Les objets de La Poste ont une histoire qui se confond avec la nôtre !
Retrouvez les véhicules insolites des facteurs, découvrez la première carte postale, partez en voyage avec l'Aéropostale... Et surtout, souvenez-vous avec un soupçon de nostalgie de votre premier livret A, des petits bleus transmis à la dame du télégramme, ou de votre charmante lettre envoyée au Père Noël.
Plus qu'un livre, un « livre-objets ».
À l'intérieur, vous découvrirez et manipulerez les premiers timbres-poste, des cartes postales insolites, une affiche de l'Aéropostale, l'almanach du facteur, l'album surréaliste de Paul Eluard ou encore le très étrange « facteur à système »...
Pourquoi on l'a choisi
Une évocation des objets emblématiques de La Poste. Au fil des pages, retrouvez les véhicules du postier au cours du temps, les aventures de l’Aéropostale, les lettres au Père Noël... Un livre objet pour manipuler premiers timbres-poste, cartes postales insolites…
Rédacteur en chef de l'une des publications internes du groupe La Poste, David Raynal est également l'auteur de Maurice Raynal, la bande à Picasso, paru aux Éditions Ouest-France.
Extrait
Introduction
Aujourd'hui comme hier, La Poste s'impose comme un groupe de services de proximité dont les compétences s'exercent autour de quatre grands domaines : le courrier, le colis, la banque et l'enseigne (le réseau des bureaux de poste et points de contact). Déjà confrontée à la concurrence dans toutes ses activités, l'entreprise qui a ces dernières années profondément transformé son organisation et son offre, s'est dotée dernièrement des moyens industriels les plus performants. Désormais présente à l'international (notamment dans les secteurs du colis et du courrier), La Poste ambitionne de figurer au XXIe siècle parmi les toutes premières entreprises européennes de services. Ce défi, elle compte le relever sans renoncer à ses valeurs fondatrices (proximité, éthique, performance, innovation), tout en privilégiant une démarche globale, notamment tournée vers le développement durable.
Qu'ils soient insolites, utiles ou délicieusement désuets, les objets de La Poste ont durablement influencé notre quotidien. Depuis la création du premier timbre-poste à celle plus récente de la messagerie électronique www.laposte.net, l'entreprise « la plus aimée » des Français a su se rendre, au fil des siècles, indispensable à la vie de nos concitoyens.
La lettre avant le timbre
Championne d'un art épistolaire qu'elle a en grande partie inventé, Marie de Rabutin-Chantal de Sévigné, dite la marquise de Sévigné (1626-1696), a su donner au courrier toutes ses lettres de noblesse. À l'âge de quarante-cinq ans, elle adresse une première lettre à sa fille qui vient de se marier et qui l'a quittée deux jours plus tôt pour suivre son époux en Provence. La missive, déposée au bureau de poste de Vitré (Ille-et-Vilaine), doit parcourir 245 lieues, soit 1100 km pour atteindre en 42 heures Aix-en-Provence. En tout, ce sont quelque 1120 lettres qui nous sont parvenues, principalement adressées à la fille de la marquise, Madame de Grignan (764), mais également à son fils Charles, ou à son cousin Bussy-Rabutin (126). Ces merveilles d'ingéniosité littéraire ont fait l'objet d'une première édition clandestine en 1725, suivie de deux officielles en 1726. Elles racontent avec une précision et une justesse de ton remarquables les petits bonheurs, mais aussi les misères de la vie quotidienne. Au hasard d'un bon mot, d'une digression ou d'une pirouette littéraire, sont également évoqués, non sans une certaine malice, les problèmes d'acheminement du courrier...
Avant 1849, les Français ne recevaient en moyenne que trois lettres par an. La tarification postale était complexe et le prix de la lettre plutôt élevé pour le commun des mortels. Et à l'époque, c'est encore le destinataire de la lettre qui devait en payer le port. En 1848, on décida d'abaisser considérablement le prix de la lettre et de le rendre uniforme sur tout le territoire, quelle que soit la distance. La naissance du timbre-poste concrétise cette réforme...
Le Cérès, la naissance du premier timbre-poste
Sous l'impulsion de son directeur général Louis Arago, l'administration des Postes accepte, le 24 août 1848, le projet de timbre-poste du sculpteur et graveur Jean-Jacques Barre. Inspiré du « Penny black » britannique mis en circulation de l'autre côté de la Manche depuis 1840, le coût d'acheminement d'une lettre ne tient désormais plus compte de la distance mais uniquement de son poids. Avant l'adoption du timbre, le prix d'une lettre était très élevé et correspondait à une demi-journée de travail d'un ouvrier. Le pouvoir issu de l'abdication du roi Louis-Philippe abaissa considérablement le prix de la lettre. Il choisit le profil de Cérès, la déesse romaine des moissons, pour représenter dignement la toute nouvelle République. Symbole de la liberté dans une France profondément rurale, cette première figure allégorique ornera les timbres jusqu'en 1852, puis de 1870 à 1876. La taxe unique est fixée pour tout le territoire (Corse et Algérie comprise) à 20 centimes pour une lettre pesant moins de 7,5 g, 40 centimes jusqu'à 15 g et 1 franc jusqu'à 100 g. Chaque planche d'impression de Cérès noir comprend cent cinquante clichés sur dix rangées de quinze. Une feuille imprimée comporte deux planches d'impression juxtaposées, soit trois cents exemplaires. Une erreur au calage inversera l'un des clichés, ce qui aboutit à une impression tête-bêche de certaines planches, aujourd'hui très recherchées par les collectionneurs. Grâce à l'adoption du timbre, le trafic postal est multiplié par huit entre 1849 et 1914. Sur les 41 700 000 timbres non dentelés de la première émission du 1er janvier 1849, plus de 31 100 000 seront vendus au public.