du 24/01/12
Il est sorti en anglais, devrait sortir en francais en mars 2012, en espérant le trouver sur franceloisirs.com rapidement.
Lecteur passionné de fantasy et de science-fiction, Christopher Paolini, né en 1983 à Los Angeles, a commencé l'écriture d'Eragon à quinze ans, alors qu'il venait d’obtenir son diplôme de la high school. Ce premier tome du cycle L'Héritage est publié en 2003 : Christopher Paolini a alors dix-neuf ans. Il est aujourd'hui traduit dans plus de cinquantes langues.
Christopher Paolini vit dans le Montana avec ses parents et sa sœur Angela, entouré des montagnes Beartooth qui ont inspiré le paysage fantastique de la saga.
Extrait

1

LES PORTES DE LA MORT


Tapi au sommet d'une éminence sablonneuse parsemée de rares touffes d'herbes, de buissons épineux et de petits cactus en forme de bouton de rose, Eragon fixait le sinistre repaire des monstres qui avaient tué son oncle Garrow.
Les tiges sèches et cassantes des pousses de l'année passée lui griffaient les paumes tandis qu'il rampait à plat ventre pour avoir une meilleure vue sur Helgrind. La tour de pierre noire, surgie telle une lame des entrailles de la terre, dominait tout le paysage.
Le soleil déclinant zébrait les collines basses d'ombres obliques, et illuminait au loin la surface du lac Leona, transformant l'horizon en une bande ondoyante d'or liquide.
À sa gauche, Eragon entendait la respiration régulière de son cousin, Roran, étendu près de lui. Inaudible pour une oreille normale, ce léger souffle lui semblait presque bruyant tant ses sens étaient aiguisés depuis l'Agaetí Säghren, ou Serment du Sang, cérémonie elfique au cours de laquelle il avait été transformé.
Il n'y prêtait guère attention, se concentrait sur la procession – à l'évidence venue de Dras-Leona, à quelques miles de là – qui progressait lentement vers la base de Helgrind, menée par vingt-quatre hommes et femmes en longues robes de cuir. Au sein du groupe, les modes de déplacement étaient variés, curieux : on y boitait, traînait les pieds, sautillait ou se tortillait ; certains se balançaient entre des béquilles, d'autres, aux jambes bien trop courtes, se propulsaient avec les bras. Alors qu'ils approchaient, Eragon s'aperçut que les vingt-quatre meneurs du cortège se contorsionnaient de la sorte parce qu'ils avaient perdu un ou plusieurs membres. Sur une litière soutenue par six esclaves au corps huilé, leur chef – homme ou femme, impossible à dire – se tenait droit, ce qui relevait de l'exploit, car il n'avait ni bras ni jambes ; une couronne haute de trois pieds, faite de cuir ouvragé, était posée en équilibre sur sa tête.
— Les prêtres de Helgrind, murmura Eragon à Roran.
— Ils ont accès à la magie ?
— Peut-être. Je ne veux pas risquer une exploration mentale de Helgrind avant leur départ. S'il y a des magiciens parmi eux, ils le sentiront et nous serons découverts.
Derrière les prêtres marchait une double file de jeunes gens drapés de toges dorées. Chacun d'eux portait un cadre traversé par douze barres horizontales auxquelles étaient accrochées des cloches de fer grosses comme des rutabagas. La moitié d'entre eux secouaient leur cadre lorsqu'ils posaient le pied droit, produisant une douloureuse cacophonie ; l'autre moitié procédait de même en posant le pied gauche, et les battants cognaient contre l'enveloppe de métal, répandant à travers les collines leur clameur lugubre. Dans l'extase de leur transe, les acolytes accompagnaient ce carillon de leurs cris et de leurs plaintes.
La procession grotesque se prolongeait en une queue de comète formée par les habitants de Dras-Leona : nobles, riches marchands, négociants, officiers militaires de haut rang, et la masse moins fortunée des paysans, mendiants et simples soldats d'infanterie.
Eragon se demanda si Marcus Tabor, le gouverneur de la ville, était parmi la foule.
Les prêtres s'arrêtèrent en bordure de l'immense rempart de pierraille qui entourait Helgrind, et se rangèrent de chaque côté d'un rocher couleur de rouille au sommet lisse. Lorsque toute la colonne se fut immobilisée devant cet autel rudimentaire, la créature portée sur la litière entonna une mélopée d'une voix aussi discordante que les lamentations des cloches. Des bourrasques répétées emportaient l'incantation du chaman, de sorte qu'Eragon n'en percevait que des bribes, des phrases en ancien langage déformé et mal prononcé entrecoupées de mots venus du nain ou de l'urgal, mélange auquel s'ajoutaient des passages dans le dialecte archaïque de sa langue maternelle. Ce qu'il en comprenait lui donnait le frisson. Le sermon traitait de sujets qu'il aurait mieux valu laisser dans l'ombre, d'une haine venimeuse, nourrie pendant des siècles dans les cavernes obscures des cœurs, qui s'était répandue au grand jour en l'absence des Dragonniers, d'une frénésie sanguinaire et de rites infâmes célébrés à la lune noire.
Au terme de cette homélie abjecte, deux prêtres de moindre rang s'avancèrent et soulevèrent leur maître de la litière pour le hisser sur l'autel. Le Grand Prêtre lança alors un ordre bref. Scintillant comme des étoiles, des lames d'acier jumelles se levèrent pour frapper. De chaque épaule du Grand Prêtre jaillit un flot de sang qui ruissela le long de son torse gainé de cuir pour s'accumuler au sommet du rocher jusqu'à déborder et couler sur les cailloux.
Deux autres prêtres se précipitèrent pour recueillir le liquide vermeil dans des gobelets. Sitôt remplis, ils étaient distribués parmi les fidèles, qui buvaient avec empressement.
— Ça alors ! souffla Roran. Tu avais omis de préciser que ces dévoyés avides de carnage, ces hystériques abrutis par leur culte insensé étaient des cannibales !
— Pas tout à fait. Ils ne consomment pas la chair du sacrifice.
Lorsque l'assistance eut communié, les acolytes serviles remirent le Grand Prêtre sur sa litière et pansèrent ses épaules ;avec des bandes de drap blanc. Des taches sombres souillèrent aussitôt l'étoffe immaculée.
L'homme-tronc ne semblait pas souffrir de ses blessures car, sitôt retourné face à la foule des fidèles aux lèvres cramoisies, il déclara :
— À présent que vous avez goûté la sève de mes veines au pied du tout-puissant Helgrind, vous êtes vraiment mes Frères et mes Sœurs. Le sang appelle le sang, et si un jour votre famille a besoin d'aide, faites alors ce que vous pourrez pour l'Église et pour ceux qui vénèrent le pouvoir de notre Effroyable Seigneur... Afin de proclamer notre fidélité au Triumvirat, récitez avec moi les Neuf Serments... Par Gorm, Ilda et Fel Angvara, nous jurons de rendre hommage au moins trois fois par mois, à l'heure qui précède le crépuscule, puis de faire offrande de notre chair afin d'apaiser la faim éternelle de notre Grand et Terrible Seigneur... Nous jurons d'observer les pénitences telles qu'elles sont décrites dans le livre de Tosk... Nous jurons de toujours porter le Bregnir sur nous, d'éviter à jamais le douze des douze comme le contact de la corde à nœuds multiples afin de n'être pas corrompus...
Le vent forcit soudain, emportant le reste de son oraison. Eragon vit ensuite les fidèles sortir un petit couteau à lame recourbée et, l'un après l'autre, s'entailler le pli du coude pour oindre l'autel de leur sang.
Quelques minutes plus tard, la bourrasque furieuse se calma, et la voix du Grand Prêtre redevint audible :
— ... tout ce que vous désirez ou convoitez vous sera accordé en récompense de votre obéissance... Notre culte s'achève. Toutefois, s'il est des braves parmi vous qui souhaitent témoigner de la profondeur de leur foi, qu'ils se présentent !
L'assistance se raidit, se pencha en avant. Les visages exprimaient une fascination fébrile : c'était apparemment le moment attendu.
À en juger par le long silence qui suivit, ces gens risquaient d'être déçus. Enfin, un acolyte sortit du rang et s'écria :
— Moi !
Avec un rugissement de plaisir, ses frères brandirent leurs cadres et agitèrent leurs cloches avec frénésie, déchaînant l'enthousiasme des fidèles, qui se mirent à sauter en hurlant comme des possédés. Malgré la répugnance que lui inspirait la cérémonie, Eragon n'était pas insensible à cette musique sauvage qui éveillait en lui une certaine excitation, quelque chose d'enfoui, de primitif et de brutal.
Ayant ôté sa toge dorée, le jeune homme brun, vêtu d'une simple culotte de peau, bondit sur l'autel. Des gouttes de rubis giclèrent de chaque côté de ses pieds. Face à Helgrind, il se mit à trembler, à s'agiter au rythme impitoyable des cloches. Sa tête roulait sur son cou, ses bras ondulaient, tels des serpents, de l'écume se formait aux commissures de ses lèvres. Avec ses muscles luisants de sueur, dans la lumière mourante, on aurait dit une statue de bronze animée.
Le tempo des cloches s'accéléra encore, les notes se heurtaient, s'entrechoquaient. Dans ce chaos sonore, le jeune homme tendit une main derrière lui. Un prêtre y plaça le pommeau d'une bizarre épée de deux pieds et demi de long à simple tranchant, avec une poignée munie d'écailles pour la prise, une garde minimale, et une lame plate qui s'élargissait pour s'échancrer au bout en arc de cercle et former une pointe. Cette arme, qui rappelait l'aile d'un dragon, était conçue dans le seul but de pourfendre les armures, les os et les muscles aussi facilement que des outres remplies d'eau.
Le jeune homme la brandit vers le point culminant de Helgrind, puis il tomba à genoux et, avec un cri de bête, il abattit la lame sur son poignet droit.
Le sang éclaboussa les roches derrière l'autel.
Eragon grimaça et détourna les yeux, ce qui ne lui épargna pas les hurlements stridents du garçon. S'il avait vu pire sur le champ de bataille, il trouvait malséant qu'on se mutile ainsi de son plein gré quand d'autres étaient défigurés par les simples accidents de la vie quotidienne.
Froissant l'herbe sous lui, Roran changea de position et marmonna un juron qui se perdit dans sa barbe.
Tandis qu'un prêtre s'occupait du jeune homme et arrêtait l'hémorragie en prononçant un sort, un acolyte détacha deux des esclaves qui portaient la litière du Grand Prêtre pour les enchaîner par les chevilles à un anneau de fer serti dans l'autel. Les autres acolytes tirèrent de dessous leur toge des paquets qu'ils entassèrent sur le sol, hors de portée des esclaves.
La cérémonie terminée, les prêtres et leur suite quittèrent Helgrind pour regagner Dras-Leona dans un concert de lamentations et de carillons. Le jeune fanatique amputé d'une main clopinait derrière la litière du Grand Prêtre, le visage éclairé par un sourire béat.
— Eh bien, souffla Eragon alors que la colonne disparaissait derrière une colline lointaine.
— Eh bien, quoi ?
— J'ai séjourné parmi les elfes et les nains, et jamais ils ne se sont conduits d'une manière aussi étrange que ces gens, ces humains.
— Ils sont aussi monstrueux que les Ra'zacs.
Roran pointa le menton en direction de Helgrind :
— Maintenant qu'ils sont partis, tu peux tenter de savoir si Katrina est là-haut ?
— Je vais essayer. Prépare-toi à courir au cas où.
Les yeux fermés, Eragon étendit sa conscience vers l'extérieur, allant d'un être vivant à l'autre, comme l'eau se propage à travers le sable. Son esprit effleura des cités grouillantes d'insectes vaquant à leurs affaires, des lézards et des serpents cachés parmi les roches tièdes, diverses espèces d'oiseaux chanteurs et de nombreux petits mammifères. Insectes et animaux s'activaient en prévision de la nuit ; les diurnes se retiraient dans leurs trous et leurs tanières tandis que les nocturnes bâillaient et s'étiraient avant de se mettre en quête de nourriture.
De même que l'acuité de ses sens, sa capacité de contacter d'autres esprits diminuait avec la distance. Parvenu mentalement à la base de Helgrind, il ne percevait guère qu'une faible émanation des animaux les plus gros.
Prudent, il était prêt à se rétracter s'il effleurait ceux qu'ils traquaient : les Ra'zacs ou bien leurs parents et montures, les Lethrblakas. Il en prenait le risque parce qu'aucun membre de cette race n'était en mesure d'utiliser la magie ; de plus, il ne croyait pas que des non-magiciens puissent être entraînés au combat par télépathie et capables de briser les barrières mentales. Ra'zacs et Lethrblakas se passaient d'ailleurs fort bien de tels subterfuges puisque leur seule haleine provoquait la stupeur chez les plus solides gaillards.
Son enquête à distance pouvait certes révéler sa présence, mais il fallait que Roran, Saphira et lui sachent si Katrina, la fiancée de son cousin, était emprisonnée à Helgrind. La réponse déciderait du but de leur mission : libération de la captive, ou capture de l'ennemi pour interrogatoire.