La passagère du France
Top lecteur
La passagère du France
Bernadette Pécassou-Camebrac
368 pages
Couverture cartonnée
Réf : 199089
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Au lieu de 21,00  (prix public)
Disponible
Elle fera chavirer votre coeur
Résumé
Sophie, jeune journaliste romantique et curieuse, s’embarque pour "couvrir" le voyage inaugural du célèbre paquebot. Une aubaine pour cette tendre rêveuse, qui trépigne de joie en pensant aux personnalités qu’elle va côtoyer à bord. Mais un drame se noue dans les cales et la vie de la reporter va vite basculer après la rencontre d’un officier aussi beau que ténébreux.  
Pourquoi on l'a choisi
Une splendide intrigue romanesque. Un rythme très vivant pour une histoire sensible et pleine de surprises...
Avis Top Lecteur
« Il faut lire ce livre pour se prendre pour une princesse en train de naviguer sur le France, pour dîner à la table du commandant et se faire inviter pour une valse par un bel officier. »

Sandrine Frappa
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :2
Martine13
Le 26 octobre 2010
Loufoque
L'histoire est complètement loufoque, seule l'ambiance du paquebot dans les années 60 a un peu d'intérêt.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Necky
Le 10 mars 2011
Ennuyeux
L'histoire pourrait être bien mais ça part dans tous les sens, on a du mal à lire et ne parlons pas de la fin... Ce livre est vraiment ennuyeux et trop bizarre. Je ne le conseille pas.
Il n'y a pas de commentaire associé à cet avis.
Bernadette Pécassou-Camebrac est originaire d'Ibos, à quelques kilomètres de Lourdes, et vit près de Tarbes.
De formation littéraire, elle est depuis 1980 journaliste et réalisatrice : fictions pour France 3, reportages pour Radio-France et sur Arte, une soirée thématique sur Lourdes et les femmes.
Elle a aussi produit La Vie à plein temps pour France 3.
Elle a déjà publié quatre romans :
    La Belle Chocolatière (2001)
    Le Bel italien (2003)
    L'Impératrice des roses (2005)
    La Villa Belza (2007)
Autres titres de Bernadette Pécassou-Camebrac
La dernière bagnarde
Bernadette Pécassou-Camebrac
Extrait

1

Le Havre, 3 février 1962

Jamais elle n'avait pris la mer, pas même le moindre bateau. Mais elle avait souvent rêvé de partir un jour.
— Qu'est-ce que vous faites, plantée là comme un as de pique ? Vous ne voyez pas que vous empêchez les autres de passer ! ?
Sophie se retourna vivement, prête à remettre à sa place l'individu qui l'apostrophait. Mais quand elle le vit et le reconnut, elle eut un sourire gêné.
— Avancez donc, mademoiselle, ajouta-t-il alors d'une voix adoucie. De quoi avez-vous peur ? Des bateaux ou de l'aventure ? Faites un pas de plus et regardez autour de vous. Tenez, comme cet homme qui monte la passerelle d'un pas énergique et tourne la tête dans tous les sens ! On dirait qu'il cherche quelque chose, ou quelqu'un. Peut-être vous ? Qui sait ?


2

Dans le milieu des journalistes, le nom de celui qui venait de s'adresser à Sophie de façon un peu cavalière était en haut de l'affiche. On disait qu'il finirait sous la coupole et on l'appelait : l'Académicien.
Après des années de métier il ne faisait que ce qui lui plaisait : écrire sur les traversées de l'Atlantique Nord à bord de magnifiques paquebots. Le Queen Mary lancé par la Cunard à la fin de la guerre, l'élégant Liberté de la Compagnie générale transatlantique, l'Île de France si gracieux et le luxueux Normandie de la French Line, il les connaissait tous. Les grandes compagnies se méfiaient de sa plume mais l'invitaient à chaque voyage. Relier les grandes nations industrielles de l'Europe au Nouveau Monde était encore dans ces années 1960 un enjeu prioritaire, même si l'avion annonçait un changement majeur.
Plus que jamais il fallait tenter de retenir la clientèle qui préférait rejoindre l'Amérique par les airs.
Ce 3 février 1962, comme nombre de journalistes, artistes et autres personnalités, l'Académicien faisait partie des invités qui se massaient au fur et à mesure devant la passerelle du gigantesque paquebot, dernier-né de la Transatlantique : le France.
Dans la file d'embarquement, on s'embrassait, on criait, on s'interpellait. Un petit homme à lunettes prenait des photographies dans tous les sens, une dame chic et blonde serrait dans ses bras un petit chien gémissant, un couple rieur s'enlaçait, un monsieur un peu fort râlait qu'on le bouscule, la fièvre du départ créait une joyeuse cohue.
Sophie suivait du regard l'homme de la passerelle. Arrivé tout en haut il s'arrêta et se retourna face à la foule sur le port. Tranquillement, comme s'il avait tout le temps alors que la file trépignait d'impatience pour embarquer, il leva son bras et agita la main en signe d'au revoir. De loin on devinait son sourire.
L'Académicien pointa du doigt la meute de photographes qui se tenait parquée, au pied du navire : — Un conseil, mademoiselle, une fois à bord, si vous voulez passer à la postérité, faites comme lui. Quand ils choisiront un cliché, les photographes choisiront le plus symbolique. Entre les passagers qui s'engouffrent bêtement dans le navire en ne montrant que leur dos et le geste élégant de cet homme, ils n'hésiteront pas. Je vous parie que demain il fera la une des quotidiens. Tout est parfait, le costume, la pope, le sourire radieux. La photo sera nette et aura de l'allure. On dirait qu'il fait tout pour ça.
Sophie éclata de rire : — Mais cet homme dit tout simplement au revoir à quelqu'un.
— Non, il ne dit au revoir à personne.
— Qu'est-ce que vous en savez ? questionna Sophie, interloquée. Vous le connaissez ?
— Non. Et pourtant, je vous le confirme, il salue dans le vide.
— Saluer dans le vide alors qu'il y a une si grande foule, comment pouvez-vous dire une chose pareille ! insista Sophie. Vous savez qu'il est venu seul ? Vous le connaissez alors ?
— Non, mais je connais les voyages en mer, répondit l'Académicien, et je connais les marins. Sur les océans les hommes ne sont pas toujours ce qu'ils sont à terre. Les rêves des uns, les illusions des autres, les drames, tant de choses resurgissent parfois. Croyez-moi, on améliore les navires, mais rarement la nature humaine. Et sur les bateaux elle se dévoile avec une incroyable précision.
Il se tut et regarda la file élégante qui continuait à s'engouffrer dans le navire. Un court instant, il sembla oublier Sophie.
— Dans cette foule, reprit-il d'une voix grave, il y a de tout.
— Ce n'est pas nouveau, fit Sophie, contrariée par ce discours pessimiste.
L'Académicien se reprit : — Vous avez raison, mais... regardez bien ce navire et souvenez-vous toujours de ceci : il est fait du meilleur de l'homme. Chaque fois que vous repenserez à lui, revoyez-le tel qu'il est là, au moment du premier départ dans sa force intacte. Le France est éblouissant !
Il avait prononcé les derniers mots avec une ferveur que Sophie jugea excessive. Elle n'insista pas. Pourquoi ce discours et ces recommandations ? La foule éclatait de joie et d'enthousiasme, pourquoi cet homme venait-il gâcher ce moment ?
Le France emportait avec lui ce jour-là le meilleur de la France. Un art de vivre prestigieux, une élégance reconnue dans le monde entier, un incroyable savoir-faire et une immense confiance dans l'avenir !
Cet Académicien n'est qu'un rabat-joie, se dit-elle. Comme ces vieux qui pensent avoir tout vu et ressassent leurs propres rancœurs.
Elle reprit sa place dans la file et l'oublia qui bougonnait encore dans son dos. Les cheminées rouges de la Transatlantique claquaient sur le ciel bleu. Le navire étincelait sous le soleil. Il affichait le noir brillant et la blancheur immaculée de sa ligne exceptionnelle. Un géant !
Une masse impressionnante d'une légèreté absolue. Le plus beau bateau du monde ! Sur le quai du Havre, on ne s'entendait plus, tout le monde criait et pleurait de joie, l'exaltation était à son comble. Émerveillée, Sophie ferma les yeux pour garder en elle la force de cet instant. Ce voyage allait être magnifique. Elle en avait la certitude.