Coeur d'encre
Coeur d'encre
Cornelia Funke
640 pages
Couverture souple. 15,5 x 22,5 cm
Gallimard Jeunesse
10 ans et plus
Réf : 194436
Avec ce livre, cumulez 10 Points Club
Au lieu de 21,00  (prix public)
Disponible
Un récit aux pouvoirs surnaturels !
Résumé
Meggie vit avec son père Mo. Celui-ci a un terrible don : lorsqu'il le lit à voix haute, il donne vie aux personnages d'un livre mais en contrepartie, des personnes réelles sont prisonnières du livre. C'est ainsi que 9 ans plus tôt, Mo a fait disparaître sa femme et a donné vie à une bande d'êtres maléfiques. Meggie, Mo et leur tante Elinor, une excentrique bibliophile, sont entraînés dans une incroyable aventure... 
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Genesis
Bernard Beckett
Moyenne des avis :Les avis des internautesNombre d'avis :8
PROV
Le 06 février 2009
Coeur d'encre
Il a l'air bien. Il est sorti au cinéma et l'adaptation est très réussie, bravo.
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Brun Sophie
Le 23 juin 2009
J'ai hâte de lire la suite
A peine rentrée dans la boutique, j'ai su que c'était ce livre que j'achèterai. Excellente intuition qui n'a pas été déçue ! Les personnages sont bien croqués, l'histoire est passionnante. Je l'ai prêté à une copine qui a couru acheter le sien pour pouvoir le relire à sa guise. J'espère vivement que la suite ne se fera pas trop attendre.
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Le 31 janvier 2010
Il m'a l'air intéressant
Je vais certainement le lire, mais, à bon entendeur, j'ai vu "quelque part" que le troisième tome était sorti déjà sous le nom de "Mort d'encre"... Vite, vite, France Loisirs, sinon...
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JeudiProchain
Le 02 février 2010
J'ai adoré ce livre :-D
C'est bien écrit, c'est passionnant, je me me suis attachée aux personnages comme pas souvent, et c'est un livre que je compte bien transmettre à ma petite-fille quand elle aura l'âge d'écouter de bonnes histoires. Quel que soit votre âge, si vous aimez les histoires où le texte devient magique, lisez sans hésiter :-)
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lulu73
Le 05 janvier 2010
La suite !!!
A la fin de mon livre, il est marqué que la suite aurait du sortir en juillet 2009 ! Je suis donc à la recherche de ce bouquin depuis mais sans résultat, j'espère que France Loisirs l'aura bientôt ! Réponse du modérateur : "Sang d'encre", suite de cet excellent livre, n'est pas encore au programme du Club, car il existe un délais légal à respecter entre la date de sortie en librairie à prix public, et la sortie au Club à prix intéressant pour les adhérents. Dès qu'il y aura des nouvelles sur la date de disponibilité, elles seront affichées sur cette page.
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bibicorsica
Le 29 juillet 2011
Un peu déçue...
Abonnée à France Loisirs, j'attends depuis quelques mois que les autres volets soient disponibles sur le site, mais toujours rien... Je vais voir chez les concurrents et... ils y sont tous et le premier volet est moitié moins cher !!! Comptez-vous faire quelque chose pour remédier à cela ? Merci...
Réponse du modérateur : La suite ne sera pas publiée au Club car malgré ses qualités, elle n'y a pas trouvé son public. Nous proposons le tome 1 en grand format, d'où la différence de prix avec d'autres éditions.
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Melanie34
Le 12 novembre 2011
Fabuleux !
Ce livre est le meilleur que j'ai lu, il est magique et je me suis attachée aux personnages (comme pas tout le temps) ! J'ai trop aimé, il nous transporte dans son univers, le suspense est garanti ! Je le conseille à tous ceux qui aiment le fantastique ! Il me tarde le tome 2 "Sang d'encre" !
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Chris8202
Le 06 février 2012
Excellent !!
J'ai dévoré ce livre !!! J'en ai même lu des passages à mes enfants. Par contre, je suis déçue de ne pas trouver le tome 2 chez France Loisirs !!! Allez-vous y remédier ou dois-je me le procurer ailleurs ?
Réponse du modérateur : Aux dernières nouvelles, le tome 2 n'était toujours pas prévu au Club. Nous vous recommandons de vous fournir chez notre partenaire Chapitre.com
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Cornelia Funke est née en 1958 en Westphalie ; elle fait des études de pédagogie et de graphisme. Pendant quelques années, elle a illustré les histoires des autres avant de se lancer elle-même dans l'écriture. Avec une quarantaine de romans et séries dans les genres les plus variés, elle est aujourd'hui en Allemagne l'écrivain pour la jeunesse la plus connue et la plus appréciée.
Le Prince des voleurs, qui a obtenu un très grand succès en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis, est son premier livre traduit en français.
Son adresse est aujourd'hui à Beverly Hills, mais Cornelia Funke habite en fait un monde magique peuplé de dragons, de fées, de sorcières et autres personnages fantastiques, où elle attire des millions de lecteurs..
Lu dans la presse
« Un monde magique de fantômes, de feu et de fées. »

The Times


« Une histoire à couper le souffle. »

The Independant


« Personne ne sait parler de la force et de la sensualité des mots de manière aussi éloquente et captivante. »

Frankfurter Allgemeine


« On retrouve la nostalgie tourmentée d'un autre monde, où chacun rêve de se rendre. »

Die Zeit
Extrait

1

UN INCONNU DANS LA NUIT


La nuit brillait dans l'œil du cheval à bascule et aussi dans celui de la souris que Tolly sortit de sous l'oreiller pour la regarder. Outre le tic-tac du réveil, il crut entendre dans le silence des petits pieds nus courir sur le sol, puis des rires étouffés, des murmures et un bruit, comme si l'on feuilletait les pages d'un gros livre.

Lucy M. Boston, Les Enfants de Green Knowe


Il pleuvait cette nuit-là une petite pluie fine, tout en murmures. Des années plus tard, il suffisait que Meggie ferme les yeux pour l'entendre, comme des doigts minuscules qui cognaient contre la vitre.
Quelque part dans la nuit, un chien aboyait et Meggie avait beau se retourner dans son lit, elle n'arrivait pas à dormir.
Le livre qu'elle avait glissé sous son oreiller avant d'éteindre se pressait contre son oreille comme s'il voulait l'attirer de nouveau entre ses pages imprimées. « Oh, ce doit être très confortable de dormir avec un objet dur et anguleux sous la tête ! s'était exclamé son père la première fois qu'il avait découvert un livre sous son oreiller. Avoue ! Il te chuchote la nuit son histoire à l'oreille. » « Ça arrive ! avait répondu Meggie. Mais ça ne marche qu'avec les enfants. »
Alors, Mo lui avait pincé le bout du nez. Mo. Meggie n'avait jamais appelé son père autrement.
Cette nuit-là - où tout commença et où tant de choses changèrent pour toujours -, Meggie avait glissé un de ses livres préférés sous son oreiller et comme la pluie l'empêchait de dormir, elle se redressa, se frotta les yeux pour en chasser la fatigue et attrapa le livre. Quand elle l'ouvrit, le froissement des pages fut comme une promesse. Meggie trouvait que ce premier murmure était différent pour chaque livre, selon qu'elle en connût déjà l'histoire ou non. Maintenant, il lui fallait de la lumière. Elle avait caché une boîte d'allumettes dans le tiroir de sa table de nuit. Mo lui avait défendu d'allumer des bougies la nuit. Il n'aimait pas le feu.
« Le feu dévore les livres », disait-il, mais enfin, Meggie avait douze ans et elle était en âge de faire attention. Meggie adorait lire à la lueur de la bougie. Sur le rebord de sa fenêtre, elle avait trois photophores et trois chandeliers. Elle était justement en train de maintenir son allumette au-dessus d'une des mèches noires lorsqu'elle entendit les pas dehors. Inquiète, elle souffla l'allumette - des années plus tard, elle s'en souviendrait parfaitement ! - et regarda dehors. C'est alors qu'elle le vit.
La nuit pâlissait sous la pluie et l'inconnu n'était guère plus qu'une ombre. Seul son visage, tourné vers la maison, était éclairé. Ses cheveux étaient collés sur son front trempé. La pluie ruisselait sur lui, mais il n'y prenait pas garde. Il était immobile, les bras serrés contre la poitrine comme s'il voulait se réchauffer, au moins un peu. Il regardait fixement la maison.
« Il faut que je réveille Mo ! » songea Meggie. Mais elle resta assise, le cœur battant, scrutant la nuit comme si l'inconnu lui avait communiqué son immobilité. Soudain, il tourna la tête et Meggie eut l'impression qu'il la regardait droit dans les yeux. Elle sauta de son lit, si vite que le livre ouvert tomba par terre. Pieds nus, elle se précipita dans le couloir sombre. Il faisait frais dans la vieille maison, bien que l'on soit déjà fin mai.
Dans la chambre de Mo, la lumière était allumée. Il restait souvent éveillé très tard et lisait. Meggie avait hérité de lui sa passion des livres. Quand elle avait fait un cauchemar et qu'elle venait se réfugier près de lui, rien ne l'aidait mieux à s'endormir que la respiration régulière de Mo et le bruit des pages qu'il tournait. Rien ne chassait mieux les mauvais rêves que le froissement du papier imprimé.
Mais la silhouette devant la maison n'était pas un rêve.

Le livre que Mo lisait cette nuit-là avait une couverture en lin bleu pâle. De cela aussi, Meggie se souviendrait plus tard. Tant de choses sans importance restent fixées dans la mémoire !
— Mo, il y a quelqu'un dans la cour !
Son père leva la tête et la regarda, l'air absent, comme toujours quand elle l'interrompait au milieu de sa lecture. Il lui fallait un petit moment avant de revenir de l'autre monde, de ce labyrinthe de lettres.
— Il y a quelqu'un ? Tu es sûre ?
— Oui. Il regarde notre maison.
Mo posa son livre.
— Qu'est-ce que tu as lu avant de t'endormir ? Dr Jekyll et M. Hyde ?
Meggie fronça les sourcils.
— S'il te plaît, Mo ! Viens avec moi.
Il ne la croyait pas mais il la suivit. Meggie le tirait derrière elle avec tant d'impatience qu'il trébucha contre une pile de livres.
Contre quoi d'autre aurait-il pu trébucher ? Dans cette maison, les livres s'amoncelaient partout. Il n'y en avait pas seulement sur les étagères comme chez les autres gens, non, ils s'entassaient sous les tables, sur les chaises, dans les coins. Il y en avait dans la cuisine et dans les toilettes, sur le téléviseur et dans la penderie, de petits tas, de grands tas, des livres volumineux, des minces, des vieux, des neufs... Ils accueillaient Meggie avec leurs pages grandes ouvertes sur la table du petit déjeuner, ils chassaient l'ennui des jours gris... et parfois, ils vous faisaient trébucher.
— Il est planté là, sans bouger ! chuchota Meggie en entraînant Mo dans sa chambre.
—  Il a des poils sur la figure ? C'est peut-être un loup-garou.
— Arrête !
Meggie lui lança un regard sévère, bien que ses plaisanteries lui fassent oublier sa peur. Elle commençait à douter elle-même de la présence de l'homme sous la pluie... jusqu'à ce qu'elle s'agenouille devant sa fenêtre.
— Regarde ! Tu le vois ? murmura-t-elle.
Mo regarda dehors, à travers la pluie battante, et resta silencieux.
— Tu n'avais pas juré qu'il ne viendrait pas de cambrioleur chez nous parce qu'il n'y a rien à voler ? demanda Meggie à voix basse.
— Ce n'est pas un cambrioleur, répondit Mo, mais lorsqu'il se détourna de la fenêtre, il avait l'air si grave que le cœur de Meggie se mit à battre encore plus vite. Retourne au lit, Meggie, c'est une visite pour moi.
Et il sortit de la chambre, avant que Meggie ait pu lui demander quelle pouvait bien être cette visite, au milieu de la nuit. Inquiète, elle le suivit. Dans le couloir, elle l'entendit enlever la chaîne de la porte d'entrée et, quand elle arriva dans le vestibule, elle vit son père debout dans l'embrasure de la porte.
La nuit s'engouffra dans la maison sombre et humide, et le ruissellement de la pluie prit une sonorité menaçante.
— Doigt de Poussière ! cria Mo dans la nuit. C'est toi ?
Doigt de Poussière ? Que pouvait bien signifier ce nom ? Meggie ne se souvenait pas de l'avoir entendu et pourtant il lui était familier, comme un lointain souvenir qui ne voulait pas vraiment prendre forme.
D'abord, personne ne répondit. On n'entendait que le murmure de la pluie comme si, soudain, la nuit avait une voix. Puis des pas s'approchèrent de la maison et l'homme que Meggie avait vu dans la cour surgit de la pénombre. Il portait un long manteau que la pluie plaquait contre ses jambes et, quand il s'avança dans la lumière qui s'échappait de la maison, Meggie crut apercevoir, l'espace d'un instant, une petite tête poilue sur son épaule, qui émergeait furtivement de son sac à dos avant d'y disparaître à nouveau.
L'inconnu passa sa manche sur son visage mouillé et tendit la main à Mo.
— Comment vas-tu, Langue Magique ? demanda-t-il. Depuis le temps !
Mo hésita, puis serra la main que l'autre lui tendait.
— Oui, cela fait bien longtemps, dit-il en regardant derrière le visiteur comme s'il s'attendait à voir surgir une autre silhouette dans la nuit. Viens, tu vas attraper la mort. Meggie m'a dit que tu étais dehors depuis un moment déjà.
— Meggie ? Ah oui, bien sûr !
Doigt de Poussière suivit Mo dans la maison. Il observa Meggie avec tant d'insistance qu'elle en fut gênée et ne sut où poser les yeux. Finalement, elle le dévisagea à son tour.
— Elle a grandi.
— Tu te souviens d'elle ?
— Bien sûr.
Meggie remarqua que Mo fermait la porte à double tour.
— Quel âge a-t-elle ?
Doigt de Poussière lui sourit d'un étrange sourire. Meggie n'aurait pas su dire s'il était moqueur, hautain ou tout simplement gêné. Elle ne lui rendit pas son sourire.
— Douze ans, répondit Mo.
— Douze ans ! Mon Dieu !
Doigt de Poussière écarta de son front ses cheveux dégoulinants. Ils lui tombaient jusqu'aux épaules. Meggie se demanda de quelle couleur ils pouvaient bien être quand ils étaient secs. Les poils de sa barbe autour de la bouche aux lèvres fines étaient roux, comme la fourrure du chat errant auquel Meggie mettait parfois une soucoupe de lait devant la porte. Les poils poussaient aussi sur ses joues, comme la barbe naissante d'un jeune homme. Mais ils ne pouvaient cacher les balafres, trois grandes balafres pâles qui donnaient l'impression que le visage de Doigt de Poussière avait été cassé puis recollé.
— Douze ans ! répéta-t-il. Bien sûr. À l'époque, elle avait... trois ans, n'est-ce pas ?
Mo hocha la tête.
— Allez, viens, je vais te donner de quoi te changer.
Et il s'empressa d'entraîner son visiteur à sa suite, comme s'il avait soudain hâte de l'éloigner de Meggie.
— Et toi, Meggie, lui lança-t-il, va dormir.